Il y a 59 jours
**Wildgate : Pourquoi le hero shooter de Mike Morhaime (ex-Blizzard) est-il devenu GRATUIT sur Epic Games ?**
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**Un hero shooter révolutionnaire abandonné en 6 mois** : Après un lancement à 29,99 €, Wildgate, le projet phare de Dreamhaven (studio fondé par l’ex-PDG de Blizzard Mike Morhaime), est désormais **offert gratuitement** sur l’Epic Games Store. Malgré des **critiques positives (81 % sur Steam)** et un **budget de 15 millions de dollars**, le jeu n’a jamais dépassé **200 joueurs simultanés**, scellant l’échec d’un modèle hybride entre **hero shooter, survie et procédural**. Une chute qui interroge sur l’avenir de Dreamhaven, déjà fragilisé par des **licenciements massifs** et des projets avortés comme Forspoken.
A retenir :
- Wildgate gratuit sur Epic Games : Un aveu d’échec après seulement 6 mois d’exploitation, malgré un prix initial de 29,99 € et des critiques favorables (81 % sur Steam).
- Un modèle hybride trop exigeant : Mélange de hero shooter (inspiré d’Overwatch), de survie et de cartes procédurales, le jeu a découragé les joueurs occasionnels, habitués à des sessions courtes (Fortnite, Apex Legends).
- Dreamhaven en crise : Après l’abandon de Forspoken et les performances mitigées de Cursed to Golf, Wildgate confirme les difficultés du studio, avec **60 % de licenciements chez Moonshot Games** en 2025.
- Des serveurs vides malgré un budget colossal : 15 millions de dollars investis pour un jeu qui peine à fédérer, même avec un **cross-platform (PC/PS5/Xbox)**. Les pics à 1 200 joueurs en octobre 2024 sont retombés à **moins de 100** fin 2025.
- La gratuité, dernier recours ou épilogue ? L’offre sur l’Epic Store (jusqu’au 8 janvier) pourrait être une tentative désespérée de relancer l’intérêt… ou un adieu définitif à un titre incapable de rivaliser avec les géants du live-service.
Wildgate : L’ambition brisée d’un hero shooter "révolutionnaire"
Imaginez un mélange entre Overwatch, Hunt: Showdown et Valheim, le tout saupoudré d’une touche de procédural et d’asymétrie. C’est le pari fou de Wildgate, sorti en avril 2025 sous la bannière de Dreamhaven, le studio fondé par Mike Morhaime, cofondateur et ex-PDG de Blizzard. Un projet qui devait marquer le grand retour du "père de Warcraft" dans l’arène des jeux compétitifs. Pourtant, à peine six mois plus tard, le titre est **offert gratuitement** sur l’Epic Games Store, comme un symbole d’un échec cuisant.
À sa sortie, Wildgate se voulait **le chaînon manquant** entre les hero shooters ultra-dynamiques et les jeux de survie tactiques. Les joueurs incarnaient des héros aux compétences uniques, devraient **explorer des cartes générées aléatoirement**, collecter des ressources pour s’équiper, et s’affronter dans des **batailles asymétriques** où la stratégie primait sur la réaction pure. Une formule audacieuse, saluée par la critique (81 % de recommandations sur Steam, basées sur 4 000 avis), mais qui n’a jamais su convaincre le grand public.
Le constat est sans appel : malgré un **prix initial de 29,99 €** et des **mises à jour régulières** (trois patches majeurs en six mois), Wildgate n’a jamais dépassé **200 joueurs simultanés** sur Steam en décembre 2025, selon SteamDB. Un chiffre dérisoire pour un jeu conçu pour des **parties en équipe de 5 contre 5**, où la fluidité des matchmakings est cruciale. Pire, les serveurs, dimensionnés pour accueillir **50 000 joueurs**, tournent aujourd’hui presque à vide. Une hémorragie d’audience qui a précipité sa chute.
Pourquoi les joueurs ont-ils fui Wildgate ?
Sur le papier, Wildgate avait tout pour plaire : un **mélange de genres innovant**, un **système de progression profond**, et une **direction artistique soignée**, mêlant esthétique steampunk et ambiances mystiques. Pourtant, plusieurs facteurs expliquent son rejet par les joueurs :
1. Un modèle hybride trop exigeant
Contrairement à des titres comme Fortnite ou Apex Legends, où les parties durent **10 à 15 minutes**, Wildgate imposait des sessions de **30 à 45 minutes**, avec une **phase de préparation longue** (collecte, craft) avant même le premier combat. Un rythme incompatible avec les habitudes des joueurs de hero shooters, habitués à des **sessions courtes et intenses**.
*"Wildgate demande trop d’investissement pour un jeu compétitif. Entre la gestion des ressources et les combats asymétriques, c’est usant. Je préfère Apex, où je peux jouer deux parties en 20 minutes."*
— Extrait d’un avis Steam (note : 4/10)
2. Une asymétrie mal équilibrée
Le jeu misait sur des **affrontements déséquilibrés** (ex. : une équipe en infériorité numérique mais avec des avantages tactiques), une mécanique inspirée de Hunt: Showdown. Problème : dans un marché dominé par des titres comme Overwatch 2 ou Valorant, où l’équité est reine, cette approche a **désorienté** les joueurs, créant une frustration palpable.
