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Faker : Le Roi de LoL entre dans l’Histoire avec la Cheongnyong Medal, consécration ultime de la Corée du Sud
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Il y a 59 jours

Faker : Le Roi de LoL entre dans l’Histoire avec la Cheongnyong Medal, consécration ultime de la Corée du Sud

Pourquoi cette médaille change tout pour l’eSport ?

Faker, triple champion du monde de League of Legends et figure emblématique de T1, devient le premier athlète d’eSport à recevoir la Cheongnyong Medal, la plus haute distinction sportive sud-coréenne. Une consécration historique qui élève l’eSport au rang de patrimoine national, aux côtés des légendes comme Son Heung-min ou Kim Yu-na. Avec un palmarès inégalé (6 titres mondiaux, exemption militaire, contrat record jusqu’en 2029) et une influence culturelle mondiale, Faker incarne désormais bien plus qu’un joueur : un symbole de persévérance, d’humilité et de révolution sportive.

A retenir :

  • Première historique : Faker est le 1er e-sportif à recevoir la Cheongnyong Medal, distinction créée en 1973 et jusqu’ici réservée aux athlètes traditionnels comme Son Heung-min (football) ou Kim Yu-na (patinage).
  • Un palmarès sans égal : 6 titres mondiaux en LoL, exemption du service militaire (privilège rare), et un contrat prolongé jusqu’en 2029 avec T1 – une longévité exceptionnelle dans un milieu où les carrières dépassent rarement 5 ans.
  • L’eSport, nouveau pilier culturel : La Corée du Sud officialise son statut de nation pionnière en intégrant l’eSport à son patrimoine sportif, avec des infrastructures comme le LoL Park (450 places) et des salaires pharaoniques (Faker gagnerait plus de 5M$/an, sponsors inclus).
  • L’humilité d’une légende : Malgré son statut d’icône, Faker assume ses défaites (comme face à un fan en 2024) et insiste : "Je veux inspirer, mais aussi continuer à apprendre".
  • Un héritage collectif : Il dédie sa médaille à T1, son équipe depuis 2013, et à ses fans, rappelant que "sans eux, rien n’aurait été possible".

La Cheongnyong Medal : quand l’eSport s’invite parmi les légendes nationales

Le 12 juin 2024 restera gravé dans l’histoire du sport sud-coréen. Ce jour-là, Lee Sang-hyeok, alias Faker, est devenu le premier athlète d’eSport à recevoir la Cheongnyong Medal (Médaille du Dragon Blanc), la plus haute distinction sportive du pays. Créée en 1973 pour honorer les figures ayant "contribué de manière exceptionnelle à l’élévation du prestige national", cette médaille avait jusqu’ici récompensé des stars comme le footballeur Son Heung-min (Tottenham) ou la patineuse Kim Yu-na (championne olympique). Son attribution à Faker marque un tournant : l’eSport entre officiellement dans le panthéon sportif coréen.

Pour comprendre l’ampleur de l’événement, il faut rappeler que la Corée du Sud est le berceau de l’eSport moderne. Dès les années 2000, le pays a structuré des ligues professionnelles pour StarCraft, puis League of Legends, avec des chaînes TV dédiées (comme ONGAMENET) et des arènes comme le LoL Park à Séoul, inauguré en 2018. Mais malgré cette avancée, les joueurs restaient souvent perçus comme des "entertainers" plutôt que des athlètes à part entière. La Cheongnyong Medal de Faker brise ce plafond de verre.


La cérémonie, présidée par le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, a été l’occasion de souligner l’impact économique et culturel de Faker. Selon les estimations, son influence aurait généré plus de 100 millions de dollars de retombées pour l’industrie du jeu vidéo en Corée du Sud, via les droits TV, le merchandising et le tourisme (les fans japonais et chinois affluent pour voir T1 s’entraîner). Un argument de poids pour justifier cette distinction, alors que le pays mise sur l’eSport pour rayonner à l’international, à l’approche des Jeux Asiatiques 2026 (où LoL sera discipline officielle).

