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Wario World débarque en catimini sur Switch 2 : le coup de maître (ou de poker) de Nintendo ?
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Il y a 81 jours

Wario World débarque en catimini sur Switch 2 : le coup de maître (ou de poker) de Nintendo ?

Nintendo joue les prestidigitateurs : Wario World apparaît comme par magie sur Switch 2, tandis que le catalogue GameCube reste désespérément vide. Entre coup marketing et frustration des joueurs, où se situe la limite ?

A retenir :

  • Wario World (2003), le platformer 3D culte de Treasure (Gunstar Heroes, Ikaruga), rejoint discrètement le catalogue GameCube de la Switch 2 via le Pack d’Extension.
  • Seulement 7 jeux GameCube disponibles à ce jour – un catalogue anémique face aux 120 titres N64 ou aux 1 000+ jeux rétro de Microsoft et Sony.
  • L’abonnement à 50$ par an (80$ en familial) pour un accès limité suscite des critiques : "On paie pour des miettes", dénonce un joueur sur Reddit.
  • Rayman 2: The Great Escape et Tonic Trouble arrivent sur N64 le 17 décembre – un ajout bienvenu, mais insuffisant pour combler le retard.
  • Nintendo continue de teaser Fire Emblem: Path of Radiance et Pokémon Colosseum... sans jamais les sortir. Une stratégie de drip-feeding qui agace.
  • Comparaison cruelle : le Game Pass et le PS Plus Premium offrent des centaines de jeux classiques sans surcoût, là où Nintendo facture l’accès à un catalogue squelettique.

Un cadeau de Noël anticipé (et bien mystérieux)

À quelques jours des fêtes, Nintendo a glissé un petit paquet surprise sous le sapin des abonnés au Nintendo Switch Online + Pack d’Extension : Wario World, le platformer 3D sorti en 2003 sur GameCube, est désormais jouable sur Switch 2. Pas d’annonce officielle, pas de bandeau promotionnel – juste une apparition discrète dans le catalogue, comme si le géant japonais avait honte de ce cadeau tardif. Pourtant, ce titre développé par Treasure (le studio derrière Gunstar Heroes et Ikaruga) mérite largement son heure de gloire.

Dans Wario World, le anti-héros moustachu de Nintendo part en croisade pour récupérer son trésor volé et venger la destruction de son château. Le jeu se distingue par son gameplay hybride, mêlant phases de plateforme classique et séquences de combat dynamiques où Wario peut soulever, lancer et écraser ses ennemis avec une physique exagérée, typique de l’humour du personnage. Graphiquement, le titre était une prouesse pour l’époque, avec des environnements colorés, des animations fluides et une bande-son entraînante qui colle parfaitement à l’univers déjanté de Wario.

"Wario World, c’est du Treasure dans toute sa splendeur : du chaos contrôlé, des mécaniques de combat ultra-satisfaisantes, et un chara-design qui claque", résume Julien Chièze, journaliste spécialisé dans le rétrogaming. Pourtant, malgré ses qualités, le jeu avait été éclipsé à sa sortie par des mastodontes comme Super Mario Sunshine ou The Legend of Zelda: The Wind Waker. Sa réapparition sur Switch 2 est donc une seconde chance bien méritée.


GameCube sur Switch 2 : un catalogue qui fait grincer des dents

Avec l’arrivée de Wario World, le catalogue GameCube du Pack d’Extension compte désormais... sept titres. Oui, vous avez bien lu : 7 jeux en près de trois ans d’existence du service. À titre de comparaison, la bibliothèque N64 en propose 120, et les offres rétro de Microsoft (Game Pass) ou Sony (PS Plus Premium) dépassent allègrement les 1 000 jeuxsans surcoût pour les abonnés.

"C’est une blague ? On nous fait payer 50 balles par an pour accéder à une poignée de jeux qui ont 20 ans ?" s’indigne Thomas L., joueur et abonné depuis le lancement. Le pire ? Nintendo continue de teaser des exclusivités comme Fire Emblem: Path of Radiance ou Pokémon Colosseum, sans jamais donner de date. "À ce rythme, la Switch 3 sera sortie avant qu’on ait droit à une offre GameCube décente", ironise un utilisateur sur Twitter.

