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Ubisoft en pleine tempête : six jeux annulés, des studios fermés et une refonte radicale pour survivre
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Il y a 35 jours

Ubisoft en pleine tempête : six jeux annulés, des studios fermés et une refonte radicale pour survivre

Le géant français du jeu vidéo Ubisoft annonce une refonte majeure de sa structure, marquée par l'annulation de six projets et la fermeture de plusieurs studios. Une transformation douloureuse mais présentée comme nécessaire pour assurer la pérennité du groupe, alors que les coûts explosent et que la concurrence s'intensifie.

A retenir :

  • Six jeux annulés, dont le très attendu Prince of Persia: The Sands of Time Remake, et sept autres reportés, comme Assassin’s Creed: Black Flag Remake.
  • Fermeture confirmée d'Ubisoft Stockholm et probable suppression de postes dans d'autres studios, dont certains en Allemagne.
  • Création de cinq "Creative Houses" pour recentrer la production sur des genres et marques spécifiques, avec une autonomie financière totale.
  • Ubisoft mise sur les mondes ouverts, les jeux en tant que service (GaaS) et l'IA générative pour relancer sa compétitivité.
  • Objectif : économiser 300 millions d'euros, mais la restructuration coûtera plus d'un milliard en 2026.

L'effondrement d'un empire : quand Ubisoft enterre ses propres légendes

Le 21 janvier 2025 restera comme une date noire dans l'histoire d'Ubisoft. Dans un communiqué de presse publié en fin de journée, le géant français a annoncé l'annulation pure et simple de six jeux en développement, dont le très attendu Prince of Persia: The Sands of Time Remake. Un projet qui avait déjà connu des retards et des critiques sur sa qualité, mais dont l'abandon marque un tournant symbolique : Ubisoft enterre l'une de ses franchises les plus emblématiques, née en 1989 et popularisée par le film de 2010 avec Jake Gyllenhaal.

Parmi les autres victimes, trois nouvelles licences non dévoilées, ainsi que des reports majeurs comme celui d'Assassin’s Creed: Black Flag Remake. Ce dernier, annoncé en 2023, devait moderniser l'un des opus les plus acclamés de la série, sorti en 2013. Son report, sans nouvelle date de sortie, illustre la crise de confiance qui secoue le groupe. Comme le souligne Yves Guillemot, PDG d'Ubisoft, dans le communiqué : « Nous donnons à certains jeux un délai supplémentaire pour garantir une qualité améliorée et maximiser leur valeur à long terme. » Une phrase qui sonne comme un aveu d'échec pour des projets déjà en développement depuis des années.

La purge des studios : Stockholm sacrifié, l'Allemagne dans le flou

La restructuration ne s'arrête pas aux jeux. Ubisoft a confirmé la fermeture d'Ubisoft Stockholm, un studio suédois créé en 2017 et connu pour son travail sur The Division 2 et Avatar: Frontiers of Pandora. Selon GamesIndustry.biz, près de 130 employés ont déjà été licenciés en début d'année, et cette vague de fermetures ne serait que le début. Les studios allemands, comme Ubisoft Düsseldorf ou Ubisoft Mainz, pourraient également être touchés, bien que rien ne soit encore officialisé.

Ces fermetures s'inscrivent dans une logique de recentrage brutal. Comme l'explique Guillemot : « Ces décisions sont difficiles, mais nécessaires pour construire une organisation plus ciblée, efficace et durable. » Une rhétorique classique en temps de crise, mais qui cache mal l'ampleur des dégâts. En 2023, Ubisoft avait déjà annoncé un plan d'économies de 100 millions d'euros. Aujourd'hui, l'objectif est porté à 300 millions, avec une accélération des mesures pour y parvenir dès 2025.

Pour les employés restants, les conditions de travail vont se durcir. Ubisoft a annoncé le retour à une politique de présence obligatoire en bureau, cinq jours par semaine, mettant fin au télétravail flexible instauré pendant la pandémie. Une décision qui risque de démoraliser encore davantage des équipes déjà sous pression.

Les "Creative Houses" : une révolution ou un aveu d'impuissance ?

Pour justifier cette refonte, Ubisoft mise sur un nouveau modèle organisationnel : les Creative Houses. Ces entités autonomes, dirigées par des équipes dédiées, regrouperont production et publication autour de genres et de marques spécifiques. Cinq maisons ont été dévoilées :

  • Vantage Studios : pilotée par Tencent (qui détient 9,9 % d'Ubisoft), elle se concentrera sur les blockbusters comme Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six.
  • Creative House 2 : dédiée aux shooters compétitifs et coopératifs, avec Ghost Recon, Splinter Cell et The Division.
  • Creative House 3 : axée sur les expériences live et multijoueurs, comme Brawlhalla, For Honor ou Skull and Bones.
  • Creative House 4 : spécialisée dans les mondes fantastiques narratifs, avec Anno, Beyond Good and Evil, Prince of Persia et Rayman.
  • Creative House 5 : pour les jeux familiaux et casual, comme Just Dance, UNO ou les licences Hasbro.

Ce modèle, inspiré des structures agiles des start-ups, vise à donner plus d'autonomie aux équipes et à accélérer la prise de décision. Mais il soulève aussi des questions. Comme le note un ancien employé d'Ubisoft sous couvert d'anonymat : « C'est une façon de cloisonner les équipes pour mieux les contrôler. Si une Creative House échoue, elle pourra être sacrifiée sans impacter les autres. »

Cette réorganisation s'accompagne d'un recentrage stratégique sur trois piliers : les mondes ouverts, les jeux en tant que service (GaaS) et l'IA générative. Ubisoft mise particulièrement sur cette dernière, après avoir dévoilé fin 2024 son propre outil d'IA, conçu pour accélérer le développement. Une technologie controversée, mais que le groupe présente comme une solution miracle pour réduire les coûts et améliorer la productivité.

