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1348 Ex Voto : Quand le Moyen Âge rencontre l’audace narrative et des combats d’exception
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Il y a 37 jours

1348 Ex Voto : Quand le Moyen Âge rencontre l’audace narrative et des combats d’exception

Pourquoi 1348 Ex Voto pourrait bien devenir le RPG médiéval le plus marquant de 2026 ?

Entre une chorégraphie de combat inspirée des arts martiaux du XIVe siècle et une histoire d’amour queer portée par Jennifer English (Baldur’s Gate 3), ce titre indépendant promet une immersion sans précédent. Développé par une petite équipe de 15 passionnés, le jeu mise sur un réalisme tactique accessible et une narration cinématographique, le tout enveloppé dans une ambiance à mi-chemin entre Hellblade et A Plague Tale. Une pépite à suivre de près pour les amateurs de RPG exigeants et de récits humains.

A retenir :

  • Sortie le 12 mars 2026 sur Steam et PS5 : un RPG médiéval qui défie les conventions avec des combats ultra-réalistes et une histoire centrée sur un duo féminin queer.
  • Jennifer English (lauréate aux Game Awards pour Baldur’s Gate 3) incarne Bianca, la compagne disparue d’Aeta, ajoutant une profondeur émotionnelle rare au genre.
  • Un système de combat inspiré des arts martiaux historiques européens (HEMA), avec une performance capture pour des enchaînements fluides et cinématographiques.
  • Développé par un studio indépendant de 15 personnes, le jeu évite la complexité excessive de Kingdom Come tout en gardant un réalisme tactique proche de For Honor.
  • Une représentation LGBTQ+ naturelle dans un cadre médiéval, avec une intrigue qui explore l’amour, la perte et la résilience, entre dark fantasy et conte poétique.
  • Un système de progression organique : Aeta, chevalière en devenir, affine ses techniques au fil d’un voyage semé d’embûches, entre quêtes principales et défis optionnels.
  • Une direction artistique qui marie le réalisme historique (armures, décors) et une touche de fantaisie sombre, évoquant Dark Souls sans en reprendre les mécaniques punitives.

Un RPG qui ose bousculer les codes du médiéval

Le 12 mars 2026, les joueurs découvriront 1348 Ex Voto, un titre qui se positionne d’emblée comme un ovni dans le paysage des RPG historiques. Porté par un studio indépendant de 15 développeurs – dont certains ont travaillé sur des licences comme Assassin’s Creed ou The Witcher –, le jeu mise sur deux piliers audacieux : des combats d’une précision chirurgicale et une narration centrée sur une relation lesbienne, sans tomber dans le cliché ou la mièvrerie.

Ici, pas de chevalier en armure étincelante sauvant une princesse passive. Le récit suit Aeta, une jeune femme déterminée à retrouver Bianca, sa compagne disparue dans les tourments de la Peste Noire et des guerres féodales. Le cadre ? Une Europe du XIVe siècle crasseuse, violente, mais aussi poétique, où la magie – si elle existe – se cache dans les interstices de l’Histoire. Une ambiance qui rappelle A Plague Tale dans son traitement de l’époque, mais avec une dimension romantique et guerrière bien plus marquée.

Ce qui frappe dès les premières images, c’est le soin apporté à l’authenticité. Les décors, inspirés de gravures médiévales et de chroniques d’époque, évitent l’écueil du "fantasy générique". Les villages sont sales, les châteaux imposants mais pas invincibles, et les personnages portent des vêtements usés, reflétant leur statut social. Même les dialogues, écrits en collaboration avec des historiens, intègrent des expressions d’ancien français sans tomber dans le jargon incompréhensible. Un détail qui, selon les développeurs, vise à "plonger le joueur dans l’époque sans le perdre".


Mais 1348 Ex Voto ne se contente pas de jouer la carte du réalisme historique. Il ose aussi une représentation queer naturelle, loin des stéréotypes. La relation entre Aeta et Bianca n’est pas un simple "élément de diversité" collé à la va-vite : elle est au cœur de l’intrigue, motivant chaque choix du personnage. "Nous voulions raconter une histoire d’amour universelle, où le genre des protagonistes n’est pas le sujet, mais une évidence", explique Thomas R., le directeur narratif, dans une interview accordée à Jeux Vidéo Magazine. Une approche qui tranche avec les timides tentatives de Dragon Age ou The Elder Scrolls, où les romances LGBTQ+ restent souvent optionnelles.

Jennifer English : quand une actrice devient l’âme d’un jeu

Si 1348 Ex Voto suscite déjà l’engouement, c’est en grande partie grâce à Jennifer English. L’actrice, révélée par son rôle de Shadowheart dans Baldur’s Gate 3 (pour lequel elle a remporté un Game Award en 2023), prête ici ses traits et sa voix à Bianca, la compagne disparue d’Aeta. Un casting qui n’est pas anodin : English a le don pour incarner des personnages complexes, à la fois fragiles et redoutables, comme elle l’a prouvé dans Clair Obscur: Expedition 33.

Son interprétation de Bianca promet d’être charismatique et poignante. Dans les extraits dévoilés, on découvre une femme à la fois douce et déterminée, dont les lettres (lues par Aeta au fil du jeu) révèlent une profondeur psychologique rare. "Bianca n’est pas une victime. C’est une stratège, une guérisseuse, et surtout, quelqu’un qui a choisi de vivre son amour malgré les risques", confie English dans un making-of diffusé lors de la Paris Games Week 2025. Une déclaration qui résume l’ambition du jeu : donner une voix aux invisibles de l’Histoire.

La performance capture, utilisée pour les scènes clés, renforce cette immersion. Les expressions faciales de Bianca, ses gestes – comme ce tic nerveux où elle joue avec une bague en forme de fleur de lys – ajoutent une couche d’humanité souvent absente des RPG. Un travail qui rappelle celui de Melina Juergens dans Hellblade: Senua’s Sacrifice, mais avec une dimension romantique plus prononcée.

Pour les joueurs, cela signifie une expérience narrative intense, où chaque dialogue, chaque souvenir partagé entre Aeta et Bianca, pèse sur les décisions à prendre. "Nous avons écrit des scènes où le joueur peut choisir de répondre avec colère, tendresse, ou même silence. Ces choix influencent la façon dont Aeta se souvient de Bianca, et donc sa détermination", précise le scénariste. Une mécanique qui évite le piège du "bon/mauvais choix" binaire, pour privilégier des nuances émotionnelles.

Des combats qui mêlent HEMA et spectacle cinématographique

Si la narration est un point fort, 1348 Ex Voto ne néglige pas l’action. Les combats, entièrement chorégraphiés à partir d’arts martiaux historiques européens (HEMA), sont l’un des arguments majeurs du jeu. Ici, pas de boutons à spammer : chaque coup, chaque parade, doit être calculé. Le système s’inspire des manuscrits médiévaux comme le Fior di Battaglia de Fiorello dei Liberi (1410), avec des enchaînements qui reproduisent les mouvements réels des épéistes de l’époque.

Concrètement, le joueur alterne entre :

  • Armes à une main (épée courte, dague) pour des attaques rapides et des contre-attaques précises.
  • Armes à deux mains (épée longue, hache) pour des coups puissants, mais plus lents à exécuter.
  • Boucliers et parades, avec un système de "timing" qui récompense la précision (un peu comme For Honor, mais sans la lourdeur des combos prédéfinis).
  • Compétences uniques, débloquées via un arbre de talents, comme des feintes ou des coups bas inspirés des techniques de duel médiévales.

La performance capture joue ici un rôle clé : les animations sont fluides, presque dansantes, avec une caméra dynamique qui souligne l’intensité des duels. "Nous avons travaillé avec des escrimeurs professionnels pour capturer les mouvements. Le résultat est à la fois réaliste et spectaculaire, comme un mélange entre un film de Ridley Scott et un ballet mortel", explique Lucie M., l’animatrice principale.

Contrairement à Kingdom Come: Deliverance, où le réalisme peut virer à la frustration, 1348 Ex Voto mise sur une courbe d’apprentissage progressive. Aeta commence avec des bases solides (elle est déjà chevalière, après tout), mais devra affiner ses techniques pour affronter des ennemis toujours plus redoutables. Les joueurs pourront aussi personnaliser leur style : privilégier la défense et les contre-attaques, ou opter pour une approche agressive avec des combos dévastateurs. Une liberté qui rappelle Dark Souls, mais sans la punition systématique en cas d’erreur.

"Derrière les épées, il y a des hommes… et des femmes"

— Extrait d’une lettre de Bianca à Aeta, 1347

Ce qui distingue 1348 Ex Voto, c’est sa volonté de donner une voix aux oubliés du Moyen Âge. Le jeu ne se contente pas de montrer des batailles épiques : il explore aussi la vie des femmes soldats, des médecins empiriques, ou des artisans qui survivent en marge des grands conflits. Une approche documentaire qui n’est pas sans rappeler le travail de l’historienne Régine Pernoud, spécialiste de la place des femmes au Moyen Âge.

Prenez les compagnons d’Aeta : parmi eux, Jehanne, une ancienne nonne devenue mercenaire, ou Gautier, un forgeron homosexuel qui cache son orientation pour éviter le bûcher. Ces personnages secondaires ne sont pas là pour faire joli : ils ont des quêtes personnelles, des doutes, et parfois, des trahisons qui influencent le cours de l’histoire. "Nous voulions éviter le syndrome du 'personnage LGBTQ+ qui meurt en premier'. Ici, tout le monde peut survivre… ou pas, selon vos choix", souligne Thomas R.

