Il y a 50 jours
Switch 2 : les Joy-Con pastel, un choix esthétique trop timide face à l’audace des tiers ?
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Pourquoi les nouveaux Joy-Con de la Switch 2, malgré leurs teintes pastel, peinent à convaincre – et comment les alternatives tiers comme Dbrand volent la vedette à Nintendo.
A retenir :
- Design controversé : les Joy-Con Switch 2 adoptent des couleurs mauve et turquoise pastel, presque invisibles en mode portable, un choix en retrait face aux éditions spéciales vibrantes de la Switch originale.
- Prix inchangé, innovation absente : à 100 $, ces manettes, techniquement identiques aux modèles précédents, déçoivent par leur manque d’audace, d’autant que la Switch 2 reste compatible avec les anciens Joy-Con.
- Les tiers prennent le relais : des marques comme Dbrand proposent déjà des skins personnalisés à 20 $, couvrant l’intégralité des manettes – une réponse directe à la frustration des joueurs.
- Une opportunité manquée : Nintendo aurait pu marquer les esprits avec des motifs élaborés ou une refonte esthétique, mais laisse le champ libre aux accessoires après-vente.
- Comparaison saisissante : face aux Joy-Con Animal Crossing ou Splatoon, ces nouvelles versions semblent fades, alors que la concurrence (comme les manettes DualSense Edge de Sony) mise sur la personnalisation.
Des Joy-Con Switch 2 qui divisent dès leur révélation
Quand Nintendo a dévoilé les premiers Joy-Con dédiés à la Switch 2, beaucoup s’attendaient à une révolution visuelle, ou au moins à une évolution marquante. À la place, c’est un design sobre, presque timide, qui a été présenté : deux teintes pastel, un mauve pâle et un « vert clair » (que les joueurs s’accordent à décrire comme un turquoise discret), loin des couleurs éclatantes des modèles originaux. Pourtant, le problème ne réside pas tant dans le choix des couleurs que dans leur intégration. En mode portable ou fixés au grip, les bandes colorées intérieures disparaissent presque entièrement, réduites à deux petits cercles autour des sticks analogiques. Un détail qui passe inaperçu, surtout quand on compare avec l’audace des Joy-Con Animal Crossing (rose et vert menthe) ou Splatoon (néon fluo), autrefois plébiscités pour leur originalité.
À 100 $, soit le même tarif que les manettes standard de la Switch originale, ces nouveaux Joy-Con ne surprennent pas non plus par leur prix – dans un marché où les accessoires gaming flirtent souvent avec des tarifs élevés (les DualSense Edge de Sony dépassent allègrement les 200 €, par exemple). Mais c’est bien leur manque de fantaisie qui déçoit. Techniquement identiques à leurs prédécesseurs (même forme, mêmes fonctionnalités), ils auraient pu se distinguer par leur esthétique. Or, Nintendo semble avoir joué la carte de la prudence, au risque de frustrer une communauté habituée à des éditions limitées plus travaillées.
Pourquoi ce choix de design ? L’hypothèse d’un parti pris (trop) minimaliste
Plusieurs théories circulent pour expliquer ce virage vers le pastel. Certains y voient une volonté de cibler un public plus adulte, avec des couleurs moins « enfantines » que les rouges, bleus ou jaunes vifs de la première Switch. D’autres évoquent un alignement sur les tendances actuelles (les teintes douces dominent dans le design tech en 2024, des smartphones aux écouteurs). Mais ces justifications peinent à convaincre quand on sait que la Switch 2 reste une console hybride, destinée à un public large, des enfants aux joueurs occasionnels en passant par les hardcore gamers.
Un détail intrigue particulièrement : la compatibilité totale avec les anciens Joy-Con. Nintendo aurait pu en profiter pour marquer une rupture visuelle, comme elle l’a fait avec la Game Boy Micro (miniature et élégante) ou la DS Lite (plus fine et aux couleurs métallisées). À la place, les nouveaux Joy-Con semblent presque interchangeables avec les anciens, si ce n’est pour leurs deux cercles colorés. Une occasion manquée, d’autant que la concurrence ne se prive pas de jouer la carte de la personnalisation : Sony propose des plaques amovibles pour sa DualSense, Microsoft mise sur des designs uniques pour ses Xbox Design Lab, et même Valve permet de customiser sa Steam Deck via des coques officielles.
Les skins tiers à la rescousse : quand Dbrand fait mieux que Nintendo
Face à ce manque d’audace, les fabricants tiers n’ont pas tardé à réagir. Dbrand, connu pour ses skins haut de gamme, a immédiatement annoncé des autocollants reproduisant les teintes officielles des nouveaux Joy-Con… mais en couvrant cette fois l’intégralité des manettes, grip compris. Pour 20 $ supplémentaires, les joueurs peuvent ainsi obtenir une personnalisation complète, là où Nintendo se contente de deux petits cercles de couleur. Ironique, quand on sait que ces skins tiers offrent aussi des finitions texturées (anti-dérapantes) et une résistance aux rayures – des détails que les Joy-Con officiels ne proposent pas.
