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The Division 3 : Ubisoft prépare-t-il le looter-shooter ultime ?
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Il y a 52 jours

The Division 3 : Ubisoft prépare-t-il le looter-shooter ultime ?

Un "monstre" en préparation, mais encore bien mystérieux

The Division 3 se profile comme le projet le plus ambitieux de Massive Entertainment, avec Julian Gerighty promettant un jeu "énorme" capable de révolutionner le genre. Pourtant, malgré les déclarations tonitruantes, Ubisoft garde un silence radio troublant : pas de date, pas de plateformes confirmées, et surtout, pas la moindre image. Entre héritage à honorer et concurrence féroce, le studio suédois joue gros. Les joueurs, eux, rêvent déjà d’un loot plus profond, d’un monde plus varié... et d’un retour en grâce pour la licence après les critiques sur The Division 2.

A retenir :

  • The Division 3 est en développement actif chez Massive Entertainment, décrit comme un "monstre" par Julian Gerighty, producteur exécutif de la licence Tom Clancy’s.
  • Dix ans après le premier opus (2016), Ubisoft mise sur un impact comparable, avec une stratégie multi-projets incluant The Division 2: Survivors (PvPvE) et The Division Resurgence (mobile).
  • Un mystère persistant : aucune image, aucune date, aucune plateforme officielle, contrairement à des concurrents comme Destiny 2: The Final Shape ou Helldivers 2.
  • Les rumeurs évoquent un cadre élargi (au-delà de New York et Washington), des environnements plus diversifiés et une refonte du système de loot, critiqué dans The Division 2.
  • Un défi de taille : se démarquer face à une concurrence ultra-agressive (Destiny 2, Helldivers 2, Borderlands 4) dans un genre où l’innovation est reine.
  • Une question brûlante : Massive Entertainment parviendra-t-il à concilier héritage (l’atmosphère unique des deux premiers opus) et modernité (gameplay, contenu live, monétisation) ?

"Un monstre en devenir" : quand Julian Gerighty lève (un peu) le voile

C’était lors du New Game+ Showcase, en juin 2024. Julian Gerighty, figure emblématique de la licence Tom Clancy’s The Division, a lâché une bombe en qualifiant le troisième opus de "monstre en devenir". Des mots forts, qui résonnent comme une promesse : celle de redonner à la franchise son statut de référence absolue dans le genre looter-shooter en ligne. "Nous travaillons d’arrache-pied sur quelque chose qui pourrait avoir un impact aussi fort que le premier The Division", a-t-il déclaré, rappelant que l’opus original (2016) avait marqué l’industrie par son ambiance post-apocalyptique urbaine, son gameplay tactique et son système de loot addictif.

Pourtant, derrière ces déclarations enthousiasmantes, une réalité plus terne : The Division 3 reste un fantôme. Aucun teaser, aucune fenêtre de sortie (même large), pas même une confirmation des plateformes cibles (PC, PS5, Xbox Series X|S ?). Une discrétion qui contraste avec l’approche d’un Bungie, qui avait dévoilé les grandes lignes de Destiny 2: The Final Shape près de deux ans avant sa sortie, ou celle de Sony et Arrowhead pour Helldivers 2, dont le marketing agressif a propulsé le jeu au rang de phénomène mondial en 2024.

Alors, pourquoi un tel mutisme ? Plusieurs hypothèses circulent :
1. Ubisoft craint-il un nouveau faux pas après les critiques sur The Division 2 (notamment son endgame répétitif et son manque de contenu post-lancement) ?
2. Le jeu est-il encore en pré-production avancée, avec un développement plus long que prévu ?
3. Le studio prépare-t-il une stratégie de révélation explosive (type Game Awards ou Ubisoft Forward) ?
Une chose est sûre : dans un marché où Destiny 2, Helldivers 2 et même Borderlands 4 (annoncé pour 2025) trustent l’attention, Massive Entertainment n’a pas droit à l’erreur.

2016-2024 : une décennie à honorer (ou à surpasser ?)

Mars 2016. The Division débarque et marque les esprits avec son New York ravagé par une pandémie, son mélange unique de RPG et de tir tactique, et son univers immersif inspiré des théories du complot. Le jeu devient un succès critique et commercial, malgré quelques défauts (notamment un endgame limité à sa sortie). Trois ans plus tard, The Division 2 (2019) déplace l’action à Washington D.C., améliore les mécaniques de jeu, mais peine à convaincre sur la durée, écrasé par la concurrence et critiqué pour son système de loot trop aléatoire et son manque d’innovation.

Aujourd’hui, The Division 3 se doit de réinventer la formule sans trahir son ADN. Julian Gerighty l’a compris : "Nous devons créer quelque chose qui résonne aussi fortement que le premier jeu, tout en poussant les limites de ce que les joueurs attendent". Un défi colossal, surtout quand on sait que les attentes des joueurs ont évolué. En 2024, un looter-shooter se doit d’offrir :
- Un monde ouvert dynamique (avec des événements live, des saisons riches).
- Un système de progression équilibré (ni trop grindy, ni trop généreux).
- Un PvP et un PvE variés (pour satisfaire aussi bien les casuels que les hardcore).
- Une narration immersive (un point faible des précédents opus).
Sans oublier la technologie : avec l’arrivée de l’Unreal Engine 5 et des consoles next-gen, les joueurs attendent des graphismes à couper le souffle, des environnements destructibles et une IA plus intelligente.

