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« The Smashing Machine » : Le flop cinématographique qui est devenu un phénomène du streaming
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Il y a 33 jours

« The Smashing Machine » : Le flop cinématographique qui est devenu un phénomène du streaming

Un échec retentissant en salles, mais une renaissance inattendue sur les plateformes de streaming : « The Smashing Machine » défie les pronostics et s’impose comme l’un des films les plus regardés de l’année sur HBO Max.

Ce drame sportif, centré sur la vie du légendaire combattant de MMA Mark Kerr, a divisé la critique à sa sortie avant de trouver son public grâce à un format plus intimiste, révélant une alchimie parfaite entre le petit écran et les récits biographiques.

A retenir :

  • « The Smashing Machine » n’a rapporté que 21 millions de dollars en salles, un score décevant pour un film porté par Dwayne Johnson.
  • Le film a explosé sur HBO Max, devenant le plus visionné de la plateforme devant des nominés aux Oscars 2026 comme « Sinners ».
  • Christopher Nolan a salué la performance de Dwayne Johnson, la qualifiant d’« incroyable » – un soutien inattendu pour un projet aussi controversé.
  • Réalisé par Benny Safdie (« Uncut Gems »), le film mêle drama sportif et récit de chute, un mélange qui a séduit en streaming malgré des critiques mitigées.
  • Avec un score de 70% sur Rotten Tomatoes, le film illustre le fossé croissant entre le succès en salles et l’engouement sur les plateformes.

Le combat perdu de « The Smashing Machine » : pourquoi le film a échoué en salles ?

Sorti en 2025, The Smashing Machine est rapidement devenu l’un des échecs commerciaux les plus surprenants de l’année. Avec seulement 21 millions de dollars de recettes mondiales selon Box Office Mojo, le film n’a même pas couvert son budget de production, estimé à près de 40 millions. Pourtant, les attentes étaient élevées : le projet réunissait Dwayne Johnson, star incontestée du box-office, et Benny Safdie, réalisateur acclamé pour son travail sur Uncut Gems (2019). Alors, pourquoi un tel désastre ?

Plusieurs facteurs expliquent ce flop. D’abord, le sujet : The Smashing Machine retrace la vie de Mark Kerr, figure emblématique des débuts de la UFC (Ultimate Fighting Championship), mais dont la notoriété reste limitée en dehors des cercles d’initiés. Contrairement à des films comme Warrior (2011) ou Creed (2015), qui s’appuyaient sur des franchises sportives établies, le biopic de Kerr manquait d’un ancrage culturel fort pour attirer le grand public. Ensuite, le ton du film : Safdie a opté pour une approche brutale et réaliste, loin des clichés hollywoodiens du « héros qui se relève ». Cette vision, bien que saluée par certains critiques, a dérouté une partie du public habitué aux récits plus manichéens.

Enfin, la concurrence était féroce. Sorti en même temps que plusieurs blockbusters estivaux, dont le très attendu Avatar 3, The Smashing Machine a peiné à se faire une place. Comme l’a souligné The Hollywood Reporter, « le film souffrait d’une identité floue : trop sombre pour être un divertissement grand public, trop conventionnel pour séduire les amateurs de cinéma d’auteur ».


Pourtant, derrière cet échec se cache une histoire fascinante. Celle d’un sport – les arts martiaux mixtes (MMA) – qui, dans les années 1990, était encore considéré comme une niche marginale, voire illégale dans certains États américains. The Smashing Machine plonge le spectateur dans cette époque charnière, où des combattants comme Kerr ont contribué à transformer l’UFC en un phénomène mondial. Un contexte que le film explore avec une précision rare, mais qui, ironiquement, a peut-être limité son attrait en salles.

Mark Kerr, l’homme qui a façonné l’UFC sans en récolter les lauriers

Si The Smashing Machine a trouvé son public en streaming, c’est en grande partie grâce à son personnage central : Mark Kerr. Surnommé « The Smashing Machine » pour son style de combat dévastateur, Kerr a été l’un des premiers champions poids lourds de l’UFC, remportant le tournoi UFC 14 en 1997 et UFC 15 en 1998. Pourtant, malgré son palmarès impressionnant, il reste aujourd’hui l’un des combattants les plus sous-estimés de l’histoire du MMA.

Le film de Safdie met en lumière un paradoxe cruel : Kerr a été essentiel à la légitimation de l’UFC, mais n’a jamais bénéficié de la reconnaissance financière ou médiatique qui aurait dû l’accompagner. À l’époque, les combats de MMA étaient diffusés sur des chaînes câblées obscures, et les combattants touchaient des cachets dérisoires – parfois moins de 1 000 dollars par combat. Kerr, comme beaucoup de ses pairs, a dû cumuler les emplois alimentaires pour survivre, tout en luttant contre des blessures graves et une dépendance aux antidouleurs.

Le film ne se contente pas de raconter son ascension ; il explore aussi sa chute brutale. Après une série de défaites et une opération à la colonne vertébrale, Kerr a été contraint de prendre sa retraite en 2004. Comme le montre The Smashing Machine, sa descente aux enfers a été aussi rapide que son ascension, marquée par des problèmes de toxicomanie et des difficultés financières. Un destin tragique qui rappelle celui d’autres athlètes, comme le boxeur Mike Tyson, dont la carrière a été minée par des excès similaires.


Pourtant, Kerr n’a jamais complètement disparu. Aujourd’hui, il est devenu une figure respectée dans le milieu du MMA, intervenant comme commentateur et entraîneur. Son histoire, bien que méconnue, est un témoignage poignant des sacrifices consentis par les pionniers de ce sport. Comme l’a déclaré Dana White, président de l’UFC, dans une interview en 2023 : « Sans des gars comme Kerr, l’UFC n’existerait pas. Ils ont tout donné, et on leur doit tout. »

Benny Safdie et Dwayne Johnson : un duo improbable pour un film culte

L’une des grandes surprises de The Smashing Machine réside dans la collaboration entre Benny Safdie et Dwayne Johnson. Le premier, connu pour ses films indépendants et son style ultra-réaliste (Good Time, Uncut Gems), semblait à des années-lumière de l’univers des blockbusters familiaux de « The Rock ». Pourtant, leur association a donné naissance à l’un des films les plus authentiques sur le monde du MMA.

Safdie a insisté pour que Johnson s’immerge totalement dans le rôle de Kerr, allant jusqu’à lui faire suivre un entraînement intensif avec d’anciens combattants de l’UFC. Le résultat est saisissant : Johnson livre une performance nuancée et physique, loin de ses rôles habituels de héros invincibles. Comme l’a confié l’acteur à Variety : « Jouer Kerr, c’était comme marcher sur une corde raide. Il fallait montrer sa force, mais aussi sa vulnérabilité. C’est un personnage brisé, et c’était un défi de le rendre crédible. »

Le film bénéficie également de la présence d’Emily Blunt, qui incarne Dawn Staples, la compagne de Kerr. Son interprétation, à la fois tendre et déchirante, apporte une dimension émotionnelle cruciale au récit. Quant à Ryan Bader, lui-même combattant de l’UFC, il joue le rôle de Mark Coleman, un autre pionnier du MMA. Sa participation ajoute une couche d’authenticité supplémentaire, notamment dans les scènes de combat, filmées avec un réalisme rare pour un film grand public.


Mais c’est peut-être la réaction de Christopher Nolan qui a le plus marqué les esprits. Dans une interview accordée à The New York Times, Johnson a révélé que le réalisateur de Inception et The Dark Knight avait été bouleversé par le film, allant jusqu’à qualifier sa performance d’« incroyable ». Un compliment d’autant plus surprenant que Nolan est connu pour son exigence et son mépris affiché pour les films « commerciaux ». Comme l’a ironisé Safdie : « Si Nolan aime The Smashing Machine, c’est soit le plus grand compliment de l’histoire, soit la preuve que le film est bien plus complexe qu’il n’y paraît. »

Pourquoi « The Smashing Machine » a triomphé sur HBO Max ?

Alors que The Smashing Machine a été un échec cuisant en salles, son arrivée sur HBO Max a tout changé. En quelques jours, le film est devenu le plus visionné de la plateforme, devançant des productions bien plus médiatisées, comme Sinners, nominé aux Oscars 2026. Comment expliquer ce revirement spectaculaire ?

Plusieurs éléments entrent en jeu. D’abord, le format streaming se prête particulièrement bien aux films biographiques et aux drames sportifs. Contrairement à une salle de cinéma, où le public cherche avant tout un divertissement spectaculaire, les plateformes attirent des spectateurs en quête d’expériences plus intimes et immersives. The Smashing Machine, avec son rythme lent et son approche documentaire, correspond parfaitement à cette attente. Comme l’a analysé IndieWire, « le film fonctionne mieux sur un écran de télévision, où le spectateur peut s’immerger dans l’histoire sans être distrait par les attentes d’un public de cinéma ».

Ensuite, le film a bénéficié d’un bouche-à-oreille exceptionnel. Malgré des critiques mitigées (70% sur Rotten Tomatoes), les spectateurs ont été séduits par son authenticité et son héroïsme tragique. Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans cette dynamique, avec des milliers de messages louant la performance de Johnson et la qualité du scénario. Comme l’a résumé un utilisateur de Twitter : « Je ne m’attendais à rien, et j’ai fini en larmes. C’est ça, un bon film. »

Enfin, HBO Max a su miser sur le bon public. Contrairement à une sortie en salles, où le film devait séduire un large éventail de spectateurs, la plateforme a ciblé les amateurs de sports de combat et les fans de cinéma indépendant. Une stratégie payante, comme en témoignent les chiffres : selon Nielsen, The Smashing Machine a été regardé par plus de 12 millions de foyers américains en un mois, un score impressionnant pour un film sorti sans promotion massive.


Ce succès pose une question plus large : le streaming est-il en train de devenir le nouveau refuge des films « difficiles » ? Des œuvres comme The Irishman (2019) ou Roma (2018) ont déjà montré que les plateformes pouvaient offrir une seconde vie à des projets ambitieux, mais The Smashing Machine va plus loin. Il prouve qu’un film peut échouer commercialement tout en devenant un phénomène culturel, à condition de trouver son public. Une leçon que Hollywood ferait bien de méditer.

L’héritage de « The Smashing Machine » : un film qui redéfinit le biopic sportif

Au-delà de son succès en streaming, The Smashing Machine marque un tournant dans la façon dont le cinéma aborde les biopics sportifs. Contrairement à des films comme Raging Bull (1980) ou Ali (2001), qui mettaient en scène des figures déjà légendaires, le film de Safdie s’intéresse à un anti-héros, un homme dont la carrière a été aussi brillante que brève. Une approche qui rappelle celle de The Wrestler (2008), où Mickey Rourke incarnait un catcheur vieillissant luttant pour sa dignité.

Cette volonté de démythifier les athlètes est l’une des grandes forces du film. Safdie ne cherche pas à glorifier Kerr ; il montre un homme flawed, humain, parfois pathétique, mais toujours fascinant. Comme l’a expliqué le réalisateur à The Guardian : « Je ne voulais pas faire un film sur un champion. Je voulais faire un film sur un homme qui a tout donné pour un sport qui ne lui a presque rien rendu. C’est ça, la vraie tragédie. »

Cette approche a également des implications pour l’avenir du genre. Avec l’essor des plateformes de streaming, les studios sont de plus en plus enclins à prendre des risques sur des projets moins grand public, mais plus originaux. The Smashing Machine en est la preuve : un film qui, malgré son échec initial, a trouvé une seconde vie et pourrait bien devenir un classique culte dans les années à venir.


Enfin, le film pose une question cruciale : comment honorer les pionniers du MMA sans tomber dans le piège de la nostalgie facile ? En choisissant de se concentrer sur Kerr, Safdie a évité le piège du hagiographie (un écueil fréquent dans les biopics sportifs). Au lieu de cela, il a offert un portrait brut, sans fard, qui rend hommage à ces combattants tout en montrant les côtés sombres de leur parcours. Une démarche qui, espérons-le, inspirera d’autres réalisateurs à explorer des histoires similaires – celles des oubliés du sport, dont les sacrifices ont pourtant changé le cours de l’histoire.

The Smashing Machine est bien plus qu’un simple film sur le MMA : c’est une méditation sur l’échec, la résilience et la rédemption. Son parcours, du flop en salles au triomphe en streaming, illustre les bouleversements actuels de l’industrie cinématographique, où les plateformes offrent une seconde chance aux projets audacieux. Avec une performance remarquable de Dwayne Johnson et une réalisation sans concession de Benny Safdie, le film redéfinit les codes du biopic sportif, en privilégiant l’authenticité à la glorification.

À l’heure où les blockbusters dominent les écrans, The Smashing Machine rappelle que les histoires les plus poignantes sont souvent celles qui osent montrer la vulnérabilité de leurs héros. Et si son succès sur HBO Max prouve une chose, c’est que le public est toujours avide de récits vrais, complexes et humains – même quand Hollywood les a déjà enterrés.

En définitive, ce film est un hommage aux pionniers méconnus, ces hommes et ces femmes qui ont tout sacrifié pour leur passion, sans jamais en récolter les fruits. Une leçon d’humilité, et une preuve que, parfois, la postérité se construit loin des projecteurs.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, The Smashing Machine, ce film qui a plus de muscles que de gonades en salles mais qui a fini par faire un body slam dans les cœurs des abonnés HBO Max. Dwayne Johnson, là, il a joué Kerr comme un Final Fantasy où le héros perd ses points de vie mais gagne en profondeur, et ça, c’est rare. Safdie, lui, a fait un biopic plus onirique qu’un rêve de gamer après 40h de Dark Souls. Le public en salles, lui, a préféré regarder Avatar 3 se prendre un spoiler de 3h plutôt que de vivre l’ascension et la chute d’un vrai pionnier. Dommage, parce que ce film, c’est comme un Grandia : un peu brutal, mais une fois dedans, t’es accro. Et maintenant, il a trouvé son easter egg dans les algorithmes de streaming, fatalement plus malin que les studios.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic