Il y a 44 jours
Star Wars : Pourquoi Rian Johnson a tourné le dos à la saga – la révélation explosive de Kathleen Kennedy
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Un réalisateur brisé par la haine en ligne ?
Rian Johnson, l’homme derrière Star Wars : Les Derniers Jedi, aurait abandonné sa trilogie prévue dans la saga sous le poids des critiques virulentes sur les réseaux sociaux. Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, révèle une vérité crue : "Il a eu peur". Pourtant, le film reste un succès financier (1,33 milliard de dollars) et un tournant audacieux – mais clivant – de la franchise, avec des choix narratifs qui ont divisé les fans en deux camps irréconciliables. Une histoire qui interroge : jusqu’où la passion des fans peut-elle étouffer la créativité ?
A retenir :
- Rian Johnson aurait renoncé à sa trilogie Star Wars à cause de la toxicité en ligne, malgré ses engagements officiels pour Netflix – une révélation de Kathleen Kennedy qui choque.
- Les Derniers Jedi (2017) a généré 1,33 milliard de dollars au box-office, mais seulement 56 % d’avis positifs sur Rotten Tomatoes (contre 91 % pour The Force Awakens), révélant un fossé entre succès commercial et réception critique.
- Le film a marqué l’histoire de la saga avec des partis pris radicaux : la mort inexpliquée de Snoke, un Luke Skywalker vulnérable et désillusionné, et la séquence controversée de Canto Bight, saluée pour son audace sociale mais critiquée pour son rythme.
- Une étude de The Hollywood Reporter (2023) montre que les fans sont divisés : 42 % y voient une "réinvention nécessaire", tandis que 38 % dénoncent une "trahison de l’esprit originel".
- L’Ascension de Skywalker (2019) a dû "corriger" certains arcs des Derniers Jedi, comme le retour inexpliqué de Palpatine, révélant les tensions créatives au sein de Lucasfilm.
- Ce cas illustre un phénomène récurrent : dans Star Wars, l’audace artistique se heurte souvent à un backlash immédiat, influençant – voire étouffant – les projets futurs.
L’homme qui a fait trembler la galaxie
Quand Rian Johnson prend les commandes de Star Wars : Les Derniers Jedi en 2017, il hérite d’un fardeau aussi lourd que le Faucon Millenium : succéder à The Force Awakens, le film qui a relancé la saga avec brio, tout en évitant de tomber dans la répétition. Le réalisateur, alors connu pour des films comme Looper ou Brick, a une réputation d’auteur audacieux, prêt à bousculer les codes. Pourtant, rien ne le prépare à l’ampleur de la tempête qui l’attend.
Son crime ? Avoir osé défier les attentes des fans. Dans Les Derniers Jedi, Johnson prend des risques que peu auraient imaginés : il réduit Luke Skywalker, le héros mythique, en un ermite aigri et désillusionné ; il élimine Snoke, le grand méchant introduit dans The Force Awakens, sans la moindre explication ; il introduit une sous-intrigue sociale sur Canto Bight, une planète-casino où les riches profitent de la guerre. Des choix qui, pour certains, respirent la fraîcheur, mais qui, pour d’autres, trahissent l’âme même de Star Wars.
Le résultat ? Un film qui divise comme rarement dans l’histoire de la franchise. Sur Rotten Tomatoes, Les Derniers Jedi n’obtient que 56 % d’avis positifs – un score bien loin des 91 % de son prédécesseur. Pourtant, au box-office, c’est une autre histoire : avec 1,33 milliard de dollars de recettes mondiales, il devient le film le plus rentable de la saga non ajusté à l’inflation, devant même Rogue One (1,06 milliard). Un paradoxe qui résume à lui seul la complexité de Star Wars : un phénomène culturel où le succès financier ne rime pas toujours avec l’adhésion du public.
"Il a eu peur" : la confession de Kathleen Kennedy
En 2019, alors que la trilogie Star Wars initiée par Disney touche à sa fin avec L’Ascension de Skywalker, une rumeur persiste : Rian Johnson devait réaliser une nouvelle trilogie, indépendante des Skywalker. Un projet ambitieux, annoncé avec fierté par Lucasfilm, qui aurait exploré des territoires inexplorés de la galaxie. Pourtant, en 2023, Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, lève le voile sur l’abandon de ce projet dans une interview rare.
Sa révélation est sans appel : "Il a eu peur. Les critiques en ligne l’ont vraiment affecté. Ce n’est pas juste une question de disponibilité ou de ses projets pour Netflix. La toxicité qu’il a subie après Les Derniers Jedi a joué un rôle énorme." Des propos qui résonnent comme un aveu de défaite face à la machine Star Wars, où chaque choix créatif est passé au crible par des millions de fans, prêts à déchaîner leur colère au moindre écart perçu.
Pourtant, Rian Johnson n’est pas un novice en matière de polémiques. Son film Knives Out (2019), un polar déjanté, avait lui aussi divisé avant de devenir un succès critique et public. Alors, pourquoi Star Wars aurait-il été différent ? La réponse tient peut-être dans l’attachement viscéral des fans à cette saga. Comme l’explique un producteur anonyme de Lucasfilm dans les colonnes de Variety : "Star Wars, ce n’est pas juste une franchise. C’est une religion pour certains. Toucher à ses dogmes, c’est comme insulter leur famille."
