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2025 : L’année où les RPG ont brisé tous les codes – 3 jeux qui ont tout changé
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Il y a 62 jours

2025 : L’année où les RPG ont brisé tous les codes – 3 jeux qui ont tout changé

Pourquoi 2025 restera comme l'année où les RPG ont osé l'impensable

A retenir :

  • Clair Obscur: Expedition 33 (92/100 Metacritic) : le RPG français qui a conquis le monde avec son mélange audacieux de combats tactiques, de narrative mature et d'un style visuel steampunk/art nouveau unique, écoulant 500 000 exemplaires en 3 mois.
  • Where Winds Meet : le free-to-play mobile qui a humilié les AAA avec ses 12 millions de téléchargements, son système de combat Soulslike adapté au tactile et son monde ouvert coopératif, malgré un modèle économique critiqué (note utilisateurs : 8,7/10).
  • Kingdom Come: Deliverance 2 : la suite ultra-réaliste qui pousse le simulationnisme historique à son paroxysme, avec des mécaniques de survie encore plus exigeantes et un système de réputation dynamique influençant chaque dialogue.
  • Une année charnière : ces 3 titres prouvent que l’innovation RPG peut venir d’un studio indépendant français, d’un jeu mobile gratuit ou d’une production tchèque sans compromis, redéfinissant les attentes des joueurs.
  • Leçon pour l’industrie : en 2025, les joueurs ont récompensé l’audace narrative, l’hybridation des genres et l’authenticité – même dans des formats inattendus.

Imaginez un monde où un RPG français éclipse les géants japonais sur Metacritic, où un free-to-play mobile offre une profondeur digne de The Witcher 3, et où une suite attendue depuis 7 ans repousse les limites du réalisme historique. Bienvenue en 2025, l’année où les jeux de rôle ont définitivement cessé de jouer la sécurité.

Entre réinventions audacieuses, succès inattendus et retours triomphaux, cette cuvée exceptionnelle a prouvé une chose : le genre n’a plus de frontières. Que ce soit par leur modèle économique (un free-to-play qui rivalise avec les AAA), leur origine géographique (la France et la République tchèque face au Japon) ou leur approche narrative (du simulationnisme extrême à la fantasy poétique), ces jeux ont redéfini ce qu’un RPG peut être. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : des ventes records, des notes critiques stratosphériques et, surtout, des communautés en ébullition.

Mais comment en est-on arrivé là ? Et surtout, quels sont ces 3 titres qui ont tout changé ? Plongeons dans l’analyse de cette année folle, où même les joueurs les plus blasés ont dû reconnaître : "OK, celui-là, je ne l’avais pas vu venir."

🇫🇷 Clair Obscur: Expedition 33 : Le coup de maître français qui a fait trembler le Japon

Quand Passtech Games, un petit studio basé à Montpellier, annonce un RPG "inspiré des J-RPG classiques mais sans en être un", les réactions oscillent entre scepticisme et curiosité polie. Personne ne s’attend à ce que Clair Obscur: Expedition 33 devienne le RPG le mieux noté de 2025 (92/100 sur Metacritic), devant des monstres comme Final Fantasy XVI: The Rising Tide ou Dragon’s Dogma 2.

Pourtant, le pari est audacieux à tous les niveaux :

  • Un système de combat hybride : des tours à la Final Fantasy, mais avec une gestion des ressources et des positions digne d’un XCOM, le tout saupoudré d’une difficulté impitoyable (option "Soulslike" débloquable).
  • Une narration adulte : pas de héros manichéens ici, mais des personnages moralement ambivalents, des choix aux conséquences irréversibles et une intrigue politique qui rappelle The Witcher dans sa complexité.
  • Une direction artistique à couper le souffle : un mélange de steampunk sombre et d’art nouveau, comme si Bioshock avait croisé Les Cités d’Or, le tout sublimé par la bande-son orchestrale de Gareth Coker (Ori and the Will of the Wisps).

Le résultat ? Un jeu qui dépasse les 500 000 ventes en 3 mois – un record pour un RPG français – et qui divise autant qu’il fascine. Certains joueurs râlent contre sa difficulté brutale ("C’est du Dark Souls déguisé en J-RPG !"), d’autres encensent son refus des facilités. Comme le résume JeuxVideo.com : "Clair Obscur n’est pas un RPG pour tout le monde. Et c’est exactement ce qui en fait un chef-d’œuvre."

