Il y a 65 jours
Mon appartement est un sanctuaire anime & gaming : quand les figurines deviennent des fragments d’âme
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Quand les passions envahissent l’espace : le récit d’une collection qui dépasse le simple hobby
Jasmin Beverungen, rédactrice chez MeinMMO, a transformé son appartement en un écrin où chaque figurine raconte une histoire. Entre un Luffy en résine limité à 500 exemplaires et une Tifa de Final Fantasy VII Remake rapportée d’Akihabara, sa collection mêle rareté, nostalgie et souvenirs de voyage. Une obsession qui, comme celle d’Henry Cavill pour Warhammer 40k, révèle comment les univers geek s’immiscent dans le quotidien pour en redéfinir l’identité.
A retenir :
- Une collection de figurines anime/gaming qui a colonisé chaque espace disponible, rivalisant avec les objets du quotidien.
- Des pièces uniques comme un Luffy (One Piece) en résine (500 ex.) ou une Saber (Fate/Stay Night) Ultimate Madoka (300 ex., 400 €).
- Des trésors acquis lors de voyages (Akihabara, AnimeJapan 2023) ou de conventions, mêlant investissement émotionnel et chasse aux raretés.
- Une passion comparable à celle d’Henry Cavill pour Warhammer 40k, où chaque objet devient une extension de soi.
- Des figurines accessibles (ex. : Pikachu géant du Pokémon Center Tokyo) côtoyant des pièces ultra-limitées comme un Tanjiro "Pilier de la Brume".
L’appartement-musée : quand les murs racontent des histoires en PVC et résine
Imaginez un lieu où chaque étagère, chaque table basse, chaque recoins inattendus abritent un morceau d’aventure. C’est le quotidien de Jasmin Beverungen, rédactrice chez MeinMMO, dont l’appartement ressemble davantage à une galerie d’art geek qu’à un espace de vie classique. Ici, les figurines ne sont pas de simples objets : ce sont des marqueurs temporels, des souvenirs encapsulés dans du plastique ou de la résine, des témoignages d’une passion née dans les années 90, entre les dessins animés de RTL2 et les parties endiablées sur Nintendo 64.
Comme elle le confie, cette collection n’est pas le fruit du hasard. Chaque pièce a sa place, son anecdote, sa raison d’être. Un Cloud Strife en pose dynamique, acquis lors d’une vente éphémère en ligne, rappelle des nuits blanches passées à explorer Midgar. Un Pikachu géant de 30 cm, signé Pokémon Center Tokyo, évoque le premier voyage au Japon, où l’émotion de fouler Akihabara pour la première fois s’est cristallisée dans cet achat impulsif. Même les espaces initialement dédiés à d’autres usages – comme ce meuble prévu pour les chaussures, désormais envahi par des chibi de Demon Slayer – témoignent d’une passion dévorante, presque organique.
Et Jasmin n’est pas seule dans cette quête. Des personnalités comme Henry Cavill, connu pour sa collection monumentale de figurines Warhammer 40k, prouvent que ces univers "niche" savent transcender les écrans. Chez elle comme chez lui, les objets ne sont pas de simples décorations : ils incarnent des fragments d’identité, des ponts entre fiction et réalité.
"Certains voient des bibelots. Moi, je vois des portes vers des mondes qui m’ont construite." — Jasmin Beverungen
La chasse aux trésors : entre rareté, nostalgie et coups de cœur
Si certaines figurines s’acquièrent facilement en ligne ou en magasin, les pièces les plus précieuses de la collection de Jasmin relèvent souvent de la quête épique. Prenez sa Saber (Fate/Stay Night) en édition Ultimate Madoka : limitée à 300 exemplaires dans le monde, elle lui a coûté près de 400 €, mais son valeur sentimentale est inestimable. "C’était un rêve d’adolescente, réalise après des années d’économies et de surveillance des sites japonais", explique-t-elle. À ses côtés, un Tanjiro "Pilier de la Brume" (Demon Slayer), obtenu en exclusivité lors de l’AnimeJapan 2023, rappelle l’adrénaline des files d’attente et la joie de dénicher la pièce convoitée.
Pourtant, la rareté ne fait pas tout. Certaines figurines, plus accessibles, ont une place tout aussi importante. Son Luffy en résine, tiré à seulement 500 exemplaires, côtoie un Gon (Hunter x Hunter) acheté lors d’une brocante par hasard. "Parfois, c’est l’histoire derrière l’objet qui compte plus que sa valeur marchande", souligne Jasmin. Un principe qui s’applique aussi à sa Tifa (Final Fantasy VII Remake), rapportée d’Akihabara lors d’un voyage improvisé. "Je l’ai trouvée dans une petite boutique près de la gare. Le vendeur m’a dit que c’était la dernière. J’ai su tout de suite que c’était un signe."
Cette mixité entre pièces ultra-rares et coups de cœur spontanés crée une collection vivante, en constante évolution. Comme le note Thomas Romain, réalisateur français installé au Japon et lui-même collectionneur : "Une figurine, c’est comme un tatouage : ça marque un moment de vie. Peu importe son prix, ce qui compte, c’est ce qu’elle représente."
"Mais à quoi ça sert ?" : le regard des autres sur une passion incomprise
Pourtant, toutes les réactions ne sont pas admiratives. Entre les "Tu vas faire quoi avec tout ça ?" des proches et les "C’est de l’argent gaspillé" des moins initiés, Jasmin a dû apprendre à assumer son hobby. "Au début, ça me blessait. Puis j’ai compris que les gens projettent leurs propres insécurités sur ce qu’ils ne comprennent pas."
Une expérience partagée par beaucoup de collectionneurs. Julien Kaibeck, auteur de Geek Power, y voit un phénomène culturel plus large : "Les passions geek sont souvent moquées car elles remettent en cause l’idée traditionnelle de ce qui a de la valeur. Une figurine à 500 € choque plus qu’une paire de chaussures à prix équivalent, alors que les deux répondent au même besoin : s’affirmer à travers des objets."
Pour Jasmin, la réponse est simple : "Ces figurines me rendent heureuse. Elles me rappellent qui je suis, d’où je viens, et vers où je veux aller. Quel est le prix de ça ?" Une philosophie qui rejoint celle d’Henry Cavill, qui déclarait dans une interview pour IGN : "Mes figurines Warhammer ? Ce sont mes médailles. Chaque bataille peinte, chaque détail ajouté, c’est une victoire sur le temps et la routine."
Derrière les vitrines : l’art invisible du collectionneur
Ce que les non-initiés ne voient pas, c’est tout le travail derrière une collection. Entre la veille permanente sur les sites japonais (comme AmiAmi ou Mandarake), les négociations avec les revendeurs, les heures passées à comparer les prix ou à authentifier les pièces, le collectionneur est aussi un chasseur, un stratège, parfois même un diplomate.
Jasmin raconte ainsi comment elle a dû "supplier un ami à Tokyo pour qu’il aille récupérer une figurine de Nier:Automata en magasin, car elle n’était pas disponible à l’export". Ou encore comment elle a passé trois mois à traquer une édition limitée de Re:Zero avant de la trouver… chez un particulier en Allemagne. "Parfois, c’est comme résoudre une énigme. Et quand tu trouves la solution, la satisfaction est immense."
Sans compter l’aspect logistique : comment ranger, exposer, protéger des centaines de figurines ? Jasmin a dû investir dans des vitrines anti-poussière, des supports sur mesure, et même négocier avec son propriétaire pour percer des trous dans les murs. "Un jour, j’ai réalisé que je passais plus de temps à organiser ma collection qu’à regarder des anime. C’est là que j’ai su que j’étais vraiment accro."
Et demain ? Quand la collection devient héritage
À long terme, Jasmin se pose des questions existentielles. "Que deviendra tout ça dans 20 ans ? Mes enfants voudront-ils de mes figurines ?" Une préoccupation partagée par beaucoup de collectionneurs, surtout quand les pièces prennent de la valeur avec le temps. Sa Saber Ultimate Madoka, par exemple, se revend déjà 600 € sur le marché de l’occasion.
Certains, comme Mark Otto (créateur de Bootstrap et collectionneur de retro-gaming), choisissent de léguer leurs trésors à des musées. D’autres, comme Ashley Eckstein (la voix d’Ahsoka Tano), créent des fondations pour préserver ces objets culturels. Jasmin, elle, envisage un mix des deux : "J’aimerais que certaines pièces aillent à des fans qui les chériront, et que d’autres restent dans la famille, comme des reliques."
Une chose est sûre : cette collection ne est pas qu’un amas d’objets. C’est une carte au trésor de sa vie, où chaque figurine est un repère. Et comme le disait Hayao Miyazaki : "Les objets ont une âme. Ils se souviennent de ceux qui les ont aimés."
Les murs de l’appartement de Jasmin ne portent pas de simples décorations. Ils abritent des fragments de rêves, des morceaux d’aventures vécues à travers des écrans, des conventions, des voyages. Sa collection, comme celle d’Henry Cavill ou de milliers d’autres passionnés, prouve que les univers geek ne se contentent pas de divertir : ils transforment. Ils redéfinissent les espaces, les identités, et même la notion de valeur.
Alors la prochaine fois que vous croiserez une étagère remplie de figurines, souvenez-vous : derrière chaque objet se cache peut-être une histoire plus grande que nature. Et qui sait ? Peut-être que, comme Jasmin, vous finirez par vous y reconnaître.

