Il y a 92 jours
Stranger Things 5 : le final tant attendu divise-t-il vraiment les critiques ?
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Un final sous haute tension, entre nostalgie et innovation
La saison 5 de Stranger Things clôt un chapitre culturel majeur, mais avec un score de 87 % sur Rotten Tomatoes – le plus bas de la série. Entre un scénario jugé trop ambitieux et une sortie hybride inédite (cinéma + streaming), les frères Duffer bousculent les codes. Les critiques sont partagées : certains saluent le retour à Hawkins, d’autres dénoncent un récit "épuisé". Une chose est sûre : ce final marque l’histoire, avec des projections en salles en Dolby Vision et 8K HDR, une première pour Netflix.A retenir :
- 87 % sur Rotten Tomatoes : la saison 5, moins bien notée que les précédentes, divise avec un scénario entre nostalgie et surcharge narrative.
- Sortie hybride révolutionnaire : les 3 derniers épisodes projetés en salles (Dolby Vision/Atmos) dans des cinémas comme AMC et UGC, une première pour une série Netflix.
- Un débat critique passionné : entre Variety ("récit épuisé") et Polygon ("souffle d’air frais"), la saison 5 alimente les discussions sur son héritage.
- Technologie de pointe : étalonnage 8K HDR et son Atmos pour une expérience "cinématographique", inspirée des sorties limitées de Roma ou The Irishman.
Un adieu en demi-teinte : la saison 5 face aux attentes
Après neuf ans d’aventures, Stranger Things tire sa révérence avec une saison 5 qui laisse un goût mitigé. Avec un score provisoire de 87 % sur Rotten Tomatoes – contre 97 % pour la saison 1 –, cette ultime livraison s’avère la moins bien notée de la série. Faut-il y voir une lassitude naturelle après des années de suspense, ou une réelle baisse de qualité ? Les critiques, loin d’être unanimes, soulignent un scénario ambitieux mais parfois étouffant, où la nostalgie se heurte à l’innovation.
Pour Variety, le récit semble "épuisé", noyé sous une multiplication d’intrigues qui sacrifie la profondeur psychologique des personnages, autrefois cœur battant de la série. À l’inverse, Polygon applaudit le retour à Hawkins comme un "souffle d’air frais", après une saison 4 qui avait dispersé les héros aux quatre coins des États-Unis. Un équilibre délicat, entre fan service et renouveau, qui divise autant qu’il passionne.
Le défi des Duffer : comment conclure une saga sans décevoir ? Entre les attentes des fans et la pression créative, la saison 5 oscille entre hommages appuyés (clins d’œil aux années 80, références à Stephen King) et des choix narratifs audacieux, comme la mort de personnages emblématiques. Un pari risqué, qui ne laisse personne indifférent.
Cinéma ou canapé ? L’expérience hybride qui change tout
Pour la première fois, Stranger Things quitte le petit écran. Les frères Duffer ont négocié avec Netflix une sortie hybride : les trois derniers épisodes seront projetés en salles dans certains pays, une première pour une série du géant du streaming. Ross Duffer a même encouragé les fans à vivre cette expérience collective, évoquant des "séances où les rires et les larmes résonneront en chœur". Une stratégie inspirée des événements Twin Peaks: The Return (2017), mais à une échelle inédite.
Techniquement, ces projections reposent sur le Dolby Vision et Atmos, une première pour du contenu initialement conçu pour le streaming. Les salles partenaires (comme les AMC aux États-Unis et les UGC en France) ont dû adapter leurs systèmes pour restituer le rendu visuel "cinématographique" voulu par les réalisateurs, avec un étalonnage spécifique en 8K HDR. Un défi logistique qui rappelle les sorties limitées de Roma (2018) ou The Irishman (2019), mais avec une dimension blockbuster assumée.
Pourquoi ce choix ? Les Duffer expliquent vouloir recréer l’émotion des premières séances de cinéma, quand les spectateurs découvraient ensemble des films comme E.T. ou Les Goonies. Une façon de boucler la boucle pour une série née de l’amour du cinéma des années 80. Mais cette innovation soulève une question : le public suivra-t-il en masse ? Entre les habitués du streaming et les nostalgiques des salles obscures, le pari est loin d’être gagné.
Derrière l’écran : les coulisses d’un final historique
Saviez-vous que la saison 5 a failli ne jamais exister ? En 2022, après le tournage de la saison 4, les frères Duffer ont envisagé d’arrêter la série, épuisés par la pression. C’est une lettre de fans, envoyée par des milliers de spectateurs, qui les a convaincus de poursuivre. Un détail qui donne une dimension émotionnelle à ce final, tourné avec un budget record (estimé à 30 millions de dollars par épisode).
Autre anecdote : le tournage des scènes en Russie (pour les flashbacks de Hopper) a été perturbé par des tensions géopolitiques. L’équipe a dû recréer des décors en Lituanie, avec des acteurs locaux, pour éviter les risques. Un défi qui a renforcé la détermination des créateurs à offrir une conclusion à la hauteur des attentes.
Enfin, la bande-son, signée Kyle Dixon et Michael Stein (du groupe Survive), a été enregistrée avec un orchestre symphonique de 80 musiciens, une première pour la série. Les compositeurs ont voulu donner une ampleur épique aux derniers épisodes, mêlant synthétiseurs vintage et arrangements classiques. Un mélange qui reflète l’âme même de Stranger Things : entre passé et présent.
Les fans ont-ils raison d’être déçus ?
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont polarisées. Certains fans regrettent un final "trop prévisible", avec des résolutions de complot jugées hâtives (comme le sort de Vecna). D’autres, en revanche, saluent les scènes d’adieu entre les personnages, notamment celle de Mike et Eleven, tournée en un seul plan-séquence de 12 minutes.
The Hollywood Reporter note que la saison 5 souffre d’un "syndrome de la dernière saison", commun à des séries comme Game of Thrones : trop de personnages, trop d’enjeux, et un rythme inégal. Pourtant, les moments forts restent mémorables, comme la bataille finale dans le centre commercial, tournée avec des effets pratiques (peu de CGI) pour un rendu plus authentique.
Le vrai problème ? Peut-être l’impossible équation : comment satisfaire des millions de fans après neuf ans d’attente ? Comme le résume IndieWire, Stranger Things 5 est "à la fois trop et pas assez" – trop ambitieuse dans ses idées, mais pas assez radicale dans ses choix. Un paradoxe qui, finalement, reflète l’esprit même de la série : entre enfance et maturité, entre rêve et réalité.