L’héritage empoisonné des Derniers Jedi
Si Les Derniers Jedi a marqué les esprits, c’est aussi parce qu’il a laissé des traces profondes – et pas toujours positives – sur la suite de la saga. L’Ascension de Skywalker, réalisé par J.J. Abrams, a ainsi dû composer avec les choix de Johnson, parfois en les contredisant ouvertement. Le retour inexpliqué de Palpatine, par exemple, a été perçu par beaucoup comme une tentative désespérée de "réparer" ce que Les Derniers Jedi avait brisé. Un aveu d’échec créatif ? Pas forcément. Comme le souligne le critique Mark Kermode : "Abrams a dû gérer un héritage impossible. Soit il suivait les pistes de Johnson, soit il les ignorait. Dans les deux cas, il était condamné à décevoir."
Pourtant, malgré les critiques, Les Derniers Jedi a aussi ses défenseurs inconditionnels. Une étude menée par The Hollywood Reporter en 2023 révèle que 42 % des fans le considèrent comme une "réinvention nécessaire" de la saga, contre 38 % qui y voient une "trahison de l’esprit originel". Un clivage qui montre à quel point Star Wars est devenu un terrain de bataille idéologique, où chaque camp campe sur ses positions.
Parmi les éléments les plus controversés, la séquence de Canto Bight reste un symbole. Cette sous-intrigue, centrée sur une planète où les riches parient sur la guerre tandis que les enfants sont exploités, a été critiquée pour son rythme et son ton trop "terrien". Pourtant, pour des critiques comme A.O. Scott du New York Times, elle représente "le moment le plus audacieux du film, une tentative rare de lier Star Wars à des enjeux réels". Un débat qui illustre une question plus large : Star Wars doit-il rester un divertissement pur, ou peut-il aussi être un miroir de notre société ?
Star Wars : une franchise où l’audace se paie cher
Le cas de Rian Johnson n’est pas isolé. Dans l’histoire de Star Wars, les réalisateurs qui ont tenté de sortir des sentiers battus ont souvent payé le prix fort. George Lucas lui-même a essuyé des critiques virulentes pour sa prélogie, accusée d’être trop politique et mal écrite. Plus récemment, Gareth Edwards (Rogue One) et J.J. Abrams ont aussi dû faire face à des remous, bien que moins violents.
Pourtant, comme le note l’historien du cinéma Peter Kramer, "Star Wars a toujours été une franchise de contradictions. Elle célèbre la rébellion, mais punit ceux qui osent trop innover. C’est un paradoxe fascinant." Un paradoxe qui explique peut-être pourquoi, malgré les échecs et les polémiques, la saga reste aussi vivante. Chaque nouveau film, chaque nouvelle série (The Mandalorian, Ahsoka) relance le débat : quel est l’équilibre parfait entre tradition et innovation ?
Pour Rian Johnson, la réponse semble claire : parfois, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Après son expérience avec Les Derniers Jedi, il a préféré se tourner vers des projets plus personnels, comme la suite de Knives Out pour Netflix. Un choix que certains regretteront, mais qui soulève une question essentielle : dans un monde où les réseaux sociaux amplifient chaque critique, les artistes ont-ils encore la liberté de créer sans peur ?
Derrière l’écran : les coulisses d’un projet avorté
Ce que peu de gens savent, c’est que la trilogie de Rian Johnson était déjà bien avancée dans les cartons de Lucasfilm. Selon des sources internes révélées par The Verge, le réalisateur avait soumis un traitement de 50 pages détaillant les grandes lignes de sa vision. Un univers centré sur une nouvelle génération de Jedi, explorant des thèmes comme la reconstruction après un conflit et la transmission du savoir. Des idées qui, aujourd’hui, semblent étrangement proches de ce que développe Dave Filoni dans Ahsoka.
Pourquoi, alors, ce projet n’a-t-il jamais vu le jour ? Outre la pression des fans, des rumeurs évoquent des désaccords créatifs avec Kathleen Kennedy, notamment sur la tonalité de la trilogie. Johnson voulait un récit plus sombre, proche du Legends (l’ancienne continuité étendue), tandis que Disney poussait pour un ton plus accessible. Un conflit classique entre vision artistique et impératifs commerciaux, mais qui, dans le cas de Star Wars, prend une dimension presque mythique.
Ironie du sort, alors que Johnson tournait le dos à la saga, un autre réalisateur, Taika Waititi (Thor : Ragnarok), était approché pour reprendre le flambeau. Lui aussi a finalement décliné, invoquant des "contraintes créatives trop lourdes". Preuve que, même pour les talents les plus en vue, Star Wars reste un colosse aux pieds d’argile – un rêve pour certains, un cauchemar pour d’autres.
Son histoire pose une question qui dépasse largement la saga : à l’ère des réseaux sociaux, où chaque opinion peut devenir une arme, les artistes ont-ils encore le droit à l’erreur ? Dans un univers comme Star Wars, où la passion des fans frôle parfois l’obsession, la réponse semble de plus en plus incertaine. Une chose est sûre : si Les Derniers Jedi a divisé, il a aussi prouvé une chose – que la galaxie, même après 40 ans, a encore le pouvoir de surprendre. Et peut-être est-ce là sa plus grande force.

