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Star Wars :
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Un virage audacieux pour la saga Star Wars : entre rupture musicale et nouvelle ère narrative
Pour la première fois en près de 50 ans, un film Star Wars se passe des services légendaires de John Williams. Thomas Newman, compositeur oscarisé de Skyfall et WALL-E, prend les rênes de la bande originale de Starfighter, un projet indépendant qui promet une identité sonore inédite. Porté par Ryan Gosling dans un rôle de pilote énigmatique, ce film explore une temporalité méconnue, cinq ans après L’Ascension de Skywalker, avec des antagonistes joués par Matt Smith et Mia Goth. Entre nostalgie assumée (les landspeeders revisités) et audaces visuelles (scènes en apesanteur), le réalisateur Shawn Levy insiste sur une "aventure autonome", loin des sentiers battus de la saga Skywalker. Un pari risqué à découvrir en 2027.
A retenir :
- Thomas Newman remplace John Williams pour la BO de Starfighter : une première en 47 ans d’histoire Star Wars, avec un orchestre de 90 musiciens (contre 100 habituellement).
- Ryan Gosling incarne un pilote mystérieux aux côtés de son neveu adolescent (Flynn Gray), dans une intrigue déconnectée de la saga Skywalker, avec Matt Smith et Mia Goth en méchants inédits.
- Un mélange de nostalgie (landspeeders inspirés de 1977) et d’innovation (scènes en apesanteur, barge futuriste), pour une "aventure autonome" située cinq ans après L’Ascension de Skywalker.
- Newman mise sur des orchestrations symphoniques riches (inspirées de Skyfall) et des textures électroniques (comme dans WALL-E), sans réutiliser les leitmotivs de Williams.
- Sortie prévue en 2027 : le compositeur devra créer une partition aussi marquante que La Marche Impériale, mais avec une approche résolument moderne.
L’adieu (temporaire ?) à John Williams : un tournant historique pour Star Wars
Depuis 1977 et le premier Star Wars, une constante a traversé la saga : la musique inoubliable de John Williams. Ses thèmes – La Marche Impériale, le Thème de la Force, ou encore la valse de Han et Leia – sont devenus des piliers de la culture populaire, indissociables de l’univers créé par George Lucas. Pourtant, avec Starfighter, la franchise tourne une page. Pour la première fois, un film Star Wars se passera des services du maestro, désormais âgé de 92 ans. Un choix symbolique, qui marque le début d’une ère post-Williams.
Le réalisateur Shawn Levy (Stranger Things, Deadpool 3) assume pleinement cette rupture : *"Nous voulons une bande originale qui respire l’esprit de Star Wars, mais avec une voix nouvelle. Thomas Newman est l’homme idéal pour ça."* Le compositeur, nommé 15 fois aux Oscars (pour Skyfall, 1917, ou WALL-E), a carte blanche pour inventer une identité sonore inédite. Une mission périlleuse, quand on sait que les fans attendent – consciemment ou non – des échos des mélodies mythiques de Williams.
Pourtant, Newman refuse le pastiche. Dans une interview accordée à Variety, il explique : *"Je ne vais pas réinventer La Marche Impériale. Mon travail est de créer quelque chose qui existe par lui-même, tout en honorant l’héritage. Une partition qui puisse tenir debout sans les références habituelles."* Un équilibre délicat, d’autant que le film se situe dans une période inexplorée de l’univers Star Wars : cinq ans après L’Ascension de Skywalker (2019), loin des conflits Skywalker vs. Palpatine.
Ryan Gosling et Flynn Gray : un duo inattendu pour une nouvelle génération
Si la musique de Starfighter promet d’être révolutionnaire, son casting l’est tout autant. Ryan Gosling, habitué aux rôles charismatiques (Drive, La La Land, Barbie), incarne ici un pilote mystérieux, dont l’identité et les motivations restent secrètes. À ses côtés, Flynn Gray, un adolescent interprété par un nouveau venu, joue son neveu. Leur relation, au cœur de l’intrigue, évoque les duos emblématiques de la saga (Han et Luke, Rey et Finn), mais avec une dynamique inédite : *"Ce n’est pas une histoire de maître et d’apprenti, mais de deux outsiders qui apprennent à se faire confiance"*, précise Shawn Levy.
Côté méchants, le film mise sur des visages connus pour des rôles iconiques : Matt Smith (le 11e Docteur dans Doctor Who, Prince Philip dans The Crown) et Mia Goth (Pearl, X), incarnent des antagonistes loin des Sith traditionnels. *"Pas de sabres lasers, pas de Force omniprésente. Nos vilains sont plus terre-à-terre, mais tout aussi dangereux"*, tease Levy. Une approche qui rappelle Rogue One (2016), où les conflits étaient avant tout politiques et militaires, plutôt que mystiques.
Les premières images du tournage, dévoilées en août 2024, confirment cette volonté de mélange entre nostalgie et modernité. On y aperçoit un véhicule rappelant les landspeeders de 1977, mais avec un design plus anguleux, ainsi qu’une barge futuriste où Gosling et Gray évoluent en apesanteur. *"Nous voulons que les fans reconnaissent l’ADN de Star Wars, mais avec une touche contemporaine"*, explique le chef décorateur Kevin Jenkins (Dune, Blade Runner 2049).