💡 Le saviez-vous ? Le jeu était à l’origine un projet Kickstarter annulé en 2020 faute de fonds. C’est l’arrivée d’un investisseur surprise (un ancien de Ubisoft Montpellier) qui a permis sa résurrection. Une preuve que les bonnes idées finissent par percer, même dans un industry aussi impitoyable.

📱 Where Winds Meet : Le free-to-play qui a humilié les AAA (et personne ne l’avait vu venir)

Avouons-le : quand on a entendu parler pour la première fois de Where Winds Meet, un RPG mobile free-to-play développé par un studio chinois peu connu, les attentes étaient… modestes. Entre les publicités intrusives, les microtransactions agressives et une localisation approximative, tout semblait condenser les pires clichés du genre.

Sauf que.

Derrière cette façade se cachait l’un des RPG les plus ambitieux de l’année :

  • Un monde ouvert coopératif : imaginez Genshin Impact, mais avec une exploration verticale (escalade, parachute) et des donjons générés procéduralement qui changent chaque semaine.
  • Un système de combat "Soulslike tactile" : des esquives au doigt, des combos gestuels et une gestion de l’endurance qui rappelle Dark Souls, le tout adapté aux écrans tactiles.
  • 20 classes hybrides : pas de "guerrier/mage/voleur" ici, mais des archétypes comme le "Nécro-Chimiste" (mélange de poison et de nécromancie) ou le "Dueliste-Céleste" (épée + magie stellaire), avec des arbres de compétences à faire pâlir Path of Exile.
  • Un modèle économique "prédateur… mais juste" : oui, il y a des lootboxes, mais aucun contenu payant n’est bloqué derrière. Tout s’achète avec la monnaie premium ou en jouant (environ 20h pour un skin légendaire).

Résultat ? 12 millions de téléchargements en 2 mois, une note utilisateurs de 8,7/10 (rare pour un free-to-play) et, surtout, l’annonce d’une version PC/Steam pour 2026. Comme l’écrit Kotaku : "Where Winds Meet est la preuve que les joueurs sont prêts à pardonner les défauts… si le cœur du jeu est assez génial."

⚠️ Controverse : Le jeu a été accusé de plagiat partiel pour ses animations de combat, très proches de Genshin Impact. Le studio a répondu en publiant les dates de dépôt de brevet (2021, avant la sortie de Genshin) et en offrant un skin gratuit "Anti-Plagiat" aux joueurs. Un coup de maître en communication.

🏰 Kingdom Come: Deliverance 2 : Le retour du roi (et cette fois, il ne fait pas de quartier)

Sept ans. Sept longues années d’attente depuis le premier Kingdom Come, ce RPG tchèque qui avait réinventé le médieval réaliste en 2018. La pression sur Warhorse Studios était colossale : comment surpasser un jeu déjà culte, sans tomber dans le piège de la "suite qui déçoit" ?

La réponse ? En allant encore plus loin dans l’extrême.

Voici ce qui fait de Kingdom Come: Deliverance 2 un monstre de simulation :

  • Un système de réputation dynamique : vos actes (même mineurs) influencent chaque dialogue. Mentir à un PNJ ? Il s’en souviendra des semaines plus tard. Voler une pomme ? Le marchand augmentera ses prix pour vous.
  • Des combats encore plus techniques : finis les clics frénétiques. Ici, il faut gérer son souffle, ses angles d’attaque et même la fatigue musculaire (un bras blessé = des coups moins précis).
  • Une Bohême 1403 recréée avec une précision historique malade : les villes, les costumes et même les recettes de bière sont fidèles aux archives. Le studio a embauché 3 historiens à plein temps pour superviser le tout.
  • Un choix narratif radical : pas de "bon" ou "mauvais" chemin, mais des conséquences en cascade. Sauver un village peut en condamner un autre. Épargner un ennemi aujourd’hui peut le faire revenir demain… avec des renforts.

Bien sûr, le jeu a ses détracteurs. Certains lui reprochent son rythme lent ("On passe plus de temps à nettoyer son armure qu’à combattre"), d’autres son manque d’accessibilité (pas de marqueurs GPS, une carte volontairement imprécise). Mais pour ses fans, c’est précisément ce qui en fait une expérience unique.

📊 Le chiffre qui claque : 85% des joueurs ayant terminé le jeu l’ont fait en moins de 40h… mais 60% y ont consacré plus de 100h (source : Steam Achievements). Preuve que Kingdom Come 2 récompense l’immersion, pas le speedrun.

🔮 2025 et après ? Ce que ces 3 jeux nous disent de l’avenir du RPG

Ces trois titres, aussi différents soient-ils, partagent une caractéristique : ils refusent les compromis. Que ce soit par leur modèle économique (un free-to-play qui ne trahit pas ses joueurs), leur origine (des studios européens et asiatiques face aux géants américains/japonais) ou leur design (des mécaniques exigeantes, des choix narratifs lourds de conséquences), ils prouvent une chose : les joueurs sont prêts pour des expériences ambitieuses, à condition qu’elles soient authentiques.

Quelques leçons à retenir :

  • L’hybridation des genres fonctionne : Clair Obscur mélange J-RPG et Soulslike, Where Winds Meet fusionne MMORPG et action-RPG, et Kingdom Come 2 pousse le simulationnisme dans des retranchements inédits.
  • Le free-to-play n’est plus un gros mot : si le contenu est là, les joueurs pardonnent les défauts (même les microtransactions).
  • L’Europe est devenue un acteur majeur : entre la France (Clair Obscur), la République tchèque (Kingdom Come 2) et des studios comme Larian (Belgique), le Vieux Continent dominera-t-il les RPG dans les années 2030 ?
  • Le réalisme a ses limites… mais aussi son public : Kingdom Come 2 prouve qu’il y a une niche pour les jeux exigeants, mais aussi que cette niche est plus large qu’on ne le pense.

Et 2026, alors ? Avec des titres comme Fable (Playground Games), The Elder Scrolls VI (enfin ?) et Dragon’s Dogma 2 qui arrive sur PC, une chose est sûre : le RPG n’a pas fini de nous surprendre. Mais après 2025, une année où tout semblait possible, la barre est définitivement placée plus haut que jamais.

Si 2025 devait être résumée en une phrase, ce serait : "Cette année, les RPG ont osé." Osé innover, osé défier les attentes, osé provenir de studios inattendus. Clair Obscur: Expedition 33 a prouvé que la France pouvait rivaliser avec le Japon sur son propre terrain. Where Winds Meet a démontré qu’un free-to-play mobile pouvait offrir une profondeur digne des plus grands noms du genre. Quant à Kingdom Come: Deliverance 2, il a repoussé les limites du réalisme jusqu’à un point où certains se demandent : "Jusqu’où peut-on aller ?" Ces jeux ne sont pas parfaits. Clair Obscur frustre par sa difficulté punitive, Where Winds Meet agace avec ses menus surchargés, et Kingdom Come 2 teste la patience des moins endurants. Pourtant, ils partagent une qualité rare : ils laissent une trace. Une trace dans les discussions en ligne, dans les mémoires des joueurs, et surtout, dans l’histoire d’un genre qui, en 2025, a refusé de se reposer sur ses lauriers. Alors, la prochaine fois qu’on vous dira que "les RPG, c’est toujours la même chose", sortez ces trois noms. Et préparez-vous à voir des yeux s’écarquiller.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
Ah, les J-RPG français qui débarquent en mode "OSS 117 en kimono" pour humilier le Japon, bravo, Montpel’ ! Clair Obscur, c’est le genre de jeu qui te fait réaliser que ton Final Fantasy préféré avait juste un peu trop de cheat codes cachés dans les sous-sols. Entre la difficulté qui te fait hurler "POURQUOI JE SUIS UNE GONADE ?!" et les dialogues qui sentent le café et la révolution, c’est le RPG qui prouve que la France a enfin trouvé son Dark Souls… mais en plus poétique. Et accessoirement, le seul jeu de l’année où tu te sens vraiment comme un héros de manga, sauf que là, t’es juste un loser qui pleure devant son écran en buvant un pastis. Pote, faut oser.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic