Il y a 95 jours
WoW Midnight : Etrigg, l’orc trahi par son propre héritage ?
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Pourquoi le ralliement d’Etrigg aux Fils de Lothar dans WoW Midnight divise-t-il autant les fans ?
Dans World of Warcraft: Midnight, Etrigg, vétéran orc respecté de la Horde, rejoint soudainement ses ennemis jurés, les Fils de Lothar – une faction dont la raison d’être était autrefois l’éradication des orcs. Sans explication convaincante, ce revirement narratif brise la cohérence du lore et laisse les joueurs sur leur faim. Entre manque de transitions, silence des personnages clés comme Baine ou Sylvanas, et oubli des fondations du récit (comme les tensions explorées dans Cycle of Hatred), Blizzard semble avoir sacrifié la profondeur pour un rebondissement mal préparé. Une trahison de l’héritage du personnage… ou une occasion manquée de renouveler le conflit Horde/Alliance ?
A retenir :
- Etrigg rejoint les Fils de Lothar dans WoW Midnight : un choix narratif incohérent avec 30 ans de lore, où cette faction incarnait la haine anti-orc (ex. : ordre d’exécution de Danath Trollbann pendant les Guerres d’Arathi).
- Aucune justification crédible : ni quête, ni dialogue, ni réaction des alliés d’Etrigg (Baine, Sylvanas), contrairement à des arcs réussis comme celui de Saurfang le Jeune dans Battle for Azeroth.
- Blizzard oublie ses propres règles : pas de scène symbolique (ex. : Ruines de Lordaeron), pas de référence aux romans (Of Blood and Honor, Cycle of Hatred), et un traitement expéditif pour un personnage emblématique.
- Les joueurs réclament des réponses : ce revirement sonne comme une rupture immersive, d’autant que les Fils de Lothar étaient devenus une faction secondaire dans Dragonflight.
Un revirement qui défie 30 ans d’histoire
Imaginez Thrall rejoignant soudainement les Chevaliers de la Main d’Argent sans un mot d’explication. C’est pourtant ce que World of Warcraft: Midnight impose aux joueurs avec Etrigg, l’un des orcs les plus respectés de la Horde. Depuis Warcraft II: Tides of Darkness (1995), ce guerrier incarnait la loyauté envers son peuple, survivant aux purges de l’Alliance et aux trahisons internes (comme celle de Grom Hurlenfer sous l’influence démoniaque). Pourtant, en 2024, le voici enrôlé parmi les Fils de Lothar – une faction dont le nom seul évoque des décennies de violence anti-orc.
Pour comprendre l’ampleur du choc, il faut remonter aux Guerres d’Arathi (Battle for Azeroth, 2018). À l’époque, Danath Trollbann, figure emblématique de l’Alliance, hurlait littéralement : "Tuez Etrigg ! Jetez son corps dans les douves pour que les corbeaux se repaissent de sa chair !" Des mots graves, prononcés dans un contexte où les Fils de Lothar traquaient les orcs avec une ferveur quasi religieuse. Alors comment expliquer qu’Etrigg, survivant de ces massacres, se range aujourd’hui sous leur bannière ? Midnight n’apporte aucune réponse.
Pire : ce revirement survient alors que la faction a perdu de son importance. Reléguée au rang de groupe secondaire dans Dragonflight (2022), son rôle se limite désormais à traquer Xal’atath, une entité corrompue. Une mission noble, mais qui n’efface pas son passé sanglant. "C’est comme si Blizzard avait oublié que les joueurs ont une mémoire", résume Kaelys, un streamer spécialisé dans le lore de Warcraft. "On nous demande de croire qu’Etrigg a pardonné à ceux qui voulaient l’exterminer… sans même un dialogue pour le justifier."
"Une trahison de l’héritage d’Etrigg… et des joueurs"
Ce qui blesse les fans, c’est moins le revirement en soi que l’absence totale de transition. Blizzard a pourtant prouvé par le passé qu’il savait gérer des arcs complexes. Prenez Saurfang le Jeune dans Battle for Azeroth : son évolution, de guerrier loyal à dissident désespéré, s’étalait sur des mois de quêtes, de cinématiques ("Le Cœur de la Horde"), et même des débats moraux avec Anduin Wrynn. Chaque étape était justifiée, douloureuse, et cohérente avec son histoire.
À l’inverse, Etrigg subit un traitement expéditif. Pas de quête préparatoire où il remettrait en question sa loyauté. Pas de confrontation avec Danath Trollbann pour solder les comptes. Pas même une scène dans les Ruines de Lordaeron, lieu chargé de symboles pour les deux factions. "Blizzard a raté une occasion en or", estime Nolife, un théoricien du lore. "Ils auraient pu explorer sa culpabilité de survivant, ou son désenchantement face à la Horde moderne. Au lieu de ça… rien."
Les joueurs pointent aussi l’absence de réactions des autres personnages. Baine Sabot-de-Sang, son ancien compagnon d’armes, ne dit mot. Sylvanas, qui a partagé avec lui les champs de bataille de Warcraft III, reste silencieuse. Même Vol’jin, dont l’esprit plane encore sur la Horde, ne semble pas ému par cette "désertion". "C’est comme si Blizzard avait oublié que ces personnages ont une histoire ensemble", s’agace Muffin, modérateur sur le forum officiel.
