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Anya Taylor-Joy dans
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Il y a 64 jours

Anya Taylor-Joy dans

Pourquoi The Menu est-il le film qui a révélé l’audace d’Anya Taylor-Joy avant Le Jeu de la Dame ?

Avant d’incarner l’inoubliable Beth Harmon, l’actrice a électrisé les écrans dans ce thriller gastronomique aussi glaçant que hilarant. Un mélange explosif d’horreur sociale et de comédie noire, porté par un casting cinq étoiles (Fiennes, Hoult) et une réalisation au scalpel. Avec 79 millions de dollars en recettes pour un budget de 30, et 88% sur Rotten Tomatoes, ce film de 2022 est bien plus qu’un succès : une œuvre culte qui a redéfini les codes du cinéma d’auteur grand public.

A retenir :

  • The Menu : le rôle qui a prouvé qu’Anya Taylor-Joy pouvait tout jouer, même l’horreur satirique, bien avant son triomphe dans Le Jeu de la Dame.
  • Un phénomène inattendu : 79M$ de recettes pour 30M$ de budget, avec un trio d’acteurs explosif (Fiennes en chef psychopathe, Hoult en snob insupportable, Taylor-Joy en invitée mystérieuse).
  • Une satire sociale déguisée en dîner mortel : chaque plat est une métaphore cinglante de la société contemporaine, entre élitisme et consumérisme.
  • Derrière la caméra : Mark Mylod (Game of Thrones) signe une mise en scène aussi précise qu’un couteau de boucher, sur un scénario de Seth Reiss & Will Tracy (The Afterparty).
  • 88% sur Rotten Tomatoes : la preuve que critiques et public ont adoré ce mélange inédit de tension psychologique et d’humour noir.
  • Un film qui a réinventé le thriller culinaire : entre Hannibal Lecter et Top Chef, avec une touche de critique sociale acerbe.
  • Pourquoi ce rôle est l’un des plus sous-estimés de la carrière de Taylor-Joy ? Une performance à la fois glaciale et envoûtante.

Quand le dîner vire au cauchemar : le pitch déjanté de The Menu

Imaginez un restaurant étoilé perdu sur une île, où une poignée de privilégiés paie 1 250 dollars pour un menu dégustation préparé par un chef légendaire. Sauf que ce soir-là, les plats servis ne sont pas ceux attendus… et les convives non plus. The Menu, sorti en 2022, prend cette prémisse simple pour en faire une descente aux enfers gastronomique, où chaque service révèle un peu plus la folie du chef Slowik (Ralph Fiennes, terrifiant de froideur) et les travers de ses invités.

Anya Taylor-Joy y incarne Margot, une invitée surprise dont le calme apparent cache une résilience à toute épreuve. Loins des échiquiers de Le Jeu de la Dame, elle prouve ici qu’elle peut tenir tête à des monstres littéralement armés de couteaux. Le film oscille entre comédie grinçante (les dialogues des foodies snobs sont à mourir de rire) et horreur pure (certaines scènes de "préparation" des plats sont littéralement insoutenables). Un équilibre rare, maîtrisé de main de maître.


Ce qui frappe dès les premières minutes, c’est l’atmosphère oppressante du restaurant Hawthorn. Les murs en bois sombre, les serveurs aux sourires figés, la musique envoûtante… Tout respire le luxe, mais aussi quelque chose de pourri. Comme le dit un personnage : 〈〈 On ne choisit pas Hawthorn. Hawthorn vous choisit. 〉〉 Une phrase qui résume à elle seule la critique sociale du film : l’élitisme, le mépris de classe, et l’absurdité d’un monde où l’art (ici, la cuisine) justifie tout.

"Un film sur la nourriture qui vous coupe l’appétit" : l’audace qui paie

Avec un budget modeste de 30 millions de dollars, The Menu a réalisé l’exploit de rapporter plus de 79 millions au box-office mondial. Un succès d’autant plus remarquable que le film refuse les facilités : pas de jumpscares cheap, pas de happy end forcé, mais une plongée progressive dans la folie, où chaque détail compte. Les critiques ont été unanimes : 88% sur Rotten Tomatoes, avec des éloges pour son 〈〈 scénario diaboliquement intelligent 〉〉 (The Guardian) et sa 〈〈 mise en scène d’une précision chirurgicale 〉〉 (Variety).

