Il y a 59 jours
**BIG dit adieu à kyuubii : pourquoi son départ marque-t-il la fin d’une ère pour le CS2 allemand ?**
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**Le départ de kyuubii de BIG : un tournant pour le CS2 allemand ?**
Après une année 2025 en demi-teinte, Can "kyuubii" Ali quitte Berlin International Gaming, laissant derrière lui une équipe en quête de stabilité et un palmarès mitigé. Malgré des éclairs de talent en Tier 2, le jeune joueur de 20 ans n’a pas réussi à s’imposer face à l’élite mondiale. BIG, 45ᵉ du classement régional, doit désormais se reconstruire avant les compétitions clés de 2026. Une page se tourne, mais quelle sera la suite pour kyuubii et pour l’organisation allemande ?A retenir :
- kyuubii quitte BIG après 12 mois marqués par des performances irrégulières, malgré des podiums en Tier 2 (YaLLa Compass Winter 2025, DACH CS Masters).
- BIG en difficulté en 2025 : 45ᵉ place régionale et absence du top 250 mondial, seul BIG EQUIPA (équipe féminine) brille avec un titre en ESL Impact.
- Un mercato décisif : libre de contrat, kyuubii cherche une nouvelle équipe pour relancer sa carrière, tandis que BIG doit se renforcer avant les compétitions de début 2026.
- Un profil attractif mais risqué : son potentiel en Tier 2 pourrait séduire des projets ambitieux, mais son manque de constance en Tier 1 reste un point d’interrogation.
- La fin d’un cycle ? Ce départ soulève des questions sur la stratégie de BIG, historiquement forte en CS:GO mais en perte de vitesse depuis la transition vers CS2.
**Kyuubii et BIG : une année de contrastes et de désillusions**
Janvier 2025. Berlin International Gaming (BIG), l’une des organisations les plus emblématiques du Counter-Strike européen, annonce l’arrivée de Can "kyuubii" Ali, un jeune joueur turc de 20 ans au potentiel prometteur. Ancien membre de Fnatic (où il était resté inactif), kyuubii débarque avec l’espoir de relancer une carrière encore en construction. Un an plus tard, le constat est sans appel : malgré quelques éclairs, le mariage entre le joueur et l’équipe n’a pas tenu ses promesses. Après une rétrogradation en équipe académie en août 2025, BIG officialise son départ, mettant fin à une collaboration de douze mois marquée par des hauts… et beaucoup de bas.
Sur le papier, les statistiques de kyuubii ne sont pas catastrophiques. En Tier 2, il a su se montrer décisif à plusieurs reprises, comme lors de la 3ᵉ place aux DACH CS Masters ou du podium à YaLLa Compass Winter 2025. Pourtant, ces performances n’ont jamais suffi à le propulser parmi l’élite. En Tier 1, là où BIG ambitionnait de rivaliser avec les meilleurs, les résultats ont été bien en deçà des attentes. Avec une 45ᵉ place au classement régional Valve et une absence totale du top 250 mondial, l’équipe principale de BIG a traversé 2025 comme un navire à la dérive, incapable de trouver un second souffle après la transition vers CS2.
Ironie du sort, la seule lumière dans cette année terne est venue de BIG EQUIPA, l’équipe féminine de l’organisation. Sacrée championne de l’ESL Impact en décembre 2025 après une victoire 2-1 contre MIBR Female, elle a rappelé que BIG savait encore gagner… mais pas là où on l’attendait. Un contraste saisissant qui en dit long sur les défis structurels de l’organisation.