Pour y parvenir, Massive Entertainment mise sur une stratégie multi-projets :
- The Division 2: Survivors (2024) : un spin-off PvPvE extraction-based, inspiré de Escape from Tarkov, pour tester de nouvelles mécaniques.
- The Division Resurgence (mobile) : une version adaptée aux smartphones, avec un gameplay simplifié mais fidèle à l’esprit de la licence.
Une approche qui rappelle celle d’Ubisoft avec Assassin’s Creed, où les jeux principaux sont complétés par des spin-offs (Valhalla + Mirage) et des expériences mobiles (Rebellion). Reste à savoir si cette synergie portera ses fruits.

Les rumeurs et les attentes : entre rêve et réalité

En l’absence de communications officielles, la communauté s’en donne à cœur joie avec les spéculations. Voici ce qui revient le plus souvent :

1. Un cadre élargi (enfin !)
Après New York et Washington, les joueurs réclament des environnements plus variés. Les rumeurs évoquent :
- Chicago (pour son architecture iconique et son histoire industrielle).
- Los Angeles (pour un contraste avec l’Est des États-Unis).
- L’Europe (Londres, Paris ou Berlin, pour une touche internationale).
Certains vont même jusqu’à imaginer un monde ouvert interconnecté, à la Destiny 2, avec plusieurs villes reliées par des zones rurales. Une idée séduisante, mais techniquement complexe.

2. Une refonte du loot (enfin ?)
Le point noir de The Division 2 ? Son système de butin, souvent critiqué pour son manque de profondeur et son équilibrage hasardeux. Les joueurs espèrent :
- Des sets d’armures plus impactants (avec des bonus vraiment utiles en endgame).
- Un crafting plus stratégique (moins de RNG, plus de choix tactiques).
- Des loot exclusifs pour les activités haut niveau (raids, incursions).
À titre de comparaison, Destiny 2 a su corriger ses erreurs avec des mises à jour comme Forsaken ou The Witch Queen, en offrant des builds ultra-personnalisables et un loot plus gratifiant.

3. Un gameplay plus dynamique
Les fans veulent :
- Des combats plus fluides (mouvements tactiques, couverture améliorée).
- Un système de compétences revu (moins de "métas" imposées, plus de liberté).
- Des ennemis plus intelligents (avec des tactiques adaptatives, comme dans Helldivers 2).
- Un mode solo viable (pour ceux qui ne veulent pas dépendre du matchmaking).
Sans oublier une meilleure optimisation : The Division 2 souffrait de problèmes de latence et de bugs récurrents, surtout en PvP.

4. Une narration plus aboutie
Si la licence The Division a toujours brillé par son ambiance, son scénario est souvent passé à la trappe. Les joueurs aimeraient :
- Une histoire principale plus captivante (avec des personnages mémorables).
- Des quêtes secondaires plus immersives (à la Cyberpunk 2077: Phantom Liberty).
- Un monde réactif (où les actions du joueur ont un impact visible).
Un défi de taille, car Massive Entertainment n’a pas la réputation d’un CD Projekt Red ou d’un Naughty Dog en matière de storytelling.

Le défi ultime : survivre dans la jungle des looter-shooters

En 2024, le genre looter-shooter n’a jamais été aussi concurrentiel. The Division 3 devra composer avec :

- Destiny 2 : The Final Shape (2024) : le roi incontesté du genre, avec un endgame ultra-complet et une communauté ultra-engagée.
- Helldivers 2 (2024) : le phénomène surprise de l’année, avec son gameplay coopératif addictif et son humour décalé.
- Borderlands 4 (2025) : l’humour et le style cartoon de Gearbox, qui attire un public différent mais fidèle.
- Warframe (toujours actif) : le free-to-play qui prouve qu’un modèle économique agressif peut fonctionner.
- Outriders 2 (2024) : une alternative plus science-fiction, avec un gameplay très dynamique.

Dans ce contexte, The Division 3 a deux options :
1. Se différencier radicalement : en misant sur un réalisme tactique poussé, une ambiance unique (le côté "survie urbaine post-effondrement") et une expérience solo aboutie.
2. Copier ce qui marche ailleurs : en s’inspirant des saisons de Destiny 2, du PvPvE de Helldivers 2 ou du loot de Borderlands.
La première option est risquée, mais pourrait payer sur le long terme. La seconde est plus sûre, mais pourrait décevoir les fans de la première heure.

Un autre écueil : la monétisation. The Division 2 avait été critiqué pour ses microtransactions et son season pass jugés trop chers. En 2024, les joueurs sont de plus en plus sensibles à ce sujet, comme l’a montré le tollé autour de Diablo IV ou Call of Duty: Modern Warfare III. Ubisoft devra trouver le bon équilibre entre rentabilité et satisfaction des joueurs.

Derrière les murs de Massive Entertainment : les coulisses d’un développement sous pression

Si The Division 3 reste secret, quelques informations ont fuité sur les coulisses du développement. Selon des sources proches du studio (rapportées par Kotaku et Bloomberg), le projet aurait connu plusieurs reboot partiels depuis 2020. Pourquoi ?

- Un changement de moteur : initialement prévu sur une version modifiée du Snowdrop Engine (utilisé pour The Division 2), le jeu aurait finalement basculé sur Unreal Engine 5, entraînant des retards.
- Des tensions créatives : certains développeurs voulaient un jeu plus ouvert (à la GTA), tandis que d’autres prônaient un retour aux racines tactiques du premier opus.
- La concurrence interne : avec The Division 2: Survivors et Resurgence en développement, des ressources auraient été redirigées, ralentissant la production.

Autre détail intéressant : Ubisoft aurait recruté des vétérans d’autres franchises pour booster le projet, dont :
- D’anciens développeurs de Destiny 2 (Bungie) pour le design des raids.
- Des experts de Rainbow Six Siege pour les mécaniques PvP.
- Des narrateurs ayant travaillé sur The Last of Us Part II pour l’écriture.
Un mélange de talents qui pourrait donner naissance à quelque chose d’exceptionnel... ou à un Frankenstein difficile à maîtriser.

Enfin, une rumeur persistante évoque un partenariat avec des studios externes pour certaines parties du jeu. Ubisoft Toronto (spécialisé dans les mondes ouverts) et Ubisoft Annecy (expert en multijoueur) seraient impliqués, ce qui expliquerait l’ampleur du projet... et peut-être ses retards.

Et si The Division 3 était déjà en retard ?

En 2021, des fuites suggéraient une sortie pour 2023. Nous sommes en 2024, et toujours rien. Pire : selon Jeff Grubb (journaliste réputé pour ses fuites fiables), le jeu ne serait pas attendu avant 2025, voire 2026. Une attente interminable pour les fans, d’autant que The Division 2 commence à dater (sorti en mars 2019).

Plusieurs signes laissent penser à un développement plus long que prévu :
- L’absence totale de communication (même un simple "Coming Soon").
- Le report de The Division 2: Survivors (initialement prévu pour 2023, maintenant attendue fin 2024).
- Les licenciements chez Ubisoft (notamment dans les équipes support), qui pourraient avoir impacté le projet.
Si ces retards se confirment, The Division 3 risque de se retrouver dans une position délicate : trop similaire à ses concurrents si il sort en 2025, ou trop en avance (et donc obsolète) s’il est repoussé à 2026.

Pourtant, Julian Gerighty reste optimiste : "Nous prenons le temps nécessaire pour livrer une expérience à la hauteur de nos ambitions. The Division 3 ne sera pas un simple 'plus gros' ou 'plus beau' – ce sera une réinvention." Des mots rassurants, mais qui sonnent aussi comme un aveu de complexité.

The Division 3 est sans doute le projet le plus ambitieux – et le plus risqué – de Massive Entertainment. Entre les promesses tonitruantes de Julian Gerighty et le silence assourdissant d’Ubisoft, les joueurs oscillent entre excitation et méfiance. Une chose est sûre : dans un genre aussi compétitif, la marge d’erreur est quasi nulle.

Si le studio suédois parvient à concilier innovation (un monde plus ouvert, un loot repensé), héritage (l’atmosphère unique de la licence) et modernité (un live-service bien huilé), The Division 3 pourrait bien devenir le looter-shooter de la décennie. Dans le cas contraire, il risque de rejoindre la longue liste des suites décevantes, écrasées par le poids des attentes.

En attendant, une question persiste : quand Ubisoft brisera-t-il enfin le silence ? Les joueurs, eux, ont déjà commencé à parier. Certains misent sur un teaser fin 2024, d’autres sur une révélation complète lors de l’E3 2025 (si l’événement a bien lieu). Une chose est certaine : quand The Division 3 pointera enfin le bout de son nez, ce sera sous les projecteurs. Et le moindre faux pas sera impitoyablement disséqué.

Alors, monstre ou mirage ? La réponse ne devrait plus tarder. En tout cas, une chose est sûre : dans l’ombre de Destiny 2 et Helldivers 2, Massive Entertainment n’a pas le choix. Il lui faut frapper fort. Très fort.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ah, Ubisoft et son art de nous faire attendre comme un joueur en GoldenEye 007 en mode "100% completion" avec un seul bullet dans le chargeur. Julian Gerighty parle de "monstre en devenir", mais entre les fuites contradictoires et le silence radio, ça me fait penser à un Resident Evil 4 en 2004 : tout le monde en parle, mais personne ne sait quand ça sortira. Espérons qu’ils évitent de reproduire les erreurs de The Division 2 (un loot aussi aléatoire qu’un Golden Axe en mode "chaos"), mais avec UE5 et des devs de Destiny et Rainbow Six, ils ont au moins les cartes en main. Reste à voir s’ils jouent bien leur partie.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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