Il y a 66 jours
"Underwater" : Le film culte de Kristen Stewart qui a conquis le streaming après un échec en salles
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Un film maudit devenu incontournable
Underwater, sorti en janvier 2020, illustre parfaitement comment un échec commercial peut se transformer en triomphe critique grâce au streaming. Avec seulement 40,8 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 50M$, ce thriller SF-horreur porté par Kristen Stewart avait été rapidement enterré par les salles. Pourtant, son arrivée sur Disney+ et en VOD a révélé un film bien plus profond qu'il n'y paraissait : une plongée angoissante dans les abysses, entre créatures lovecraftiennes et survie extrême, qui a finalement séduit un public avide d'expériences cinématographiques immersives.
A retenir :
- Un échec commercial paradoxal : Malgré des critiques positives et un casting étoilé (Stewart, Cassel, Miller), Underwater n'a rapporté que 40,8M$ au box-office, soit moins que son budget. Le streaming (Disney+, Prime Video) lui a offert une seconde vie, prouvant que les plateformes redéfinissent la notion de "succès".
- Kristen Stewart en héroïne de survie : Son interprétation de Norah Price, ingénieure mécanique piégée à 11 km de profondeur, est saluée pour son réalisme physique et son intensité émotionnelle. Un rôle qui s'inscrit dans sa filmographie exigeante, entre Snow White and the Huntsman et Personal Shopper.
- Des créatures abyssales terrifiantes : Inspiré de Lovecraft et de The Thing (1982), le design des monstres mêle biomécanique et horreur organique, avec des détails comme des mâchoires à trois segments ou une peau translucide. Un travail signé Amat Escalante, collaborateur de Guillermo del Toro.
- Une esthétique claustrophobe : Entre plans serrés dans la station Kepler 822 (inspirée des plateformes pétrolières) et éclairages bleutés en eau libre, le film pousse l'immersion à son paroxysme, divisant la critique mais captivant les spectateurs.
- Un mélange des genres audacieux : À mi-chemin entre Alien (l'horreur spatiale), The Abyss (l'aventure sous-marine) et Leviathan (1989), Underwater crée une atmosphère unique, entre SF, horreur et thriller de survie.
Un naufrage en salles, une renaissance en streaming
Quand Underwater sort en janvier 2020, les attentes sont hautes. Réalisé par William Eubank (The Signal), le film promet un mélange explosif de science-fiction et d'horreur sous-marine, avec une touche de thriller psychologique. Pourtant, malgré un casting cinq étoiles (Kristen Stewart, Vincent Cassel, T.J. Miller) et des critiques globalement positives, le long-métrage s’effondre au box-office : 40,8 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 50 millions. Un échec cuisant, souvent attribué à une sortie mal calibrée (entre Bad Boys for Life et Dolittle) et une communication timide de la part de 20th Century Fox.
Mais comme Event Horizon ou The Thing avant lui, Underwater a trouvé son salut sur les plateformes. Dès son arrivée sur Disney+ en 2021, puis en location sur Prime Video et Apple TV, le film a vu son audience exploser. Les spectateurs, confinés ou en quête de frissons, ont redécouvert ce bijou méconnu, propulsant Underwater au rang de film culte du streaming. Une résurrection qui pose question : et si le vrai public d’un film ne se trouvait plus en salles, mais devant un écran, casque audio vissé aux oreilles ?
"Norah Price" : Kristen Stewart en héroïne des abysses
Dans Underwater, Kristen Stewart incarne Norah Price, une ingénieure mécanique travaillant dans la station Kepler 822, une installation de forage située à 11 000 mètres sous l’océan. Quand un séisme dévastateur frappe la structure, Norah se retrouve propulsée dans un cauchemar de survie, confrontée à des créatures abyssales et à la folie grandissante de ses coéquipiers. Le rôle est un défi physique et mental pour l’actrice, qui a dû suivre un entraînement intensif pour les scènes en combinaison de plongée et les séquences de course-poursuite sous pression.
Sa performance, saluée par la critique, rappelle ses rôles dans Snow White and the Huntsman (2012) ou Personal Shopper (2016) : une intensité brute, presque animale, qui contraste avec son image de star hollywoodienne. Autour d’elle, Vincent Cassel (en capitaine au bord de la crise de nerfs) et T.J. Miller (en technicien sarcastique) apportent une dynamique humaine essentielle, évitant au film de sombrer dans le cliché du "monstre tueur". Comme le souligne The Hollywood Reporter, Stewart porte le film "avec une présence magnétique, entre vulnérabilité et détermination".
Petite anecdote de tournage : pour les scènes sous l’eau, l’actrice a insisté pour réaliser elle-même certaines cascades, malgré les risques. Résultat ? Une authenticité rare dans les mouvements, loin des effets numériques surjoués. Un choix qui renforce l’immersion, mais qui a aussi valu à l’équipe des sessions de décompression prolongées pour éviter les accidents.
Quand Lovecraft rencontre les abysses : le design des créatures
Si Underwater marque les esprits, c’est aussi grâce à ses créatures abyssales, directement inspirées des mythes lovecraftiens. Conçues par le studio Amat Escalante (qui a travaillé avec Guillermo del Toro sur Pacific Rim), ces entités hybrides mêlent biomécanique et horreur organique. Leur apparence est un cauchemar éveillé :
- Des mâchoires articulées en trois segments, capables de broyer l’acier comme du papier.
- Une peau translucide laissant entrevoir des organes pulsants, évoquant les céphalopodes des grands fonds.
- Des membres déformables, s’adaptant à la pression extrême des abysses.