"Sans eux, je ne serais rien" : l’hommage touchant de Faker à son équipe

Lors de son discours, Faker a tenu à rappeler que cette médaille était "le fruit d’un travail collectif". Une déclaration qui résonne particulièrement dans un milieu où les individualités sont souvent mises en avant. Depuis 2013, il évolue sous les couleurs de T1 (anciennement SK Telecom T1), une longévité inouïe dans un écosystème où les joueurs changent d’équipe presque aussi souvent que de souris gaming. "Mes coéquipiers, mon staff, nos supporters… Sans eux, je ne serais pas là aujourd’hui", a-t-il déclaré, visiblement ému.

Cette fidélité à T1 est d’autant plus remarquable qu’elle contraste avec les pratiques du secteur. La plupart des pros prennent leur retraite avant 25 ans, épuisés par le rythme infernal des entraînements (jusqu’à 14h/jour) et la pression compétitive. Faker, lui, a 29 ans et vient de signer une prolongation de contrat jusqu’en… 2029. Un record absolu, qui s’explique par son statut unique : "Il n’est pas seulement un joueur, c’est une marque à lui tout seul", explique Joe Marsh, ancien manager de T1, dans une interview à Inven Global.


Son salaire reflète cette exception : selon les rumeurs, il toucherait plus de 5 millions de dollars par an (hors sponsors), un montant inédit pour un joueur de LoL. À titre de comparaison, le salaire moyen d’un pro en LCK (ligue coréenne) tourne autour de 100 000$/an. Mais Faker n’est pas qu’une machine à gains. En 2021, il a reversé 30 000$ à une association caritative pour les enfants défavorisés, et multiplie les actions pour promouvoir l’eSport auprès des jeunes. "Je veux montrer que ce métier peut être une voie respectable, pas juste un passe-temps", confiait-il au Korea Times.

L’exemption militaire : le privilège qui a tout changé

En 2018, Faker a obtenu une exemption partielle du service militaire obligatoire (21 mois en Corée du Sud), grâce à sa médaille d’or aux Jeux Asiatiques de Jakarta. Un traitement réservé aux athlètes ayant "contribué à la gloire nationale", comme les médaillés olympiques. Cette décision a marqué un tournant : pour la première fois, un joueur d’eSport était reconnu au même niveau qu’un champion de taekwondo ou de tir à l’arc.

Mais cette exemption n’a pas été sans controverses. Certains internautes coréens ont critiqué un "passe-droit pour un gamer", tandis que des vétérans rappelaient que "le service militaire est un devoir sacré". Faker a répondu par les faits : en 2022, il a remporté son 4ème titre mondial, prouvant que sa carrière n’était pas un simple "coup de chance". "Je sais que ce privilège vient avec une responsabilité. Je dois continuer à performer pour le justifier", avait-il déclaré à l’époque.


Aujourd’hui, d’autres joueurs sud-coréens bénéficient de cette exemption, comme Chovy (Gen.G) ou Ruler (T1), mais Faker reste le seul à avoir combiné cette reconnaissance avec la Cheongnyong Medal. Une double consécration qui fait de lui "l’ambassadeur idéal de l’eSport coréen", selon Park Jae-dong, ancien ministre des Sports.

Le duel perdu face à un fan : quand la légende montre ses limites

En mars 2024, un événement inattendu a fait le tour des réseaux sociaux : Faker a perdu un 1v1 contre un fan lors d’un stream caritatif. La vidéo, vue plus de 2 millions de fois, montre le triple champion du monde se faire dominer par un joueur amateur sur LeBlanc, son champion fétiche. Sa réaction ? Un éclat de rire, suivi d’un "Bien joué ! Je dois m’entraîner plus".

Cet épisode révèle une facette méconnue de Faker : malgré son statut d’icône, il reste un compétiteur obsédé par la progression. "Je ne veux pas être ricordé comme quelqu’un qui s’est reposé sur ses lauriers", expliquait-il dans un documentaire de Riot Games en 2023. Une philosophie qui explique sa longévité. Alors que la plupart des joueurs de son âge deviennent coachs ou streamers, lui continue à s’entraîner 60h/semaine, analysant chaque partie comme un débutant.


Cette humilité contraste avec l’image du "monstre froid" qu’on lui colle parfois. En 2017, après une défaite en finale mondiale, il avait fondu en larmes en direct, déclarant : "Je déteste perdre. Ça me ronge". Une vulnérabilité rare chez les pros, qui a renforcé son capital sympathie. "Les fans aiment Faker parce qu’il est humain, pas parce qu’il est parfait", analyse Emily Rand, journaliste pour ESPN Esports.

