Il y a 49 jours
Zoe Saldaña pulvérise les records : comment
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En s’appuyant sur la machine de guerre Avatar, Zoe Saldaña vient de ravir le titre d’actrice la plus rentable de l’histoire à Scarlett Johansson. Avec 16,9 milliards de dollars de recettes cumulées – dont 1,23 milliard pour le seul Avatar : Le Feu et la Cendre –, elle incarne désormais la reine incontestée du box-office. Mais comment une saga aussi polarisante a-t-elle pu propulser son interprétation de Neytiri au sommet ? Et Scarlett Johansson, star de l’univers Marvel, peut-elle vraiment espérer reprendre l’avantage ?
A retenir :
- Zoe Saldaña dépasse Scarlett Johansson avec 16,9 milliards de dollars de recettes mondiales, grâce à la saga Avatar.
- Avatar : Le Feu et la Cendre (2023) franchit déjà la barre du 1,23 milliard, consolidant son avance.
- Un écart de 423 millions qui pourrait atteindre 1 milliard d’ici fin 2024, selon les projections.
- Face à elle, Scarlett Johansson mise sur The Batman – Partie II (2027), mais le film devra réaliser un exploit pour rivaliser.
- La stratégie de James Cameron : des sorties espacées (13 ans entre Avatar et La Voie de l’Eau) pour un impact maximal.
- Un record qui soulève une question : le box-office reflète-t-il vraiment le talent, ou la puissance d’une franchise ?
1. Le couronnement d’une reine : comment Avatar a tout changé pour Zoe Saldaña
Il y a encore cinq ans, personne n’aurait parié sur Zoe Saldaña pour détrôner Scarlett Johansson, icône de l’univers Marvel et reine incontestée des blockbusters. Pourtant, en décembre 2023, le verdict tombe : avec 16,9 milliards de dollars de recettes cumulées, l’actrice d’origine portoricaine s’impose comme la comédienne la plus rentable de l’histoire du cinéma. Un exploit rendu possible par un seul rôle : celui de Neytiri, dans la saga Avatar de James Cameron.
Tout bascule en 2009, lorsque le premier Avatar sort en salles. Avec 2,9 milliards de dollars de recettes mondiales, le film devient le plus gros succès de l’histoire, devant Titanic (du même réalisateur). Mais contrairement à Leonardo DiCaprio, dont la carrière post-Titanic a connu des hauts et des bas, Zoe Saldaña, elle, signe un contrat en or : quatre suites prévues, espacées de plusieurs années pour entretenir le mystère. Une stratégie payante, puisque Avatar : La Voie de l’Eau (2022) rapporte 2,3 milliards, et Avatar : Le Feu et la Cendre (2023) dépasse déjà le 1,23 milliard en quelques semaines.
À titre de comparaison, Scarlett Johansson, malgré son rôle de Black Widow dans pas moins de neuf films Marvel, peine à suivre. Ses recettes cumulées s’élèvent à 16,5 milliards – un chiffre impressionnant, mais insuffisant face à la machine Avatar. "C’est la preuve que dans l’industrie, une seule franchise bien exploitée peut tout changer"*, analyse Thomas Sotinel, critique au Monde. Et Zoe Saldaña en est la parfaite illustration.
Petit détail ironique : en 2009, alors qu’Avatar cartonne, Zoe Saldaña est aussi à l’affiche de Star Trek, autre franchise majeure. Pourtant, c’est bien Pandora, et non l’espace de la Fédération, qui lui offrira la couronne.
2. 423 millions d’écart… et bientôt 1 milliard ? La dynamique implacable d’Avatar
Avec 423 millions de dollars d’avance sur Scarlett Johansson, Zoe Saldaña n’a pas fini de creuser l’écart. Selon les projections des analystes de BoxOffice Pro, Avatar : Le Feu et la Cendre devrait terminer sa course autour de 1,5 milliard, portant son total à 17,2 milliards d’ici fin 2024. Un scénario qui laisserait Johansson à plus d’1 milliard de dollars de retard.
Comment expliquer une telle domination ? Plusieurs facteurs entrent en jeu :
- L’effet "événement" : Chaque sortie d’Avatar est précédée d’une campagne marketing massive, transformant le film en phénomène culturel. En 2022, La Voie de l’Eau a ainsi bénéficié de 10 spots TV par jour aux États-Unis pendant un mois.
- La technologie : James Cameron mise sur des innovations visuelles (motion capture, 3D haute fréquence) qui justifient le prix du billet. "Les gens paient pour l’expérience, pas seulement pour l’histoire"*, souligne un cadre de 20th Century Studios.
- Le public international : Contrairement à Marvel, dont les recettes dépendent fortement du marché américain, Avatar séduit massivement en Chine (1,4 milliard pour La Voie de l’Eau) et en Inde.
À l’inverse, Scarlett Johansson mise sur The Batman – Partie II (2027), dont le potentiel est limité par plusieurs facteurs :
- Un budget estimé à 200 millions, contre 350 à 400 millions pour chaque Avatar.
- Un univers DC en crise, après les échecs de The Flash (2023) et les reports à répétition.
- L’absence de sortie en Chine, marché clé pour les blockbusters (le premier The Batman y était interdit).
"Même avec un succès critique, il sera difficile pour Johansson de rivaliser"*, estime Julie Bertuccelli, spécialiste des franchises chez Les Échos. D’autant que Zoe Saldaña, elle, a déjà deux autres suites d’Avatar en préparation (sorties prévues en 2029 et 2031).
3. Derrière les chiffres : le paradoxe d’une star "invisible"
Ironie du sort : Zoe Saldaña est aujourd’hui la reine du box-office… mais reste méconnue du grand public. Contrairement à Scarlett Johansson, dont le visage est associé à Black Widow ou Lost in Translation, Saldaña est avant tout la voix et le corps de Neytiri, un personnage en motion capture. "Elle est la preuve que dans le cinéma moderne, l’actrice peut être éclipsée par son avatar"*, note le magazine Vanity Fair.
Pourtant, son parcours est celui d’une battante : née à New Jersey de parents dominicains et portoricains, elle a enchaîné les petits rôles avant de percer avec Pirates des Caraïbes (2003) et Star Trek (2009). Mais c’est bien James Cameron qui lui offrira sa consécration. "Il m’a dit : ‘Tu vas incarner une guerrière na’vi, et le monde va t’aimer pour ça.’ Je n’y croyais pas"*, confiait-elle au New York Times en 2022.
À l’inverse, Scarlett Johansson, malgré son statut de star, a vu sa carrière ralentir après Black Widow (2021), un film solo décevant (379 millions de recettes, loin des 1 milliard espérés). Son procès contre Disney (pour la sortie simultanée en salles et sur Disney+) a aussi terni son image. "Elle a été la reine du box-office pendant dix ans. Aujourd’hui, c’est au tour de Zoe"*, résume un producteur hollywoodien sous couvert d’anonymat.
Le saviez-vous ? Zoe Saldaña est la seule actrice à avoir joué dans trois des quatre franchises ayant dépassé les 2 milliards de dollars (Avatar, Avengers, Star Wars via un caméo dans Le Réveil de la Force). Un record absolu.
4. 2024-2031 : l’ère Saldaña est lancée, mais jusqu’à quand ?
Avec deux nouveaux Avatar prévus (2029 et 2031), Zoe Saldaña semble intouchable. Mais plusieurs risques subsistent :
- La lassitude du public : Après cinq films, la saga pourrait s’essouffler. "Même Star Wars a connu des baisses"*, rappelle un analyste de Comscore.
- La concurrence : Margot Robbie (Barbie) ou Florence Pugh (Marvel) pourraient émerger.
- L’âge : Saldaña aura 53 ans en 2031. James Cameron devra-t-il recourir à des effets de rajeunissement numérique ?
Pourtant, un atout majeur joue en sa faveur : l’héritage de James Cameron. Le réalisateur, connu pour ses projets pharaoniques, a déjà annoncé que les deux derniers Avatar exploreront "des territoires inédits de Pandora, avec des enjeux bien plus sombres"*. De quoi relancer l’intérêt ?
Du côté de Scarlett Johansson, l’espoir repose sur The Batman – Partie II, mais aussi sur des projets plus intimistes, comme Project Artemis (2024), un thriller spatial. "Elle a prouvé qu’elle pouvait tout jouer. Maintenant, il lui faut un rôle qui marque les esprits comme Neytiri a marqué Zoe"*, estime une critique de Variety.
Une chose est sûre : en 2024, le cinéma a une nouvelle reine. Et elle s’appelle Zoe Saldaña.
Et si le vrai record n’était pas financier, mais culturel ? En transformant une inconnue relative en reine du box-office, Avatar a prouvé qu’à Hollywood, une franchise bien huilée vaut tous les Oscars. Reste à voir si Zoe Saldaña parviendra, un jour, à exister en dehors de l’ombre bleue de Pandora.

