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Total War: Medieval 3 – Le retour tant attendu… ou l’énigme des années de développement ?
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Il y a 86 jours

Total War: Medieval 3 – Le retour tant attendu… ou l’énigme des années de développement ?

Un Medieval 3 enfin annoncé, mais l’attente s’annonce… interminable

Après 20 ans de silence depuis Medieval II: Total War (2006), Creative Assembly confirme enfin Total War: Medieval 3 – mais le jeu n’en est qu’à ses prémices, en « early pre-production ». Aucune date de sortie n’est envisagée avant 2027 au plus tôt, certains évoquant même 2030+. Malgré l’adoption d’une nouvelle engine (Warcore) et une promesse de transparence communautaire inspirée de Paradox, l’annonce a été éclipsée par les révélations sur Total War: Warhammer 3 (DLC majeur en 2026), ravivant la frustration des puristes. Entre espoir et scepticisme, la communauté se divise : ce troisième opus sera-t-il à la hauteur d’une attente historique ?

A retenir :

  • Total War: Medieval 3 officiellement confirmé après 20 ans d’attente, mais en phase de pré-production précoce – sortie envisagée après 2027.
  • Une nouvelle engine (Warcore) pour des performances optimisées et un potentiel portage console, une première pour la licence.
  • Stratégie communautaire inédite : devblogs réguliers et transparence inspirée de Paradox (Europa Universalis V).
  • L’annonce éclipsée par Total War: Warhammer 3 et son DLC 2026, reléguant Medieval 3 au second plan.
  • Inquiétudes autour du choix de l’équipe de Sofia (développeurs de Pharaoh) plutôt que le studio historique de Horsham.
  • La communauté divisée : entre espoir pour un renouveau historique et frustration face à une attente potentiellement décennale.

L’annonce qui fait vibrer… et grincer des dents

Le 25e anniversaire de Total War aurait dû être un moment triomphal pour les fans de la série historique. Pourtant, quand Creative Assembly a enfin levé le voile sur Total War: Medieval 3 lors de son showcase, les réactions ont été mitigées. Oui, le jeu existe bel et bien – mais il n’est qu’à l’état d’embryon, en « early pre-production », comme l’a confirmé Barry Clift, directeur créatif. Aucun gameplay, aucune cinématique, juste quelques croquis préliminaires et une promesse : « Nous en sommes aux premières étapes, mais nous voulons vous impliquer dès maintenant. »

Pour les joueurs ayant attendu depuis 2006, la déception est palpable. Medieval II: Total War reste un monument du genre, et ses mods (comme Stainless Steel ou Third Age) témoignent d’une communauté toujours active. Pourtant, alors que des licences comme Crusader Kings ou Mount & Blade ont évolué, Total War semble avoir déserté le Moyen Âge au profit de la fantasy (Warhammer) ou de l’Antiquité (Pharaoh, Troy). Certains fans ironisent : « On aura peut-être un Medieval 3 avant Half-Life 3, mais ce n’est pas gagné. »


Le pire ? Aucune fenêtre de sortie n’a été évoquée. Les plus optimistes espèrent 2027-2028, mais des rumeurs internes suggèrent un développement beaucoup plus long, peut-être même 2030+. Une attente d’autant plus amère que le dernier opus historique, Total War: Pharaoh (2023), avait déjà été développé par l’équipe bulgare de Sofia – et non par le studio historique de Horsham (Royaume-Uni), traditionnellement aux commandes des jeux "core". Un choix qui interroge sur la cohérence artistique du futur Medieval 3.

Warcore et consoles : une révolution technique en marche ?

Si l’annonce a déçu par son manque de concret, elle a aussi révélé deux changements majeurs pour la licence. Premier point : l’abandon de l’ancienne engine au profit de Warcore, un moteur maison conçu pour optimiser les performances et permettre, pour la première fois, un portage sur consoles. Une évolution cruciale, alors que des jeux comme Crusader Kings 3 ou Civilization VI ont déjà conquis le public console avec succès.

Deuxième innovation : une approche communautaire inédite. Creative Assembly promet des devblogs mensuels, des retours réguliers sur l’avancée du développement, et une implication des joueurs dès les premières étapes – une stratégie directement inspirée de Paradox Interactive (Europa Universalis V, Hearts of Iron IV). « Nous voulons éviter les erreurs du passé, où les joueurs découvraient le jeu fini sans avoir eu leur mot à dire », explique un porte-parole.


Pourtant, cette transparence a un prix : elle expose le studio aux critiques précoces. Certains joueurs, comme @TotalWarHistorian sur Reddit, s’inquiètent déjà : « Si ils montrent trop tôt, on va avoir droit à des années de hype suivies d’une déception, comme avec Empire: Total War à l’époque. » D’autres, plus enthousiastes, y voient une opportunité unique : « Enfin, on pourra influencer le design des factions ou des mécaniques de siège ! »

Warhammer 3 vole la vedette : une priorité mal placée ?

Ironie du sort : la partie la plus attendue du 25th Anniversary Showcase n’a pas été Medieval 3, mais… Total War: Warhammer 3. Le studio a dévoilé un DLC majeur pour 2026, promettant une refonte complète de la carte (avec des régions inédites comme Ulthuan ou Naggaroth) et l’arrivée de deux légendes emblématiques : Malus Darkblade (Dark Elves) et Imrik (High Elves). Une annonce qui a éclipsé Medieval 3, relégué à quelques minutes de présentation en fin de stream.