Le secret ? Un casting parfait. Ralph Fiennes, en chef Slowik, livre une performance glaciale – son monologue final, où il explique 〈〈 pourquoi la soupe est annulée ce soir 〉〉, est déjà entré dans la légende. Face à lui, Nicholas Hoult campe un foodie prétentieux si insupportable qu’on en vient à souhaiter sa perte (et le film nous exauce avec délectation). Quant à Anya Taylor-Joy, elle confirme son statut de caméléon : après la fragilité de Beth Harmon, voici une Margot à la fois vulnérable et redoutable, capable de retourner la situation avec un simple 〈〈 Je ne suis pas celle que vous croyez. 〉〉


Mais le vrai génie du film réside dans son double niveau de lecture. D’un côté, c’est un thriller haletant : qui va survivre à ce dîner ? De l’autre, une satire féroce de la haute gastronomie, des influenceurs food, et même du cinéma lui-même (la scène où un convive se fait tuer pour avoir critiqué un plat est hilarante de cynisme). Comme le souligne le scénariste Seth Reiss : 〈〈 On voulait que le public rigole… jusqu’à ce qu’il réalise qu’il rit de choses qui devraient le horrifier. 〉〉 Mission accomplie.

Derrière les fourneaux : comment Mark Mylod a cuisiné un chef-d’œuvre

Le réalisateur Mark Mylod, connu pour son travail sur Game of Thrones (il a dirigé des épisodes comme La Bataille des Bâtards), signe ici son premier long-métrage – et quel entrée en matière ! Son approche est méthodique, presque clinique : chaque plan est calculé pour augmenter la tension, que ce soit par un travelling lent sur les couteaux alignés ou un gros plan sur une assiette qui saigne. 〈〈 Je voulais que le public sente l’odeur de la cuisine… puis celle de la peur 〉〉, confie-t-il.

Les scénaristes, Seth Reiss (co-créateur de The Afterparty) et Will Tracy (ex-rédacteur en chef de The Onion), ont puisé leur inspiration dans des expériences réelles. 〈〈 On a tous les deux travaillé dans des restaurants 〉〉, explique Reiss. 〈〈 On connaît cette folie contrôlée, cette hiérarchie brutale. On a juste poussé le concept jusqu’à l’absurde. 〉〉 Le résultat ? Des dialogues cinglants (〈〈 Votre steak est cuit à la perfection… comme votre ego. 〉〉) et des retournements imprévisibles – comme cette scène où un convive se voit servir… son propre doigt.


La collaboration entre Mylod et ses scénaristes a donné naissance à des séquences anthologiques. Prenez la scène du 〈〈 Chef’s Table 〉〉, où Slowik raconte l’histoire de chaque plat… avant de révéler leur origine macabre. Ou encore le final, où Margot doit négocier sa survie en cuisinant un burger – une scène à la fois tendre et terrifiante, qui résume tout le talent du film : mêler l’horreur et l’humanité.

The Menu vs. la réalité : quand la fiction dépasse (à peine) la vérité

Ce qui rend The Menu si percutant, c’est qu’il n’exagère presque rien. Les excès de la haute gastronomie sont bien réels : chefs tyranniques (comme le célèbre Gordon Ramsay, connu pour ses colères), clients prêts à payer des fortunes pour une expérience 〈〈 unique 〉〉, ou encore le culte du 〈〈 savoir-faire artisanal 〉〉 qui frise parfois l’absurde. Le film pousse ces traits à leur paroxysme, mais la base est terrifiamment crédible.

Prenez le personnage de Tyler (Nicholas Hoult), un foodie obsédé par les notes et les photos Instagram. 〈〈 Je ne mange pas, j’expérimente 〉〉, lance-t-il avec mépris. Une phrase qui résume l’ère des 〈〈 food influencers 〉〉, où le plat compte moins que le cliché qui en sera tiré. Ou encore la scène où un convive se fait humilier pour avoir osé demander un steak bien cuit – un clin d’œil aux débats réels sur la 〈〈 vraie 〉〉 façon de déguster la viande.


Le film va même plus loin en explorant la violence symbolique de la cuisine. Les scènes où Slowik 〈〈 prépare 〉〉 ses convives rappellent les dark kitchens de certains restaurants étoilés, où le stress et la pression transforment les cuisiniers en 〈〈 soldats 〉〉. 〈〈 La cuisine, c’est la guerre 〉〉, déclare un personnage. Une phrase qui prend un sens littéral dans The Menu… mais qui est aussi littéralement citée par des chefs en interview.

Pourquoi ce rôle est l’un des plus importants de la carrière d’Anya Taylor-Joy

Si Le Jeu de la Dame a fait d’elle une star, The Menu a prouvé qu’elle était une actrice complète. Ici, pas de prodige des échecs, mais une jeune femme ordinaire (en apparence) qui doit survivre dans un monde de fous. Son jeu est subtil : un regard en coin, un sourire en coin, et soudain, on comprend qu’elle a tout prévu. 〈〈 Margot n’est pas une victime. Elle est une survivante. 〉〉, analyse Mylod.

Ce rôle a aussi montré sa capacité à porter un film à elle seule. Dans les scènes où elle est seule face à Fiennes, c’est un duel d’acteurs – et elle tient tête au vénérable Ralph avec une aisance déconcertante. Preuve que son talent ne se limite pas aux rôles 〈〈 intellos 〉〉 : elle peut aussi incarner la ruse, la résistance, et même une certaine cruauté (la façon dont elle manipule Tyler est jubilatoire).


Enfin, The Menu a marqué un tournant dans sa carrière en lui permettant de choisir des projets audacieux. Après ce film, elle a enchaîné avec Furiosa (2024) et The Northman (2022), confirmant son goût pour les rôles complexes et sombres. 〈〈 Je veux des personnages qui me surprennent, qui me font peur parfois 〉〉, déclarait-elle en interview. Avec Margot, elle a trouvé bien plus qu’un rôle : une révélation.

Le saviez-vous ? Les secrets de tournage qui rendent le film encore plus savoureux

1. Les plats étaient réels (enfin, presque) : Pour les scènes de cuisine, l’équipe a fait appel à des chefs étoilés, dont Dominique Crenn (la seule femme aux États-Unis à détenir trois étoiles Michelin). 〈〈 On voulait que la nourriture ait l’air si bonne que le public ait faim… avant de réaliser ce qu’elle contient 〉〉, explique-t-elle.

2. Ralph Fiennes a vraiment appris à cuisiner : Pour incarner Slowik, l’acteur a suivi un stage intensif dans un restaurant étoilé. 〈〈 Je voulais comprendre la pression, la précision. Et aussi… comment tenir un couteau comme une arme 〉〉, confie-t-il.

3. La scène du burger a failli être coupée : Les producteurs trouvaient le final 〈〈 trop doux 〉〉 par rapport au reste du film. Heureusement, Mylod a insisté : 〈〈 C’est justement ce contraste qui rend la scène puissante. Après tout ce sang, un peu d’humanité. 〉〉

4. Le restaurant Hawthorn existe (en partie) : L’extérieur a été tourné dans un vrai restaurant étoilé de la Nouvelle-Orléans, le Commander’s Palace. Les propriétaires ont adoré le film… mais avouent avoir 〈〈 regardé leurs clients différemment 〉〉 après sa sortie.

5. Le menu du film est inspiré de vrais plats : Le 〈〈 Breadless Bread 〉〉 (un pain qui n’en est pas un) est une référence aux 〈〈 trompe-l’œil 〉〉 de certains chefs avant-gardistes. Quant au 〈〈 Don’t Think, Just Eat 〉〉, c’est un clin d’œil aux menus dégustation où le client n’a 〈〈 aucun choix 〉〉.

The Menu n’est pas qu’un film : c’est une expérience. Une plongée dans les abîmes de la gastronomie, mais aussi une réflexion sur le pouvoir, l’art, et les limites de la folie humaine. Anya Taylor-Joy y livre une performance inoubliable, prouvant qu’elle peut tout jouer – même l’horreur comique. Et si le film vous donne faim… c’est peut-être pour mieux vous rappeler que certains appétits valent mieux ne pas être assouvis.

Disponible sur Netflix, ce chef-d’œuvre mérite une dégustation sans modération. À condition d’avoir l’estomac bien accroché.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"The Menu, c’est comme si OSS 117 avait décidé de jouer les chefs étoilés dans un épisode où les couteaux remplacent les kalachnikovs. Ralph Fiennes en Slowik, c’est le tonton qui te fait peur en te disant « Dobé, ça va être croquignolesque » avant de te servir ton propre sourcil en entrée. Anya Taylor-Joy, elle, balance ses répliques comme une survivante de Mad Max qui aurait fait un stage en gastronomie. Le film ? Un festin où chaque bouchée est une métaphore sociale, et le dessert, c’est la mort. Okey, on a ri, mais maintenant on a envie de se laver les mains… et de boycotter les restaurants étoilés. Fatalement."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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