La stratégie de Nintendo semble claire : maintenir une rareté artificielle pour justifier le prix du Pack d’Extension (50$ en solo, 80$ en familial). Problème : cette approche contraste violemment avec celle de ses concurrents. Microsoft et Sony misent sur l’abondance (des centaines de jeux inclus dans leurs abonnements), là où Nintendo joue la carence organisée. "C’est comme si on vous proposait un buffet à volonté... mais avec seulement trois plats froids", compare Marine D., rédactrice pour JeuxVideo.com.

Et que dire des jeux manquants ? Où sont Eternal Darkness, Paper Mario: The Thousand-Year Door, ou Metroid Prime ? Même Super Smash Bros. Melee, pourtant ultra-demandé, brille par son absence. "Nintendo a l’air de choisir ses titres au hasard, sans logique ni cohérence", critique un modérateur du forum ResetEra.


"On nous prend pour des vaches à lait" : la colère des joueurs

Sur les réseaux, la grogne monte. Le hashtag #WhereIsGameCube a même fait son apparition sur Twitter, où les joueurs dénoncent une "arnaque à l’abonnement". "50$ pour sept jeux ? Sérieusement ? Même un café chez Starbucks coûte moins cher à l’année !" lance un internaute. D’autres pointent du doigt le manque de transparence : "Pourquoi ajouter Wario World sans prévenir, mais traîner des pieds sur des titres comme Pokémon Colosseum ?"

Certains vont plus loin en accusant Nintendo de mépriser son héritage. "Ils préfèrent ressortir Mario Kart 8 Deluxe pour la énième fois plutôt que de nous donner accès à des pépites GameCube", s’agace Léo M., streamer spécialisé dans le speedrun. Un avis partagé par Cécile H., historienne du jeu vidéo : "Nintendo a une bibliothèque incroyable, mais au lieu de la valoriser, ils la distribuent au compte-gouttes. C’est une perte pour la préservation du patrimoine vidéoludique."

Pourtant, tous ne sont pas aussi critiques. "Wario World est un excellent jeu, et je suis content de pouvoir y rejouer sans sortir ma vieille GameCube", tempère Antoine R., joueur occasionnel. "Après, oui, le prix est abusé. Mais bon, c’est Nintendo... On sait à quoi s’attendre." Une résignation qui en dit long sur la relation amour-haine entre les fans et la marque.


Rayman 2 et Tonic Trouble : des miettes qui ne calment pas la faim

Comme pour apaiser (un peu) les esprits, Nintendo a annoncé l’arrivée de Rayman 2: The Great Escape et Tonic Trouble sur le volet N64 du Pack d’Extension, dès le 17 décembre. Deux ajouts qui, sans être révolutionnaires, apportent un peu de diversité à un catalogue encore trop léger.

Rayman 2 (1999) est souvent considéré comme l’un des meilleurs jeux de plateforme 3D de sa génération, avec son univers onirique, ses phases de vol en hélicoptère et son ambiance poétique. "C’est un jeu qui a vieilli comme un bon vin. Même aujourd’hui, son level design est impressionnant", souligne Nicolas C., designer de jeux indépendants.

Tonic Trouble (1999), lui, mise sur l’humour absurde et les énigmes accessibles, dans la veine d’un Banjo-Kazooie light. "Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un titre charmant qui mérite d’être redécouvert", estime Sophie L., rédactrice pour Canard PC.

Pourtant, ces ajouts restent insuffisants pour combler le retard de Nintendo. "Deux jeux N64, c’est bien, mais ça ne compense pas l’absence criante de titres GameCube", résume David T., modérateur du subreddit r/NintendoSwitch. "On nous donne des cacahuètes alors qu’on réclame un festin."


Derrière les coulisses : pourquoi un tel gâchis ?

Alors, pourquoi Nintendo gère-t-il si mal son catalogue rétro ? Plusieurs pistes expliquent ce fiasco :

1. Des problèmes de licences ? Contrairement à Microsoft ou Sony, Nintendo possède la majorité de ses IP. Pourtant, certains jeux GameCube (comme Star Wars Rogue Squadron II: Rogue Leader) impliquent des droits tiers, ce qui complique leur rééditions. "Même si Nintendo a les moyens, négocier ces licences prend du temps", explique un avocat spécialisé dans le droit du jeu vidéo.

2. Une stratégie de "drip-feeding" calculée ? En ajoutant les jeux un par un, Nintendo maintient l’intérêt des abonnés. "C’est une tactique classique : donner juste assez pour éviter les désabonnements, sans jamais tout lâcher", analyse Markus P., consultant en marketing vidéoludique.

3. Un manque de ressources techniques ? Émuler des jeux GameCube sur Switch 2 n’est pas une mince affaire. "Contrairement à la N64, la GameCube avait une architecture complexe. Adapter ces titres demande du temps et de l’argent", précise un ingénieur ayant travaillé sur des ports rétro.

4. Une priorité ailleurs ? Entre le lancement de la Switch 2, les mises à jour de Zelda: Tears of the Kingdom et la préparation de la next-gen, le rétro n’est peut-être tout simplement pas une priorité pour Nintendo. "Ils misent sur le futur, pas sur le passé", résume Elise V., analyste chez NPD Group.

Quelles que soient les raisons, une chose est sûre : les joueurs ne sont pas dupes. "Nintendo pourrait faire bien mieux. Ils ont les jeux, ils ont la technologie... Mais visiblement, pas la volonté", conclut Jérémie B., fondateur du site RetroMag.


Et maintenant ? Les attentes (déraisonnables ?) des fans

Alors, que peuvent espérer les abonnés en 2025 ? Voici la wishlist réaliste (ou pas) des joueurs :

• Les incontournables GameCube : Metroid Prime, Paper Mario: The Thousand-Year Door, Eternal Darkness, et bien sûr Super Smash Bros. Melee. "Sans ces titres, le catalogue restera une coquille vide", insiste Alex K., compétiteur en Melee.

• Une refonte du Pack d’Extension : Baisser le prix, ajouter des jeux par lots (et non un par un), et inclure des exclusivités temporaires (comme le fait Sony avec ses Classics).

• Une meilleure communication : "Arrêtez de nous teaser des jeux sans les sortir ! Soit vous les ajoutez, soit vous nous laissez tranquilles", s’exclame un joueur sur Discord.

• Un accès hors ligne : Actuellement, les jeux du Pack d’Extension nécessitent une connexion permanente. "En 2024, c’est inadmissible", tonne Pauline M., joueuse occasionnelle.

Bien sûr, Nintendo pourrait aussi surprendre tout le monde en annonçant un GameCube Virtual Console indépendant, ou en intégrant ces titres dans un futur Nintendo Switch Online Ultra. Mais après des années de déceptions, les joueurs préfèrent ne plus y croire. "Je serai agréablement surpris si ils font enfin les choses bien. Mais je n’y compte plus", confie Romain D., abonné depuis 2018.

Wario World sur Switch 2, c’est un peu comme recevoir un seul bonbon dans une boîte géante : c’est sympa, mais ça laisse un goût d’inachevé. Nintendo a les moyens de transformer son Pack d’Extension en un véritable musée interactif du jeu vidéo, mais pour l’instant, la marque japonaise semble préférer jouer les Shy Guys – ces ennemis de Mario qui se cachent derrière des masques.

Alors, faut-il craquer pour les 50$ du Pack d’Extension ? Si vous êtes un fan inconditionnel de Wario ou de Rayman 2, peut-être. Mais pour la majorité des joueurs, l’équation reste simple : trop peu de jeux, pour trop cher. En attendant, une chose est sûre : avec sa stratégie de goutte-à-goutte, Nintendo risque de voir ses abonnés débrancher bien avant la sortie de la Switch 3.

Et vous, allez-vous sauter le pas ? Ou attendez-vous, comme beaucoup, que le catalogue devienne enfin digne de ce nom ?

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ah, Wario World enfin sur Switch 2, comme un vieux GoldenEye 007 qui refait surface après des années de cave à vin. Treasure a fait un truc génial en 2003, et Nintendo le sort comme un cadeau de Noël en retard, avec la discrétion d’un ninja qui trébuche sur son propre shuriken. Dommage que le reste du catalogue GameCube ressemble à un buffet où il ne reste que les miettes… et encore, il faut chercher sous les chaises. Drip-feeding, ils appellent ça ? Moi je dis : "On nous fait payer un abonnement comme si on était dans un Silent Hill où les ennemis se cachent derrière chaque porte."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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