Il y a 78 jours
Skyrim sur Switch 2 : le trailer qui fait jaser (et les memes qui explosent !)
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Pourquoi Skyrim sur Switch 2 fait-il autant parler ? Entre un trailer décalé, des problèmes techniques persistants et une possible annonce cachée de The Elder Scrolls VI, Bethesda relance le débat sur ses rééditions à répétition. Décryptage d’un portage qui divise, entre espoirs et lassitude.
A retenir :
- Une 7ᵉ réédition qui déchaîne les memes : Le trailer de Skyrim sur Switch 2, avec le Père Noël et Shirley Curry, devient viral… mais pas toujours pour les bonnes raisons.
- Des promesses techniques (et des doutes) : Temps de chargement réduits et Anniversary Edition complète, mais un input lag persistant qui inquiète, comparé à des ports mieux optimisés comme The Witcher 3.
- 2027, l’année de The Elder Scrolls VI ? Un détail du trailer (une compétence passant de 20 à 27) relance les spéculations, après les déclarations ambiguës de Todd Howard.
- Une mise à jour gratuite rare : Les joueurs possesseurs de la version originale sur Switch bénéficieront d’une transition sans frais, une initiative saluée.
- Entre espoirs et lassitude : La communauté se demande si Bethesda peut encore innover, ou si Skyrim restera le "jeu éternel" des rééditions.
"Encore ?!" : Quand Skyrim devient le meme ultime des rééditions
Imaginez la scène : un Père Noël maladroit qui trébuche sur un Dovahkiin en pleine crise existentielle, le tout sous les yeux attendris de Shirley Curry, la grand-mère gamereuse devenue légende. Voilà le ton du trailer annonçant The Elder Scrolls V: Skyrim sur Nintendo Switch 2, sorti le 5 décembre 2024. Un mélange de nostalgie, d’auto-dérision… et d’un soupçon de désespoir créatif. Car oui, quatorze ans après sa sortie initiale (11 novembre 2011), le RPG de Bethesda s’offre sa septième itération officielle (sans compter les versions VR, les moddings et les rééditions "spéciales").
Sur les réseaux, la réaction est immédiate : les memes pleuvent. Certains comparent Skyrim à un "jeu immortel", d’autres à un "vampire qui refuse de mourir". Le compte Twitter @SkyrimGrandma (dédié à Shirley Curry) partage même une vidéo de la grand-mère jouant à la version Switch 2 avec un commentaire lapidaire : "Bon, au moins, cette fois, j’ai droit à un sapin de Noël en arrière-plan." L’humour masque à peine une question légitime : jusqu’où Bethesda compte-t-il exploiter son titre phare ?
Pourtant, derrière les rires, se cache une stratégie marketing bien huilée. En choisissant un trailer décalé, Bethesda désamorce les critiques avant même qu’elles n’arrivent. "Ils savent qu’on va râler, alors ils nous font rire d’abord", résume Thomas "Sky" Dubois, streamer spécialisé dans les RPG. Une tactique qui fonctionne… jusqu’à un certain point.
Switch 2 : des améliorations (enfin)… mais un input lag qui gâche tout
Sur le papier, cette version Switch 2 a de quoi séduire. Bethesda promet :
- Des temps de chargement réduits (enfin !),
- L’intégralité des DLC (Dawnguard, Hearthfire, Dragonborn),
- Le contenu de l’Anniversary Edition (quêtes supplémentaires, armures, donjons),
- Une mise à jour gratuite pour les propriétaires de la version originale sur Switch.
Mais voici le problème : le fameuse "latence" (input lag) est toujours là. Plusieurs testeurs, comme Digital Foundry ou GameXplain, ont pointé du doigt un délai de 100 à 150 ms entre une action sur la manette et sa répercussion à l’écran. "C’est comme jouer avec des gants de boxe", résume Julien Chièze, journaliste chez Canard PC. À titre de comparaison, The Witcher 3 sur la même console affiche un input lag de 30 à 50 ms, soit trois fois moins. "On est en 2024, ce genre de problème devrait être réglé", s’agace un joueur sur Reddit.
Bethesda a réagi via un communiqué sobre : "Nous travaillons sur des correctifs pour améliorer la réactivité avant le lancement." Une réponse qui laisse dubitatif, d’autant que le problème était déjà présent sur la version Switch originale… en 2017. Sept ans plus tard, rien n’a changé.
2027 : le chiffre maudit qui fait rêver (ou halluciner) les fans
Au milieu des critiques, un détail du trailer a électrisé les théoriciens du complot : lors d’une scène, la compétence "Parole" du personnage passe du niveau 20… à 27. Un chiffre anodin ? Pas pour les fans de The Elder Scrolls, qui y voient une annonce cachée de The Elder Scrolls VI pour… 2027.
Cette théorie s’appuie sur plusieurs éléments :
- Le cycle de développement de Bethesda : Entre Morrowind (2002), Oblivion (2006), Skyrim (2011) et Starfield (2023), l’écart moyen est de 5 à 6 ans entre deux gros titres. 2027 tomberait pile.
- Les déclarations de Todd Howard : En 2023, le directeur de Bethesda avait lâché, lors d’une interview à IGN : "Les joueurs devraient tempérer leurs attentes pour la prochaine décennie." Une phrase réinterprétée aujourd’hui comme un indice.
- Un précédent avec Fallout 4 : En 2016, un terminal dans le jeu affichait la date "6/21/76", interprétée comme une annonce de Starfield (révélé en 2021). "Bethesda adore jouer avec les chiffres", rappelle Alexandre "Nexu" D., youtubeur spécialisé dans les easter eggs.
Pourtant, les sceptiques sont nombreux. "C’est tirée par les cheveux. 27 pourrait tout aussi bien être une référence à la date de sortie de Skyrim (11/11/11, soit 1+1+1+1+1+1+1 = 7, et 7×3 = 21… bon, OK, ça marche pas)", ironise Léa M., rédactrice chez Gamekult. D’autres soulignent que The Elder Scrolls VI n’a même pas été teasé aux Game Awards 2024, un rendez-vous habituel pour les grosses annonces.
Alors, coïncidence ou indice volontaire ? Bethesda, contacté par nos soins, n’a pas répondu. Mais une chose est sûre : la communauté s’accroche à tout, même à un chiffre dans un trailer. "Après 14 ans de rééditions, on a besoin d’espoir", confie un joueur sur le subreddit r/ElderScrolls.
Pourquoi Skyrim est-il devenu le "jeu qui ne meurt jamais" ?
Derrière les memes et les théories, une question persiste : pourquoi Bethesda continue-t-il à ressortir Skyrim ? La réponse tient en trois mots : argent, sécurité, modding.
- Un succès commercial inégalé : Avec plus de 60 millions d’exemplaires vendus (chiffres 2023), Skyrim est l’un des jeux les plus rentables de l’histoire. Chaque réédition rapporte des millions pour un investissement minimal.
- Un risque quasi nul : Contrairement à un nouveau titre, une réédition ne nécessite pas 5 ans de développement. "C’est du cash facile", résume un ancien employé de Bethesda sous couvert d’anonymat.
- Une communauté de moddeurs inépuisable : Grâce aux outils comme Creation Kit, des milliers de mods prolongent la durée de vie du jeu. "Skyrim est devenu une plateforme plus qu’un jeu", explique Cyril "Ghorza" F., moddeur français connu pour ses quêtes additionnelles.
Mais cette stratégie a un coût : la lassitude des joueurs. "À force, on a l’impression que Bethesda nous prend pour des vaches à lait", s’agace Paul R., joueur depuis Morrowind. D’autres, comme Élodie T., avouent pourtant : "Je rachèterai la version Switch 2. Parce que bon… c’est Skyrim."
Le paradoxe est là : même ceux qui critiquent finissent par craquer. Preuve en est, le trailer a déjà dépassé 10 millions de vues en une semaine, et les précommandes explosent. "C’est comme un mauvais feuilleton : on râle, mais on regarde quand même", résume Thomas "Sky" Dubois.
Et si The Elder Scrolls VI n’arrivait jamais ?
Au-delà des spéculations sur 2027, une question plus sombre émerge : et si Bethesda abandonnait simplement la franchise ? Après tout, depuis Skyrim, le studio a :
- Sorti Fallout 4 (2015) et Fallout 76 (2018), deux jeux très critiqués,
- Lancé Starfield (2023), un RPG spatial ambitieux mais buggé,
- Annulé The Elder Scrolls: Blades (2024), son jeu mobile.
Pourtant, des signes encourageants existent. En 2023, Todd Howard avait confirmé que The Elder Scrolls VI était "en pré-production", avec une équipe dédiée. Et en octobre 2024, un dépôt de marque pour "The Elder Scrolls: Redfall" (un spin-off ?) a été repéré. "Ils préparent quelque chose, mais est-ce que ce sera à la hauteur ?", s’interroge Alexandre "Nexu" D..
En attendant, les joueurs n’ont d’autre choix que de se raccrocher aux indices… ou de rejouer Skyrim pour la énième fois. "Au moins, on sait qu’on ne sera pas déçus", conclut, résigné, un commentaire sous le trailer.