Dbrand n’est pas le seul à surfer sur cette frustration. D’autres marques comme ColorWare ou Extremerate proposent déjà des coques customisées, des sticks analogiques colorés, voire des Joy-Con entièrement repensés (avec des motifs inspirés de Zelda, Mario, ou même des designs cyberpunk). Un marché florissant qui prouve une chose : les joueurs veulent du choix, et Nintendo, en restant sur une esthétique minimaliste, laisse une belle opportunité à la concurrence.
Petite anecdote : lors de l’annonce des Joy-Con Switch 2, certains fans ont cru à une blague, tant les couleurs semblaient fades comparées aux fuites qui circulaient (certains rumours évoquaient des motifs pixel art ou des effets irisés). La déception a été d’autant plus grande que Nintendo avait habitué son public à des surprises, comme les Joy-Con dorés de Super Smash Bros. Ultimate ou les manettes transparentes de la Switch OLED.
Et si le vrai problème était l’absence de motifs ambitieux ?
Au-delà des couleurs, c’est l’absence de motifs élaborés qui surprend. La Switch originale avait marqué les esprits avec des éditions spéciales comme :
- Les Joy-Con Animal Crossing (2020), avec leurs tons pastel mais harmonisés et leurs détails dorés.
- Les Joy-Con Splatoon 2 (2017), aux couleurs néon fluo et leur design asymétrique.
- Les Joy-Con Pokémon Écarlate/Violet (2022), avec leurs motifs inspirés des légendaires Koraidon et Miraidon.
Ces éditions limitées n’étaient pas de simples changements de couleur : elles racontaient une histoire, s’intégraient à l’univers d’un jeu, et donnaient envie de collectionner. Avec les Joy-Con Switch 2, Nintendo semble avoir abandonné cette approche, au profit d’un design générique qui peine à se démarquer.
Pourtant, les attentes étaient hautes. Des fuites suggéraient des manettes avec :
- Des effets holographiques (comme sur certaines cartes Pokémon).
- Des motifs rétro inspirés de la NES ou de la Game Boy.
- Des couleurs métallisées (or, argent, bronze), comme sur les éditions spéciales de la 3DS.
À la place, les joueurs se retrouvent avec deux teintes pastel qui, si elles peuvent plaire à certains, ne créent pas l’émotion des éditions précédentes. Un choix d’autant plus étrange que la Switch 2, avec son écran plus grand et ses performances améliorées, aurait pu justifier une refonte esthétique plus ambitieuse de ses accessoires.
Switch 2 : une console qui mise tout sur la compatibilité, au détriment du style ?
La compatibilité totale avec les Joy-Con de première génération est un argument fort pour Nintendo. Elle permet aux joueurs de réutiliser leurs anciennes manettes, réduisant ainsi le coût d’entrée pour la Switch 2. Mais cette décision a aussi un revers : elle limite les possibilités de redesign. Pourquoi investir dans de nouveaux Joy-Con si ils ressemblent trait pour trait aux anciens, à part pour deux cercles de couleur ?
Certains analystes y voient une stratégie délibérée : Nintendo aurait choisi de concentrer ses efforts sur la console elle-même (écran OLED amélioré, performances boostées) plutôt que sur ses accessoires. Mais cette approche sous-estime l’importance du design dans l’expérience utilisateur. Les manettes sont le premier contact physique avec la console, et leur esthétique joue un rôle clé dans l’attachement émotionnel des joueurs. En négligeant cet aspect, Nintendo prend le risque de voir sa Switch 2 perçue comme une simple évolution technique, plutôt qu’une réinvention complète de l’expérience de jeu.
Pourtant, il y a des precedents : la Wii U, malgré ses défauts, avait osé des manettes noires et blanches asymétriques (la Wii U GamePad), et la GameCube proposait des manettes aux couleurs vives et reconnaissables (indigo, orange, argent). La Switch 2, elle, semble jouer la carte de la prudence… peut-être un peu trop.
Que peuvent espérer les joueurs maintenant ?
Deux scénarios se dessinent pour la suite :
- Nintendo sortira des éditions spéciales plus tard : il est possible que la firme japonaise attende le lancement de la console pour dévoiler des Joy-Con plus travaillés (un pack Zelda ou Mario semble probable).
- Les joueurs se tourneront massivement vers les alternatives tiers : avec des marques comme Dbrand, ColorWare ou même des artisans Etsy qui proposent des customisations uniques, le marché des accessoires après-vente pourrait exploser.
En attendant, une chose est sûre : les Joy-Con Switch 2 actuels ne feront pas rêver. Ils remplissent leur fonction, certes, mais dans un marché où la personnalisation et l’originalité sont devenues la norme (merci, Xbox Design Lab et DualSense Edge), Nintendo semble à la traîne. Espérons que la firme de Kyoto nous réserve une surprise… ou que les joueurs, grâce aux accessoires tiers, sauront donner une seconde vie à ces manettes pastel.

