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N°24 : Le Combat Secret d'un Héros Norvégien contre le Nazisme sur Netflix
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Il y a 44 jours

N°24 : Le Combat Secret d'un Héros Norvégien contre le Nazisme sur Netflix

Plongez dans l'histoire méconnue de Gunnar Sonsteby, alias "N°24", un résistant norvégien dont les exploits ont marqué la lutte contre l'occupation nazie. Ce biopic de 2024, disponible sur Netflix, offre une perspective intime et poignante sur un héros ordinaire devenu légende.

A retenir :

  • Un biopic norvégien primé, N°24, révèle les exploits de Gunnar Sonsteby, le résistant le plus décoré de Norvège.
  • Disponible sur Netflix, ce film de 2024 a dominé le box-office norvégien avec une approche humaine et immersive.
  • Gunnar Sonsteby a utilisé plus de cinq pseudonymes pour échapper aux nazis, dont le célèbre "N°24".
  • Le film mêle reconstitution historique et émotion, avec des performances remarquables de Sjur Vatne Brean et Erik Hivju.
  • Une œuvre qui rappelle que la Seconde Guerre mondiale regorge encore d'histoires inédites et bouleversantes à raconter.

Un Héros Ordinaire dans l'Ombre de la Guerre

La Seconde Guerre mondiale a produit des récits de résistance aussi variés que les nations qu'elle a ravagées. Pourtant, certaines figures restent dans l'ombre, éclipsées par des noms plus médiatisés comme ceux de Churchill ou de Gaulle. Gunnar Sonsteby, surnommé "N°24", incarne cette discrétion héroïque. Né en 1918 à Rjukan, une petite ville industrielle norvégienne, Sonsteby n'était ni soldat de métier ni stratège aguerri. C'était un jeune homme ordinaire, propulsé dans l'action par l'invasion allemande de 1940. Son histoire, adaptée au cinéma dans N°24 (2024), rappelle que la bravoure ne se mesure pas à la taille des exploits, mais à leur impact.

Le film, réalisé par Harald Zwart (connu pour The Karate Kid et The 12th Man), adopte une approche intimiste, loin des batailles spectaculaires. Il se concentre sur les tactiques de survie de Sonsteby : sabotages discrets, falsification de documents, et une capacité à se fondre dans la masse grâce à ses multiples identités. Parmi ses pseudonymes, "N°24" est devenu le plus célèbre, un clin d'œil à son numéro de matricule dans la résistance. Cette stratégie de camouflage lui a permis de déjouer les nazis pendant quatre ans, jusqu'à la libération de la Norvège en 1945.

Les Coulisses d'une Résistance Méconnue

Contrairement à la France ou à la Pologne, la résistance norvégienne est rarement mise en avant dans les récits populaires. Pourtant, son rôle fut crucial. Après l'invasion allemande en avril 1940, la Norvège, neutre jusqu'alors, se retrouva sous le joug nazi. Le roi Haakon VII et le gouvernement s'exilèrent à Londres, laissant derrière eux une population divisée entre collaboration et rébellion. C'est dans ce contexte que Gunnar Sonsteby rejoignit le mouvement de résistance Milorg, une organisation clandestine chargée de saboter les infrastructures allemandes et de préparer le terrain pour une contre-offensive alliée.

Le film N°24 met en lumière des épisodes peu connus, comme le sabotage de l'usine d'eau lourde de Vemork en 1943. Cette opération, menée en collaboration avec les Alliés, visait à empêcher les nazis de développer une bombe atomique. Sonsteby y joua un rôle logistique clé, prouvant que la résistance norvégienne était bien plus qu'un simple mouvement de guérilla. Le réalisateur Harald Zwart a insisté sur l'authenticité des décors et des costumes, s'appuyant sur des archives et des témoignages pour reconstituer cette époque avec précision. "Nous voulions montrer que ces héros n'étaient pas des super-héros, mais des gens comme vous et moi, poussés à l'extrême par les circonstances", a-t-il déclaré lors d'une interview.

De la Norvège à Netflix : Un Succès Inattendu

Sorti en janvier 2024, N°24 a rapidement conquis le public norvégien, devenant le film le plus vu de l'année dans le pays. Son succès s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, son approche narrative : plutôt que de se concentrer sur les batailles, le film explore les dilemmes moraux et les sacrifices personnels de Sonsteby. Ensuite, la performance de Sjur Vatne Brean, qui incarne le jeune résistant, a été saluée par la critique. L'acteur, connu pour ses rôles dans des séries comme Ragnarok, apporte une intensité palpable au personnage, mêlant vulnérabilité et détermination.

Le film a également bénéficié d'un contexte historique favorable. En 2024, la Norvège commémorait les 80 ans de sa libération, un événement qui a ravivé l'intérêt pour les récits de résistance. Netflix, qui a acquis les droits de diffusion internationale, a su capitaliser sur cette dynamique. "Nous cherchions une histoire qui puisse toucher un public mondial, tout en restant ancrée dans une culture locale forte", a expliqué un porte-parole de la plateforme. Le résultat ? Un biopic qui transcende les frontières, rappelant que les héros ne portent pas toujours d'uniforme.

Entre Fiction et Réalité : Les Libertés du Cinéma

Si N°24 s'inspire de faits réels, le film prend certaines libertés avec la chronologie et les événements pour renforcer son impact dramatique. Par exemple, la scène où Sonsteby échappe de justesse à une arrestation en se faisant passer pour un ouvrier est partiellement fictive. En réalité, ses évasions étaient souvent le fruit d'une préparation minutieuse, plutôt que de coups de chance. De même, le personnage de Lisa Loven Kongsli, qui incarne une résistante fictive, a été ajouté pour symboliser le rôle des femmes dans la lutte clandestine, souvent minimisé dans les récits historiques.

Ces choix narratifs ont suscité des débats en Norvège. Certains historiens ont critiqué le film pour son manque de rigueur, tandis que d'autres ont salué sa capacité à rendre accessible une histoire complexe. "Le cinéma n'est pas un documentaire", a défendu Harald Zwart. "Notre objectif était de capturer l'essence de Sonsteby, pas de retranscrire chaque détail de sa vie." Une position qui rappelle les débats autour d'autres biopics comme The Imitation Game (sur Alan Turing) ou Darkest Hour (sur Churchill), où la fiction sert à combler les lacunes de l'Histoire.

Pourquoi N°24 Résonne-t-il Aujourd'hui ?

À une époque où les conflits modernes sont souvent réduits à des images de drones et de cyberattaques, N°24 rappelle l'importance des actes de résistance individuels. Le film pose une question universelle : jusqu'où iriez-vous pour défendre vos convictions ? Sonsteby, qui a reçu la Croix de Guerre norvégienne et la Médaille de la Résistance française, n'a jamais cherché la gloire. Dans une interview accordée en 1995, il déclarait : "Je n'ai fait que ce que tout le monde aurait dû faire."

Le succès du film sur Netflix témoigne aussi d'un renouveau d'intérêt pour les récits de la Seconde Guerre mondiale, porté par des œuvres comme Oppenheimer (2023) ou The Zone of Interest (2023). Ces productions, bien que très différentes, partagent une volonté de montrer la guerre sous un angle inédit. N°24 se distingue en mettant en avant un héros discret et méthodique, loin des figures charismatiques comme Churchill ou Patton. "C'est une histoire qui parle de courage silencieux, de ceux qui agissent sans attendre de reconnaissance", analyse l'historien Øystein Sørensen, spécialiste de la résistance norvégienne.

Enfin, le film interroge notre rapport à l'Histoire. En 2024, alors que les derniers témoins de la Seconde Guerre mondiale disparaissent, des œuvres comme N°24 deviennent des archives vivantes. Elles permettent de transmettre des récits qui, sans elles, risqueraient de tomber dans l'oubli. Comme le dit un personnage du film : "Les héros ne sont pas ceux qui gagnent les guerres, mais ceux qui les empêchent de recommencer."

N°24 est bien plus qu'un simple biopic : c'est un hommage aux héros anonymes de la Seconde Guerre mondiale, et une invitation à redécouvrir une page méconnue de l'Histoire. En mêlant reconstitution historique et émotion, le film de Harald Zwart réussit le pari de rendre accessible une histoire complexe, tout en évitant les écueils du manichéisme.

Disponible sur Netflix, cette production norvégienne rappelle que la résistance ne se limite pas aux grands noms. Elle est aussi faite de petits actes de bravoure, de pseudonymes et de sacrifices quotidiens. À l'heure où les conflits contemporains sont souvent déshumanisés, N°24 nous rappelle que derrière chaque guerre, il y a des individus qui refusent de se soumettre.

Et vous, jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour défendre vos convictions ? La question, posée par le film, résonne bien au-delà des écrans.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"N°24, c’est le genre de film où tu réalises que la vraie disruption dans l’Histoire, c’est souvent un mec en pull trop grand qui falsifie des papiers en buvant un café froid. Sonsteby, c’est le Zeubi de la résistance : pas de lasers, pas de méga-boss, juste une vie de croquignolesque équilibre entre "je fais semblant d’être un ouvrier" et "je risquerais ma peau pour un bout de papier". Le film a le mérite de nous rappeler que les vrais héros, c’est comme les FFXIV : ils existent, mais personne ne les regarde. Et puis, entre nous, si Netflix avait mis ça en cinéma 4DX avec des sièges qui vibrent à chaque faux-pas de Sonsteby, j’aurais payé mon billet en larmes et en gonade serrée."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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