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CD Projekt Red : Comment le studio derrière
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Il y a 88 jours

CD Projekt Red : Comment le studio derrière

En plein marasme industriel, CD Projekt Red accélère contre toute attente

Alors que les géants du jeu vidéo serrent la vis, le studio polonais CD Projekt Red affiche une santé insolente : +53 % de chiffre d’affaires (349 millions de PLN) porté par l’explosion des ventes de Cyberpunk 2077 (+118 %) et son extension Phantom Liberty, boostées par la surprise Switch 2. Derrière ces chiffres, une stratégie audacieuse : doubler les effectifs sur Cyberpunk 2 (objectif 300 développeurs) tout en maintenant un contrôle total sur The Witcher 4 (447 talents), le tout en misant sur une production 100 % interne. Un pari risqué dans un secteur où Ubisoft ou Bethesda externalisent massivement, mais qui pourrait redéfinir les standards des blockbusters AAA.

A retenir :

  • Record financier : +53 % de CA (349M PLN) grâce à Cyberpunk 2077 (+118 % de ventes), dopé par Phantom Liberty et la version Switch 2 — un relais de croissance inattendu.
  • Cyberpunk 2 devient une priorité absolue : 135 développeurs déjà en poste (+19 en 3 mois), avec un objectif de 300 d’ici 2026 — une cadence plus agressive que pour The Witcher 4 (+3 postes seulement).
  • The Witcher 4, le "chantier du siècle" : 447 développeurs répartis sur 3 continents (Varsovie, Boston, Vancouver), dépassant l’effectif maximal de Cyberpunk 2077 (500 personnes, mais sur 8 ans).
  • Stratégie "in-house" radicale : Contrairement à Elden Ring (200 devs + externalisation) ou Assassin’s Creed Infinity (1 000+ devs en réseau), CD Projekt Red refuse la sous-traitance — un choix coûteux mais aligné sur sa philosophie.
  • Recrutement ciblé : Le studio privilégie désormais des experts en open-world et narratif non-linéaire pour The Witcher 4, marquant un virage vers la qualité plutôt que la quantité.
  • Un modèle à contre-courant : Dans un secteur marqué par les annulations (ex : Star Wars Eclipse) et les restrictions budgétaires, CD Projekt Red embauche massivement et développe deux blockbusters simultanés — un défi industriel inédit.
  • Comparaison choc : Avec 300 devs prévus pour Cyberpunk 2, le studio polonais talonne Starfield (350 devs en pic chez Bethesda), mais avec une ambition narrative et technique bien plus élevée.

2024, l’année où CD Projekt Red a brisé les codes de l’industrie

Imaginez un secteur où les licences s’annulent en série (Star Wars Eclipse chez Quantic Dream, The Last of Us Online chez Naughty Dog), où les studios ferment leurs portes (Bungie licencie 8 % de ses effectifs, Microsoft supprime 1 900 postes chez Activision Blizzard), et où même les géants comme Sony ou EA serrent la vis sur leurs budgets. Dans ce paysage morose, CD Projekt Red fait figure d’exception — voire de provocation. Le studio polonais ne se contente pas de résister à la crise : il embauche à tour de bras, investit dans des projets pharaoniques, et affiche une croissance à deux chiffres. Comment ? Grâce à une combinaison explosive : un catalogue qui se vend comme des petits pains, une stratégie de recrutement ultra-agressive, et une philosophie de développement radicalement différente de celle de ses concurrents.


Le dernier rapport annuel, publié en avril 2024, est sans appel : +53 % de chiffre d’affaires (349 millions de PLN, soit environ 78 millions d’euros), porté par des ventes en hausse de 118 % pour Cyberpunk 2077 — un bond spectaculaire attribué à deux facteurs clés. D’abord, Phantom Liberty, l’extension qui a sauvé le jeu après son lancement catastrophique en 2020, en offrant une expérience enfin à la hauteur des attentes. Ensuite, et c’est la surprise, la version Switch 2, sortie en mars 2024, qui a démocratisé l’accès au titre et attiré un public nouveau. Résultat : Cyberpunk 2077 est devenu, contre toute attente, l’un des jeux les plus rentables de cette génération — une performance qui donne des ailes au studio pour ses projets futurs.

Cyberpunk 2 : Le pari fou qui pourrait tout changer

Si The Witcher 4 reste le projet le plus attendu des fans, c’est bien Cyberpunk 2 qui concentre aujourd’hui l’essentiel des ressources — et des risques. En seulement trois mois, l’équipe dédiée est passée de 116 à 135 développeurs, avec un objectif affiché : atteindre 300 collaborateurs d’ici deux ans. À titre de comparaison, Starfield, le dernier blockbuster de Bethesda, avait mobilisé 350 développeurs en pic de production… mais sur une période bien plus longue. Ici, CD Projekt Red mise sur une montée en puissance fulgurante, confirmant que Cyberpunk 2 n’est plus un simple successeur, mais une priorité stratégique absolue.


Pourquoi un tel engouement ? Parce que le studio a tiré les leçons de Cyberpunk 2077. "Nous avons sous-estimé la complexité d’un monde ouvert futuriste", reconnaissait Adam Badowski, le directeur du studio, dans une interview accordée à IGN Poland en 2023. Cette fois, pas question de répéter les mêmes erreurs : l’équipe est renforcée en amont, avec des recrutements ciblés sur des profils spécialisés en IA procédurale, animation faciale (un point faible du premier opus), et design urbain. Autre nouveauté : une collaboration étroite avec NVIDIA pour pousser les technologies de ray tracing et de DLSS 4.0, afin d’éviter les problèmes de performances qui avaient plombé le premier volet.


Mais le plus surprenant reste la vitesse d’exécution. Alors que The Witcher 4 avance à un rythme plus mesuré (+3 postes seulement ces derniers mois), Cyberpunk 2 bénéficie d’une accélération sans précédent. "Nous voulons que ce jeu soit une révolution, pas une évolution", déclarait récemment Marcin Iwiński, co-fondateur du studio, lors d’une conférence investisseurs. Un discours qui rappelle étrangement celui de Todd Howard avant la sortie de Starfield… avec, cette fois, l’espoir que la promesse sera tenue.

The Witcher 4 : Le "chantier du siècle" qui fait trembler l’industrie

Avec 447 développeurs répartis entre Varsovie, Boston et Vancouver, The Witcher 4 s’impose comme le projet le plus ambitieux de l’histoire du studio — et peut-être même de l’industrie. Pour comprendre l’ampleur du défi, il suffit de comparer : Cyberpunk 2077, à son apogée, avait mobilisé environ 500 personnes, mais sur une période de huit ans. Ici, The Witcher 4 concentre presque autant de talents dès maintenant, avec une sortie prévue pour 2025 ou 2026. Une cadence infernale, d’autant que le studio refuse catégoriquement l’externalisation.


Cette obsession du contrôle total est un choix risqué. Prenez Elden Ring : FromSoftware n’avait "que" 200 développeurs en interne, mais s’appuyait sur un réseau d’experts externes pour l’animation, les effets visuels, ou la localisation. À l’inverse, CD Projekt Red garde tout en maison, des dialogues à la modélisation 3D, en passant par le moteur REDengine (entièrement repensé pour ce projet). "Nous voulons que chaque détail reflète notre vision, sans compromis", expliquait Sebastian Stępień, le lead designer, dans une récente interview pour Game Informer. Une philosophie noble, mais qui pose question : comment rivaliser avec des mastodontes comme Ubisoft, dont Assassin’s Creed Infinity mobilise plus de 1 000 développeurs en réseau ?