**Pourquoi kyuubii n’a-t-il pas percé en Tier 1 ? Le poids des attentes et la réalité du niveau**
À 20 ans, kyuubii incarnait l’espoir d’une relève dans un CS2 en pleine mutation. Pourtant, son parcours chez BIG a révélé les limites d’un profil encore trop inconstant pour briller au plus haut niveau. Plusieurs facteurs expliquent cet échec relatif :
1. Un style de jeu adapté au Tier 2, mais limité en Tier 1 : kyuubii a souvent brillé dans des compétitions moins relevées, où son agressivité et sa créativité faisaient la différence. Mais face à des équipes comme FaZe Clan, Natus Vincere ou G2 Esports, son manque de régularité et son positionnement parfois hasardeux ont été sanctionnés. Comme l’a souligné l’analyste Jarek "DeKay" Lewis : *« Dans le Tier 1, une seule erreur se paie cash. Kyuubii a souvent été le maillon faible dans les moments clés. »*
2. Une intégration difficile dans une équipe en crise : BIG n’était pas au mieux de sa forme lors de son arrivée. Les changements de roster fréquents et l’absence de leadership clair ont compliqué son adaptation. Contrairement à des joueurs comme syrsoN ou tabseN, qui avaient bénéficié d’un collectif stable, kyuubii a dû naviguer dans un environnement instable, peu propice à l’épanouissement.
3. La pression d’un héritage lourd à porter : BIG a longtemps été une référence du CS:GO allemand, avec des joueurs légendaires comme gob b ou nex. Reprendre ce flambeau en CS2 était un défi de taille, surtout pour un jeune joueur encore en apprentissage. *« On attendait peut-être trop de lui, trop tôt »*, confie un proche de l’équipe sous couvert d’anonymat.
**Derrière les chiffres : l’histoire d’un joueur entre doutes et éclairs de génie**
Pour comprendre kyuubii, il faut remonter à ses débuts. Repéré très jeune pour son aim exceptionnel et sa capacité à clutcher des rounds improbables, il a rapidement attiré l’attention des recrueurs. Son passage chez Fnatic, bien que court et sans match officiel, avait suscité l’espoir d’un futur star. Pourtant, comme le raconte un ancien coéquipier : *« Kyuubii, c’est un peu comme un feu d’artifice. Quand ça explose, c’est magnifique. Mais entre deux, il y a beaucoup de silence. »*
Chez BIG, ces moments de magie ont existé. Qui pourrait oublier sa performance contre Sprout lors des DACH CS Masters, où il a porté son équipe presque à lui seul avec un 1.67 de rating sur la série ? Ou encore son ACE en overtime contre Apeks à YaLLa Compass, un exploit qui avait fait vibrer les fans ? Pourtant, ces pics de forme n’ont jamais duré assez longtemps pour convaincre.
*« Il a le niveau pour être un top 20 mondial, mais il lui manque la constance mentale »*, analyse Alex "Machine" Richardson, ancien entraîneur de BIG. *« À 20 ans, c’est normal d’avoir des hauts et des bas, mais en Tier 1, on n’a pas le temps d’attendre. »* Un constat partagé par beaucoup dans la scène, où kyuubii est souvent décrit comme un *« diamant brut »*… qui tarde à être taillé.
**BIG en 2026 : reconstruire ou disparaître ?**
Le départ de kyuubii laisse BIG face à un dilemme : faut-il miser sur la jeunesse ou recruter des vétérans pour stabiliser le projet ? Avec les compétitions du premier trimestre 2026 qui approchent (dont les qualifications pour le Major de Stockholm), l’organisation n’a pas le droit à l’erreur.
Plusieurs pistes sont évoquées :
• Le recrutement d’un rifler expérimenté : des noms comme Olek "hades" Miskiewicz (ex-AGO) ou Oscar "mixwell" Cañellas (libre depuis son départ de G2) circulent. L’objectif ? Apporter de la sérénité et de l’expérience à un roster trop jeune.
• Un pari sur la relève allemande : BIG a toujours été un vivier pour les talents locaux. Des joueurs comme Florian "syrsoN" Rische (actuellement inactif) ou Johannes "tabseN" Wodarz (en fin de contrat avec BIG) pourraient faire leur retour. Une option risquée, mais qui s’inscrirait dans l’ADN de l’organisation.
• Un changement de philosophie : et si BIG abandonnait (temporairement) le Tier 1 pour se concentrer sur le Tier 2, comme l’a fait Sprout avec succès ? Une stratégie moins glamour, mais peut-être plus réaliste à court terme.
*« BIG a deux choix : soit ils visent un coup d’éclat avec un recrutement ambitieux, soit ils acceptent de redescendre d’un cran pour se reconstruire solidement »*, résume Duncan "Thorin" Shields. *« La pire option serait de rester dans l’entre-deux. »*
**Kyuubii : quel avenir après BIG ? Entre Tier 2 et projets ambitieux**
Libre de tout contrat, kyuubii se retrouve sur un marché des transferts particulièrement animé en cette fin d’année. Plusieurs scénarios s’offrent à lui :
1. Une équipe de Tier 2 ambitieuse : des structures comme Sprout, ALTERNATE aTTaX ou HEET pourraient être intéressées. Ces équipes, souvent en reconstruction, cherchent des joueurs capables de faire la différence dans des compétitions comme l’ESL Challenger ou la BLAST Premier. *« Kyuubii a le profil idéal pour une équipe qui vise le top 30 mondial »*, estime un manager sous le couvert de l’anonymat.
2. Un projet international** : son passé chez Fnatic et son expérience en Allemagne pourraient séduire des organisations cherchant à mélanger jeunes talents et vétérans. Des rumeurs l’associent déjà à des projets en Turquie (son pays d’origine) ou en Europe de l’Est, où son style agressif est particulièrement apprécié.
3. Un retour en académie** : moins probable, mais pas impossible. Si kyuubii peine à trouver une équipe principale, une structure comme BIG Talent (l’académie de BIG) ou FNATIC Rising pourrait lui offrir un cadre pour se relancer. *« Parfois, il faut faire un pas en arrière pour mieux sauter »*, rappelle Richard Lewis.
Quel que soit son choix, une chose est sûre : kyuubii aura besoin de trouver un environnement stable, capable de canaliser son talent sans le brider. *« Il a besoin d’un coach qui croit en lui et d’une équipe qui joue autour de ses forces »*, analyse Machine. *« Sans ça, il risque de devenir un éternel "what if" du CS2. »*
**Le CS2 allemand à la croisée des chemins**
Au-delà de l’histoire individuelle de kyuubii, ce départ pose une question plus large : le CS2 allemand est-il en déclin ? Historiquement, l’Allemagne a été un bastion du Counter-Strike, avec des équipes comme mousesports, BIG ou ALTERNATE aTTaX dominant la scène européenne. Pourtant, depuis 2023, la tendance s’inverse.
Les causes ?
• Un vivier de talents qui s’assèche : les jeunes joueurs allemands peinent à percer, contrairement à des nations comme la France (avec ZywOo, m0NESY) ou le Danemark (device, gla1ve).
• Des organisations en difficulté financière : la crise économique a touché de plein fouet l’esport allemand, avec des budgets en baisse et moins d’investissements dans les infrastructures.
• Un manque de résultats en Tier 1 : depuis le titre de BIG à l’ESL One Cologne 2020, aucune équipe allemande n’a brillé dans un grand tournoi international.
*« L’Allemagne a perdu son statut de superpuissance du CS »*, constate Thorin. *« Sans un sursaut rapide, elle pourrait devenir un acteur secondaire, comme l’a été la Suède il y a quelques années. »* Dans ce contexte, le cas kyuubii est symptomatique : un joueur à fort potentiel, mais qui n’a pas su (ou pu) s’épanouir dans un écosystème en crise.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Des initiatives comme la DACH Liga (ligue régionale Allemagne/Autriche/Suisse) ou le retour de tournois comme l’ESL One Cologne en 2026 pourraient redonner un coup de fouet à la scène. *« Il faut reconstruire depuis les fondations »*, insiste tabseN. *« Et ça commence par donner leur chance aux jeunes… mais en les encadrant mieux. »*
Les prochains mois seront décisifs. Si kyuubii rebondit en Tier 2, il pourrait devenir l’un des visages de la relève européenne. Si BIG parvient à recruter malin, l’organisation pourrait retrouver sa place parmi l’élite. Dans le cas contraire, 2026 risque d’être une année de plus dans l’ombre… et le CS2 allemand pourrait bien devenir un lointain souvenir.

