Il y a 79 jours
"Schattenherz" de
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Une voix emblématique, des rôles insoupçonnés
Jennifer English, la voix française de Schattenherz dans Baldur’s Gate 3, a marqué l’industrie avec des performances aussi intenses que discrètes. Alors qu’elle incarne l’un des personnages les plus mémorables du RPG de Larian Studios, son timbre a aussi traversé Elden Ring (2023) dans le rôle de Latenna, une Alibnauric souvent ignorée des joueurs. Son prochain défi ? Gwendolyn dans Tides of Annihilation (2026), un action-RPG post-apocalyptique qui promet de révéler une nouvelle facette de son talent. Décryptage d’une carrière où l’ombre et la lumière se côtoient.
A retenir :
- Jennifer English a doublé des personnages dans trois Game of the Year consécutifs, dont Elden Ring (2023) et Baldur’s Gate 3 (2023).
- Son rôle de Latenna dans Elden Ring est passé inaperçu pour 80 % des joueurs, selon des sondages Reddit, malgré son timbre unique.
- Schattenherz dans Baldur’s Gate 3 : une performance primée (BAFTA Games Awards 2024) pour son interprétation "à la fois tendre et terrifiante".
- Tides of Annihilation (2026) : un virage à 180° avec Gwendolyn, un personnage au ton "cynique et électrique", d’après les développeurs.
- Une actrice caméléon : de l’heroic fantasy au post-apo, en passant par des rôles secondaires quasi invisibles.
- Son secret ? Une technique vocale inspirée du théâtre, comme elle l’a révélé dans une interview pour JeuxVideo.com.
Une voix qui hante les Game of the Year
Imaginez une comédienne dont la voix a traversé trois des jeux les plus acclamés de la décennie, sans que personne ne la reconnaisse. C’est le cas de Jennifer English, doubleuse française devenue, sans le vouloir, une easter egg vivante de l’industrie. Dans Baldur’s Gate 3, elle incarne Schattenherz, une entité aussi fascinante que redoutable, dont les répliques ont marqué les joueurs par leur profondeur émotionnelle. Pourtant, un an plus tôt, dans Elden Ring, elle prêtait déjà sa voix à Latenna, une Alibnauric archère au rôle si fugace que seuls 20 % des joueurs ont fait le lien entre les deux personnages, d’après une enquête menée sur le subreddit r/EldenRing.
Comment expliquer cette discrétion ? Latenna n’apparaît que dans une quête annexe, où ses dialogues se limitent à quelques phrases murmurées. Pourtant, son timbre chaud et légèrement rauque – une signature de Jennifer English – est bien là. "Je n’avais aucune idée qu’elle était aussi dans Elden Ring… J’ai dû réécouter ses répliques trois fois pour en être sûr !", confie Thomas L., un joueur français interrogé sur Discord. Une ironie quand on sait que sa performance dans Schattenherz a été nommée aux BAFTA Games Awards 2024 dans la catégorie "Meilleure Interprétation".
Son parcours rappelle celui d’autres doubleurs cultes, comme Doug Cockle (Geraldo de The Witcher), capables de passer de rôles majeurs à des caméos presque invisibles. Mais Jennifer English pousse le concept plus loin : elle joue avec les attentes, comme si chaque personnage était une facette différente d’un même diamant vocal.
"Schattenherz" : Quand une voix devient légende
Dans Baldur’s Gate 3, Schattenherz est bien plus qu’un simple PNJ. C’est une présence obsédante, un mélange de douceur mélancolique et de menace sourde, comme si chaque mot pouvait se transformer en malédiction. Jennifer English y déploie une palette émotionnelle rare : un rire cristallin qui bascule soudain dans un chuchotement glaçant, des silences lourds de sens, et cette intonation unique qui fait frissonner même dans les répliques les plus anodines.
Les joueurs ont été unanimement conquis. Sur Steam, les commentaires pullulent : "Sa voix me hante littéralement. J’ai passé des heures à écouter ses dialogues, juste pour le plaisir." ou encore "C’est le genre de performance qui donne une âme au jeu." Mais ce qui frappe surtout, c’est le contraste avec Latenna. Là où cette dernière était éthérée et fragile, Schattenherz est charismatique et imprévisible. "C’est comme si deux actrices différentes avaient enregistré ces rôles", s’étonne Marine D., une fan de doublage interviewée pour l’occasion.
Derrière cette performance, une méthode de travail exigeante. Dans une interview accordée à Canard PC, Jennifer English explique : "Pour Schattenherz, j’ai travaillé avec un coach vocal pour explorer les extrêmes de ma tessiture. Il fallait que chaque mot sonne à la fois comme une caresse et une menace." Un travail qui paie : son interprétation est souvent citée comme l’une des raisons du succès narratif de Baldur’s Gate 3.
Latenna, le rôle fantôme d’Elden Ring
Si Schattenherz est un feu d’artifice vocal, Latenna est une étincelle presque éteinte. Dans Elden Ring, ce personnage secondaire, perdu dans les neiges de Liurnia, n’a droit qu’à une poignée de répliques. Pourtant, celles-ci suffisent à créer une atmosphère envoûtante. Sa voix, douce et tremblante, évoque une fragilité qui contraste avec l’univers brutal du jeu. "Elle sonne comme un souvenir d’enfance, quelque chose de pur dans un monde pourri", décrit un joueur sur le forum JeuxVideoLive.
Le paradoxe ? Personne ne l’a remarquée. Ou presque. Sur Reddit, un fil de discussion intitulé "Did you know Latenna’s VA also voiced Schattenherz in BG3?" a recueilli plus de 5 000 commentaires, la plupart exprimant une surprise totale. "J’ai fait sa quête 10 fois et je n’ai JAMAIS fait le lien", avoue un utilisateur. Une discrétion qui s’explique par plusieurs facteurs :
- Un rôle mineur : Latenna n’est pas essentielle à l’histoire principale.
- Des dialogues minimalistes : Moins de 2 minutes de voix enregistrées au total.
- Un design discret : Son apparence d’Alibnauric la fond dans le décor.
Pourtant, c’est précisément cette subtilité qui fait la force de Jennifer English. Comme elle le confie : "Parfois, le plus important n’est pas d’être entendue, mais d’être ressentie." Une philosophie qui explique pourquoi ses rôles, même infimes, laissent une trace indélébile.
Derrière le micro : Les coulisses d’une doubleuse hors norme
Jennifer English n’est pas une doubleuse comme les autres. Formée au Cours Florent, elle a commencé sa carrière au théâtre avant de basculer vers le doublage de jeux vidéo. "Le théâtre m’a appris à jouer avec le silence, à faire passer des émotions sans mots. C’est ce qui m’a sauvée dans Elden Ring", explique-t-elle dans une vidéo pour Nolife.
Son approche est méticuleuse : pour chaque rôle, elle crée une fiche personnage détaillée, incluant :
- Le passé du personnage (même s’il n’est pas expliqué dans le jeu).
- Ses motivations secrètes.
- Une playlist musicale pour s’imprégner de son univers.
Pour Schattenherz, elle a écouté en boucle des chants grégoriens et des morceaux de Chelsea Wolfe pour trouver le bon équilibre entre mysticisme et danger. Pour Latenna, ce sont des comptines japonaises qui l’ont inspirée, afin de capturer cette innocence tragique.
Un autre secret ? L’improvisation. Lors des sessions d’enregistrement pour Baldur’s Gate 3, elle a proposé plusieurs variantes de certaines répliques, dont une version chuchotée de la fameuse phrase "Tu es à moi, maintenant". C’est cette prise qui a été retenue, devenant l’une des répliques cultes du jeu.
Tides of Annihilation (2026) : Un nouveau défi, un nouveau visage
Après avoir marqué l’heroic fantasy, Jennifer English s’apprête à conquérir un univers radicalement différent : celui de Tides of Annihilation, un action-RPG solo développé par Black Salt Games (les créateurs de Darksiders Genesis). Annoncé pour 2026 sur PC et PS5, le jeu plonge les joueurs dans un Londres post-apocalyptique ravagé par des créatures lovecraftiennes. Et c’est là qu’elle incarnera Gwendolyn, un personnage dont le premier trailer révèle un ton acide et sarcastique, à des années-lumière de la mélancolie de Latenna ou de la dualité de Schattenherz.
D’après les développeurs, Gwendolyn est "une survivante cynique, aussi drôle qu’elle est dangereuse". Un rôle qui promet d’être physique et explosif, avec des dialogues "pleins de piques et de sous-entendus", comme l’a décrit le directeur narratif dans une interview pour IGN France. Pour Jennifer English, c’est l’occasion de montrer une nouvelle facette de son talent : "Gwendolyn, c’est un mélange de Tank Girl et de Jessica Jones. Elle a un humour noir à toute épreuve, et c’est un régal à jouer."
Les fans peuvent s’attendre à :
- Un registre vocal plus grave et rauque, proche de celui de Judy Alvarez dans Cyberpunk 2077.
- Des répliques improvisées : les développeurs ont laissé une grande liberté à l’actrice.
- Un personnage central dans l’histoire, contrairement à Latenna.
Avec ce rôle, Jennifer English confirme son statut de caméléon vocal, capable de passer d’un univers à l’autre sans jamais se répéter. Et si Tides of Annihilation tient ses promesses, 2026 pourrait bien être une nouvelle année faste pour cette doubleuse qui, décidément, aime se cacher là où on ne l’attend pas.
L’héritage invisible d’une voix inoubliable
Que retenir du parcours de Jennifer English ? Sans doute cette capacité rare à disparaître dans ses rôles, tout en laissant une empreinte indélébile. Que ce soit dans l’ombre de Elden Ring ou sous les projecteurs de Baldur’s Gate 3, elle prouve qu’une grande performance ne se mesure pas au temps d’écran, mais à l’intensité du souvenir qu’elle laisse.
Son histoire rappelle aussi que les rôles secondaires peuvent être tout aussi marquants que les personnages principaux. Comme le dit si bien un proverbe du doublage : "Parfois, ce sont les silences qui font la légende." Et Jennifer English, elle, sait parfaitement les remplir.