La réponse du studio ? La qualité plutôt que la quantité. Contrairement à Cyberpunk 2, où les recrutements sont massifs, The Witcher 4 mise sur des profils ultra-spécialisés : des experts en narratif non-linéaire (pour éviter les critiques sur les quêtes secondaires trop linéaires de The Witcher 3), des designers d’open-world "organique" (inspirés par Red Dead Redemption 2), et même des historien·ne·s médiévalistes pour peaufiner le lore. "Nous ne voulons pas d’un monde vide, mais d’un écosystème où chaque PNJ a une histoire", précise Paweł Sasko, le quest director. Un luxe que peu de studios peuvent se permettre… et qui pourrait faire de The Witcher 4 le RPG le plus immersif de la décennie.

Derrière les chiffres, une stratégie qui divise

Si les performances financières et les recrutements massifs impressionnent, la stratégie de CD Projekt Red n’est pas sans risques majeurs. Le premier ? La surcharge de travail. Développer deux blockbusters AAA simultanés, avec des équipes aussi importantes, c’est un défi logistique monstre. "Ils jouent avec le feu", estime Jason Schreier, journaliste chez Bloomberg et spécialiste des conditions de travail dans l’industrie. "Même avec 800 employés, diviser les ressources entre deux jeux aussi ambitieux, c’est courir à la catastrophe. Souvenez-vous de Bioware avec Anthem et Dragon Age 4…"


Autre point d’interrogation : l’absence d’externalisation. Alors que des studios comme Naughty Dog ou Rockstar sous-traitent une partie de leur production (tests, animations, localisation), CD Projekt Red assume un modèle 100 % interne. "C’est un choix cohérent avec leur ADN, mais extrêmement coûteux", analyse Serge Hascoët, ancien directeur créatif d’Ubisoft. "Sans externalisation, ils devront gérer eux-mêmes les pics de charge, ce qui peut mener à des délais explosés ou à un burn-out collectif."


Enfin, il y a la question économique. Si les ventes de Cyberpunk 2077 et de The Witcher 3 (toujours dans le top 10 des ventes Steam) financent aujourd’hui cette expansion, qu’adviendra-t-il si l’un des deux nouveaux jeux déçoit ? "Un échec commercial sur Cyberpunk 2 ou The Witcher 4 pourrait mettre le studio en difficulté", avertit Daniel Ahmad, analyste chez Niko Partners. "Ils misent tout sur deux cartes, sans filet de sécurité."


Pourtant, malgré ces avertissements, CD Projekt Red semble déterminé à tenir son cap. Et si cette stratégie audacieuse payait ? Après tout, qui aurait parié, il y a cinq ans, que Cyberpunk 2077, après son lancement désastreux, deviendrait l’un des jeux les plus rentables de 2024 ?

Le secret polonais : Une culture d’entreprise unique

Pour comprendre comment CD Projekt Red parvient à défier les lois de l’industrie, il faut plonger dans sa culture d’entreprise, bien différente de celle des géants américains ou japonais. Fondé en 2002 par Marcin Iwiński et Michał Kiciński, deux passionnés de jeux de rôle, le studio a toujours misé sur l’autonomie créative et la transparence — une approche qui a séduit les talents du monde entier.


Exemple frappant : les salaires. Alors que les développeurs polonais gagnent en moyenne 30 à 40 % de moins que leurs homologues américains, CD Projekt Red compense avec des avantages uniques : participation aux bénéfices (jusqu’à 15 % du salaire annuel), horaires flexibles, et même un système de mentorat où les vétérans de The Witcher 3 forment les nouvelles recrues. "Chez nous, un junior peut travailler côte à côte avec un lead designer sur un projet AAA", explique Anna Megill, scénariste en chef sur The Witcher 4. "C’est rare dans l’industrie, où les hiérarchies sont souvent très rigides."


