Il y a 52 jours
Dplus KIA et Logitech G : 8 ans de fidélité et une saison 2026 sous le signe de l’ambition
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Pourquoi ce partenariat de 8 ans entre Logitech G et Dplus KIA est-il un cas d’école dans l’esport ?
Dans un univers où les alliances se font et se défont au rythme des performances, Logitech G et Dplus KIA défient les règles : leur collaboration entre dans sa 8ᵉ année consécutive, un record de stabilité. Alors que l’équipe sud-coréenne prépare sa revanche après une saison 2025 sans Worlds, ce partenariat s’inscrit dans une stratégie audacieuse pour 2026. Entre recrutements choc (comme l’arrivée de Smash, ex-T1), un écosystème de sponsors soigneusement choisi (KIA, Xenics, STIX) et une préparation minutieuse, Dplus KIA mise tout sur la performance pure. Mais suffira-t-il pour dominer une LCK 2026 annoncée comme la plus compétitive de l’histoire ?
A retenir :
- Fidélité rare : Logitech G et Dplus KIA renouvellent leur partenariat pour une 8ᵉ année d’affilée, une durée exceptionnelle dans l’esport.
- Recrutements stratégiques : L’arrivée de Smash (ex-ADC de T1) et du rookie Career marque une volonté claire de reconquête après une saison 2025 sans Worlds.
- 3ᵉ place à la KeSPA Cup 2025 : Un signal fort derrière T1 et Hanwha Life, confirmant le potentiel de l’équipe pour le LCK 2026.
- Un réseau de sponsors ciblés : KIA (partenaire titre), SOOP (streaming), Xenics (écrans gaming) et STIX (web3) forment un écosystème alliant performance et innovation.
- Stratégie différente de G2 Esports : Contrairement aux géants européens, Dplus KIA mise sur des partenariats 100% orientés équipement et mobilité, sans diversion lifestyle.
- Objectif 2026 : Une saison à haut risque, avec une LCK plus compétitive que jamais et une équipe en quête de rédemption.
8 ans de collaboration : quand la fidélité devient une arme dans l’esport
Dans un milieu où les contrats de sponsoring se comptent souvent en mois, voire en tournois, l’annonce du renouvellement entre Logitech G et Dplus KIA pour une 8ᵉ saison consécutive a de quoi surprendre. Depuis 2019, les deux entités ont bâti une relation qui dépasse le simple échange matériel contre visibilité. "C’est une collaboration qui a évolué avec nous, au fil de nos victoires comme de nos échecs", confiait en 2023 un responsable de l’équipe sud-coréenne. Une déclaration qui prend tout son sens aujourd’hui, alors que Dplus KIA aborde 2026 avec une seule obsession : effacer les déceptions de 2025.
Contrairement à d’autres marques qui changent de partenariats comme de chemises, Logitech G mise sur la continuité. Le fabricant suisse fournit non seulement du matériel haut de gamme (souris PRO X Superlight, claviers PRO X TKL, casques PRO X 2 Lightspeed), mais s’investit aussi dans la création de contenus exclusifs pour les fans. Des sessions de streaming avec les joueurs, des tutoriels sur l’optimisation des périphériques, ou encore des événements en ligne où les supporters peuvent interagir avec l’équipe. Une approche qui rappelle celle de Razer avec Team Liquid, mais avec une durée bien supérieure.
Pourquoi une telle longévité ? La réponse tient peut-être dans les valeurs partagées. Logitech G, connu pour sa recherche de précision et de fiabilité, trouve en Dplus KIA un partenaire tout aussi exigeant. "Ils ne veulent pas juste gagner, ils veulent dominer avec style", expliquait un cadre de Logitech en marge du dernier LCK. Un état d’esprit qui tranche avec certaines équipes prêtes à tout pour un résultat immédiat, quitte à sacrifier leur identité.
Petite anecdote : Saviez-vous que le joueur Chovy, lors de son passage chez Dplus KIA, utilisait une souris Logitech G personnalisée avec un poids ajusté à 78 grammes ? Un détail qui en dit long sur le niveau d’exigence de l’équipe… et de son partenaire.
2026 : l’année de la rédemption ?
La saison 2025 restera comme une tache noire dans l’histoire récente de Dplus KIA. Pour la première fois depuis 2018, l’équipe n’a pas qualifié pour les Worlds, un échec cuisant dans un pays où le League of Legends est presque une religion. Pourtant, plutôt que de tout casser, la direction a choisi une reconstruction intelligente. Exit les stars vieillissantes, place à un mélange d’expérience et de jeunesse avec deux recrutements majeurs :
- Smash (ex-T1) : L’ADC, connu pour sa polyvalence et son sang-froid en teamfight, apporte une dimension internationale à l’équipe. Son arrivée a été saluée par les analystes, qui y voient un "coup de maître" pour rivaliser avec les duos botlane de T1 ou Gen.G.
- Career (rookie) : Le support, repéré en CK (Challengers Korea), incarne le pari sur l’avenir. Son style agressif et sa maîtrise des champions comme Rell ou Renata Glasc ont convaincu les recruteurs.
Les résultats ne se sont pas fait attendre. Dès la KeSPA Cup 2025 (tournoi hors-saison), Dplus KIA a créé la surprise en terminant 3ᵉ, derrière T1 et Hanwha Life, mais devant des favoris comme Gen.G ou KT Rolster. "On a vu une équipe cohérente, avec une meilleure gestion des objectifs et une communication renforcée", analysait le commentateur Papasmithy après la finale. Un signe encourageant à quelques semaines du LCK 2026, dont le coup d’envoi est prévu pour le 17 janvier.
Pourtant, les défis sont immenses. La LCK n’a jamais été aussi relevée, avec des équipes comme T1 (triple champion du monde), Gen.G (finaliste des Worlds 2023) ou Hanwha Life (révélation 2025) qui ne lâcheront rien. "Dplus KIA a le potentiel pour le top 3, mais il leur faudra une régularité qu’ils n’ont pas eue l’an dernier", tempère Thor, analyste pour Inven Global. La pression sera maximale dès les playoffs de printemps, où une seule défaite peut tout faire basculer.
Derrière Logitech G, un écosystème de sponsors bien huilé
Si Logitech G est le partenaire le plus visible, Dplus KIA s’appuie en réalité sur un réseau diversifié pour aborder 2026. Une stratégie qui rappelle celle des clubs sportifs traditionnels, où chaque sponsor apporte une pierre à l’édifice :
- KIA (partenaire titre depuis 2021) : Le constructeur automobile sud-coréen ne se contente pas d’apposer son logo. Il finance une partie des infrastructures et offre des véhicules à l’équipe pour les déplacements. Une collaboration qui va bien au-delà du simple naming.
- SOOP : La plateforme de streaming locale permet à Dplus KIA de toucher un public plus large, avec des contenus exclusifs (VODs, interviews, behind-the-scenes).
- Xenics : Spécialiste des écrans gaming, la marque fournit des moniteurs 240 Hz optimisés pour le compétitif. Un détail crucial dans un jeu où chaque milliseconde compte.
- STIX : Ce partenariat avec une plateforme web3 est le plus surprenant. Il inclut la création de NFTs pour les fans et des expériences interactives basées sur la blockchain. Une façon pour Dplus KIA de se positionner comme une équipe "tech-friendly", à l’image de ce que fait TSM aux États-Unis.
À l’inverse d’équipes comme G2 Esports, qui misent sur une image "lifestyle" (collaborations avec Gucci, BMW, Mastercard), Dplus KIA reste focalisée sur la performance pure. "Nos partenaires sont choisis pour nous donner un avantage compétitif, pas pour faire joli sur les réseaux", déclarait récemment le manager de l’équipe. Une philosophie qui pourrait payer dans une LCK où les détails font la différence.
Pourtant, cette approche n’est pas sans risques. En misant presque exclusivement sur des partenaires tech et mobilité, Dplus KIA se prive peut-être d’une diversification qui pourrait sécuriser ses revenus à long terme. "Si les résultats ne suivent pas, certains sponsors pourraient reconsidérer leur engagement", souligne un expert en marketing esportif sous couvert d’anonymat. Un pari osé, donc, mais cohérent avec l’ADN de l’équipe.
"On ne construit pas une dynastie en un an" : les coulisses d’une ambition
Derrière les annonces officielles et les communiqués de presse, la préparation de Dplus KIA pour 2026 ressemble à une machine de guerre. Dès novembre 2025, l’équipe s’est isolée dans un "bootcamp" secret en Corée du Sud, loin des regards indiscrets. Au programme :
- 10 heures d’entraînement quotidien, avec des sessions de VOD review jusqu’à minuit.
- Un staff élargi : En plus de l’entraîneur en chef, deux analystes supplémentaires ont été recrutés pour décortiquer les stratégies adverses.
- Des scrims internationaux : Contrairement à d’autres équipes LCK qui se concentrent sur des adversaires locaux, Dplus KIA a affronté des formations chinoises (LPL) et européennes (LEC) pour se préparer à tous les styles de jeu.
- Un suivi psychologique renforcé, après les critiques sur la gestion du stress en 2025.
Mais le plus surprenant vient peut-être des objectifs internes. Alors que les fans rêvent déjà d’un titre de LCK Summer, la direction a fixé des paliers plus réalistes : "Top 4 au Spring, qualification pour les Worlds en été". Une prudence qui tranche avec l’habituelle surconfiance des équipes coréennes. "On ne construit pas une dynastie en un an. 2026 doit être une année de reconstruction, pas de révolution", confiait un membre du staff à Fomos.
Cette rigueur s’étend même aux détails les plus insignifiants. Par exemple, l’équipe a travaillé avec Logitech G pour optimiser les profils matériels de chaque joueur. Les sensibilités de souris, les bindings de touches et même les couleurs des LEDs ont été ajustés pour maximiser le confort et la réactivité. "Un joueur comme Smash a des exigences très précises sur la texture de ses touches de clavier. On a dû tester cinq prototypes avant qu’il ne soit satisfait", révélait un ingénieur de Logitech.
Enfin, Dplus KIA a aussi misé sur la communication pour reconquérir ses fans. Après une année 2025 marquée par des tensions internes (notamment autour du départ de Canna), l’équipe a lancé une série de vidéos intitulée "Road to Redemption", où les joueurs partagent leurs doutes et leurs espoirs. Une transparence rare dans le monde souvent verrouillé du LCK.
LCK 2026 : un championnat à six têtes, et une équipe en quête d’identité
Si Dplus KIA a de quoi espérer, la LCK 2026 s’annonce comme l’une des plus indécises de l’histoire. Voici les principaux concurrents à surveiller :
- T1 : Toujours favorite avec Faker et Zeus, l’équipe vise un 4ᵉ titre mondial en 2026. Leur duo botlane (Gumayusi/Pyosik) reste une référence.
- Gen.G : Après une finale aux Worlds 2023, ils ont recruté Peyz (ex-Cloud9) pour renforcer leur midlane. Leur style agressif pourrait déstabiliser Dplus KIA.
- Hanwha Life : La révélation 2025, avec des jeunes comme Zeka ou Willper, qui ont prouvé qu’ils pouvaient battre n’importe qui.
- KT Rolster : Avec Bdd toujours aussi dominant en mid, ils restent une menace constante.
- Nongshim RedForce : Leur recrutement de Keria (ex-T1) en support en fait un outsider dangereux.
Dans ce contexte, Dplus KIA devra trouver son identité. En 2025, l’équipe a souvent été critiquée pour son manque de style clair, oscillant entre un jeu early-game explosif et des compositions trop passives. "Ils doivent choisir : soit ils jouent la carte de l’agressivité avec Smash et Career, soit ils misent sur un jeu macro solide. Les deux à la fois, ça ne marche pas au plus haut niveau", analyse Prime, ancien joueur devenu commentateur.
Leur premier test sera le LCK Spring 2026, où chaque match comptera double. Une mauvaise série pourrait les condamner à jouer les outsiders pour le reste de l’année. À l’inverse, un bon départ leur permettrait de construire une dynamique, comme l’a fait Hanwha Life en 2025. "Les trois premières semaines seront cruciales. Si ils battent T1 ou Gen.G dès le début, ça enverra un message fort", estime Helios, journaliste pour The Shotcaller.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact des changements de méta. Avec les mises à jour prévues par Riot pour la saison 13 (notamment sur les objets et les dragons), Dplus KIA devra s’adapter rapidement. Leur capacité à innover – comme lors de leur fameuse composition avec Sylas jungle en 2023 – pourrait faire la différence.
Entre fidélité rare et ambition démesurée, Dplus KIA aborde 2026 avec un mélange de prudent optimisme. Le partenariat avec Logitech G, plus que jamais ancré dans la durée, symbolise cette volonté de construire quelque chose de solide. Avec une équipe remaniée, un staff renforcé et des sponsors alignés sur leurs objectifs, les ingrédients sont là. Pourtant, dans une LCK 2026 plus compétitive que jamais, les doutes subsistent : suffira-t-il pour briser l’hégémonie de T1 ou Gen.G ?
Une chose est sûre : cette saison sera un test pour leur nouvelle identité. Si Dplus KIA parvient à allier la stabilité de ses partenariats (comme ces 8 ans avec Logitech G) à l’audace de ses recrutements (Smash, Career), ils pourraient bien écrire l’une des plus belles histoires de comeback de l’esport. Sinon, 2026 ne sera qu’une année de transition de plus. Et dans le LCK, les années de transition se paient cash.
Rendez-vous le 17 janvier pour le premier match de la saison. D’ici là, une question trotte dans la tête des fans : et si, cette fois, la 8ᵉ année était la bonne ?