"Une inspiration classique, mais pas un plagiat" : la recette musicale de Thomas Newman
Comment succéder à John Williams sans sombrer dans l’imitation ? Thomas Newman a une réponse claire : *"En partant de zéro, mais avec les mêmes outils."* Le compositeur, connu pour ses partitions à la fois orchestrales et électroniques (Skyfall, WALL-E), compte bien utiliser un orchestre de 90 musiciens (enregistré aux mythiques studios Abbey Road), soit légèrement moins que les sessions typiques de Williams (100 musiciens). *"C’est un choix délibéré. Nous voulons de la grandeur, mais aussi de l’intimité"*, justifie-t-il.
Son approche ? Des mélodies symphoniques riches, comme pour Skyfall (où il dirigeait 120 instrumentistes), mais agrémentées de textures électroniques subtiles, une signature déjà présente dans WALL-E (2008). *"Je ne veux pas que ça sonne comme un film de science-fiction des années 2020. Il faut que ce soit intemporel, comme l’était la musique de Williams en 1977"*, insiste Newman. Un défi de taille, quand on sait que des thèmes comme Le Thème de la Force ou La Marche Impériale sont gravés dans la mémoire collective.
Pourtant, le compositeur assume le risque : *"Si les fans attendent une copie de Williams, ils seront déçus. Mais si ils sont ouverts à une nouvelle expérience, je pense que nous pouvons créer quelque chose de spécial."* Une déclaration qui rappelle celle de Michael Giacchino pour Rogue One (2016), où il avait réutilisé certains leitmotivs de Williams, tout en introduisant des thèmes originaux. Newman, lui, semble déterminer à éviter tout clin d’œil trop évident.
Shawn Levy appuie cette vision : *"Nous ne faisons pas un film sur le passé. Starfighter est une histoire pour aujourd’hui, avec des enjeux et des émotions qui parlent au public de 2027. La musique doit refléter ça."* Un pari audacieux, quand on sait que la nostalgie est souvent un argument marketing majeur pour les franchises établies.
Derrière les coulisses : comment Starfighter se prépare à marquer l’histoire
Le tournage de Starfighter, lancé en juin 2024 aux Pinewood Studios (Londres), est entouré d’un secret bien gardé. Pourtant, quelques détails ont filtré, révélant une production ambitieuse. Parmi les anecdotes les plus marquantes :
- Ryan Gosling a suivi un entraînement intensif pour les scènes en apesanteur, s’inspirant des méthodes des astronautes de la NASA. *"Il voulait que chaque mouvement paraisse naturel, même dans un environnement aussi artificiel"*, raconte un membre de l’équipe.
- Les landspeeders du film sont des hybrides entre les modèles de 1977 et des concepts inédits, conçus par le designer Jake Lunt Davies (The Batman, No Time to Die). *"Nous avons gardé la silhouette iconique, mais avec des matériaux et des couleurs qui reflètent une ère post-Skywalker"*, explique-t-il.
- La bande originale sera enregistrée en deux phases : une première session avec l’orchestre complet, suivie d’une seconde dédiée aux éléments électroniques, supervisée par Newman en personne.
- Matt Smith a improvisé plusieurs de ses répliques, une première pour un film Star Wars habituellement très scripté. *"Shawn Levy m’a dit : ‘Fais comme si tu étais dans Doctor Who, mais en plus sombre’"*, confie l’acteur.
Autre détail intrigant : le film devrait inclure une scène post-générique, une rareté dans la saga. *"Ce n’est pas une tradition Star Wars, mais nous avions une idée trop bonne pour la laisser de côté"*, tease Levy, sans en révéler davantage.
2027 : l’année où Star Wars devra prouver qu’il peut se réinventer
Avec Starfighter, la franchise Star Wars prend un risque calculé. Entre une bande originale résolument nouvelle, un casting éclectique (Gosling, Smith, Goth), et une intrigue déconnectée des Skywalker, le film mise sur l’originalité pour séduire. Pourtant, l’ombre de John Williams plane toujours. *"Les attentes sont énormes, mais c’est aussi ce qui rend le projet excitant"*, confie Thomas Newman.
Les premiers retours des test screenings (prévus pour décembre 2025) seront cruciaux. Si la musique de Newman est bien accueillie, elle pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère pour les bandes originales de Star Wars. À l’inverse, un échec critique pourrait pousser Disney à revenir vers des formules plus sûres. *"Nous savons que certains fans vont râler, mais c’est le prix à payer pour innover"*, assume Shawn Levy.
Reste une question : Starfighter sera-t-il le Rogue One de cette décennie (un film indépendant acclamé) ou un Solo bis (un projet ambitieux mais mal aimé) ? La réponse en 2027. En attendant, une chose est sûre : pour la première fois depuis 1977, un film Star Wars n’aura pas la signature de John Williams. Et ça, c’est déjà une révolution.
Starfighter s’annonce comme un tournant pour Star Wars – un film qui ose défier les attentes, que ce soit par sa musique, son casting ou son récit. En confiant les rênes à Thomas Newman et en écartant (temporairement ?) John Williams, la saga prend un risque immense, mais nécessaire. Si le pari réussit, 2027 pourrait marquer le début d’une nouvelle ère, où Star Wars prouve qu’il peut évoluer sans renier son héritage. Sinon, les landspeeders et les sabres lasers n’auront qu’à bien se tenir : les fans sauront rappeler à Disney ce qu’ils attendent vraiment de la galaxie lointaine, très lointaine...