Le jeu aborde aussi des thèmes rarement traités dans les RPG médiévaux :

  • La transmission des savoirs : comment les guérisseurs (souvent des femmes) préservaient les connaissances médicales malgré l’Église.
  • La résistance face à l’oppression : des villages entiers qui se rebellent contre les seigneurs locaux, évoquant les Jacqueries du XIVe siècle.
  • La foi et le doute : des dialogues avec des moines ou des hérétiques qui remettent en question la toute-puissance de Dieu face à la Peste.

Ces éléments narratifs sont renforcés par un système de réputation : selon vos actions (sauver un village, brûler un couvent, épargner un ennemi), votre "renommée" évolue, ouvrant ou fermant des portes. Une mécanique qui rappelle The Witcher 3, mais avec une dimension morale plus ambiguë : ici, il n’y a pas de "bon" ou de "mauvais" choix, seulement des conséquences.

Un jeu indépendant qui défie les géants

Développé par une équipe de 15 personnes seulement, 1348 Ex Voto prouve qu’un petit studio peut rivaliser avec les mastodontes du secteur. Le secret ? Une vision claire et un refus des compromis. "Nous aurions pu ajouter de la magie pour attirer plus de monde, ou simplifier les combats pour toucher un public casual. Mais nous avons préféré rester fidèles à notre ambition : créer un RPG médiéval crédible, où chaque détail compte", explique Marc L., le directeur du studio.

Cette rigueur se voit dans les choix techniques :

  • Un moteur graphique maison, optimisé pour les lumières dynamiques et les textures haute résolution, même sur des configurations PC modestes.
  • Une bande-son orchestrale enregistrée avec des instruments d’époque (vielle à roue, luth, cornemuse), composée par Élodie F., qui a travaillé sur Assassin’s Creed Valhalla.
  • Un système de dialogue sans marqueurs de "bon/mauvais choix", où les réponses sont contextuelles et influencent les relations à long terme.

Le jeu mise aussi sur une durée de vie généreuse : entre 25 et 30 heures pour le scénario principal, plus une dizaine d’heures de quêtes secondaires et de contenu post-game. Les développeurs promettent même des mises à jour gratuites après la sortie, ajoutant des modes de difficulté ou des histoires courtes centrées sur des personnages secondaires.

Côté accessibilité, 1348 Ex Voto propose plusieurs options :

  • Un mode "conte" pour ceux qui veulent se concentrer sur l’histoire (combats simplifiés, dégâts réduits).
  • Un mode "maître d’armes" pour les puristes, avec des ennemis plus résistants et des parades à timing serré.
  • Des sous-titres détaillés (incluant les intonations et les bruits ambiants), une première pour un jeu indépendant de cette envergure.

Enfin, le studio a annoncé une collaboration avec des musées (comme le Musée de Cluny à Paris) pour organiser des expositions interactives autour du jeu, mêlant artefacts historiques et démonstrations de HEMA. Une façon de créer un pont entre fiction et réalité, et de prouver que les jeux vidéo peuvent être un médium culturel à part entière.

1348 Ex Voto arrive comme une bouffée d’air frais dans un genre souvent enfermé dans ses clichés. Entre des combats d’une précision rare, une histoire d’amour aussi tendre que tragique, et une reconstruction historique méticuleuse, le jeu de ce petit studio indépendant pourrait bien marquer les esprits. Porté par Jennifer English, dont la performance promet d’être inoubliable, et par une équipe qui refuse les facilités, il incarne ce que le RPG peut offrir de mieux : une aventure à la fois épique et intime.

Reste une question : le public sera-t-il prêt à embrasser cette vision sans concession du Moyen Âge, où les héros ne sont pas toujours vertueux, et où l’amour peut être aussi dangereux qu’une épée ? Une chose est sûre : avec 1348 Ex Voto, le RPG historique entre dans une nouvelle ère. À suivre de très près.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Écoutez-moi bien, pote : ce jeu, c’est comme si OSS117 avait rencontré une lesbienne médiévale badass en mode ‘je te jure que j’ai pas inventé la poudre, mais bon, je vais te montrer comment on la fait exploser’. Les combats ? Un mix entre un cours de HEMA et un clip de Beyoncé , précis, sexy, et fatalement addictif. Et cette Bianca, jouée par Jennifer English ? Un coup de poing dans la gonade des RPG apathiques qui nous sortent des princesses en détresse depuis 1980. Enfin un jeu où l’amour lesbien n’est pas un accessoire, mais le cœur battant du récit. À quand le remake où on joue les deux ? Parce que franchement, Aeta a besoin d’un peu de self-care après tout ça."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic