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Stranger Things 5 : Les Duffer brisent le silence sur les scènes "coupées" et le coming-out de Will Byers
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Il y a 59 jours

Stranger Things 5 : Les Duffer brisent le silence sur les scènes "coupées" et le coming-out de Will Byers

Pourquoi la saison 5 de Stranger Things fait-elle autant parler d’elle ? Entre rumeurs de scènes supprimées et polémique autour du coming-out de Will Byers, les frères Duffer répondent enfin. Décryptage d’un final qui divise, entre liberté créative et réactions passionnées des fans.

A retenir :

  • Version secrète ? Les Duffer démentent formellement l’existence d’une version étendue du Volume 2, malgré une pétition de 400 000 signatures.
  • Coming-out assumé : La scène de Will Byers, préparée depuis 9 ans, est défendue comme "l’aboutissement de son arc" face à Vecna, symbole des oppressions sociales.
  • Review bombing : L’épisode 7 (The Bridge) voit sa note chuter à 6,1/10 sur IMDb, mais seulement 12% des critiques visent la représentation LGBTQ+.
  • Liberté artistique : Netflix n’aurait exercé "aucune pression" sur la production, confirmant une relation inchangée depuis 2016.
  • Réactions contrastées : Noah Schnapp (Will) se dit "fier" de la scène, tandis que les Duffer pointent une "désinformation massive" sur les réseaux.

Une version cachée de Stranger Things 5 ? Les Duffer mettent fin aux spéculations

Depuis la diffusion du Volume 2 de la saison 5 en juillet 2024, une rumeur tenace agite les fans : et si Netflix avait secrètement censuré des scènes ? Une pétition, signée par près de 400 000 personnes, exigeait la publication d’une version "intégrale" du final. Face à cette mobilisation, Ross et Matt Duffer, les créateurs de la série, ont enfin brisé le silence dans une interview exclusive accordée à Variety.

Ross Duffer est catégorique : "Aucune scène n’a été coupée. Ce que vous avez vu est exactement ce qu’on a tourné et monté." Son frère Matt enfonce le clou, évoquant une "désinformation massive" propagée sur les réseaux sociaux. Selon eux, cette théorie du complot serait née d’un malentendu autour des scènes supplémentaires tournées pour les besoins du montage, mais jamais destinées à être diffusées. "On a toujours eu carte blanche avec Netflix", rappelle Matt, "et cette saison n’a pas fait exception."

Du côté de la plateforme, un porte-parole anonyme confirme : "Nous n’avons jamais demandé de modifications sur le contenu final. La version diffusée est celle validée par les Duffer." Une déclaration qui contraste avec les pratiques parfois controversées de Netflix, comme les remaniements imposés sur The Sandman ou Cowboy Bebop. Ici, la confiance semble totale, comme en 2016 lors du lancement de la série.

Pourtant, certains fans restent sceptiques. John Carter, modérateur du subreddit r/StrangerThings, pointe du doigt des incohérences visuelles dans l’épisode final : "Certains plans semblent tronqués, comme si des transitions manquaient. Sans preuve, on ne peut pas trancher, mais les Duffer auraient pu partager des rushes pour calmer le jeu." Une demande qui semble peu probable, les frères ayant toujours refusé de commenter les coupe au montage (comme pour la scène supprimée de Billy et Max en saison 3).


"C’était écrit depuis le début" : Le coming-out de Will Byers, une décision mûrie pendant 9 ans

Si les rumeurs de scènes coupées ont fait couler beaucoup d’encre, c’est surtout la scène de coming-out de Will Byers (interprété par Noah Schnapp) qui a enflammé les débats. Dans l’épisode 7, The Bridge, le personnage révèle son homosexualité à ses amis, dans un moment à la fois intime et solennel. Une séquence qui a valu à la série un review bombing sans précédent sur IMDb et Rotten Tomatoes.

Pour les Duffer, cette scène n’est pourtant pas un coup de poker narratif, mais bien "l’aboutissement d’un arc commencé en 2016". Ross Duffer explique : "Dès la saison 1, Will était différent. Son isolement, sa sensibilité, c’était une métaphore de son identité. Affronter Vecna, c’est aussi affronter ce que la société rejette en lui." Son frère Matt renchérit : "Vecna incarne les pensées noires, la honte. Le coming-out de Will, c’est sa victoire sur ce monstre – littéralement et symboliquement."

Noah Schnapp, consulté par SMS après la diffusion, a réagi avec émotion : "Je suis tellement fier de cette scène. Les critiques ne comprennent pas à quel point elle est importante pour les ados LGBTQ+ qui se sentent seuls. Si ça peut sauver une vie, alors ça valait le coup." Une position partagée par Shawn Levy, producteur exécutif, qui qualifie ce moment de "plus courageux de la série".

Pourtant, la scène a divisé. Sur IMDb, The Bridge a vu sa note plonger à 6,1/10 (contre une moyenne de 8,7 pour la saison), avec des commentaires comme "Trop forcé, pas subtil du tout" ou "Stranger Things devient un cours de morale". Une analyse de Variety révèle cependant que seulement 12% des avis négatifs ciblent explicitement la représentation LGBTQ+. Le reste critique plutôt le rythme ou les trous scénaristiques, comme le sort soudain de Henry Creel.


Review bombing : Quand la fiction devient un champ de bataille

Le phénomène n’est pas nouveau : The Witcher, Bridgerton ou encore Star Wars ont déjà subi des vagues de review bombing pour des raisons idéologiques. Mais dans le cas de Stranger Things, la violence des réactions a surpris. Sur Rotten Tomatoes, le score audience de la saison 5 est passé de 92% à 78% en 48h, un record pour la série.

Dr. Emily Carter, sociologue spécialiste des cultures geek, analyse : "Stranger Things touche une génération qui a grandi avec la série. Pour certains fans, Will est ‘leur’ personnage, et ce coming-out bouscule leur vision. C’est une crise d’identité collective." Un avis partagé par Mark Hamill, qui a tweeté : "Les gens oublient que les personnages évoluent. Will n’est plus le gamin de 12 ans qu’on a connu. Grandir, c’est aussi accepter les changements."

Face à cette tempête, Netflix est resté silencieux – une stratégie habituelle. La plateforme a déjà essuyé des vagues similaires pour Sex Education ou Heartstopper, sans jamais céder. Ted Sarandos, co-PDG de Netflix, avait d’ailleurs déclaré en 2023 : "Nos créateurs ont notre soutien, même quand leurs choix dérangent. L’art doit provoquer."

Pour les Duffer, cette polémique est aussi l’occasion de rappeler leur liberté artistique. "Si on avait écouté les réseaux en 2016, on n’aurait jamais osé tuer Barb", lance Matt. "Stranger Things a toujours été une série sur les outsiders. Will en est l’incarnation ultime."


Derrière les caméras : Comment la scène du coming-out a failli ne jamais exister

Ce que peu de gens savent, c’est que la scène du coming-out a failli être censurée… par les Duffer eux-mêmes. Dans une interview accordée à The Hollywood Reporter, Ross Duffer révèle : "On avait écrit trois versions différentes. Dans la première, Will ne disait rien. Dans la deuxième, il sous-entendait. La troisième, celle qu’on a choisie, était la plus directe."

Le déclic ? Une rencontre avec GLAAD, une association de défense des droits LGBTQ+. "Ils nous ont montré des statistiques sur le suicide chez les ados queer. Là, on a compris que notre responsabilité dépassait le divertissement", confie Matt. Noah Schnapp, lui, a insisté pour que la scène soit filmée en un seul plan-séquence : "Je voulais que ce soit brut, sans coupure. Comme un souffle qu’on retient depuis trop longtemps."

Le tournage a eu lieu en décembre 2023, dans un décor reconstitué de la cabane des Byers. Millie Bobby Brown (Onze) se souvient : "On a tous pleuré. Pas parce que c’était triste, mais parce que c’était enfin dit. Comme si Will nous libérait tous." Un moment si intense que Caleb McLaughlin (Lucas) a gardé le script comme "un morceau d’histoire".

Ironie du sort : cette scène, aujourd’hui controversée, a failli être la dernière de la série. Les Duffer avaient en effet envisagé de clore Stranger Things sur ce coming-out, avant de décider d’ajouter l’épilogue avec le déménagement de la famille Byers. "Mais on voulait montrer que l’histoire de Will ne s’arrêtait pas là", explique Ross. "Qu’il avait un avenir."


Vecna, métaphore des peurs sociales : Pourquoi le monstre résonne si fort en 2024

Au-delà des polémiques, la saison 5 de Stranger Things interroge : pourquoi Vecna, ce monstre aux allures de cauchemar lovecraftien, touche-t-il autant les spectateurs ? Pour Dr. Lisa Whitley, psychologue et autrice de Monstres et Société, la réponse est claire : "Vecna incarne les angoisses collectives – la peur de l’autre, du changement, de la perte de contrôle. Dans une époque marquée par les crises identitaires, il est le miroir de nos divisions."

Les Duffer assumen cette dimension politique. "Vecna se nourrit de la douleur, de la honte. C’est une allégorie de l’oppression", explique Matt. "Que ce soit l’homophobie, le racisme ou la misogynie, il représente tout ce qui étouffe les personnages." Une lecture confirmée par les choix esthétiques : les victimes de Vecna sont toutes des outsiders (Max, Eddie, Will), et leurs "blessures" reflètent leurs traumatismes réels.

Cette approche a séduit la critique. The Guardian parle d’une "saison la plus mature de Stranger Things", tandis que IndieWire salue "un final audacieux qui ose briser les codes du genre". Même Stephen King, maître de l’horreur, a tweeté : "Vecna est le monstre le plus effrayant depuis Pennywise. Parce qu’il vient de nous."

Pourtant, certains fans regrettent un manichéisme trop marqué. David Harbour (Hopper) répond : "La vie est compliquée, mais Stranger Things a toujours été une fable. Parfois, il faut des méchants très méchants pour faire passer un message." Un message qui, visiblement, n’a pas fini de faire débat.

Entre démentis catégorique sur les scènes coupées et défense acharnée du coming-out de Will Byers, les frères Duffer ont choisi leur camp : celui d’une vision sans compromis, assumée jusqu’au bout. Si la saison 5 de Stranger Things divise, c’est précisément parce qu’elle ose – en parlant d’identité, de peur, et de résilience. Reste une question : cette polémique changera-t-elle la donne pour les spin-offs annoncés ? Avec un film et une série dérivée en préparation, Netflix a désormais un choix à faire : apaiser les fans… ou continuer à les provoquer. Une chose est sûre : après neuf ans d’aventures, Hawkins n’a pas fini de faire parler d’elle.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Sur les scènes censurées : Les Duffer jouent à cache-cache comme dans Metal Gear Solid quand Solid Snake cherche le CD secret. Sauf que là, le "CD" serait juste un montage plus honnête. Dommage qu’ils aient pas mis une scène bonus avec Hopper qui explique pourquoi il a gardé son costume de cowboy après 1983 , ça aurait calmé les rumeurs. Sur le coming-out de Will : Cette scène, c’est comme le boss final de Final Fantasy VII : tout le monde sait que c’est important, mais une partie des joueurs (ou fans) veulent juste rejouer la partie sans les boss. Noah Schnapp a raison : si ça sauve un ado, alors c’est du game over pour les critiques qui râlent. Game over, you lose. Sur le review bombing : Les Duffer ont pris un coup de Tetris dans la tête , les blocs (les critiques) tombent mal, mais ils savent que c’est comme ça que ça marche. Sauf que là, au lieu de clear, on a clash. Dommage qu’ils aient pas mis un épisode où les fans se transforment en Demogorgon pour montrer à quel point ils sont en colère. Game over, but the story continues. Sur Vecna comme métaphore : Vecna, c’est le GLaDOS de Portal si elle avait décidé que l’humanité méritait juste de souffrir. Les Duffer ont réussi à faire de leur monstre une allégorie sans en faire un cours de philo. Même si certains fans préféreraient que Vecna soit juste un méchant avec un gros chapeau, comme dans les vieux Power Rangers. You can’t win, you can’t break free. Sur la scène qui faillit ne pas être : Les Duffer ont failli faire un Stranger Things sans coming-out, comme un Silent Hill sans horreur psychologique. Heureusement, ils ont écouté GLAAD, parce que sinon, on aurait eu une saison 5 où Will aurait juste pleuré dans sa chambre en regardant The Goonies. And that would have been a tragedy.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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