Leur mouvement, à la fois fluide et saccadé, rappelle celui des xénomorphes d’Alien, mais avec une touche d’horreur cosmique chère à Lovecraft. Comme l’explique Eubank dans une interview pour Empire : "Nous voulions que les créatures semblent à la fois anciennes et technologiques, comme si elles avaient évolué dans l’obscurité pendant des millions d’années, loin de toute loi physique humaine." Un pari réussi, même si certains spectateurs ont critiqué un manque de clarté dans leur représentation, notamment lors des scènes de combat rapides.
Autre détail marquant : leur communication par ultrasons, qui perturbe les équipements électroniques et plonge les personnages dans un silence oppressant. Une idée directement inspirée des cétacés, mais poussée à l’extrême pour servir l’angoisse du film.
La station Kepler 822 : un personnage à part entière
Dans Underwater, l’environnement n’est pas un simple décor : c’est un piège mortel. La station Kepler 822, conçue comme une plateforme pétrolière des abysses, est filmée en plans serrés pour accentuer le sentiment de claustrophobie. Les couloirs étroits, les tuyaux qui fuient, les lumières clignotantes… Tout est calculé pour maintenir une tension permanente.
Les séquences en eau libre contrastent radicalement : ici, c’est l’immensité vide qui terrifie. Eubank utilise des éclairages bleutés et des ombres mouvantes pour créer une atmosphère onirique, proche de The Abyss (1989) ou Leviathan (1989), mais avec une intensité moderne. Comme le note Variety, "le film transforme l’océan en un espace à la fois beau et hostile, où chaque recoin cache une menace."
Un choix esthétique qui divise : certains y voient une œuvre visuelle audacieuse, d’autres un exercice de style trop sombre. Mais une chose est sûre : Underwater ne laisse personne indifférent. Et c’est bien là sa force.
Entre Alien et The Abyss : un mélange des genres risqué
Underwater ne se contente pas d’emprunter à un genre : il fusionne plusieurs influences pour créer quelque chose d’unique. On y retrouve :
- L’horreur spatiale d’Alien (1979) : l’isolement, la créature imprévisible, la paranoïa de l’équipage.
- L’aventure sous-marine de The Abyss (1989) : la pression des profondeurs, les défis technologiques.
- Le thriller psychologique de Sunshine (2007) : la descente dans la folie, les sacrifices impossibles.
- L’horreur lovecraftienne : l’idée d’une menace ancienne et incompréhensible, bien au-delà de l’humain.
Ce mélange aurait pu virer au fourre-tout, mais Eubank parvient à équilibrer les éléments. Le scénario, signé Brian Duffield (co-auteur de Love and Monsters), évite les écueils du cliché en misant sur un rythme haletant et des rebondissements imprévisibles. Même les dialogues, souvent critiqués dans les films d’horreur, sonnent juste ici, grâce à des répliques ciselées et un humour noir bien dosé (notamment via le personnage de T.J. Miller).
Pourtant, certains critiques, comme ceux du Guardian, ont pointé un manque de profondeur narrative : "Le film sacrifie parfois la cohérence au profit du spectacle, mais quel spectacle !" Un défaut mineure pour un film qui assume pleinement son côté blockbuster intelligent.
Pourquoi Underwater est-il devenu culte ?
Alors, comment expliquer cette résurrection ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- L’effet "film maudit" : Comme Event Horizon ou The Thing, Underwater a bénéficié d’un bouche-à-oreille positif après son échec en salles. Les spectateurs, déçus par les blockbusters formatés, ont été séduits par son originalité.
- Le contexte pandémique : En 2020-2021, les plateformes de streaming sont devenues le principal lieu de consommation ciné. Underwater, avec son ambiance confinée et angoissante, a trouvé un écho particulier.
- Une esthétique "instagrammable" : Les visuels du film, entre bleus profonds et créatures monstrueuses, se prêtent parfaitement aux mèmes et aux discussions en ligne, dopant sa viralité.
- Un public niche mais fidèle : Les fans de SF horrifique et de Lovecraft ont adopté le film, en faisant une référence du genre.
Comme le résume un utilisateur de Reddit : "Underwater, c’est le genre de film qui ne marche pas au cinéma parce qu’il est trop intelligent pour le grand public, mais qui devient culte parce qu’il parle directement aux passionnés." Une analyse qui résume parfaitement le parcours atypique de ce film sous-côté.
Et si le vrai monstre, c’était l’océan ?
Au-delà des créatures et des effets spéciaux, Underwater pose une question fascinante : et si l’océan était le dernier territoire inexploré, bien plus hostile que l’espace ? Le film joue sur cette idée en transformant les abysses en un monde à part, régi par des lois inconnues. Les personnages, avec leurs combinaisons fragiles et leurs outils dérisoires, incarnent l’arrogance humaine face à l’immensité.
Une thème qui résonne particulièrement en 2024, à l’ère des explorations sous-marines (comme celle du Titanic par OceanGate) et des découvertes d’écosystèmes abyssaux. Underwater anticipe presque cette fascination moderne pour les profondeurs inconnues, tout en rappelant que certaines frontières ne sont pas faites pour être franchies.
D’ailleurs, saviez-vous que le film s’inspire de vrais phénomènes sous-marins ? Les "brinicles" (stalactites de glace mortelles pour la vie marine) et les fumeurs noirs (sources hydrothermales) ont directement influencé le design de la station Kepler 822. Une touche de réalisme scientifique qui ajoute une couche de crédibilité à l’horreur.
Alors, prêt à plonger ? Attention, une fois dans les abysses, on ne remonte pas toujours intact.

