Skim-Gaming logo

Actualité

Switch 2 : Pourquoi Nintendo trébuche-t-elle sur son propre succès ?
Actualité

Il y a 51 jours

Switch 2 : Pourquoi Nintendo trébuche-t-elle sur son propre succès ?

La Switch 2 en difficulté : un Noël 2025 à oublier et des défis colossaux pour 2026

Avec des ventes en chute libre (-35 % aux États-Unis, -30 % en France) et un catalogue jugé trop timide, la Switch 2 peine à convaincre. Malgré Metroid Prime 4: Beyond, Nintendo subit l’absence de blockbusters occidentaux et la pression d’une concurrence ultra-agressive. 2026 s’annonce décisive, avec des paris risqués comme The Duskbloods (FromSoftware) et des mises à jour de jeux existants. Suffira-t-il à redresser la barre ?

A retenir :

  • Noël 2025 catastrophique : -35 % aux États-Unis, -30 % en France et -5,5 % au Japon vs. le lancement de la Switch originale en 2017.
  • Metroid Prime 4: Beyond, seul titre phare, déçoit commercialement – Nintendo refuse de communiquer ses chiffres.
  • Absence cruciale de blockbusters occidentaux : contrairement à 2017 (Zelda, Mario Odyssey), la Switch 2 ne séduit pas l’Europe et l’Amérique.
  • Concurrence écrasante : Sony (God of War, Spider-Man 2) et Microsoft (Starfield) dominent avec des licences grand public.
  • 2026, année de la dernière chance ? Nintendo mise sur The Duskbloods (FromSoftware), Fire Emblem: Fortune’s Weave et des versions "Enhanced" de Mario Wonder et Animal Crossing.
  • Pokémon Pokopia : un espoir fragile, la série peine à retrouver les 30M+ d’Épée/Bouclier.
  • 30 ans de Nintendo en février 2026 : une occasion en or… si la firme ose jouer ses atouts cachés.

Un Noël 2025 à oublier : la Switch 2 dans la tourmente

Imaginez la scène : décembre 2025, les rayons des magasins regorgent de Switch 2 flambant neuves, les publicités inondent les écrans… et pourtant, quelque chose cloche. Les caisses enregistrent des ventes 35 % inférieures aux États-Unis par rapport au lancement triomphal de la Switch originale en 2017. En France, le recul dépasse 30 %, tandis qu’au Royaume-Uni, les chiffres s’effritent de 16 %. Même au Japon, bastion historique de Nintendo, la console accuse un recul de 5,5 % sur les neuf dernières semaines de l’année. "Un échec relatif, mais un échec tout de même", résume un analyste de Famitsu, sous couvert d’anonymat.

Pourtant, la Switch 2 avait tout pour plaire : une puissance revue à la hausse, un design raffiné, et surtout, Metroid Prime 4: Beyond, attendu depuis près de huit ans. Las, le titre de Retro Studios, aussi technique soit-il, n’a pas suffi à enflammer les ventes. "C’est un jeu de niche, malgré son statut de franchise culte. Les joueurs occasionnels ne se bousculent pas pour un FPS en solo", explique un revendeur parisien. Pire : Nintendo, d’ordinaire si prompte à célébrer ses succès, garde un silence radio sur les chiffres du jeu. Un mutisme qui en dit long.

Alors, que s’est-il passé ? La réponse tient en deux mots : contexte économique et stratégie hasardeuse. D’un côté, l’inflation persiste, les ménages serrent la ceinture, et une console à 400 € (le prix de lancement en Europe) devient un luxe. De l’autre, Nintendo a répété la même erreur qu’en 2017… mais en pire. À l’époque, la Switch avait pu compter sur un duo de choc : The Legend of Zelda: Breath of the Wild (mars) et Super Mario Odyssey (octobre), deux exclusivités devenues des phénomènes planétaires. En 2025 ? Un seul titre majeur, Metroid Prime 4, et des ports de jeux déjà vieux de plusieurs années (The Witcher 3, Doom Eternal). "On dirait que Nintendo a oublié que les joueurs occidentaux existent", tacle un éditeur tiers sous le coup de la colère.


L’ombre de 2017 : quand les concurrents mangent le lunch de Nintendo

Revenons en 2017. La Switch décolle grâce à un catalogue équilibré : des exclusivités maison (Zelda, Mario, Splatoon 2) et des partenariats malins avec des éditeurs tiers (Mario + Lapins Crétins, Doom 2016). Résultat : la console séduit tous les publics, des hardcore gamers aux familles. En 2025, la donne a changé. Sony et Microsoft ont verrouillé le marché occidental avec des licences lourds : God of War Ragnarök (23M+ vendus), Spider-Man 2 (20M+), ou encore Starfield (malgré ses défauts, un succès commercial pour Xbox). "Nintendo a laissé filer le créneau des blockbusters grand public. Aujourd’hui, les joueurs occidentaux associent les 'gros jeux' à PlayStation ou Xbox, pas à la Switch", analyse un consultant chez NPD Group.

Le problème ? Nintendo a sous-estimé l’appétit des joueurs pour des expériences AAA. Pourtant, les signes étaient là : le succès surprise de The Witcher 3 sur Switch (3M+ vendus) ou de Doom Eternal (1M+) prouvait qu’il y avait un marché. Mais la firme de Kyoto a préféré jouer la carte de la prudence, misant sur ses franchises historiques… sans oser prendre de risques. "Ils pensaient que Metroid Prime 4 suffirait. Grave erreur", confie une source proche de Retro Studios. Résultat : les étagères des magasins regorgent de Switch 2 invendues, tandis que les PS5 et Xbox Series X s’arrachent grâce à des bundles incluant Call of Duty ou Final Fantasy XVI.

Et puis, il y a l’éléphant dans la pièce : l’absence de nouveau Zelda ou Mario 3D. En 2017, ces deux licences avaient porté la Switch à bout de bras. En 2025, les joueurs doivent se contenter de Mario Tennis Fever et Yoshi and the Mysterious Book – des jeux charmants, mais loin d’avoir l’impact d’un Breath of the Wild ou d’un Odyssey. "C’est comme si Apple lançait un nouvel iPhone sans iMessage ni FaceTime. Les piliers manquent", compare un développeur indépendant.


"The Duskbloods" : le pari fou de Nintendo pour 2026

Face à ce constat accablant, Nintendo prépare sa contre-attaque. Et elle passe par un nom qui fait frémir les fans : FromSoftware. Oui, ces FromSoftware, les créateurs de Dark Souls, Bloodborne et Elden Ring. Leur prochain titre, The Duskbloods, sera une exclusive Switch 2 – une première depuis King’s Field sur GameCube en 2006. "Un coup de poker monumental", selon un cadre de Bandai Namco. Car si le jeu cartonne, il pourrait redéfinir l’image de Nintendo auprès des joueurs hardcore. À l’inverse, un échec serait un camouflet retentissant.

Mais The Duskbloods ne sera pas seul. Nintendo a prévu un calendrier chargé pour 2026 :

  • Fire Emblem: Fortune’s Weave (stratégie/JRPG) – un retour aux sources après le semi-échec de Three Houses.
  • Mario Wonder Enhanced et Animal Crossing: New Horizons + – des mises à jour de jeux existants, avec du contenu inédit.
  • Pokémon Pokopia – un nouveau chapitre dans la série, mais après le flop relatif de Scarlet/Violet (24M vendus, loin des 30M+ d’Épée/Bouclier), l’attente est mitigée.
  • Un événement spécial pour les 30 ans de Nintendo en février, avec des annonces surprises (un nouveau Donkey Kong ? Un Zelda en développement ?).

Pourtant, les observateurs restent sceptiques. "Mettre à jour des jeux existants, c’est bien, mais ça ne crée pas de nouvelle demande. Et sans un vrai 'system seller' comme Zelda ou Mario 3D, la Switch 2 risque de stagner", prévient un analyste de Nikkei. D’autant que la concurrence ne compte pas rester les bras croisés : Sony prépare Horizon 3 et un nouveau God of War, tandis que Microsoft pourrait enfin sortir Fable et Perfect Dark. "Nintendo joue sa crédibilité sur les 12 prochains mois. Si 2026 est un autre Noël raté, la Switch 2 pourrait devenir leur 'Wii U 2.0'", avertit un ancien de Capcom.


Le syndrome Wii U : Nintendo peut-elle éviter le pire ?

La comparaison fait mal, mais elle est dans toutes les têtes : et si la Switch 2 devenait le nouveau Wii U ? La console de 2012, malgré ses qualités, avait souffert d’un manque criant de jeux, d’une communication désastreuse, et d’une concurrence écrasante (PS4/Xbox One). Résultat : un échec commercial cuisant, sauvé in extremis par le lancement de la Switch en 2017. "L’histoire se répète, mais en accéléré", s’inquiète un actionnaire minoritaire de Nintendo.

Pourtant, des différences majeures existent. Contrairement à la Wii U, la Switch 2 bénéficie :

  • D’un parc installé solide (la Switch originale s’est vendue à 140M+ d’exemplaires).
  • D’une marque Nintendo plus forte que jamais, portée par des franchises intouchables (Mario, Zelda, Pokémon).
  • D’un écosystème hybride (portable/salon) qui reste unique sur le marché.

Mais ces atouts suffiront-ils ? "Non, si Nintendo ne corrige pas ses deux faiblesses historiques : le manque de blockbusters tiers et une communication trop prudente", estime un ancien de Sega. La firme doit urgemment :

  • Sécuriser des exclusivités tierces majeures (un Assassin’s Creed ? Un Resident Evil ?).
  • Communiquer de manière agressive sur ses projets 2026, avec des trailers percutants et des dates claires.
  • Baisser le prix si les ventes ne décollent pas d’ici l’été (un modèle à 350 € serait un game-changer).

Un dernier détail pourrait tout changer : les rumeurs d’un Zelda en développement. Plusieurs sources évoquent un nouveau chapitre dans la série, peut-être lié à l’univers de Tears of the Kingdom. Si Nintendo annonce ce jeu avant l’été 2026, la donne pourrait s’inverser. "Un Zelda, c’est comme une carte Joker. Ça peut tout sauver… ou tout condamner si c’est raté", résume un développeur ayant travaillé sur Breath of the Wild.


Derrière les chiffres : la crise créative de Nintendo

Au-delà des ventes, c’est la philosophie même de Nintendo qui est questionnée. Longtemps adulée pour son audace (la Wii et ses manettes mouvement, la Switch et son hybridité), la firme semble aujourd’hui en panne d’innovation. "Ils recyclent leurs franchises au lieu de prendre des risques. Où est le nouveau Pikmin ? Le nouveau F-Zero ?", s’interroge un designer chez Ubisoft.

Pire : Nintendo a perdu son avance technologique. La Switch 2, bien que plus puissante, reste loin des PS5 Pro et Xbox Series X en termes de performances brutes. "Ils misent tout sur le gameplay, mais aujourd’hui, les joueurs veulent aussi des graphismes next-gen et des mondes ouverts immenses", note un ingénieur chez Nvidia. Résultat : des studios tiers hésitent à porter leurs jeux sur Switch 2, de peur de devoir trop sacrifier la qualité.

Un exemple frappant : Starfield. Bethesda a catégoriquement refusé de développer une version Switch 2 du jeu, jugeant la console "incapable de faire tourner le moteur Creation Engine 2 sans compromissions inacceptables". "C’est un signal fort. Si même Bethesda, qui a porté Doom Eternal sur Switch, dit non…", soupire un journaliste de Kotaku.

Pourtant, Nintendo a un atout maître : son ADN créatif. Quand Sony et Microsoft misent sur le réalisme et la puissance, Nintendo excelle dans l’innovation gameplay (Ring Fit Adventure, Labo, Tears of the Kingdom). "Ils doivent retrouver cette folie. S’ils sortent un jeu aussi révolutionnaire que Breath of the Wild en 2017, tout peut rebasculer", croit dur comme fer un développeur indie.

La Switch 2 n’est pas condamnée, mais elle marche sur un fil. Nintendo a jusqu’à Noël 2026 pour prouver qu’elle peut encore surprendre, innover, et séduire les joueurs occidentaux. The Duskbloods, Fire Emblem, et les mises à jour de Mario Wonder ne suffiront pas à eux seuls. Il lui faut un coup d’éclat : un Zelda, un Mario 3D, ou une exclusive tierce majeure. Sans cela, la Switch 2 risque de devenir la console oubliée de cette génération, écrasée entre le rouleau compresseur Sony/Microsoft et l’essor du cloud gaming.

Un dernier détail donne cependant de l’espoir : Nintendo a toujours su rebondir. Après la Wii U, la Switch. Après la GameCube, la Wii. La question n’est pas si ils peuvent se relever, mais quand. Et avec quels atouts dans leur manche.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, la Switch 2, ce nouveau Pokémon qui refuse de faire son évolution finale : Nintendo a sorti un modèle plus puissant, mais sans le Zelda qui fait vendre comme un Mario Kart en mode chaos. Résultat ? Les joueurs occidentaux, aussi apathiques que des Ganon en pause, préfèrent encore leur PS5 avec un Final Fantasy qui fait mal aux yeux… et aux gonades. "On dirait que Nintendo a oublié que le marché, c’est comme un Metroid Prime : faut explorer, pas juste suivre les cartes" (OSS 117, si jamais il avait joué à la Switch). Et The Duskbloods ? Un pari aussi risqué qu’un Fire Emblem en mode "tout le monde meurt". Pote, espérons que FromSoftware ne nous sort pas un Dark Souls aussi long que le silence de Nintendo sur leurs ventes…
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

Ils en parlent aussi