Quand Blizzard oubliait ses propres leçons
Ironie du sort : Midnight sort alors que Blizzard avait déjà résolu ce problème il y a 20 ans. Dans le roman Warcraft: Of Blood and Honor (2000), Tirion Fordring – un paladin humain – sauvait un orc blessé, Eitrigg (notez l’homonymie avec notre héros), malgré les préjugés de son peuple. Leur amitié, construite sur des dialogues profonds et des sacrifices, prouvait qu’une réconciliation était possible… sans trahir l’histoire.
De même, le roman Cycle of Hatred (2006) explorait les tensions entre Rehgar Terre-Furieuse (un orc) et Jaina Portvaillant (une humaine), montrant que la méfiance pouvait céder la place à un respect mutuel après des années de conflits. "Midnight aurait pu s’inspirer de ces œuvres", souligne Lorewalker Cho, un créateur de contenu. "Au lieu de ça, on a droit à un twist forcé, sans fondement."
Le plus frustrant ? Les joueurs auraient accepté un revirement… s’il avait été préparé. Imaginez une quête où Etrigg découvre que les Fils de Lothar ont changé, qu’ils luttent désormais contre une menace plus grande (comme le Vide). Ou un dialogue avec Danath, où ce dernier reconnaîtrait ses erreurs passées. "Même un simple flashback dans les montagnes d’Alterac, où Etrigg a combattu aux côtés de Lothar, aurait ajouté du poids émotionnel", propose Zarhym, un ancien community manager de Blizzard.
Une rupture narrative… ou un coup marketing ?
Certains voient dans ce choix une stratégie délibérée pour relancer les tensions Alliance/Horde. "Blizzard a besoin de conflits pour justifier les extensions", analyse Bellular, un youtubeur spécialisé. "Mais si c’est le cas, pourquoi ne pas l’assumer ? Pourquoi ne pas en faire un événement majeur, avec des conséquences ?" Pour l’instant, le ralliement d’Etrigg ressemble à un détail oublié dans un patch mineure, alors qu’il mérite d’être un tournant historique.
D’autres, plus cyniques, y voient un manque de ressources. "Depuis l’échec de Warcraft: Reforged, l’équipe narrative est sous pression", révèle une source anonyme proche du studio. "Ils doivent produire du contenu rapidement, sans toujours avoir le temps de peaufiner le lore." Une explication qui, si elle est vraie, n’excuse pas tout. World of Warcraft a bâti sa réputation sur des récits riches – sacrifier cette qualité pour des mises à jour rapides serait une erreur à long terme.
Reste une question : ce revirement est-il définitif ? Les théories pullulent sur les forums. Certains pensent qu’Etrigg est en réalité manipulé (par Sargeras ? Par un nouveau villain ?). D’autres imaginent un retournement de situation, où il infiltrerait les Fils de Lothar pour les saboter de l’intérieur. "Blizzard adore les coups de théâtre", rappelle Talent, un ancien développeur. "Mais pour que ça marche, il faut semer des indices. Là, on a juste un trou dans le scénario."
Et maintenant ? Les joueurs attendent des réponses
Face à la polémique, Blizzard n’a pas encore réagi officiellement. Les community managers renvoient vers les prochaines mises à jour, promettant des "développements futurs". Une réponse qui ne suffit pas à apaiser les fans. "Si c’est une erreur, ils doivent la corriger. Si c’est volontaire, ils doivent expliquer", insiste Perculia, une joueuse depuis Vanilla.
En attendant, les joueurs s’organisent. Des pétitions circulent pour demander une quête rétroactive justifiant le choix d’Etrigg. Des moddeurs travaillent sur des cinématiques alternatives. Et sur les serveurs roleplay, des débats enflammés opposent ceux qui soutiennent le personnage à ceux qui le considèrent comme un traître.
Une chose est sûre : Midnight a réveillé les passions. Reste à savoir si Blizzard saura les canaliser… ou si cette trahison narrative restera comme l’une des plus grandes erreurs du lore de Warcraft.
Le ralliement d’Etrigg aux Fils de Lothar dans WoW Midnight reste un mystère – et c’est bien là le problème. Entre l’oubli des fondations du lore, l’absence de réactions des personnages clés, et un traitement narratif expéditif, Blizzard semble avoir sacrifié la cohérence sur l’autel de l’improvisation. Pourtant, les solutions existaient : un dialogue avec Danath, une quête dans les Ruines de Lordaeron, ou ne serait-ce qu’un clin d’œil aux romans Of Blood and Honor ou Cycle of Hatred.
Les joueurs, eux, refusent de lâcher l’affaire. Entre théories, pétitions et créations communautaires, ils rappellent à Blizzard une vérité simple : dans World of Warcraft, l’histoire compte autant que le gameplay. Et quand on brise la première, c’est tout l’univers qui en pâtit.