2029 et après ? L’héritage impossible à égaler

Avec son contrat prolongé jusqu’en 2029, Faker pourrait théoriquement jouer jusqu’à 33 ans, un âge impensable dans l’eSport. Mais lui-même admet que "le corps et l’esprit ne suivent pas toujours". Son objectif ? "Transmettre ce que j’ai appris". Il a déjà commencé à former les jeunes talents de T1, comme Zeus (toplaner) ou Gumayusi (ADC), qui le décrivent comme "un mentor exigeant mais bienveillant".

Son héritage dépasse désormais le cadre sportif. En 2023, un musée Faker a ouvert à Séoul, retraçant sa carrière via des objets cultes (son premier clavier, ses maillots de compétition) et des écrans interactifs. Le gouvernement sud-coréen a même intégré des extraits de ses matchs dans les manuels scolaires, pour illustrer "l’excellence et la persévérance". "Faker est devenu un symbole national, comme le kimchi ou le K-pop", résume Kim Min-ji, sociologue à l’Université de Séoul.


Et demain ? Certains évoquent une reconversion en entraîneur ou en dirigeant, mais Faker reste évasif : "Je prends les choses année par année. Pour l’instant, je veux juste continuer à jouer". Une chose est sûre : qu’il raccroche en 2025 ou en 2029, son nom restera associé à l’âge d’or de l’eSport coréen. Comme l’a écrit le Chosun Ilbo, "Faker n’est pas un joueur. C’est une époque".

Le saviez-vous ? Les coulisses d’une légende

Derrière le mythe, il y a des anecdotes qui humanisent Faker :

  • Son pseudonyme : "Faker" vient de son amour pour les jeux de cartes (comme Magic: The Gathering), où il adorait "faire croire à ses adversaires qu’il avait une main faible".
  • Son premier salaire : En 2013, il touchait 1 200$/mois chez SKT. Aujourd’hui, il gagne 400 fois plus.
  • Sa routine : Il dort avec un masque de nuit et des bouchons d’oreille pour récupérer, et boit 3 litres d’eau par jour pour rester concentré.
  • Son plus grand regret : Ne pas avoir pu dire au revoir à son coéquipier Bang (ADC légendaire de T1) avant son départ en 2020, à cause de la pandémie.
La Cheongnyong Medal de Faker n’est pas qu’une récompense individuelle. C’est l’aboutissement d’une décennie de combat pour la reconnaissance de l’eSport, un secteur qui pèse aujourd’hui 1,8 milliard de dollars en Corée du Sud. En honorant Faker, le pays envoie un message clair : les joueurs pros ne sont plus des "geeks dans leur chambre", mais des athlètes à part entière, capables d’inspirer des millions de personnes. Pourtant, ce qui frappe chez Faker, c’est sa capacité à rester simple malgré les honneurs. Que ce soit en perdant face à un fan, en reversant une partie de ses gains, ou en insistant sur le rôle de son équipe, il incarne une forme rare d’excellence : celle qui n’oublie pas d’où elle vient. Alors que les écrans du LoL Park affichent désormais son visage aux côtés des légendes du sport traditionnel, une question persiste : qui, après lui, parviendra à unifier une nation autour d’un clic de souris ?
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Faker, c’est le tonton qui a transformé l’eSport en religion nationale, mais avec des règles de jeu League of Legends : tu peux gagner des millions en 1v1, mais si tu rates un flash à 100%, t’es déjà un zeubi à vie. La Corée vient de lui offrir une médaille plus prestigieuse que le titre de Meilleur Joueur de l’Histoire (et franchement, après 4 mondiaux, c’est un peu comme si on te donnait un Golden God pour avoir survécu à un DLC de Final Fantasy). Le pire ? Maintenant, les gamins vont devoir se battre pour être aussi légendaires que lui… ou finir streamers en pyjama à 22h, en pleurnichant sur leur backdoor raté. OSS117 aurait dit : « Un jour, les gamins me demanderont pourquoi je n’ai pas eu sa médaille… » Spoiler : ils le feront."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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