Pour les puristes, c’est la goutte d’eau : « Encore un DLC pour Warhammer, alors que Medieval 3 est à des années-lumière ? Priorités à l’envers », s’agace LeDucDeBourgogne sur les forums Steam. D’autres y voient une stratégie financière logique : la licence Warhammer rapporte bien plus que les jeux historiques, et un DLC se développe plus vite qu’un jeu complet. « Ils savent que Warhammer vend des millions de copies sans effort, alors que Medieval 3 devra se battre pour exister », analyse NicoRobin, moddeuse connue pour ses travaux sur Attila: Total War.


Le studio se défend : « Warhammer 3 et Medieval 3 sont deux projets distincts, avec des équipes dédiées. » Pourtant, le malaise persiste. Certains employés (sous couvert d’anonymat) avouent que les ressources sont majoritairement allouées à Warhammer, laissant Medieval 3 avec une équipe réduite. Un choix risqué, alors que la concurrence se renforce : Mount & Blade II: Bannerlord (TaleWorlds) et Crusader Kings 3 (Paradox) dominent déjà le créneau médiéval.

Derrière les croquis : les défis cachés de Medieval 3

Pourquoi un développement aussi long ? Plusieurs facteurs expliquent ce rythme glacial. D’abord, la complexité historique : contrairement à Pharaoh (Égypte antique) ou Rome II (Antiquité), le Moyen Âge couvre 10 siècles de conflits, de cultures et de technologies diverses. « Représenter fidèlement les croisés, les mongols, les chevaliers teutoniques et les cités italiennes dans un même jeu est un casse-tête », confie un ancien développeur de Medieval II.

Ensuite, la pression des mods : des projets comme Stainless Steel 6.4 ou Divide et Impera ont repoussé les limites du moteur de Medieval II, offrant des mécaniques que les joueurs attendent désormais en standard (gestion des dynasties, événements historiques scriptés). « Si Medieval 3 ne dépasse pas ce que font les mods depuis 15 ans, ce sera un échec », prévient Lord Aldric, créateur de mods.


Enfin, il y a la question de l’identité. Les deux derniers opus historiques (Troy et Pharaoh) ont divisé : le premier pour son manque de profondeur, le second pour son système de gestion trop simpliste. « Creative Assembly doit prouver qu’ils peuvent encore faire un vrai Total War historique, pas un jeu édulcoré pour le grand public », critique Jehanne_Darc, streamer spécialisé.

Un détail intrigue aussi : l’équipe de Sofia, qui a travaillé sur Pharaoh, est à nouveau aux commandes. Or, ce studio est connu pour des jeux plus accessibles que ceux de Horsham. « Est-ce qu’on va avoir un Medieval 3 à la Pharaoh, avec des batailles spectaculaires mais un manque de profondeur stratégique ? », s’interroge The Spartan sur YouTube.

La communauté entre espoir et résignation : « On a le temps de mourir avant la sortie »

Sur les réseaux, les réactions oscillent entre l’enthousiasme prudent et le désabusement. Coté positif, les joueurs saluent :

  • La transparence annoncée (même si certains doutent qu’elle soit maintenue).
  • Le potentiel de Warcore, surtout si le jeu arrive sur consoles.
  • Le retour à une période riche en possibilités (croisés, guerre de Cent Ans, chute de Constantinople…).

Mais les critiques fusent aussi :

  • « 20 ans d’attente pour un jeu en pré-pre-production ? C’est une blague. » (Extrait d’un commentaire YouTube avec 12k likes).
  • « Ils ont tué la hype en 5 minutes. » (Réaction sur Twitter après le showcase).
  • « Pourquoi annoncer si tôt ? Pour calmer les fans ? Ça a l’effet inverse. » (Forum Total War Center).


Certains vont jusqu’à lancer des paris sur la date de sortie : « Je mise sur 2029, et encore, si ils ne reportent pas », rigole @Godefredus. D’autres, plus cyniques, évoquent un « Duke Nukem Forever 2.0 » – un jeu mythique annoncé trop tôt et devenu une blague. « Le pire, c’est qu’on n’a même pas le droit d’être en colère, parce que techniquement, ils ont enfin annoncé le jeu… mais dans 10 ans, on sera tous passés à autre chose », résume Baldr_The_Wise sur Reddit.

Pourtant, au milieu des moqueries, une lueur d’optimisme persiste. Des joueurs comme Lady_Aeleth rappellent que Crusader Kings 3 a aussi mis des années à arriver – et que le résultat valait l’attente. « Si ils prennent leur temps pour faire un jeu à la hauteur, je suis prête à attendre. Mais il faut qu’ils nous montrent quelque chose de concret d’ici 2025, sinon la hype va mourir. »

Entre l’euphorie d’une annonce après deux décennies de silence et la désillusion d’un développement qui s’annonce interminable, Total War: Medieval 3 incarne déjà un paradoxe. Creative Assembly a le mérite de briser le mutisme, mais en révélant un projet encore à l’état de croquis, le studio prend un risque : celui de tuer dans l’œuf l’enthousiasme des fans. La balle est désormais dans leur camp. Si les devblogs promis tiennent leurs engagements, si Warcore permet enfin des batailles médiévales dignes de 2024 (et non de 2006), et si l’équipe parvient à capturer l’âme d’une époque aussi vaste que le Moyen Âge, alors cette attente pourrait se transformer en légende. Dans le cas contraire, Medieval 3 risque de devenir le symbole d’une époque révolue – celle où les joueurs acceptaient d’attendre des décennies pour un jeu… sans même savoir s’il verrait le jour.
L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Total War: Medieval 3, c'est comme attendre un bus qui arrive jamais. On a hâte de voir les croquis, mais on a peur que ce soit juste un dessin animé. Warhammer 3, c'est le bus qui arrive toujours, mais Medieval 3, c'est le bus qui se fait attendre. On espère que Creative Assembly ne nous prend pas pour des pigeons.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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