Il y a 93 jours
**La estrella azul** : le film espagnol qui a conquis les Goya débarque en streaming – une ode musicale entre rock et folklore
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Pourquoi La estrella azul est-il le film espagnol à ne pas manquer en 2024 ?
Après avoir triomphé aux Goya 2024 avec **8 nominations** et **2 récompenses** (Meilleur premier film et Révélation masculine pour Pepe Lorente), La estrella azul de Javier Macipe arrive enfin en **exclusivité sur Filmin**. Ce road-movie musical, où se croisent un **rocker en perdition** et une **légende du folklore argentin**, transcende les genres grâce à une **bande-son hypnotique** signée Jorge Drexler (oscarisé pour *Les Chemins de la liberté*). Entre **réalisme documentaire** et **poésie visuelle**, le film explore la **rédemption**, la **transmission**, et l’alliance improbable entre **guitares saturées** et **accordéons traditionnels**. Une pépite à découvrir absolument pour les amateurs de cinéma **authentique et vibrant**.A retenir :
- Double lauréat aux Goya 2024 : Meilleur premier film et Révélation masculine pour Pepe Lorente, face à des favoris comme *La société de la neige*.
- Une alchimie rare : L’affrontement-scène entre Mauricio Aznar (rocker désillusionné) et Don Carlos (incarné par la légende réelle Cuti Carabajal), où **50 heures de jam sessions live** ont été enregistrées pour le film.
- Une BO comme personnage principal : Composée par Jorge Drexler, elle fusionne **rock brut** et **chacarera argentine**, avec des influences allant de *Whiplash* à *Buena Vista Social Club*.
- Un hommage documentaire : Le film s’inspire de la vie de Cuti Carabajal, figure majeure de la musique traditionnelle argentine, ajoutant une **dimension historique** à la fiction.
- Disponible en exclusivité sur Filmin, aux côtés d’autres pépites comme *Blancanieves* de Pablo Berger ou *El hoyo* de Galder Gaztelu-Urrutia.
Un ovni cinématographique enfin accessible : pourquoi La estrella azul mérite votre attention
Imaginez un film où **Jimi Hendrix** rencontrerait **Astor Piazzolla** dans un bar perdu des Andes. La estrella azul, premier long-métrage de Javier Macipe, est de ces œuvres qui **défient les étiquettes**. Présenté comme un **"drame musical"**, il oscille en réalité entre **road-movie initiatique**, **documentaire déguisé** et **conte philosophique**. Après avoir **électrisé les Goya 2024** (avec deux trophées en poche), le voila disponible en **streaming exclusif sur Filmin**, plateforme qui se positionne comme le **Netflix ibérique des cinéphiles exigeants**.
Le pitch ? Mauricio Aznar (interprété par le **révélation Pepe Lorente**), un rockeur espagnol en pleine descente aux enfers, se retrouve propulsé dans un voyage improvisé en Argentine après la mort de son père. Là-bas, il croise la route de Don Carlos (joué par **l’icône réelle Cuti Carabajal**), un musicien folklorique oubliée qui va lui offrir une chance de **renaissance**. Entre deux, des **paysages à couper le souffle**, des **scènes musicales tournées en live**, et une **bande-son qui vous hantera des semaines**.
Ce qui frappe dès les premières minutes, c’est l’**authenticité** du projet. Javier Macipe a passé **plus de trois ans** à peaufiner le scénario, s’imprégnant de la culture de la **chacarera** (danse traditionnelle argentine) et collaborant avec des **musiciens locaux**. Résultat : un film où **chaque note, chaque plan semble respirer la vérité**. Même les dialogues improvisés entre Lorente et Carabajal – ce dernier n’étant pas acteur – **sonnent juste**, comme capturés sur le vif.
"Un Whiplash latino" : quand la musique devient le cœur battant du film
Si La estrella azul se distingue, c’est avant tout par son **approche révolutionnaire de la musique au cinéma**. Ici, pas de playback ni de fausse émotion : les **scènes de jam sessions** entre Mauricio et Don Carlos ont été **tournées en conditions réelles**, avec plus de **50 heures d’enregistrement** pour capturer l’alchimie entre les deux hommes. Pepe Lorente, guitariste confirmé, a même **appris la chacarera** pendant six mois pour les besoins du rôle.
La bande originale, signée en partie par **Jorge Drexler** (Oscar de la meilleure chanson pour *Les Chemins de la liberté*), est un **melting-pot sonore** à elle seule. On y entend :
- Les **riffs électriques** de Mauricio, inspirés du rock espagnol des années 90 (avec des clins d’œil à des groupes comme **Los Rodríguez** ou **Héroes del Silencio**).
- Les **accordéons envoûtants** de Don Carlos, directement hérités de la **tradition gaúcha**.
- Des **morceaux hybrides**, comme *"El Vuelo"*, où guitare saturée et bombo légüero (tambour argentin) s’entremêlent dans une **danse hypnotique**.
**Fun fact** : La scène où Mauricio et Don Carlos improvisent *"La estrella azul"* (le morceau éponyme) a été **tournée en une seule prise**, après que Cuti Carabajal ait insisté pour que *"la magie ne soit pas brisée par des coupures"*. Un choix risqué, mais qui paie : cette séquence de **7 minutes**, presque sans dialogue, est **l’une des plus applaudies** du film.
Cuti Carabajal : quand la fiction rend hommage à une légende vivante
Ce qui donne à La estrella azul sa **dimension unique**, c’est son ancrage dans le réel. Don Carlos, interprété par **Cuti Carabajal**, n’est pas un personnage fictif : c’est une **figure majeure de la chacarera**, un style musical argentin classé au **patrimoine culturel immatériel**. À **80 ans**, Carabajal accepte ici son **premier rôle au cinéma**, apportant une **présence magnétique** qui transcende l’écran.
Le film s’inspire librement de sa vie, notamment de son **exil en Espagne** pendant la dictature argentine, où il a **diffusé la chacarera** auprès des communautés immigrées. Javier Macipe a d’ailleurs intégré des **archives personnelles** de Carabajal dans le montage, comme cette scène où l’on voit le vrai musicien, jeune, jouer dans un bar de Buenos Aires en 1975. *"C’était important pour moi que le public comprenne d’où vient cette musique, et pourquoi elle compte tant"*, confie le réalisateur.
**Mais attention** : si le film est un **hommage vibrant**, il évite l’écueil du **biopic classique**. Mauricio Aznar n’est pas un simple faire-valoir pour Carabajal. Leur relation, **tendue et complexe**, rappelle parfois celle de *The Blues Brothers* : deux hommes que tout oppose, mais que la musique unit malgré eux. Une dynamique qui a **séduit la critique**, comme en témoigne El País : *"Un duo explosif, entre le cynisme du rockeur et la sagesse du vieux maître. On rit, on pleure, et on en redemande."*
Filmin : la plateforme qui ose les pépites (et pourquoi ça change tout)
Que La estrella azul débarque sur **Filmin** n’est pas un hasard. La plateforme espagnole, souvent comparée à **MUBI** ou **Criterion Channel**, se spécialise dans les **films d’auteur et les découvertes**. Avec un catalogue qui va de *Blancanieves* (le *Snow White* gothique de Pablo Berger) à *El hoyo* (le thriller dystopique de Galder Gaztelu-Urrutia), elle s’impose comme **la référence pour le cinéma ibérique ambitieux**.
**Pourquoi c’est une bonne nouvelle pour les spectateurs français ?**
- Sous-titres impeccables : Filmin propose des **traductions soignées**, avec même des notes contextuelles sur la chacarera ou le rock espagnol.
- Un algorithme qui surprend : Contrairement à Netflix, la plateforme **met en avant des films méconnus** plutôt que des blockbusters.
- Des bonus exclusifs : Pour *La estrella azul*, on trouve un **making-of sur les sessions live**, ainsi qu’un entretien avec Cuti Carabajal sur l’histoire de la chacarera.
**Petit bémol** : Filmin reste moins connue que ses concurrents, et son **abonnements (6,99€/mois)** peut sembler cher pour ceux qui ne regardent que quelques films par an. Mais pour les **amoureux du cinéma indépendant**, c’est un **investissement qui vaut le coup** – d’autant que la plateforme propose un **essai gratuit de 15 jours**.
Les critiques sont unanimes… ou presque
Avec une **note moyenne de 4,2/5** sur Sensacine et des **éloges dans la presse internationale** (*The Guardian* parle d’un *"joyau méconnu"*), La estrella azul a tout pour plaire. Pourtant, quelques voix dissonantes se font entendre :
- Certains trouvent le rythme trop lent : *"Les scènes musicales sont sublimes, mais les transitions entre elles manquent de fluidité"*, note un spectateur sur IMDb.
- D’autres regrettent un manque de profondeur psychologique : *"On reste en surface sur les traumatismes de Mauricio"*, estime un critique de *Fotogramas*.
- Enfin, les puristes du rock espagnol ont tiqué sur quelques **anachronismes musicaux** (comme une guitare qui ressemble étrangement à une Fender Stratocaster des années 2000… alors que l’action se passe en 2010).
**Réponse de Javier Macipe** à ces critiques ? *"Un film, c’est comme une chanson : si tout le monde l’aime, c’est qu’elle n’a pas d’âme."* Une philosophie qui résume bien l’esprit de *La estrella azul* : **imperfectible, mais profondément humain**.
La estrella azul n’est pas qu’un film : c’est une **expérience sensorielle**, un **voyage entre deux cultures**, et une **déclaration d’amour à la musique**. Entre les **doigts agiles de Pepe Lorente** sur sa guitare et les **pas de danse de Cuti Carabajal**, on oscille constamment entre **rire et émotion**, **nostalgie et espoir**.
Si vous aimez les **histoires de rédemption**, les **bandes originales qui vous obsèdent**, ou tout simplement les **films qui sortent des sentiers battus**, alors foncez. Et pour ceux qui hésitent encore : **Filmin propose un essai gratuit**. De quoi découvrir ce petit bijou **sans risque**, et peut-être tomber sous le charme de la **chacarera**… comme Mauricio Aznar.
**Dernier conseil** : Regardez-le avec un **bon casque audio**. Parce que dans *La estrella azul*, **la musique n’est pas un accompagnement** – c’est **le personnage principal**.

