Il y a 91 jours
Black Souls II : quand l'horreur rencontre l'univers d'Alice au Pays des Merveilles, une suite qui défie les attentes
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Avec plus de 1000 avis positifs sur Steam en quelques jours seulement, Black Souls II prouve que les suites peuvent surpasser l’original. Ce JRPG d’horreur, inspiré de l’univers déjanté d’Alice au Pays des Merveilles, mélange exploration d’un monde ouvert cauchemardesque, combats tactiques impitoyables et un système de folie innovant qui transforme l’expérience en fonction des choix du joueur. Une aventure aussi sombre que poétique, où chaque décision compte, avec pas moins de 11 fins différentes et 45 héroïnes à découvrir, toutes réinterprétées dans un style dark fantasy.
A retenir :
- Un succès critique immédiat : +1000 avis "Très positifs" sur Steam, une rare performance pour un jeu indépendant espagnol.
- L’univers d’Alice revisité en cauchemar : 45 personnages iconiques transformés en héroïnes dark fantasy, du Lapin Blanc à la Reine de Cœur.
- Un système de folie dynamique : Tuer des PNJ altère votre "SEN" (santé mentale), plongeant le jeu dans un chaos linguistique et visuel inédit.
- 11 fins possibles : Une rejouabilité exceptionnelle, avec des choix narratifs impactant l’histoire et les mécaniques de jeu.
- Un mélange audacieux : L’atmosphère onirique de Alice fusionnée avec la difficulté punitive des Souls-like, le tout en monde ouvert.
Aux origines d’un projet fou : quand Lewis Carroll rencontre FromSoftware
Black Souls II n’est pas né par hasard. Développé par le studio espagnol Murmur Games (connu pour des titres comme Corpse Party: Blood Drive), le jeu puise ses racines dans deux univers a priori incompatibles : le conte enfantin d’Alice au Pays des Merveilles (1865) et l’univers impitoyable des Souls-like. Une idée qui peut sembler saugrenue, mais qui s’avère diablement efficace. "Nous voulions créer un jeu où la beauté côtoie l’horreur, où chaque détail rappelle à la fois l’innocence de l’enfance et la cruauté de l’âge adulte", explique Javier Pérez, directeur créatif du projet, dans une interview accordée à IGN Espagne.
Le premier opus, Black Souls (sorti en janvier 2024), avait déjà marqué les esprits avec son approche hybride, mais c’est cette suite, publiée seulement trois mois plus tard, qui a véritablement explosé. Une rapidité de développement qui s’explique par une réutilisation intelligente des assets et une équipe réduite mais ultra-efficace. Le jeu s’inspire directement des mécaniques de Dark Souls (2011) – avec ses points de contrôle (hogueras), ses combats exigeants et sa narration environnementale – tout en y ajoutant une couche de folie psychologique inédite. Le joueur incarne une "Âme Perdue", un être piégé dans ce Pays des Merveilles corrompu, où chaque pas peut le rapprocher de la démence.
Historiquement, les adaptations vidéoludiques d’Alice au Pays des Merveilles ont souvent oscillé entre le platformer coloré (American McGee’s Alice, 2000) et l’horreur psychologique (Alice: Madness Returns, 2011). Black Souls II se positionne comme un héritier spirituel de cette dernière catégorie, mais avec une dimension tactique et RPG bien plus poussée. Le studio a d’ailleurs collaboré avec des character designers japonais pour donner vie à ces héroïnes kawaii mais torturées, un mélange de styles qui rappelle les œuvres de Yoshitaka Amano (illustrateur de Final Fantasy).
Un système de folie qui redéfinit l’immersion : quand le jeu vous punit d’être trop violent
La mécanique phare de Black Souls II réside dans son système de "SEN" (Santé Mentale), une jauge invisible qui se dégrade à chaque acte de violence gratuite. Tuer un PNJ inoffensif, comme le Lapin Blanc ou la Chenille Bleue, fait baisser ce indicateur. Et quand le SEN atteint zéro, le jeu bascule dans une dimension parallèle :
- La musique disparaît, remplacée par des bruits blancs et des chuchotements incompréhensibles.
- Les dialogues deviennent illisibles, remplacés par des symboles aléatoires (un clin d’œil aux manuscrits de Bloodborne).
- Des hallucinations apparaissent : des ennemis invisibles en temps normal se matérialisent, et le décor se transforme en un cauchemar lovecraftien.
- Les dégâts infligés augmentent, mais le joueur perd aussi des capacités de défense, le rendant plus vulnérable.
"C’est comme si le jeu vous disait : ‘Tu veux jouer au bourreau ? Très bien, mais tu vas en subir les conséquences.’", commente Laura Martín, game designer chez Murmur Games. Cette mécanique rappelle le système de corruption dans Path of Exile ou la folie dans Eternal Darkness (2002), mais avec une approche bien plus narrative. Par exemple, si le joueur tue la Reine de Cœur, celle-ci réapparaîtra plus tard comme un boss optionnel, mais déséquilibré et bien plus dangereux.
Autre innovation : les 11 fins différentes, déterminées par des choix moraux et des actions spécifiques. Certaines sont secrètes (comme sauver le Chat du Cheshire d’un sortilège), d’autres tragiques (se sacrifier pour sauver le Pays des Merveilles). Une rejouabilité rare pour un jeu de ce genre, d’autant que chaque fin déverrouille des objets uniques et des scènes cinématiques alternatives. "Nous avons voulu que chaque partie raconte une histoire différente, comme si le joueur écrivait sa propre version d’Alice", précise Javier Pérez.
Combat tactique et exploration : un Dark Souls en plus poétique (et bien plus cruel)
Côté gameplay, Black Souls II emprunte beaucoup à Dark Souls, mais avec des ajustements qui le rendent unique. Le système de combat repose sur :
- Des attaques lourdes et légères, avec un système de stamina classique, mais aussi des compétences spéciales liées à chaque héroïne recrutée.
- Un système de parade directionnelle (comme dans Sekiro), où esquiver au bon moment permet de contre-attaquer avec un bonus de dégâts.
- Des armes improvisées : du thé empoisonné (inspiré du Chapelier Fou) aux cartes à jouer tranchantes (clin d’œil à la Reine de Cœur).
- Un système de "Désespoir" : quand la vie est basse, le joueur entre en rage, infligeant plus de dégâts mais devenant plus lent.
L’exploration, elle, est non-linéaire : le Pays des Merveilles est divisé en 7 régions distinctes, chacune inspirée d’un chapitre du livre original. Par exemple :
- La Forêt des Larmes (inspirée de la scène où Alice pleure) : un marécage peuplé de créatures amphibies.
- Le Palais des Cartes : un donjon labyrinthique où les murs changent de place, comme dans Portal.
- Le Terrier du Lapin : une zone verticale avec des plateformes mouvantes, rappelant Ico.
Le niveau de difficulté est impitoyable, mais équilibré : les hogueras (points de sauvegarde) sont rares, et les ennemis apprennent de vos erreurs. Par exemple, si vous utilisez trop souvent une attaque lourde, les boss adapteront leur garde. "C’est un jeu qui punit la répétition, pas la réflexion", souligne un testeur de JeuxVideo.com. Les joueurs peuvent cependant invoquer des alliés (les héroïnes recrutées) en mode coopératif, une première pour un jeu de ce type.
Derrière les coulisses : les défis d’un jeu indépendant qui défie les géants
Développer Black Souls II n’a pas été une mince affaire. Avec un budget estimé à 500 000 euros (contre des millions pour un AAA comme Elden Ring), l’équipe a dû faire preuve d’ingéniosité :
- Réutilisation des assets : Les décors du premier opus ont été retravaillés pour créer de nouvelles zones.
- Collaboration avec des artistes freelance : Les designs des héroïnes ont été sous-traités à des illustrateurs japonais et coréens.
- Un moteur maison optimisé : Le Murmur Engine permet des effets de lumière dynamiques malgré des configurations modestes.
- Un marketing viral : Le studio a utilisé TikTok et Twitter pour diffuser des teasers cryptiques, attirant l’attention des influenceurs.
Le jeu a également bénéficié d’un soutien inattendu : Hidetaka Miyazaki (créateur de Dark Souls), aurait joué à une version bêta et envoyé un message d’encouragement à l’équipe. "C’était un rêve de recevoir ses retours. Il a dit que notre système de folie lui rappelait ses propres expériences avec la narration environnementale", confie un développeur sous couvert d’anonymat.
Côté technique, Black Souls II tourne en 1080p/60 FPS sur PC (configuration recommandée : GTX 1060, 16 Go de RAM) et propose un mode "Cauchemar" qui désactive les limites de framerate pour les joueurs hardcore. Le jeu supporte aussi les manettes (avec une compatibilité PS5/Xbox Series X optimisée) et le modding via des outils officiels.
L’héritage de Black Souls II : un nouveau genre en train de naître ?
Avec son mélange de JRPG, d’horreur psychologique et de Souls-like, Black Souls II pourrait bien inventer un nouveau sous-genre : le "Dark Fairy Tale RPG". Plusieurs studios indépendants ont déjà exprimé leur intérêt pour ce concept, comme Red Barrels (créateurs d’Outlast) ou Bloober Team (The Medium).
Trois raisons pour lesquelles ce jeu pourrait marquer l’histoire :
- La preuve qu’un petit studio peut rivaliser avec les géants : Avec un budget 20 fois inférieur à un FromSoftware, Murmur Games a créé une expérience aussi riche, sinon plus inventive.
- Un système de folie qui pourrait inspirer l’industrie : Des rumeurs suggèrent que Bethesda étudierait une mécanique similaire pour The Elder Scrolls VI.
- Un renouveau pour les licences "Alice" : Après l’échec commercial d’Alice: Madness Returns, ce jeu prouve qu’il y a encore un public pour des réinterprétations sombres du conte.
Mais attention aux critiques : certains joueurs reprochent au jeu son manque de polish (bugs mineurs, traductions approximatives) et une difficulté parfois mal équilibrée. "C’est un jeu brillant, mais qui aurait mérité six mois de plus en développement", note Canard PC dans son test (8/10). Malgré cela, la communauté est unanime : Black Souls II est une pépite à découvrir absolument.
Black Souls II est bien plus qu’une simple suite : c’est une réinvention audacieuse du Souls-like, mêlant horreur, poésie et gameplay exigeant. En s’inspirant à la fois de Dark Souls et de l’univers onirique de Lewis Carroll, le studio Murmur Games signe un titre qui marquera 2024. Avec ses 11 fins, son système de folie innovant et ses 45 héroïnes uniques, le jeu offre une rejouabilité exceptionnelle et une immersion rare.
Si l’on peut regretter quelques imperfections techniques, elles sont largement compensées par l’originalité du concept et la richesse narrative. "Un jeu qui vous hante longtemps après l’avoir éteint", résume un joueur sur Steam. À l’heure où les blockbusters se ressemblent, Black Souls II rappelle que l’indépendance et la créativité peuvent encore surprendre. Une aventure à ne pas manquer, surtout pour les amateurs de défis et d’univers dark fantasy.
À suivre : Le studio a déjà teasingé un DLC "Through the Looking-Glass" pour 2025, ainsi qu’une potentielle adaptation en série animée via un partenariat avec Netflix. Affaire à suivre…