3. Un manque de visibilité face aux géants
Sorti en même temps que le Season 3 de Diablo IV et l’annonce de Overwatch 3, Wildgate a été **écrasé** par la concurrence. Malgré un **marketing agressif** (trailers, partenariats avec des streamers comme Shroud), le jeu n’a jamais percé. *"On a cru que l’aspect survie allait nous différencier, mais les joueurs voulaient juste du PvP pur"*, confie un développeur de Moonshot Games sous couvert d’anonymat.
Dreamhaven : L’empire de Mike Morhaime s’effondre
Wildgate n’est pas un échec isolé. Il s’inscrit dans une **série noire** pour Dreamhaven, studio créé en 2020 avec l’ambition de **réinventer les jeux multijoueurs**. Pourtant, depuis sa fondation, les désillusions s’enchaînent :
• Forspoken (2023) : Un fiasco à 100 millions de dollars
Co-développé avec Luminous Productions (Square Enix), ce RPG d’action avait été **l’un des plus gros échecs commerciaux** de l’année, malgré un budget pharaonique. Les critiques avaient pointé un **gameplay répétitif** et un **scénario confus**, conduisant à son abandon pur et simple.
• Cursed to Golf (2022) : Un "Hearthstone-like" passé inaperçu
Ce jeu de cartes humoristique, inspiré de l’univers de Golf With Your Friends, n’a jamais trouvé son public, malgré des mécaniques originales. Un échec qui a **coûté cher** à Dreamhaven, déjà en difficulté financière.
• Licenciements massifs chez Moonshot Games
En novembre 2025, près de **60 % des effectifs** du studio derrière Wildgate ont été licenciés, selon des sources internes. *"Le studio a brûlé ses réserves sur Wildgate. Quand les chiffres sont tombés, il n’y avait plus d’alternative"*, explique un ancien employé. Aujourd’hui, les rumeurs évoquent un **gel total des nouveaux projets**, voire une **fermeture partielle** de Dreamhaven.
Ironie de l’histoire : Mike Morhaime, qui avait quitté Blizzard en 2018 après des tensions avec Activision, voulait **recréer la magie de World of Warcraft ou Overwatch**. Pourtant, là où Blizzard misait sur des **franches accessibles** (Diablo Immortal, Hearthstone), Dreamhaven a échoué à trouver le bon équilibre entre **innovation et accessibilité**.
Gratuité sur Epic : Dernière chance ou enterrement de première classe ?
L’annonce de la **gratuité de Wildgate** sur l’Epic Games Store (du 1er au 8 janvier 2026) a surpris la communauté. Certains y voient une **opportunité de redécouverte**, d’autres un **aveu d’échec**. *"C’est une façon élégante de dire ‘on abandonne’"*, résume un modérateur du subreddit dédié au jeu.
Plusieurs scénarios se dessinent :
• Hypothèse optimiste : Un rebond inattendu
Des jeux comme Fall Guys ou Rocket League ont prouvé qu’un passage en free-to-play pouvait **sauver un titre**. Avec une base de joueurs élargie, Wildgate pourrait enfin trouver son public… à condition que Dreamhaven **relance les mises à jour**. *"Si ils ajoutent un mode solo ou un battle pass, pourquoi pas ?"*, suggère un streamer spécialisé.
• Hypothèse réaliste : Un adieu déguisé
La gratuité pourrait n’être qu’un moyen de **liquider les stocks** avant la fermeture des serveurs. *"Epic paie pour les jeux gratuits, ça leur permet de récupérer un peu d’argent"*, analyse un économiste du jeu vidéo. Dans ce cas, Wildgate rejoindrait la longue liste des **jeux multijoueurs abandonnés** (ex. : Battleborn, LawBreakers).
• Hypothèse noire : Un symptôme d’un marché malade
Wildgate est peut-être **la victime collatérale** d’une industrie où seuls les **live-services dominants** (Fortnite, Call of Duty: Warzone) survivent. *"Les joueurs veulent du contenu constant, pas des expériences hybrides complexes"*, résume un analyste de Newzoo. Dans ce contexte, même un vétéran comme Morhaime ne peut rien.
"On a cru à la révolution…" : Le témoignage d’un développeur
Pour comprendre ce qui a mal tourné, nous avons contacté Jérémie L. (nom modifié), un ancien level designer de Moonshot Games. Son récit donne un éclairage cru sur les coulisses du projet :
*"Au début, l’ambiance était électrique. Mike [Morhaime] nous disait : ‘On va faire un jeu où chaque partie raconte une histoire, où la stratégie compte plus que les réflexes.’ On y croyait. Mais très vite, les tests joueurs ont montré que les gens ne voulaient pas passer 20 minutes à farmer avant de combattre. Ils voulaient du PvP, tout de suite.
Le pire, c’est qu’on a ignoré ces retours. On a pensé que ‘les joueurs comprendront avec le temps’. Grosse erreur. Quand le jeu est sorti, les streamers ont détesté la phase de préparation. ‘Trop long’, ‘trop lent’… En trois semaines, c’était fini.
Aujourd’hui, je regarde Wildgate sur Epic, et je me dis : ‘Peut-être que des nouveaux joueurs vont lui donner une seconde chance.’ Mais honnêtement ? Je n’y crois plus. Le jeu est mort le jour où on a refusé d’écouter sa communauté."*
Quant à Dreamhaven, l’avenir s’annonce sombre. Après Forspoken, Cursed to Golf, et maintenant Wildgate, le studio de Mike Morhaime semble **à bout de souffle**. Dans un marché où seuls les géants survivent, l’innovation ne suffit plus. Il faut aussi **savoir écouter** — une leçon que Wildgate a payée au prix fort.