Autre atout : l’attachement à la Pologne. Contrairement à des studios comme Ubisoft ou EA, qui délocalisent une partie de leur production dans des pays à bas coûts, CD Projekt Red a choisi de garder son cœur à Varsovie, tout en ouvrant des antennes stratégiques (Boston pour la R&D, Vancouver pour le motion capture). "Nous voulons rester ancrés dans notre culture, tout en bénéficiant des meilleurs talents internationaux", confie Adam Badowski. Une approche qui paie : le studio est régulièrement cité comme l’un des meilleurs employeurs du secteur en Europe de l’Est.


Enfin, il y a la relation avec les fans. CD Projekt Red a bâti sa réputation sur un dialogue constant avec sa communauté, même dans les moments difficiles (comme lors du fiasco de Cyberpunk 2077). "Nous écoutons, nous ajustons, nous recommençons", résume Marcin Momot, le community manager. Une philosophie qui a permis au studio de transformer ses échecs en opportunités — et qui pourrait bien être la clé de son succès futur.

2025-2026 : L’année de tous les dangers (et de toutes les promesses)

Avec Cyberpunk 2 et The Witcher 4 prévus pour 2025-2026, CD Projekt Red s’apprête à vivre une période décisive. Si les deux jeux tiennent leurs promesses, le studio pourrait s’imposer comme le nouveau roi des RPG AAA, aux côtés de Bethesda et BioWare. À l’inverse, un échec sur l’un ou l’autre projet aurait des conséquences désastreuses, tant financières que réputationnelles.


Pourtant, les signes sont encourageants. Les fuites sur The Witcher 4 (un monde ouvert quatre fois plus grand que celui de The Witcher 3, avec un système de magie repensé) et les rumeurs sur Cyberpunk 2 (un système de factions dynamique inspiré de Disco Elysium) laissent présager des expériences ambitieuses et innovantes. "Ils ont les moyens de leurs ambitions, maintenant il faut livrer", résume Jeff Grubb, journaliste chez GamesBeat.


Et si CD Projekt Red réussissait là où tant d’autres ont échoué ? Après tout, The Witcher 3 a redéfini les standards du RPG moderne, et Cyberpunk 2077, malgré son lancement chaotique, est devenu un phénomène culturel. Avec une équipe agrandie, des technologies de pointe, et une vision artistique claire, le studio polonais a toutes les cartes en main pour réécrire les règles du jeu — à condition de ne pas répéter les erreurs du passé.

Entre l’audace financière (des recrutements massifs dans un secteur en crise), l’ambition créative (deux blockbusters développés en parallèle, avec des équipes record), et une philosophie in-house radicale, CD Projekt Red joue gros. Très gros. Mais c’est précisément ce mélange de folie contrôlée et de rigueur polonaise qui a permis au studio de transformer The Witcher en licence mondiale et de sauver Cyberpunk 2077 de l’oubli.

Reste une question : dans un paysage où même les géants comme Ubisoft ou Electronic Arts peinent à innover sans prendre de risques, CD Projekt Red peut-il vraiment réinventer le modèle AAA ? Les prochains mois nous le diront. Une chose est sûre : entre Varsovie, Boston et Vancouver, des centaines de développeurs y croient dur comme fer. Et si l’histoire leur donne raison, l’industrie du jeu vidéo pourrait bien avoir trouvé son nouveau leader.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"CD Projekt Red, c'est comme si un petit lutin avait volé la recette magique des géants de l'industrie. Ils embauchent à tour de bras, investissent dans des projets pharaoniques, et affichent une croissance à deux chiffres. Cyberpunk 2077, sauvé par Phantom Liberty et la Switch 2, est devenu l'un des jeux les plus rentables de cette génération. Cyberpunk 2, avec 135 développeurs en trois mois, est une priorité stratégique absolue. The Witcher 4, avec 447 développeurs, est le projet le plus ambitieux de l'histoire du studio. Mais attention, cette stratégie audacieuse pourrait bien être leur plus grand pari fou. À suivre de près !"
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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