L'IA et le GaaS : des paris risqués pour sauver Ubisoft

Le virage vers les jeux en tant que service n'est pas nouveau pour Ubisoft. Rainbow Six: Siege, sorti en 2015, est souvent cité comme l'un des exemples les plus réussis de GaaS, avec plus de 100 millions de joueurs et des revenus récurrents grâce aux microtransactions. Mais tous les titres du groupe n'ont pas connu le même succès. Skull and Bones, développé pendant près de dix ans et sorti en 2024, a été un échec commercial et critique, malgré un budget estimé à 200 millions de dollars.

Pour éviter de répéter ces erreurs, Ubisoft mise désormais sur l'IA générative. Dans son communiqué, le groupe affirme que cette technologie permettra de « s'adapter plus rapidement aux attentes des joueurs ». Concrètement, cela pourrait se traduire par des contenus générés automatiquement, des dialogues personnalisés ou même des quêtes créées en temps réel. Une promesse alléchante, mais qui soulève des inquiétudes chez les développeurs.

Comme le souligne un ingénieur en IA chez un concurrent d'Ubisoft : « L'IA peut aider à gagner du temps sur des tâches répétitives, mais elle ne remplacera jamais la créativité humaine. Si Ubisoft mise tout sur cette technologie, elle risque de produire des jeux génériques, sans âme. »

Cette stratégie s'inscrit dans un contexte plus large de crise du secteur. En 2024, le marché du jeu vidéo a connu un ralentissement après des années de croissance effrénée. Les coûts de développement ont explosé, tandis que les attentes des joueurs en matière de qualité et d'innovation n'ont jamais été aussi élevées. Ubisoft n'est pas le seul à souffrir : Electronic Arts, Take-Two et même Sony ont annoncé des restructurations similaires ces derniers mois.

Un milliard d'euros de pertes en 2026 : le prix de la survie

Derrière les discours optimistes sur l'innovation et l'agilité, la réalité financière d'Ubisoft est alarmante. Comme l'a révélé le directeur financier Frédéric Duguet à GamesIndustry.biz, le groupe s'attend à une perte de plus d'un milliard d'euros pour l'exercice 2026. Un chiffre vertigineux, qui s'explique par les coûts de restructuration et les indemnités de licenciement.

Pourtant, Ubisoft reste un géant aux ressources colossales. Le groupe a engrangé plus de 2,3 milliards d'euros de revenus en 2024, et ses franchises phares, comme Assassin’s Creed ou Just Dance, continuent de générer des profits. Mais la concurrence est féroce, avec des acteurs comme Epic Games, Tencent ou même des studios indépendants qui misent sur des modèles plus agiles et moins coûteux.

La question est désormais de savoir si cette refonte permettra à Ubisoft de retrouver sa place de leader. Comme le résume un analyste du secteur : « Ubisoft a les moyens de se relever, mais il lui faudra du temps. Le vrai défi sera de regagner la confiance des joueurs et des investisseurs, après des années de promesses non tenues. »

En attendant, les fans peuvent se consoler avec une bonne nouvelle : malgré les annulations, Ubisoft a confirmé que Assassin’s Creed: Codename Red, le prochain opus de la série, est toujours en développement. Un projet ambitieux, qui pourrait bien être le premier test grandeur nature des nouvelles "Creative Houses".

La restructuration d'Ubisoft marque un tournant dans l'histoire du jeu vidéo. Entre annulations de projets emblématiques, fermetures de studios et recentrage sur l'IA, le groupe français tente de se réinventer dans un marché de plus en plus concurrentiel. Si les économies annoncées pourraient assurer sa survie à court terme, la réussite de cette transformation dépendra de sa capacité à innover sans sacrifier la qualité.

Pour les joueurs, cette crise est aussi un rappel brutal : derrière les blockbusters se cachent des réalités économiques impitoyables. Les prochains mois seront cruciaux pour Ubisoft, qui devra prouver que ses "Creative Houses" ne sont pas qu'un écran de fumée, mais bien le socle d'une nouvelle ère.

Une chose est sûre : le paysage du jeu vidéo ne sera plus jamais le même après ce séisme.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Monologue intérieur en mode "tonton" qui a trop bu de café devant un écran Putain, mais Prince of Persia ?! Ubisoft, t’as vraiment cru que tu pouvais dobé un remake en 2025 comme on fait un café en drive ? Entre les retards qui font durer plus longtemps qu’un épisode de Final Fantasy en streaming, et les annulations qui tombent comme des gonades dans un jeu de tir, là t’as pas juste un empire en crise… t’as un tonton qui a confondu "qualité" avec "je me la joue en mode Assassin’s Creed mais en fait j’ai juste oublié de finir mon jeu". Les Creative Houses, c’est bien joli, mais franchement, ça ressemble à un studio qui essaie de vendre du fromage en disant que c’est du cheeseburger. L’IA, c’est le nouveau Zeus des devs : tout le monde en parle, mais personne sait vraiment si ça va nous donner des dieux ou juste des croquignolesques bugs. Et puis, entre nous, si ton jeu est aussi apathique qu’un Assassin’s Creed en mode solo, même l’IA ne pourra pas te sauver. Okey, bon, au moins Codename Red est toujours là. Mais chut… ne dis pas à Assassin’s Creed que son papa a les mêmes problèmes que Prince of Persia. Ça le rendrait utopique, et on sait tous que l’utopie, c’est comme les Final Fantasy sans boss : ça n’existe pas.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic