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Rhea Seehorn : De la magicienne méconnue de *Magic: The Gathering* à la star de *Pluribus*, la série SF qui divise
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Il y a 60 jours

Rhea Seehorn : De la magicienne méconnue de *Magic: The Gathering* à la star de *Pluribus*, la série SF qui divise

De l’ombre d’un tutoriel *Magic: The Gathering* en 1997 à la lumière de *Pluribus*, Rhea Seehorn incarne une trajectoire artistique aussi surprenante qu’atypique. La nouvelle série de Vince Gilligan, malgré des critiques élogieuses, révèle un fossé entre l’enthousiasme des professionnels et les réserves du public.

A retenir :

  • Rhea Seehorn, star de *Pluribus*, a débuté dans un tutoriel *Magic: The Gathering* en 1997, tourné avec un budget si limité que les acteurs portaient des chaussettes en guise de bottes.
  • *Pluribus*, la nouvelle série de Vince Gilligan (*Breaking Bad*), cumule 98 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes, mais seulement 67 % d’approbation du public, révélant un clivage rare.
  • Le tutoriel *Magic: The Gathering* de 1997, avec ses effets CGI datés et son jeu d’acteur exagéré, est devenu un objet culte pour les nostalgiques des années 90.
  • Avant *Better Call Saul*, Seehorn a enchaîné les rôles secondaires dans des séries comme *I’m with Her* ou *Alex and Whitney*, tout en prêtant sa voix à des animations comme *Invincible*.
  • La série *Pluribus* s’inspire d’un épisode de *Rick and Morty*, mais Gilligan y apporte une profondeur narrative qui lui vaut des comparaisons avec *Breaking Bad*.

Quand *Magic: The Gathering* révélait une future star sans le savoir

En 1997, alors que *Titanic* dominait les salles obscures et que *Final Fantasy VII* révolutionnait le RPG, un jeu vidéo bien plus modeste voyait le jour : *Magic: The Gathering*, développé par MicroProse. Adaptation du célèbre jeu de cartes, ce titre pour PC proposait une expérience simpliste, mais marquante pour l’époque. Parmi ses particularités, un tutoriel interactif présenté par deux acteurs en chair et en os, incarnant des mages chargés d’initier les joueurs aux règles du jeu. L’un d’eux n’était autre que Rhea Seehorn, alors âgée de 25 ans, dont la performance, bien que noyée dans des effets CGI dignes des pires excès des années 90, allait devenir un détail anecdotique… avant de resurgir près de trois décennies plus tard.

Le tutoriel, d’une durée de 20 minutes, était un mélange détonant de live-action et d’animations 3D rudimentaires, rappelant les cinématiques de *Command & Conquer* ou *Wing Commander III*. Seehorn y interprétait une magicienne aux gestes théâtraux, dans un style volontairement outrancier, typique des productions à petit budget. Dans un entretien accordé en 2023, l’actrice a révélé les coulisses de ce tournage pour le moins spartiate : « Nous devions jouer des sorciers, mais le budget était si serré qu’ils n’avaient même pas les moyens de nous acheter des chaussures. Alors, ils nous ont fait porter des chaussettes montantes, avec du ruban adhésif enroulé autour pour simuler des bottes de gladiateur. » Une anecdote qui en dit long sur l’ingéniosité des équipes techniques de l’époque, mais aussi sur la précarité des débuts de Seehorn.

À l’époque, *Magic: The Gathering* sur PC était loin d’être un blockbuster. Le jeu se vendait modestement, et son tutoriel, bien que novateur, est rapidement tombé dans l’oubli. Pourtant, pour les rares joueurs ayant conservé une copie du CD-ROM, ces séquences live-action sont devenues un objet de curiosité, voire de fascination. Aujourd’hui, des extraits circulent sur YouTube, où les commentaires oscillent entre nostalgie et moquerie, tant le décalage avec les standards actuels est flagrant. Un témoignage unique des débuts d’une actrice qui allait, des années plus tard, devenir l’un des visages les plus marquants de la télévision américaine.

*Pluribus* : Le nouveau pari risqué de Vince Gilligan

Le 7 novembre 2025, Apple TV+ a lancé *Pluribus*, la nouvelle série de Vince Gilligan, le créateur de *Breaking Bad* et *Better Call Saul*. Avec un score impressionnant de 98 % sur Rotten Tomatoes (basé sur 160 critiques), la série semble avoir conquis les professionnels. Pourtant, le public, lui, reste partagé : avec seulement 67 % d’avis positifs sur plus de 2 500 évaluations, *Pluribus* révèle un clivage rare dans l’industrie. Comment expliquer un tel écart ?

*Pluribus* plonge les spectateurs dans un univers de science-fiction dystopique, où une intelligence artificielle omniprésente régit la société. La série s’inspire librement d’un épisode de *Rick and Morty* (« The Ricks Must Be Crazy »), mais Gilligan y apporte une dimension plus sombre et introspective, caractéristique de son style. Rhea Seehorn y incarne le rôle principal, une scientifique en quête de vérité dans un monde où la technologie a dépassé l’humanité. Son interprétation, à la fois subtile et intense, rappelle son travail dans *Better Call Saul*, où elle incarnait Kim Wexler, l’avocate aussi brillante que manipulatrice.

Pourtant, malgré ses qualités narratives, *Pluribus* peine à convaincre une partie du public. Certains spectateurs reprochent à la série un rythme trop lent, ou une intrigue jugée trop complexe. D’autres pointent du doigt un manque d’originalité, estimant que Gilligan recycle des thèmes déjà explorés dans *Breaking Bad*. « C’est du Gilligan pur jus, mais sans la même étincelle », résume un critique sur Reddit. Une analyse qui contraste avec l’enthousiasme des médias spécialisés, pour qui *Pluribus* représente une nouvelle étape dans la carrière du showrunner.

Le succès mitigé de *Pluribus* interroge sur l’évolution des attentes du public. Alors que les séries comme *Breaking Bad* ou *Better Call Saul* ont marqué leur époque par leur audace narrative, les spectateurs semblent aujourd’hui plus exigeants, voire plus impatients. Une tendance qui pourrait bien redéfinir les codes du storytelling télévisuel dans les années à venir.

De *Homicide* à *Bad Boys* : La carrière en dents de scie de Rhea Seehorn

Avant de devenir l’un des piliers de *Better Call Saul*, Rhea Seehorn a connu une carrière aussi riche que discrète. Son premier rôle à l’écran remonte à 1997, dans un épisode de la série policière *Homicide*, diffusée sur NBC. Une apparition éphémère, qui ne lui ouvre pas immédiatement les portes d’Hollywood. Pendant près d’une décennie, l’actrice enchaîne les rôles secondaires, souvent dans des séries aujourd’hui oubliées : *I’m with Her* (2003-2004), une sitcom avec Teri Hatcher, ou *Alex and Whitney – Sex without Marriage* (2011-2013), une comédie romantique passée inaperçue.

Pourtant, derrière cette apparente stagnation, Seehorn peaufine son jeu. En 2015, elle décroche le rôle de Kim Wexler dans *Better Call Saul*, la série dérivée de *Breaking Bad*. Son interprétation, à la fois charismatique et ambiguë, lui vaut une reconnaissance critique unanime. « Kim Wexler est l’un des personnages les plus complexes que j’aie jamais joués. Elle est à la fois vulnérable et redoutable, et c’est ce qui la rend si fascinante », confiait-elle en 2020 lors d’un entretien pour *The Hollywood Reporter*.

Entre deux saisons de *Better Call Saul*, Seehorn diversifie ses projets. En 2024, elle rejoint le casting de *Bad Boys: Ride or Die*, le quatrième volet de la franchise *Bad Boys*, aux côtés de Will Smith et Martin Lawrence. Un rôle secondaire, mais qui lui permet de toucher un public plus large. Parallèlement, elle prête sa voix à des personnages d’animation, comme dans *Invincible* (Amazon Prime) ou *My Adventures with Superman* (HBO Max), prouvant une fois de plus sa polyvalence.

Pourtant, malgré ces succès, Seehorn reste une actrice sous-estimée. Son parcours, marqué par des débuts précaires et des rôles ingrats, rappelle celui de nombreuses actrices hollywoodiennes, contraintes de se battre pour obtenir des rôles à la hauteur de leur talent. Avec *Pluribus*, elle a enfin l’opportunité de prouver qu’elle peut porter une série à elle seule. Reste à savoir si le public sera au rendez-vous.

Les coulisses d’un tutoriel culte : Quand *Magic: The Gathering* flirtait avec le nanar

Le tutoriel de *Magic: The Gathering* (1997) est aujourd’hui considéré comme un nanar culte, un objet de fascination pour les amateurs de rétrogaming. Tourné avec un budget dérisoire, il incarne à lui seul l’esprit des productions vidéoludiques des années 90, où l’ambition dépassait souvent les moyens techniques. Les séquences live-action, filmées devant un fond vert basique, étaient ensuite intégrées à des décors 3D grossiers, donnant naissance à un style visuel aussi kitsch qu’inoubliable.

Le jeu d’acteur, lui aussi, reflète les standards de l’époque. Seehorn et son partenaire, dont l’identité reste mystérieuse, adoptent des poses théâtrales, avec des gestes exagérés et des expressions faciales dignes d’un film muet. « À l’époque, on nous disait de jouer comme si nous étions sur scène, devant un public. Le résultat est… particulier », plaisante Seehorn dans une interview récente. Une approche qui, avec le recul, confère au tutoriel un charme involontaire, entre humour et nostalgie.

Techniquement, *Magic: The Gathering* sur PC était une adaptation fidèle du jeu de cartes original, mais limitée par les contraintes de l’époque. Le jeu proposait un mode solo contre l’IA, ainsi qu’un mode multijoueur en réseau local, une prouesse pour 1997. Pourtant, c’est bien son tutoriel qui a marqué les esprits, au point de devenir un sujet de discussion récurrent parmi les fans. Preuve que, parfois, les détails les plus anodins d’un jeu peuvent en révéler bien plus sur son époque que ses mécaniques de gameplay.

Aujourd’hui, des extraits du tutoriel circulent sur des plateformes comme YouTube, où ils sont commentés avec un mélange d’affection et d’ironie. Certains y voient un témoignage précieux de l’histoire du jeu vidéo, tandis que d’autres s’amusent de son côté désuet. Quoi qu’il en soit, ce tutoriel reste un symbole des débuts de Seehorn, mais aussi de l’audace (parfois maladroite) des développeurs des années 90.

*Pluribus* vs *Breaking Bad* : Gilligan peut-il réinventer la magie ?

Avec *Pluribus*, Vince Gilligan tente de réitérer l’exploit de *Breaking Bad*, une série qui a redéfini les codes du drame télévisuel. Pourtant, malgré des critiques élogieuses, la nouvelle production peine à convaincre le public, soulevant une question cruciale : peut-on reproduire deux fois la même alchimie ?

*Breaking Bad* (2008-2013) a marqué l’histoire de la télévision par son écriture impeccable, ses personnages inoubliables et son rythme haletant. La série a su évoluer au fil des saisons, passant d’un drame intimiste à une épopée criminelle, sans jamais perdre en cohérence. *Better Call Saul* (2015-2022), bien que moins populaire, a confirmé le talent de Gilligan pour créer des anti-héros complexes et des intrigues captivantes.

*Pluribus*, en revanche, semble diviser. Si certains y voient une œuvre ambitieuse, explorant des thèmes comme l’IA et la dystopie avec intelligence, d’autres lui reprochent un manque de tension narrative. « Gilligan a perdu ce qui faisait la force de *Breaking Bad* : l’équilibre entre action et introspection », estime un critique du *New York Times*. Une analyse qui souligne les défis auxquels le showrunner est confronté : comment innover sans trahir son style ?

Pourtant, *Pluribus* n’est pas dénué de qualités. La performance de Seehorn, en particulier, est saluée pour sa subtilité. La série aborde également des questions philosophiques sur le libre arbitre et la technologie, des thèmes rarement explorés avec autant de profondeur à la télévision. Si elle ne marque pas un tournant aussi radical que *Breaking Bad*, *Pluribus* pourrait bien s’imposer comme une œuvre de niche, appréciée des amateurs de science-fiction exigeants.

Reste à savoir si Gilligan parviendra à reconquérir le grand public. Une chose est sûre : avec *Pluribus*, il prouve une fois de plus qu’il est l’un des rares showrunners capables de mêler divertissement et réflexion. Et si la série ne rencontre pas le même succès que ses prédécesseurs, elle confirme au moins une chose : l’héritage de *Breaking Bad* est loin d’être épuisé.

Le parcours de Rhea Seehorn, de la magicienne anonyme d’un tutoriel *Magic: The Gathering* à la star de *Pluribus*, est une ode à la persévérance artistique. Son histoire rappelle que les débuts les plus modestes peuvent mener aux plus grandes réussites, à condition de ne jamais renoncer. Quant à *Pluribus*, la série divise, mais elle confirme une chose : Vince Gilligan reste un maître du récit télévisuel, même lorsqu’il prend des risques.

Le clivage entre critiques et public autour de *Pluribus* soulève également une question plus large : dans un paysage audiovisuel saturé, les attentes des spectateurs ont-elles évolué au point de rendre les séries « à l’ancienne » obsolètes ? Une chose est sûre, les années 90, avec leurs tutoriels kitsch et leurs budgets serrés, nous ont laissé des pépites qui, aujourd’hui, valent bien plus que leur poids en pixels.

Enfin, si *Pluribus* ne devient pas le nouveau *Breaking Bad*, il aura au moins permis à Rhea Seehorn de briller sous les projecteurs. Et qui sait ? Peut-être que dans vingt ans, un autre acteur débutera dans un tutoriel de jeu vidéo, avant de devenir, à son tour, une star. L’histoire, après tout, aime se répéter.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce tutoriel de Magic: The Gathering 97, c’est comme si Pokémon Rouge avait un ciné de Looney Tunes en mode "on a pas les moyens mais on a la passion". Seehorn en chaussettes-bottes adhésives, c’est le Final Fantasy VII des débuts de l’actrice : un truc qui semble nul à l’époque, mais qui devient culte parce que c’est elle. Et aujourd’hui, on la voit dans Pluribus, comme si Breaking Bad avait enfin trouvé sa Chrono Trigger : une série qui parle de magie, mais en plus sombre et avec des questions existentielles. Dommage que le public ait oublié que Gilligan, c’est comme Mega Man : il a des niveaux parfaits (Breaking Bad), mais si tu rates le timing (Pluribus), t’es bon pour les bonus secrets.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen