Il y a 82 jours
Destiny 2 : Renegades – Quand Star Wars éblouit… mais Destiny déçoit !
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Un mariage raté entre deux géants ?
Destiny 2 : Renegades promet une fusion audacieuse entre l’univers de Star Wars et le looter-shooter de Bungie. Si les cinématiques et les éléments iconiques (sabres laser, blasters, vaisseaux) captivent dès les premières minutes, l’extension peine à tenir ses promesses. Entre dialogues in-game silencieux, campagne laborieuse et quêtes répétitives, l’immersion se fissure rapidement. Pourtant, des mécaniques innovantes et des armes emblématiques sauvent partiellement l’expérience, prouvant que Bungie sait encore surprendre… quand le scénario ne sabote pas tout.
A retenir :
- Une immersion Star Wars réussie… en apparence : vaisseaux, blasters et sabres laser recréent l’ambiance des films, mais les dialogues muets et les silences assourdissants brisent l’illusion.
- Un scénario en dents de scie : après une introduction épique, la campagne s’enlise dans des tutoriels et des quêtes de faction répétitives, retardant l’action principale.
- Des mécaniques qui sauvent (un peu) la mise : bombardements aériens, dômes protecteurs et armes exotiques (comme le blaster de Han Solo) dynamisent le gameplay, surtout en contenu haut niveau.
- Un gâchis narratif : malgré des cinématiques spectaculaires, l’urgence dramatique promise disparaît dans des missions secondaires sans enjeu, loin de la maîtrise de The Witch Queen.
- L’éternel paradoxe de Destiny 2 : entre émerveillement (scènes Star Wars) et lassitude (farming répétitif), Renegades illustre les forces et faiblesses récurrentes de la franchise.
Quand deux univers collident : la promesse d’une épopée intergalactique
Imaginez un instant : vous incarnez un Gardien, sabre laser à la main, face à un adversaire masqué maniant la Force avec une élégance mortelle. Derrière vous, un vaisseau impérial survole une planète désolée, tandis que les pew-pew caractéristiques des blasters résonnent comme une symphonie nostalgique. C’est sur cette image que Destiny 2 : Renegades vous accueille, avec une ambition claire : fusionner l’ADN de Star Wars et celui du looter-shooter de Bungie. Et force est de constater que, sur le papier, la recette est alléchante.
Dès les premières minutes, l’immersion est totale. Les cinématiques, réalisées avec un soin digne des films de la saga, mettent en scène un antagoniste charismatique – un mélange de Dark Vador et de Revan – dont la présence écrase l’écran. Les effets sonores, des vroom des vaisseaux aux clangs métalliques des sabres, sont reproduits avec une précision chirurgicale. Même la bande-son, orchestrale et puissante, rappelle les compositions de John Williams. Bref, Bungie et Lucasfilm semblent avoir réussi leur pari : transporter le joueur dans une galaxie lointaine, très lointaine…
Pourtant, cette illusion se fissure dès les premiers dialogues in-game. Alors que les cinématiques bénéficient d’un doublage soigné (avec des voix françaises convaincantes, pour une fois), les échanges en jeu basculent dans un silence assourdissant. Les personnages, pourtant loquaces dans les scènes pré-calculées, se réduisent à des bulles de texte statiques, comme dans un RPG mobile low-cost. Pire : même les figures centrales de l’intrigue, comme le mystérieux Lord Saladin (un clin d’œil à Saladin Forge, mais version Sith), perdent leur superbe une fois la cinématique terminée. Un comble pour une extension qui se veut "cinématographique".
"On a mis le paquet sur l’intro… et après ?" – Le syndrome de la campagne avortée
Si Renegades pêche par son traitement audio visuel inégal, c’est surtout son rythme narratif qui déçoit. Là où des extensions comme The Witch Queen ou Forsaken parvenaient à équilibrer exploration et tension dramatique, celle-ci s’enlise dans des quêtes de faction répétitives qui étirent artificiellement la durée de vie. Résultat : près de trois heures s’écoulent avant que l’histoire ne daigne enfin décoller – trois heures où le joueur enchaîne tutoriels, collectes de ressources et missions secondaires sans âme.
Le problème ? L’urgence dramatique promise dans l’introduction (une menace imminente, un mystère à élucider) se dilue dans des objectifs décousus. Par exemple, une quête vous envoie récupérer des artéfacts Sith épars sur une planète, sans jamais expliquer leur importance réelle. Pire : les personnages semblent eux-mêmes désintéressés par l’intrigue. Lors d’un échange avec Ikora Rey, cette dernière résume la situation avec un "On verra bien ce que ça donne" qui sonne comme un aveu d’improvisation. Où est passée la grandeur épique de Star Wars ?
Pourtant, les cinématiques continuent de briller par intermittence. Une scène en particulier, où votre Gardien affronte un adversaire dans un duel au sabre laser digne de Darth Maul vs. Obi-Wan, rappelle tout le potentiel perdu. Mais ces moments de grâce sont trop rares, noyés dans une bouillie de quêtes génériques qui rappellent les pires heures de Destiny 1.
Sabres laser et blasters : quand le gameplay sauve (un peu) les meubles
Heureusement, Renegades n’est pas un échec total. Bungie a eu la bonne idée d’introduire des mécaniques tactiques inédites, inspirées de jeux comme Helldivers 2. Parmi elles :
- Le bombardement aérien : une frappe orbitale que l’on peut appeler pour nettoyer une zone, avec un feedback visuel ultra-satisfaisant.
- Le dôme protecteur : un bouclier temporaire qui permet de se regrouper en équipe, idéal pour les raids.
- Le saut boosté : une mobilité accrue qui rappelle Apex Legends, mais sans le côté overpowered.
Ces ajouts, optionnels et bien intégrés, évitent l’écueil de The Final Shape, où les nouvelles mécaniques étaient souvent forcées et mal équilibrées. Ici, elles s’intègrent naturellement dans les combats, surtout en contenu haut niveau (donjons, raids). Un soulagement pour les vétérans, qui craignaient une nouvelle couche de complexité inutile.
Côté arsenal, l’extension brille aussi par quelques pépites. Le blaster de Han Solo, fidèle à son modèle (jusqu’au bruitage caractéristique), offre une expérience tactile jouissive. Quant au sabre laser exotique – une première dans Destiny 2 –, ses animations fluides et son design rétro-futuriste en font une pièce de collection. Dommage que son utilisation soit limitée à des moments scriptés, sous peine de déséquilibrer le PvP.
"On dirait un DLC Star Wars… mais en moins bien" – Le paradoxe Renegades
Le vrai problème de Renegades, c’est son manque de cohérence. L’extension alterne entre :
- Des sommets : les cinématiques, les duels au sabre, la bande-son, ou encore le design des nouveaux ennemis (des stormtroopers corrompus par la Pyramide Noire).
- Des abîmes : les dialogues muets, les quêtes répétitives, et surtout, une absence totale de tension. Même la menace principale, un Seigneur Sith hybride, manque de charisme une fois sorti des cinématiques.
Le pire ? L’extension semble elle-même consciente de ses limites. À un moment, un personnage lance, ironique : "C’est comme si on avait collé Star Wars et Destiny avec du scotch… et que la colle avait séché avant qu’on ait fini." Difficile de mieux résumer le sentiment général. Renegades aurait pu être une épopée intergalactique, un crossover historique. À la place, on obtient un produit à deux vitesses : éblouissant quand il emprunte à Star Wars, terne quand il retombe dans les travers de Destiny 2.
Pourtant, il y a des lueurs d’espoir. Les donjons, par exemple, sont parmi les mieux conçus de la franchise, avec des énigmes environnementales qui rappellent Tomb Raider. Et le raid final, bien que trop court, offre un combat de boss mémorable, où la coordination d’équipe est enfin récompensée. Preuve que Bungie sait encore faire vibrer… quand le scénario ne sabote pas tout.
Derrière le rideau : quand Lucasfilm impose ses règles
D’après des sources internes (relayées par Kotaku), la collaboration avec Lucasfilm n’a pas été de tout repos. Le studio aurait imposé des contraintes strictes :
- Interdiction d’utiliser des personnages majeurs de la saga (pas de Luke, Leia, ou même Boba Fett).
- Limitation des références directes à l’univers étendu (exit les planètes comme Coruscant ou Tatooine).
- Un contrôle créatif poussé sur les designs, expliquant pourquoi certains ennemis ressemblent à des clones low-poly de stormtroopers.
Résultat : Bungie a dû bricoler un récit original, mais sans pouvoir s’appuyer sur les piliers émotionnels de Star Wars. D’où ce sentiment de "presque" qui colle à l’extension. Comme si les développeurs avaient eu les mains liées, obligés de créer un Star Wars light pour ne froisser personne.
Ironie du sort, c’est peut-être cette frustration qui rend Renegades intéressante. Car malgré ses défauts, l’extension pose une question cruciale : peut-on vraiment fusionner deux univers aussi distincts sans sacrifier l’un ou l’autre ? La réponse, hélas, semble être non. Du moins, pas sans un budget et une liberté créative bien plus grands.
Renegades reste une expérience déséquilibrée, comme un vaisseau Star Wars dont un moteur sur deux aurait lâché. Quand elle ose, l’extension éblouit : les duels au sabre, les cinématiques, ou encore les nouvelles mécaniques rappellent que Bungie peut encore innover. Mais quand elle se replie sur les recettes éculées de Destiny 2 – farming répétitif, quêtes sans âme, dialogues absents –, elle déçoit.
Alors, faut-il craquer pour cette extension ? Oui, mais avec des attentes mesurées. Si vous êtes fan de Star Wars, vous y trouverez de quoi frissonner… pendant 10 heures. Si vous cherchez une aventure Destiny 2 aboutie, mieux vaut revenir à The Witch Queen. Quant à l’avenir, une chose est sûre : Bungie a prouvé qu’elle pouvait jouer avec les licences externes. Maintenant, il lui faut apprendre à les maîtriser.

