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Spielberg avait raison ?
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Il y a 36 jours

Spielberg avait raison ?

En 2015, Steven Spielberg annonçait le déclin des super-héros. Aujourd’hui, avec des recettes en baisse et un public de plus en plus sceptique, son pronostic semble se réaliser. Pourtant, deux géants du cinéma tentent de renverser la vapeur : Marvel avec Vengeurs: Doomsday, un pari à 450 millions de dollars, et DC avec son tout nouveau DCU, misant sur des récits plus autonomes. Qui parviendra à redonner un second souffle au genre ? Et surtout : est-il déjà trop tard ?

A retenir :

  • La prédiction de Spielberg : En 2015, le réalisateur comparait les super-héros aux westerns, un genre aujourd’hui marginalisé. Les chiffres récents lui donnent raison.
  • Marvel en surchauffe : Après les échecs relatifs d’Ant-Man et la Guêpe: Quantumania (476M$) et des Marvels (206M$), Vengeurs: Doomsday (budget colossal de 450M$) doit absolument convaincre.
  • DC joue la carte de l’indépendance : Avec le DCU, la franchise mise sur des films autonomes comme Superman (616M$ en 2025) et Supergirl (2026), évitant les sagas interminables qui lassent.
  • Un signe d’espoir ? Les préventes de Doomsday dépassent déjà celles de Thor: Love and Thunder – mais cela suffira-t-il à éviter l’effondrement annoncé ?
  • Mutation ou déclin ? Le genre est-il en train de disparaître, ou simplement de se réinventer sous une forme plus mature et moins formatée ?

2015 : quand Spielberg sonnait l’alarme

Il y a près de dix ans, lors d’une interview accordée au Associated Press, Steven Spielberg lançait une bombe : « Les films de super-héros vont finir comme les westerns. Ils seront toujours là, mais ils ne domineront plus le paysage. » À l’époque, ses propos semblaient presque provocateurs. Marvel enchaînait les succès avec Avengers : L'Ère d'Ultron (1,4 milliard de dollars), et DC préparait son univers étendu avec Batman v Superman. Le public était en pleine héroïne, les salles combles, les merchandising s’arrachait. Qui aurait pu imaginer qu’un déclin était possible ?

Pourtant, en 2024, la donne a changé. Les recettes des dernières productions Marvel et DC peinent à atteindre les sommets des années 2018-2022. Les Marvels (206 millions), malgré un budget de 270 millions, a été un désastre financier. Même Ant-Man et la Guêpe: Quantumania (476 millions) a déçu, malgré son univers psychédélique. Du côté de DC, The Flash (270 millions) a été un fiasco critique et public, tandis que Shazam! La Rage des Dieux (134 millions) a à peine couvert ses coûts. Seuls Spider-Man: No Way Home (1,9 milliard) et The Batman (772 millions) ont sauvé l’honneur, prouvant que l’engouement persiste… mais sous certaines conditions.

Alors, Spielberg avait-il raison ? Le genre est-il en train de s’éteindre, ou simplement de muter ?

Vengeurs: Doomsday : le dernier espoir de Marvel ?

Avec un budget pharaonique estimé à 450 millions de dollars, Vengeurs: Doomsday n’est pas un simple film : c’est un test de survie pour Marvel Studios. Après la phase 4, marquée par des critiques mitigées et des recettes en baisse, Kevin Feige et son équipe doivent absolument relancer la machine. Les enjeux sont clairs :
Retrouver l’émotion : Les teasers promettent un retour aux fondamentaux, avec moins d’effets numériques surchargés et plus de profondeur narrative. Une approche qui rappelle Captain America: Civil War (1,15 milliard en 2016), souvent cité comme le meilleur équilibre entre spectacle et storytelling.
Éviter le syndrome "fatigue des super-héros" : Le public commence à bouder les films trop prévisibles, où les enjeux semblent artificiels. Doomsday doit surprendre, choquer, émouvoir – sous peine de confirmer le déclin.
Relancer l’UCM : Après les déceptions de Eternals et Thor: Love and Thunder, Marvel a besoin d’un coup d’éclat. Les préventes, ouvertes depuis le 20 janvier, dépassent déjà celles de Thor 4 à la même période. Un bon signe, mais loin d’être une garantie.

Le problème ? Même si Doomsday cartonne, il ne suffira pas à lui seul à sauver le genre. Marvel devra prouver qu’elle peut innover, et pas seulement répéter ses anciennes recettes. « Les fans veulent du neuf, pas une énième variation sur le thème de la pierre d’infini », résume un critique de Variety. La pression est maximale.

DC et le pari du DCU : moins de sagas, plus de liberté

Pendant que Marvel mise tout sur un seul film, DC tente une approche radicalement différente avec son DCU (DC Universe). Après les échecs du DCEU (Justice League, Suicide Squad), la franchise a décidé de tout repenser :
Des films autonomes : Exit les crossovers obligatoires et les post-credits à n’en plus finir. Superman (2025) et Supergirl (2026) seront des histoires closes, sans lien direct avec d’autres productions. Une stratégie qui rappelle le succès de The Batman (772 millions), acclamé pour son ton sombre et son scénario indépendant.
Un univers, mais pas une prison : Contrairement à Marvel, où chaque film semble devoir préparer le suivant, le DCU promet des récits plus libres. « On veut que chaque film soit une expérience unique, pas un simple chapitre », explique James Gunn, co-PDG de DC Studios.
Un risque calculé : Sans la sécurité d’une saga interconnectée, chaque film devra convaincre par lui-même. Superman a bien démarré (616 millions), mais Supergirl devra faire mieux pour prouver que la formule fonctionne.

L’avantage ? Si un film déçoit, cela n’impactera pas les autres. L’inconvénient ? DC devra redoubler d’efforts pour fidéliser le public à chaque sortie. « C’est un pari audacieux, mais nécessaire », estime un analyste de BoxOffice Pro. Le DCU peut-il devenir le nouveau modèle pour les super-héros ?

Le public a-t-il encore soif de super-héros ?

Au-delà des stratégies de Marvel et DC, une question persiste : le public en a-t-il assez des super-héros ? Les signes d’essoufflement sont là :
La lassitude des sagas : Beaucoup de spectateurs reprochent aux franchises leur côté « usines à films », où chaque sortie semble dictée par un calendrier marketing plutôt que par une vraie vision artistique.
La concurrence des séries : Avec des productions comme Loki (Disney+) ou Peacemaker (HBO Max), une partie de l’audience préfère désormais les formats longs, plus développés.
L’évolution des attentes : Les spectateurs veulent des histoires plus matures, moins manichéennes. The Batman et Joker ont prouvé qu’un film de super-héros pouvait être sombre, politique, voire philosophique.

Pourtant, les chiffres montrent que l’engouement persiste… à condition de bien faire les choses. Spider-Man: No Way Home a explosé les comptes grâce à sa nostalgie et son scénario bien ficelé. The Batman a séduit par son réalisme. Le problème n’est pas le genre en lui-même, mais sa répétition sans innovation, comme le souligne une étude de The Hollywood Reporter.

Alors, que faut-il pour sauver les super-héros ?
Moins de films, mais mieux pensés : Qualité plutôt que quantité.
Des récits plus audacieux : Oser sortir des sentiers battus, comme Logan (2017) ou Doctor Strange in the Multiverse of Madness (pour son côté horreur).
Écouter le public : Les fans ne veulent plus de films « obligatoires », mais des expériences cinématographiques mémorables.

Derrière l’écran : la guerre des egos et des budgets

Ce que le public ne voit pas, ce sont les batailles internes qui minent les deux géants. Chez Marvel, les rumeurs parlent de tensions entre Kevin Feige et les réalisateurs, certains accusant le studio de trop contrôler le processus créatif. « On nous donne un script et on nous dit de suivre le plan à la lettre », confie un technicien sous couvert d’anonymat. Résultat : des films qui manquent de personnalité.

Chez DC, c’est la guerre ouverte entre les anciens du DCEU (comme Zack Snyder) et les nouveaux dirigeants (James Gunn, Peter Safran). Superman a coûté 250 millions, un budget énorme pour un film « indépendant ». Si le pari échoue, le DCU pourrait s’effondrer avant même d’avoir décollé.

Sans compter la pression des actionnaires. Disney et Warner Bros. exigent des retours sur investissement immédiats, ce qui pousse les studios à jouer la sécurité… et à produire des films prévisibles. « On est dans une logique de quarterly earnings, pas de cinéma », résume un producteur.

Ironie du sort : c’est cette même pression qui a tué les westerns dans les années 70. Spielberg avait tout compris.

Et si le vrai problème, c’était nous ?

Enfin, une question dérangeante : et si le déclin des super-héros était aussi de notre faute ? Nous, spectateurs, qui exigeons toujours plus de spectacle, plus de nostalgie, plus de fan-service… au point d’étouffer la créativité.

« Les studios donnent au public ce qu’il semble vouloir : des cameos, des clins d’œil, des scènes post-générique. Mais à force, on oublie de raconter des histoires », déplore une scénariste ayant travaillé sur Black Panther. Résultat : des films qui ressemblent à des checklists pour fans plutôt qu’à des œuvres abouties.

Prenez Avengers: Endgame. Un chef-d’œuvre pour les fans, mais un film qui repose presque entièrement sur la nostalgie des précédents opus. Et si c’était ça, le vrai piège ? Celui de croire que le public ne veut que du déjà-vu.

La solution ? Peut-être dans des projets comme The Batman – Part II, qui promet une intrigue policière complexe, ou Blade (2025), annoncé comme un film d’horreur pur. Osons l’inattendu.

Les prochains mois seront décisifs. Vengeurs: Doomsday sortira en salles le 3 mai 2025, suivi de près par Superman (juillet 2025) et Supergirl (2026). Si ces films échouent, Spielberg aura définitivement raison : les super-héros deviendront un genre marginal, comme les westerns. Mais s’ils réussissent, ils prouveront que le genre peut encore évoluer, se réinventer, surprendre. Une chose est sûre : l’ère des blockbusters faciles et formatés est terminée. Soit les studios s’adaptent, soit ils disparaissent. Et cette fois, même les super-héros ne pourront pas les sauver.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Spielberg avait raison, mais comme un vieux Mega Man qui voit son boss final se faire overpowered par un méchant trop prévisible : le genre est toujours là, mais il a perdu son âme. Doomsday ? Un Final Fantasy XIV en mode "survie" : trop de promesses, un budget monstrueux, et le risque de finir en endgame raté. Marvel doit choisir : soit ils osent un vrai Silent Hill psychologique, soit ils deviennent le Resident Evil des blockbusters , trop connu pour être craint, mais trop prévisible pour être aimé. DC, eux, jouent à GTA en mode "liberté totale" : plus de règles, plus de crossovers, juste des films qui doivent se débrouiller seuls. C’est audacieux, mais c’est comme lancer Crash Bandicoot dans un monde ouvert sans filet. Si Superman cartonne, bravo , sinon, on aura prouvé que même Batman a besoin d’un Joker dans sa vie pour se rappeler qu’il existe autre chose que les post-credits. Le vrai problème ? On est en train de transformer les super-héros en Pac-Man : tout le monde court après les points, mais personne ne regarde l’écran. Le public veut du No Way Home, mais sans les No Way Home… Bref, on est en mode "je sais pas quoi faire, alors on refait Avengers mais en plus sombre". Et ça, même Sonic l’aurait vu venir.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen