Il y a 74 jours
Splitgate: Arena Reloaded – Le grand retour aux sources du FPS compétitif
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Un virage radical pour Splitgate : retour au FPS pur et compétitif
Après l’échec critique de Splitgate 2, le studio 1047 Games tente un coup de poker avec Splitgate: Arena Reloaded, disponible dès demain. Exit les héros et leurs compétences : place à un shooter arène brut, centré sur le gunplay et les portails, inspiré des légendes comme Halo et Unreal Tournament. Avec des mécaniques retravaillées, un système de progression ambitieux (jusqu’au niveau 1 000 !) et un recentrage sur l’équité compétitive, le jeu mise tout sur son ADN originel. Mais ce retour aux sources suffira-t-il à séduire les joueurs, alors que le mode Battle Royale est mis de côté et que la concurrence fait rage ? Décryptage d’une relance audacieuse, en accès gratuit sur Steam et consoles.
A retenir :
- Retour aux fondamentaux : un FPS arène pur, sans héros ni compétences, avec un gameplay inspiré de Halo et Unreal Tournament, mais modernisé.
- Portails 2.0 : mécanique repensée pour des déplacements ultra-fluides, une physique optimisée (adieu les bugs de collision !) et 5 cartes inédites, dont des remasters cultes.
- Compétitif avant tout : TTK ajusté (précision > chance), 3 nouvelles armes, et un mode Arena Classique sans loadouts prédéfinis, comme à l’époque des FPS années 2000.
- Progression XXL : jusqu’au niveau 1 000, des microtransactions rééquilibrées (prix revus à la baisse) et un accès 100% gratuit sur PC et consoles.
- Adieu (temporaire) au Battle Royale : 1047 Games assume un recentrage radical sur l’ADN compétitif, au risque de diviser la communauté.
Le come-back improbable : pourquoi 1047 Games a tout misé sur les origines
Il y a un an, Splitgate 2 débarquait avec des ambitions démesurées : des héros aux compétences uniques, un mode Battle Royale et une identité visuelle repensée. Résultat ? Un fiasco critique, avec des joueurs nostalgiques du premier opus et des nouveaux déroutés par un mélange des genres mal maîtrisé. Aujourd’hui, 1047 Games assume son erreur et tente un pari risqué : effacer (presque) tout et recommencer. Splitgate: Arena Reloaded, disponible dès le 24 juillet 2024, est un retour aux sources pures du jeu – celles qui avaient séduit plus de 10 millions de joueurs en 2021.
Mais pourquoi un tel revirement ? "Nous avons écouté la communauté", explique Ian Proulx, cofondateur du studio, dans une interview accordée à PC Gamer. "Splitgate, à la base, c’était un hommage aux FPS arène des années 2000, avec une touche moderne grâce aux portails. En ajoutant des héros et des compétences, nous avons dilué ce qui faisait notre force." Le constat est sans appel : le jeu avait perdu son âme. Avec Arena Reloaded, l’équipe promet de restaurer l’équilibre sacré entre stratégie, maîtrise technique et fun immédiat – le trio gagnant des grands noms comme Quake ou Counter-Strike.
Pourtant, ce retour en arrière n’est pas un simple copier-coller. Splitgate: Arena Reloaded se veut une version 2.0 des origines, avec des mécaniques affûtées par l’expérience et les retours joueurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les changements sont radicaux.
Les portails, cœur battant du jeu, enfin domptés ?
Si Splitgate a marqué les esprits en 2021, c’est grâce à une mécanique unique : les portails. Ces derniers permettaient des déplacements tactiques inédits, mêlant stratégie spatiale et réflexes de tir. Problème : dans Splitgate 2, cette signature était devenue buggée, avec des collisions aléatoires et des latences frustrantes. Arena Reloaded promet de corriger ça.
D’après les tests en bêta fermée, les portails sont désormais "plus réactifs, plus précis, et bien mieux intégrés à l’environnement", comme l’affirme Nick Baggs, lead designer du jeu. La physique a été entièrement repensée pour éviter les situations ubuesques où un joueur se retrouvait coincé entre deux murs. Autres nouveautés :
- Des combinaisons de portails plus intuitives : il est désormais possible d’enchaîner les téléportations sans perdre en fluidité.
- Un système de "portail miroir" : si un adversaire tire à travers votre portail, vous pouvez désormais renvoyer le projectile en ajustant l’angle (une mécanique inspirée de Portal 2, mais adaptée au FPS).
- 5 cartes inédites, dont 3 remasters des maps les plus populaires du premier Splitgate ("Highwind", "Outpost 23" et "Karma"), retravaillées pour exploiter au mieux les nouvelles possibilités des portails.
Autre ajustement majeur : le time-to-kill (TTK), désormais plus long pour privilégier les duels tactiques plutôt que les éliminations aléatoires. "Avant, on mourrait trop vite, et les portails ne servaient à rien si on se faisait sniper avant d’avoir le temps de réagir", explique Jérémie L., un joueur français ayant participé à la bêta. "Là, on a enfin le temps de penser, de se déplacer, de contre-attaquer." Un changement qui rappelle les FPS compétitifs des années 2000, où chaque tir comptait.
"On a tué le Battle Royale" : le choix controversé de 1047 Games
Si une décision a fait grincer des dents, c’est bien la disparition (temporaire ?) du mode Battle Royale. Pourtant, ce dernier était l’un des piliers de Splitgate 2, avec des parties à 100 joueurs et une carte géante. "Un échec cuisant", selon les propres mots du studio. "Le mode était mal équilibré, trop lent, et surtout, il éloignait le jeu de ce qu’il devait être : un FPS arène nerveux et compétitif."
À la place, 1047 Games mise tout sur :
- Le mode Arena Classique : pas de loadouts prédéfinis, pas de compétences. Les joueurs commencent avec une arme de base et doivent ramasser des bonus sur la carte (sniper, fusil à pompe, etc.), comme dans les Quake Arena ou Unreal Tournament d’antan.
- Un système de matchmaking repensé, avec des rangs compétitifs plus stricts pour éviter les parties déséquilibrées.
- 3 nouvelles armes :
- Le "Railgun" : un sniper ultra-puissant mais lent à recharger, idéal pour les joueurs patients.
- Le "Flux Cannon" : un fusil à énergie qui rebondit sur les murs, parfait pour les combats en intérieur.
- Le "Bouncer" : une arme secondaire qui propulse le joueur en l’air, ouvrant des possibilités de déplacement inédites.
Mais ce recentrage sur le PvP pur ne fait pas l’unanimité. "Ils abandonnent une partie de leur audience pour plaire aux puristes, c’est un pari dangereux", estime Thomas R., streamer spécialisé dans les Battle Royale. "Splitgate 2 avait au moins le mérite de proposer quelque chose de différent. Là, on retourne à la case départ." Le studio assume : "Nous préférons avoir un jeu cohérent et bien maîtrisé qu’un fourre-tout qui ne plaît à personne." La balle est dans le camp des joueurs.
Progression, microtransactions et gratuit : la recette du free-to-play équilibré ?
Autre point noir de Splitgate 2 : un système de monétisation agressif, avec des skins à 20€ et des pass de combat peu rentables. Arena Reloaded promet de corriger le tir, avec :
- Un système de progression massif : jusqu’au niveau 1 000, avec des récompenses à chaque palier (skins, armes, crédits en jeu).
- Des prix revus à la baisse : les skins les plus chers ne dépasseront pas 10€, et des bundles seront proposés pour réduire les coûts.
- Une monnaie premium rééquilibrée : les crédits achetés en argent réel seront plus faciles à obtenir via le jeu (missions quotidiennes, défis, etc.).
- Un accès 100% gratuit sur Steam, PlayStation et Xbox, sans contenu payant bloquant la progression.
"On a voulu éviter le piège du 'pay-to-win'", explique Sarah Chen, responsable marketing chez 1047 Games. "Tous les skins et cosmétiques sont purement esthétiques. Les seules choses qui comptent, ce sont votre skill et votre maîtrise des portails." Une philosophie qui rappelle celle de Valorant ou Fortnite dans leurs meilleures périodes.
Enfin, le jeu mise sur une stratégie communautaire agressive :
- Des tournois mensuels avec cashprize pour les meilleurs joueurs.
- Un système de guildes pour les clans compétitifs.
- Une intégration Twitch poussée, avec des drops de skins pour les viewers.
Reste une question : ce modèle suffira-t-il à fidéliser les joueurs sur le long terme, alors que des géants comme Call of Duty: Warzone ou Apex Legends dominent le marché ? "Notre atout, c’est notre niche", répond Ian Proulx. "On ne vise pas les 100 millions de joueurs. On veut les 5 millions qui aiment les FPS tactiques et compétitifs. Et pour eux, on a construit le meilleur jeu possible."
Derrière les portails : l’histoire secrète d’un studio qui a failli tout perdre
Peu de gens le savent, mais Splitgate est né d’un projet étudiant. En 2018, une poignée de développeurs de l’Université de Californie (dont Ian Proulx et Nick Baggs) travaillent sur un FPS expérimental mêlant portails et combats en arène. Le jeu, alors nommé "Portal Arena", est un franc succès lors des game jams locales. Mais personne ne croit en son potentiel commercial.
C’est sans compter sur un coup de pouce du destin : en 2019, une vidéo du prototype fuite sur Reddit et devient virale. En 48 heures, le serveur Discord du projet passe de 50 à 10 000 membres. "On a réalisé qu’on tenait quelque chose", se souvient Nick Baggs. Le studio 1047 Games est fondé dans la foulée, et le jeu (rebaptisé Splitgate) sort en accès anticipé en 2021. Le succès est immédiat : plus de 10 millions de téléchargements en quelques mois, et des comparaisons élogieuses avec Halo et Portal.
Mais la pression monte. Les investisseurs veulent un "jeu plus grand, plus ambitieux". Résultat : Splitgate 2, sorti en 2023, est un désastre. Trop complexe, trop éloigné de l’esprit originel, trop buggé. "On a cru bien faire en ajoutant du contenu, mais on a perdu notre âme", avoue Ian Proulx. "Avec 'Arena Reloaded', on revient à l’essentiel : un jeu fait par des passionnés, pour des passionnés."
Aujourd’hui, l’enjeu est de taille. Si Splitgate: Arena Reloaded échoue, le studio pourrait bien disparaître. Mais si le pari réussit, il prouvera qu’il y a encore une place pour les FPS arène purs dans un marché dominé par les battle royale et les shooters narratifs. "On n’a plus le droit à l’erreur", conclut Nick Baggs. "Mais si on doit tomber, ce sera en beauté, avec un jeu qui nous ressemble."
Splitgate: Arena Reloaded est bien plus qu’une simple mise à jour : c’est une renaissance. En osant tout repenser pour revenir à l’essentiel – un FPS arène nerveux, tactique et équilibré –, 1047 Games prend un risque énorme. Les portails sont enfin maîtrisés, les armes sont variées, et le modèle free-to-play semble mieux pensé. Pourtant, des doutes subsistent : le retrait du Battle Royale aliénera-t-il une partie de la communauté ? Le jeu parviendra-t-il à se faire une place face à des mastodontes comme Valorant ou Overwatch 2 ?
Une chose est sûre : ce retour aux sources a au moins le mérite de la cohérence. Splitgate n’a jamais été aussi proche de ce qu’il aurait toujours dû être. Aux joueurs, maintenant, de dire si cette version "Reloaded" mérite une seconde chance. Les serveurs ouvrent demain – à vous de jouer.

