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**Predator: Badlands** – Le Yautja vulnérable qui a conquis le box-office
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Il y a 92 jours

**Predator: Badlands** – Le Yautja vulnérable qui a conquis le box-office

Un Predator comme on n’en avait jamais vu

Predator: Badlands révolutionne la saga en offrant pour la première fois un Yautja vulnérable, Dek, dont la quête de rédemption bouleverse les codes établis depuis 1987. Entre succès commercial fulgurant (173,7 millions de dollars) et audace narrative, le film de Dan Trachtenberg prouve que l’univers Predator a encore de belles histoires à raconter. Mais cette réinvention suffira-t-elle à relancer durablement la franchise ?

A retenir :

  • Dek, le Yautja marginalisé : Un protagoniste inédit qui humanise la créature, entre quête identitaire et violence brute.
  • 173,7 millions de dollars au box-office mondial, dépassant Alien vs. Predator (2004) et talonnant Aliens: Le Retour (1986).
  • Dan Trachtenberg signe une trilogie informelle (La Proie, Asesino de Asesinos, Badlands) qui réinvente la saga sans trahir son ADN.
  • Un comic prequel (novembre 2024) plonge dans les origines de Dek, élargissant l’univers narratif.
  • Face à la concurrence de Zootopia 2 et Wicked: For Good, le film résiste et séduit un public en quête d’originalité.
  • Les critiques saluent un équilibre rare : profondeur psychologique ET séquences d’action époustouflantes.
  • Rumeurs d’un quatrième projet – 20th Century Studios reste mystérieux, mais les fans espèrent une suite logique.

"Et si le monstre était aussi une victime ?" – La révolution Dek

Depuis 1987 et le Predator original d’Arnold Schwarzenegger, une règle implicite régnait : les Yautjas sont des machines de guerre invincibles, des chasseurs sans pitié dont la seule faiblesse réside dans leur code d’honneur. Predator: Badlands pulvérise ce dogme en plaçant au centre de son intrigue Dek, un jeune chasseur exclu de son clan, trahi par les siens, et dont la quête de rédemption rappelle étrangement… un héros humain. Dan Trachtenberg, le réalisateur, assume ce pari fou : "On a voulu explorer ce qui se passe quand un Predator échoue. Pas physiquement, mais moralement. Et si leur société était aussi cruelle que la nôtre ?" (interview pour Empire Magazine, octobre 2024).

Le résultat ? Un récit initiatique où les scènes de chasse cèdent parfois le pas à des moments de silence pesant, où Dek, interprété par le captivant Mbatha-Raw (via capture de mouvement), observe les humains avec une curiosité presque enfantine. Les fans les plus puristes ont d’abord grincé des dents – "Un Predator qui pleure ? Sérieusement ?" (commentaire viral sur Reddit) – avant d’être conquis par la cohérence du propos. Car Badlands ne renie pas l’action : les séquences de combat, filmées en plans-séquences haletants, rappellent le Fury Road de George Miller, avec une violence visuelle assumée (le film est interdit aux moins de 16 ans dans plusieurs pays).


Le génie de Trachtenberg ? Avoir compris que la force de la franchise résidait dans son ambiguïté morale. Comme le soulignait déjà James Cameron pour Aliens (1986) : "Les meilleurs monstres sont ceux qui nous ressemblent." Ici, Dek incarne cette dualité : un tueur impitoyable et une victime de son propre système. Une approche qui a séduit la critique, avec un score de 87% sur Rotten Tomatoes et des éloges pour son "audace narrative dans un blockbuster grand public" (Le Monde).

Box-office : David contre Goliath (et Zootopia 2)

Avec 173,7 millions de dollars engrangés en trois semaines – dont 80,2 millions rien qu’aux États-Unis –, Predator: Badlands s’impose comme le 3ᵉ meilleur démarrage de la saga, derrière Predator 2 (1990) et Aliens vs. Predator: Requiem (2007). Un exploit d’autant plus remarquable que le film a dû composer avec une concurrence monstrueuse : la sortie simultanée de Zootopia 2 (Disney) et Wicked: For Good (Universal), deux mastodontes familiaux qui trustaient les écrans.

Pourtant, Badlands a su trouver son public, notamment parmi les 18-35 ans (62% des spectateurs, selon ComScore), avides de science-fiction adulte. "On voulait un film qui parle aux fans de la première heure, mais aussi aux nouveaux venus. Un Predator qui ne soit pas qu’un spectacle de muscles et d’explosions", explique John Davis, producteur historique de la saga (Variety, novembre 2024). Le pari est réussi : en France, le film a réalisé 1,2 million d’entrées en deux semaines, un score inespéré pour une franchise souvent considérée comme "niche".

Mais l’ombre de la fatigue des franchises plane. Malgré ses performances, Badlands pourrait peine à dépasser les 200 millions mondiaux, seuil symbolique pour un blockbuster. "Le public est de plus en plus exigeant. Un bon film ne suffit plus ; il faut une expérience mémorable", analyse Julie Bihl, spécialiste du cinéma chez Les Échos. La concurrence acharnée de Dune: Part Two (sortie prévue en décembre) pourrait aussi freiner son ascension. Reste que pour une production au budget estimé à 95 millions (hors marketing), le film est déjà rentable – une rareté dans le paysage actuel du cinéma.

Trachtenberg, l’architecte d’une nouvelle ère Predator

Avec Predator: Badlands, Dan Trachtenberg achève une trilogie informelle entamée en 2022 avec La Proie (un retour aux sources acclamé) et Asesino de Asesinos (2024), un spin-off centré sur les cartels mexicains. Trois films, trois approches radicalement différentes, mais une constante : l’humanité des monstres. "Je ne fais pas des films sur des extraterrestres. Je fais des films sur ce que ça signifie d’être un outsider", confie le réalisateur (IndieWire, septembre 2024).

Son secret ? Un mélange de références cultes et d’innovations techniques. Les décors de Badlands, tournés en Nouvelle-Zélande, mêlent paysages désertiques réels et extensions numériques pour créer un "far west extraterrestre" (dixit le chef décorateur Hannah Beachler, oscarisée pour Black Panther). Les combats, eux, ont été chorégraphiés par Brad Allan (coordinateur des cascades sur John Wick), donnant aux Yautjas une fluidité animale inédite. "Ils ne bougent pas comme des humains. Ils glissent, ils bondissent… On a étudié des heures de documentaires sur les félins", révèle-t-il.

Pourtant, tous les choix de Trachtenberg ne font pas l’unanimité. Certains puristes regrettent l’absence de Arnold Schwarzenegger (même en caméo) ou de clins d’œil appuyés aux films originaux. "C’est bien, mais est-ce encore vraiment Predator ?" s’interroge Mark Kermode, critique britannique. Une question légitime, quand on sait que 20th Century Studios (Disney) a racheté les droits de la franchise en 2019 et semble hésiter sur la suite à donner. Les rumeurs évoquent un quatrième projet, peut-être centré sur les origines des Yautjas, mais rien n’est confirmé.

"D’où vient Dek ?" – Le comic qui comble les trous

Pour patienter, les fans peuvent se plonger dans le comic prequel Predator: Badlands – Genesis, sorti en novembre 2024 chez Dark Horse. Écrit par Rick Remender (Deadly Class) et illustré par Esad Ribić (Secret Wars), ce one-shot explore les années de formation de Dek, son exclusion du clan, et sa première rencontre avec les humains. "On voit comment il passe de chasseur à proscrit. C’est une histoire de trahison, mais aussi de survie", tease Remender.

Le comic introduit aussi un nouveau personnage clé : Veyra, une scientifique humaine qui étudie les Yautjas depuis des années. Son rôle dans le film est mineur, mais les théories des fans suggèrent qu’elle pourrait devenir centrale dans une éventuelle suite. "Elle représente le pont entre les deux espèces. Et si la rédemption de Dek passait par elle ?" spéculent les forums. Une piste que Trachtenberg refuse de commenter, mais qui montre l’appétit du public pour un univers élargi.

Autre détail intrigant : le comic mentionne une "Guerre des Clans" parmi les Yautjas, un conflit jamais évoqué dans les films. De quoi alimenter les spéculations sur un futur spin-off… ou un jeu vidéo. IllFonic, le studio derrière Predator: Hunting Grounds (2020), aurait d’ailleurs approché Disney pour une collaboration.

L’avenir de la saga : entre espoirs et doutes

Alors, Predator: Badlands marque-t-il le début d’une nouvelle ère ou un simple feu de paille ? Les avis divergent. Côté optimistes, on pointe du doigt :

  • Le succès critique et public, preuve que la franchise peut évoluer.
  • L’engouement pour Dek, devenu un personnage culte en quelques semaines (les cosplays fleurissent sur les conventions).
  • La volonté de Disney de développer des franchises "adultes" (voir le traitement réservé à Alien avec Romulus, prévu en 2025).
À l’inverse, les sceptiques rappellent :
  • La fatigue des reboots (voir l’échec relatif de Terminator: Dark Fate).
  • L’absence de plan clair pour la suite – Disney a-t-il vraiment une vision à long terme ?
  • La concurrence interne : avec Alien, Avatar, et Star Wars, la priorité de 20th Century Studios est ailleurs.

Une chose est sûre : Predator: Badlands a redéfini ce qu’un film de la saga pouvait être. Qu’il s’agisse d’un adieu ou d’un nouveau départ, il aura marqué l’histoire. Et si Dek est bien le futur de la franchise, alors ce futur s’annonce… sanglant, mais passionnant.

Entre réinvention audacieuse et hommage aux origines, Predator: Badlands prouve qu’une franchise vieillissante peut encore surprendre. Dek n’est pas qu’un Yautja de plus – c’est un miroir tendu vers nos propres peurs et nos quêtes de rédemption. Reste à savoir si Disney osera poursuivre sur cette voie, ou si ce chef-d’œuvre inattendu restera un one-shot génial. Une chose est certaine : les fans, eux, ont déjà tranché. Et leur verdict est sans appel.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Predator: Badlands" est un coup de maître de Trachtenberg. Il a réussi à transformer un monstre en victime, et ça fonctionne à merveille. Les fans puristes peuvent grincer des dents, mais la cohérence du propos est indéniable. Dek, avec son regard curieux et son quête de rédemption, est un personnage qui résonne. Les scènes de combat sont intenses, et la violence visuelle est assumée. Le film est interdit aux moins de 16 ans, et c'est tant mieux. Il y a une ambiance de western extraterrestre qui donne envie de plus. Trachtenberg a compris que la force de la franchise résidait dans son ambiguïté morale. Dek incarne cette dualité : un tueur impitoyable et une victime de son propre système. C'est une approche audacieuse dans un blockbuster grand public. Le film a été un succès critique et public, et il a su trouver son public, notamment parmi les 18-35 ans. Mais l'ombre de la fatigue des franchises plane. Malgré ses performances, il pourrait peine à dépasser les 200 millions mondiaux. Le public est de plus en plus exigeant. Un bon film ne suffit plus ; il faut une expérience mémorable. La concurrence acharnée de "Dune: Part Two" pourrait aussi freiner son ascension. Reste que pour une production au budget estimé à 95 millions, le film est déjà rentable. Trachtenberg a achevé une trilogie informelle avec "La Proie" et "Asesino de Asesinos". Son secret ? Un mélange de références cultes et d'innovations techniques. Les décors de "Badlands" sont impressionnants, et les combats sont chorégraphiés avec une fluidité animale. Mais tous les choix de Trachtenberg ne font pas l’unanimité. Certains puristes regrettent l’absence d’Arnold Schwarzenegger ou de clins d’œil aux films originaux. "C’est bien, mais est-ce encore vraiment Predator ?" s’interroge Mark Kermode. Une question légitime, quand on sait que 20th Century Studios a racheté les droits de la franchise en 2019 et semble hésiter sur la suite à donner. Les rumeurs évoquent un quatrième projet, peut-être centré sur les origines des Yautjas, mais rien n’est confirmé. Pour patienter, les fans peuvent se plonger dans le comic prequel "Predator: Badlands , Genesis". Le comic introduit un nouveau personnage clé : Veyra, une scientifique humaine qui pourrait devenir centrale dans une éventuelle suite. Le comic mentionne aussi une "Guerre des Clans" parmi les Yautjas, de quoi alimenter les spéculations sur un futur spin-off ou un jeu vidéo. "Predator: Badlands" a redéfini ce qu’un film de la saga pouvait être. Qu’il s’agisse d’un adieu ou d’un nouveau départ, il aura marqué l’histoire. Et si Dek est bien le futur de la franchise, alors ce futur s’annonce… sanglant, mais passionnant.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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