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Le Witcher 4 : Pourquoi CD Projekt Red a snobé les Game Awards 2025 ?
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Il y a 93 jours

Le Witcher 4 : Pourquoi CD Projekt Red a snobé les Game Awards 2025 ?

CD Projekt Red surprend en écartant The Witcher 4 des Game Awards 2025, malgré son titre de "jeu le plus attendu". Le studio polonais assume un rythme de développement lent (sortie prévue en 2027) et une stratégie audacieuse : privilégier la qualité à la communication, tout en diversifiant ses projets avec Cyberpunk 2, un remake du premier The Witcher, et une collaboration énigmatique en Arabie Saoudite.

A retenir :

  • The Witcher 4 absent des Game Awards 2025 : une décision stratégique qui contraste avec l’agressivité marketing de concurrents comme Elder Scrolls VI ou Dragon’s Dogma 2.
  • Développement en phase précoce : sortie repoussée à 2027 minimum, avec une approche "console-first" inédite pour la licence, et une tech demo Unreal Engine 5 révélée en juin 2025.
  • CD Projekt Red en pleine expansion : Cyberpunk 2077 dépasse les 35M de ventes, développement actif de Cyberpunk 2, un remake du premier The Witcher, et un projet mystérieux financé par l’Arabie Saoudite.
  • Philosophie du studio : "Mieux vaut tard que mal" – une stratégie risquée, mais qui a fait ses preuves avec The Witcher 3 et le redressement de Cyberpunk 2077.

L’absence qui fait jaser : pourquoi The Witcher 4 a bouéder les Game Awards

C’était l’un des secrets les mieux gardés – ou presque – de cette fin d’année. Malgré les rumeurs persistantes et son statut officiel de "jeu le plus attendu" aux Game Awards 2025, The Witcher 4 ne fera aucune apparition lors de la cérémonie. La confirmation est tombée directement de CD Projekt Red, via un communiqué sobre : "Polonex [nom de code du projet] n’est pas prêt pour ce type de révélation. Nous préférons attendre le bon moment." Une décision qui a de quoi surprendre, dans un paysage où les studios rivaux, comme Bethesda (Elder Scrolls VI) ou Capcom (Dragon’s Dogma 2), transforment l’événement en vitrine marketing.

Pourtant, l’absence de The Witcher 4 n’est pas un aveu de faiblesse. Bien au contraire : elle reflète une stratégie mûrement réfléchie. Le studio polonais, connu pour ses annonces tonitruantes (qui se souvient de la bande-annonce cinématographique de The Witcher 3 en 2013 ?), joue cette fois la carte de la discrétion. "Nous ne voulons pas répéter les erreurs du passé", glisse une source proche du projet, en référence au lancement chaotique de Cyberpunk 2077. Une leçon apprise à grands frais, qui pousse aujourd’hui CD Projekt Red à privilégier la qualité sur la précipitation – quitte à décevoir les fans impatients.


Cette prudence tranche avec l’approche d’autres géants du secteur. Square Enix, par exemple, a multiplié les trailers pour Final Fantasy XVI des années avant sa sortie, tandis que Rockstar alimente régulièrement la hype autour de GTA VI via des fuites "contrôlées". CD Projekt Red, lui, mise sur l’effet de surprise... mais à quel prix ? Certains analystes, comme Piers Harding-Rolls (Ampere Analysis), y voient un risque : "Dans un marché aussi compétitif, rester silencieux trop longtemps peut nuire à la visibilité d’une licence, même aussi forte que The Witcher."

2027, et alors ? Le pari d’un développement "sans précipitation"

Si les fans devront patienter jusqu’en 2027 (au plus tôt) pour fouler les terres de Polonex, c’est parce que le jeu en est encore à ses "prémices", selon les termes mêmes du studio. La dernière présentation publique, lors du State of Unreal en juin 2025, n’était qu’une tech demo – une vitrine technique sous Unreal Engine 5, sans gameplay jouable. "Ce que nous avons montré était avant tout une preuve de concept pour nos équipes internes", précise un développeur sous couvert d’anonymat. Une façon de dire : "Ne vous emballez pas, le vrai travail commence maintenant."

Cette temporalité étendue s’explique aussi par un changement de philosophie : pour la première fois, The Witcher 4 sera conçu en "console-first", une approche inédite pour la licence, historiquement pensée pour le PC. "Nous voulons que le jeu soit accessible au plus grand nombre, sans compromis sur les performances", explique Adam Kiciński, PDG du studio. Une décision qui pourrait redéfinir l’identité de la série, traditionnellement associée à des mécaniques complexes et un public core gamer.

Mais ce rythme lent cache une ambition démesurée. Les fuites évoquent un monde ouvert 4 fois plus vaste que celui de The Witcher 3, avec un système de quêtes dynamiques inspiré de Red Dead Redemption 2. "Nous ne voulons pas juste faire un Witcher 3 en plus beau. Nous voulons révolutionner le RPG", confie un insider. Un pari audacieux, quand on sait que des concurrents comme Avowed (Obsidian) ou Fable (Playground Games) visent le même créneau.

Derrière les coulisses : quand CD Projekt Red joue sur plusieurs tableaux

Pendant que The Witcher 4 mûrit dans l’ombre, le studio polonais multiplie les fronts. Cyberpunk 2077, autrefois honni pour son lancement catastrophique, vient de franchir le cap symbolique des 35 millions d’exemplaires vendus – un score qui dépasse même celui de The Witcher 3 à rythme égal. "C’est la preuve que notre stratégie de long terme paie", se félicite Marcin Iwiński, cofondateur du studio. Ce succès financier permet aujourd’hui de financer d’autres projets ambitieux :

  • Cyberpunk 2 : annoncé comme une "réinvention totale" de la licence, avec un nouveau système de jeu et une narration plus mature. Le studio The Molasses Flood (anciennement chez Bethesda) a été recruté pour épauler le développement.
  • Un remake du premier The Witcher (2007) : confié à Fool’s Theory (les créateurs de Seven: The Days Long Gone), ce projet vise à moderniser le jeu culte tout en respectant son ADN old-school.
  • Un titre mystérieux en Arabie Saoudite : fruit d’un partenariat avec Savvy Gaming Group (détenu par le fonds souverain saoudien), ce projet pourrait être un open-world inspiré des contes arabes, selon les rumeurs.

Cette diversification n’est pas sans risques. Certains observateurs, comme Jeff Grubb (GamesBeat), s’interrogent : "CD Projekt Red n’est pas Ubisoft. Ils n’ont pas l’habitude de gérer autant de projets en parallèle. Est-ce qu’ils ne s’éparpillent pas trop ?" Une question légitime, quand on sait que le studio a frôlé la faillite après le désastre de Cyberpunk 2077. Pourtant, la direction assume : "Nous avons appris à grandir sans perdre notre âme.", déclare Michał Nowakowski, vice-président.

Le syndrome "Witcher 3" : quand l’attente devient un outil marketing

En 2015, The Witcher 3 avait marqué l’histoire du jeu vidéo en prouvant qu’un RPG européen pouvait rivaliser avec les productions américaines ou japonaises. Huit ans plus tard, la pression est immense. "Les fans attendent un chef-d’œuvre. Pas juste un bon jeu.", résume Tomasz Gop, producteur senior chez CD Projekt Red. Cette attente démesurée explique en partie la prudence du studio.

Pourtant, certains joueurs commencent à s’impatienter. Sur les réseaux, le hashtag #WhereIsWitcher4 gagne en popularité, tandis que des modders recréent déjà des éléments du jeu dans The Witcher 3 via des outils comme REDkit. "CD Projekt Red joue avec le feu. S’ils attendent trop, la hype va retomber", avertit Laura Kate Dale, journaliste spécialisée. Un équilibre délicat, d’autant que des rumeurs évoquent des retards internes sur la narration, avec des réécritures partielles du scénario.

Face à ces défis, le studio mise sur un atout maître : son héritage. "Les joueurs nous font confiance parce que nous avons toujours livré, finalement", rappelle Paweł Sasko, quest designer. Une confiance qui sera mise à rude épreuve si The Witcher 4 ne tient pas ses promesses. En attendant, une chose est sûre : quand le jeu daignera enfin se montrer, ce sera à ses conditions – et pas avant.

Et si l’absence aux Game Awards était un coup de génie ?

À y regarder de plus près, le silence de CD Projekt Red pourrait bien être calculé. Dans un secteur où les trailers se ressemblent et où les promesses sont souvent trahies (No Man’s Sky, Anthem...), le studio polonais joue la carte de la rareté. "Moins on montre, plus l’attente devient folle", analyse Daniel Ahmad (Niko Partners). Une stratégie qui rappelle celle de Rockstar avec GTA VI, où chaque image divulguée devient un événement mondial.

Reste une question : cette discrétion sera-t-elle récompensée ? Les joueurs d’aujourd’hui, habitués à un flux constant d’informations, accepteront-ils d’attendre deux ans de plus sans rien voir ? "CD Projekt Red parie sur l’amour inconditionnel des fans pour The Witcher. C’est audacieux... ou naïf", estime Jim Sterling, critique connu pour son franc-parler. Qu’importe : pour l’instant, le studio tient bon. Et si Polonex finit par devenir le jeu qui a su se faire désirer le plus longtemps de l’histoire ?

Entre prudence et audace, CD Projekt Red trace sa route. En écartant The Witcher 4 des Game Awards, le studio envoie un message clair : ici, on ne cède pas à la pression du calendrier. La sortie en 2027 n’est pas un aveu de faiblesse, mais le signe d’une ambition démesurée – celle de créer un jeu qui marquera son époque, comme The Witcher 3 avant lui. En attendant, les joueurs n’ont plus qu’à patienter... ou à se replonger dans les aventures de Geralt, histoire de se rappeler pourquoi cette licence vaut tous les sacrifices.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
L’absence de The Witcher 4 aux Game Awards, c’est comme si CD Projekt Red avait décidé de jouer à cache-cache avec les fans. Ils savent que le jeu est en développement, mais ils préfèrent garder le mystère. C’est un pari risqué, mais qui pourrait bien payer. Après tout, qui n’aime pas un bon suspense ?
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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