Il y a 12 jours
Quand la nostalgie devient un investissement : l’ascension folle des cartouches scellées
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Un record à 500 000 € pour une cartouche mythique
A retenir :
- Une cartouche scellée de Super Mario Bros. (NES, 1985) vient de s’arracher pour 500 000 €, un record absolu.
- Seuls les exemplaires notés WATA 9.8 (état quasi parfait) atteignent de tels prix, transformant ces cartouches en œuvres d’art numériques.
- Avec moins de 10 000 exemplaires scellés encore en circulation, ce jeu dépasse désormais The Legend of Zelda (120 000 €) et Duck Hunt (5 000 €).
- Une cartouche ouverte mais en bon état se vend entre 50 et 150 € – soit 3 000 fois moins qu’une version scellée.
- Ce phénomène pose question : les cartouches NES sont-elles en train de devenir un nouveau placement refuge, comme l’or ou les vins rares ?
Imaginez déballer aujourd’hui une cartouche de Super Mario Bros. achetée en 1985… et découvrir qu’elle vaut 500 000 €. C’est pourtant ce qui vient de se produire lors d’une vente aux enchères, pulvérisant le précédent record de 360 000 € établi en 2021. Mais comment un simple jeu NES, produit à 40 millions d’exemplaires, peut-il atteindre de tels sommets ? La réponse tient en trois mots : rareté, nostalgie et spéculation.
L’or numérique : quand une cartouche vaut plus qu’une voiture de luxe
Tout commence par un détail crucial : l’état « factory sealed » (scellé d’usine). Selon WATA (l’organisme de notation des jeux vidéo), moins de 10 000 exemplaires de Super Mario Bros. subsisteraient encore sous plastique aujourd’hui. Parmi eux, seuls ceux notés 9.8/10 (quasi parfaits) atteignent des prix stratosphériques. À titre de comparaison, une cartouche ouverte mais en excellent état se négocie entre 50 et 150 € – soit le prix d’un repas gastronomique, contre celui d’un appartement parisien pour la version scellée.
Mais pourquoi Super Mario Bros. et pas un autre jeu ? Parce qu’il incarne l’acte de naissance du jeu vidéo moderne. Sorti en 1985, il a sauvé Nintendo d’une faillite potentielle et lancé une industrie. Comme l’explique Frank Cifaldi, fondateur du Video Game History Foundation : « C’est le premier jeu que des millions de personnes ont possédé. Il représente l’enfance d’une génération entière. » Une dimension émotionnelle qui transcende sa valeur matérielle.
Une bulle spéculative ? Quand Duck Hunt vaut 5 000 € et Zelda 120 000 €
Pourtant, tous les jeux NES ne bénéficient pas de cette folie. Une cartouche scellée de Duck Hunt (1985), pourtant culte, ne dépasse guères les 5 000 € en note WATA 9.6. Même The Legend of Zelda (1987), autre monument de Nintendo, culmine à 120 000 € dans son état le plus parfait. La différence ? Super Mario Bros. est le titre le plus emblématique, celui qui a défini une époque. Comme le souligne Heritage Auctions, maison spécialisée dans les ventes de jeux rétro : « C’est l’équivalent d’un Picasso dans le monde du gaming. Tout collectionneur rêve d’en posséder un exemplaire scellé. »
Mais attention : cette envolée des prix interroge. Certains y voient une bulle spéculative, comparable à celle des cryptomonnaies ou des NFT. John Hancock, collectionneur depuis 30 ans, tempère : « Les prix montent parce que les baby-boomers et la génération X ont maintenant les moyens de s’offrir leurs souvenirs d’enfance. Mais jusqu’où cela peut-il aller ? » D’autres, comme Evan Amos (photographe des consoles pour Wikipedia), y voient un placement refuge : « Dans un monde incertain, les objets tangibles et nostalgiques deviennent des valeurs sûres. »
Derrière le plastique : l’histoire secrète des cartouches scellées
Saviez-vous que la plupart des cartouches scellées aujourd’hui ont été oubliées dans des entrepôts ? Dans les années 1990, Nintendo a liquidé ses stocks invendus de NES à des soldeurs, qui les ont stockés sans les ouvrir. Certaines ont même été retrouvées dans des caisses en bois originales, comme celle vendue 500 000 €, qui portait encore l’étiquette de livraison de 1986. Un détail qui a fait exploser son prix.
Autre anecdote : en 2020, un employé de WATA a découvert une palette entière de cartouches scellées dans un garage du Midwest américain. Parmi elles, un Super Mario Bros. noté 9.8, vendu depuis 300 000 $. Preuve que des trésors dorment encore… peut-être chez vous ?
Faut-il investir ? Le pour et le contre
Pour les optimistes :
- La rareté est objective : moins de 10 000 exemplaires scellés existent.
- La demande explose avec l’âge des collectionneurs (40-50 ans), qui ont désormais des revenus élevés.
- Contrairement aux actions, une cartouche ne peut pas faire faillite.
Pour les sceptiques :
- Le marché dépend de la nostalgie : que vaudront ces cartouches dans 20 ans, quand la génération Mario aura disparu ?
- Les notes WATA sont subjectives : une bulle pourrait éclater si la confiance dans les évaluations s’effondre.
- Contrairement à l’or, une cartouche peut se dégrader (plastique qui jaunit, colle qui sèche).

