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Les Finals Grand Major 2025 : NTMR couronne un tournoi historique à Stockholm
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Il y a 91 jours

Les Finals Grand Major 2025 : NTMR couronne un tournoi historique à Stockholm

Le premier Grand Major de The Finals a marqué l’histoire de l’esport avec une victoire écrasante de NTMR, révélant le potentiel compétitif du jeu d’Embark Studios. Organisé à DreamHack Stockholm, ce tournoi a rassemblé 16 équipes mondiales pour un format hybride mêlant Cashout et duels en 3v3, offrant un spectacle tactique inédit. Malgré des audiences modestes, l’événement a prouvé que The Finals pouvait rivaliser avec les géants de l’esport, tout en soulignant les défis à venir pour pérenniser son succès.

A retenir :

  • NTMR domine le Grand Major : L’équipe nord-américaine remporte le titre avec une maîtrise technique des mécaniques de The Finals, notamment les Winch Claws et Dome Shields.
  • Format innovant : Combinaison unique de phases de Cashout (4 équipes) et de duels en 3v3, avec un système d’élimination progressif sur 3 phases.
  • Chute surprise des favoris : Gen.G (EMEA) et les équipes APAC éliminées dès les phases de groupes, révélant un fossé entre les régions.
  • Record d’audience modeste : Pic à 30 000 spectateurs en simultané, un score honorable pour un premier major, mais loin des standards de CS2 ou Valorant.
  • $100 000 en jeu : NTMR repart avec $37 500, tandis que Team Secret (2ᵉ) empoche $17 500 – un prize pool symbolique pour un tournoi de cette envergure.

Un tournoi né dans l’urgence : l’ascension fulgurante d’un esport "accidentel"

The Finals, développé par Embark Studios (fondé par d’anciens de DICE et Battlefield), n’était pas destiné à devenir un titre esport. À sa sortie en décembre 2023, le jeu se présentait comme un FPS destructible axé sur le chaos créatif, avec des mécaniques comme les Goo Grenades (grenades collantes) ou les Gateway (portails tactiques). Pourtant, sa communauté compétitive a rapidement transformé ses parties en Cashout (mode où 4 équipes s’affrontent pour déposer de l’argent dans des coffres) en un spectacle stratégique.

Le Grand Major 2025 est le fruit de cette appropriation par les joueurs. "Year 0", le circuit compétitif lancé par Embark, a servi de laboratoire : 8 tournois régionaux (NA, EMEA, Chine, Corée) ont qualifié 16 équipes, dont des structures historiques comme Fnatic ou TSM, mais aussi des collectifs émergents comme NTMR (ex-Bricked). "The Finals est un jeu où 1% de différence dans l’exécution peut tout changer"*, explique un analyste de Dexerto, soulignant l’importance de la coordination en 3v3 et de la gestion des ressources (comme les Dome Shields pour bloquer les dépôts).

Le choix de DreamHack Stockholm n’est pas anodin : la Suède est un hub esportif, et le lieu a accueilli des tournois majeurs comme ceux de Counter-Strike ou Dota 2. Pourtant, avec seulement 700 places en présentiel, l’événement a misé sur une expérience hybride (streaming + public réduit), un pari risqué pour un jeu encore en quête d’audience.


Phase 1 : Le choc des cultures, quand l’APAC s’effondre face à la créativité NA

Dès le 28 novembre, les phases de groupes ont révélé un déséquilibre régional flagrant. Les équipes asiatiques (Chine et Corée), pourtant redoutées pour leur discipline, ont été balayées : KINGZERO (Chine) et FN Esports (Corée) éliminées dès la Phase 1, tandis que Dragon Ranger Gaming (9ᵉ) a chuté face à TSM en Phase 2. "Leur style trop rigide n’a pas su s’adapter aux mécaniques chaotiques du jeu"*, commente un caster.

À l’inverse, les Nord-Américains ont dominé grâce à une approche improvisée :

  • NTMR : Utilisation agressive des Winch Claws pour des déplacements imprévisibles.
  • Spacestation Gaming : Maîtrise des Gateway pour des flanks éclair.
  • ENVY (ex-Bricked) : Combinaison de Goo Grenades et Dome Shields pour verrouiller les zones.

Le match Spacestation vs ENVY en Phase 3 est devenu viral : une séquence de 3 vols consécutifs (via les Winch Claws) a permis à Spacestation de voler un coffre sous les yeux de ENVY, illustrant la profondeur tactique du jeu. "C’est du CS2 avec de la physique de Half-Life 2 !"*, s’exclame un joueur pro.


La finale : NTMR réinvente le 3v3, Team Secret résiste (presque)

Le 29 novembre, les 4 finales (NTMR, Team Secret, Fnatic, Spacestation) se sont affrontées dans un format inédit :

  1. Cashout à 4 équipes : Les 2 premiers accèdent à un duel en 3v3.
  2. Duel en best-of-2 : Le vainqueur marque 2 points (5 points pour gagner le Major).

NTMR a imposé un rythme effréné :

  • Round 1 : Victoire 2-0 contre Spacestation grâce à un double steal en 30 secondes.
  • Round 3 : Utilisation d’un Dome Shield pour bloquer Team Secret, suivie d’un Gateway surprise pour déposer l’argent.
  • Round 5 : Triple kill avec une Goo Grenade collée au sol, scellant le titre.

Team Secret (EMEA) a failli créer la surprise : après un Cashout parfait en Round 4 (1ᵉʳ place avec 3 dépôts), ils ont forcé un duel contre NTMR. Mais ces derniers ont répondu par une séquence légendaire : un joueur de NTMR a utilisé un Winch Claw pour s’accrocher à un toit, puis a lancé une Goo Grenade depuis les airs pour immobiliser 2 adversaires, permettant à son équipe de voler le dernier coffre.

"Ils ont joué comme si le jeu était un bac à sable, pas un FPS compétitif. C’est ça, l’avenir de The Finals."Analyste chez Esports Insider.


Derrière les écrans : les coulisses d’un major "low-cost" mais ambitieux

Contrairement aux tournois comme The International (Dota 2) ou les Majors CS2, le Grand Major de The Finals a été organisé avec un budget serré :

  • $100 000 de prize pool (vs $1M+ pour les grands esports).
  • Production minimaliste : Pas de scène holographique comme à la League of Legends Worlds, mais un setup sobre axé sur le gameplay.
  • Streaming prioritaire : Seulement 30 000 viewers en pic (vs 1M+ pour Valorant Champions), mais un engagement record sur les clips (10M de vues cumulées sur Twitter/TikTok).

Pourtant, l’événement a marqué les esprits grâce à :

  • L’implication des développeurs : Embark Studios a annoncé un système de ligues régionales pour 2026, avec un prize pool multiplié par 5.
  • L’innovation narrative : Des interviews "à chaud" avec les joueurs après chaque match, une première pour un FPS.
  • Un partenariat avec DreamHack : Le tournoi a bénéficié de leur expertise logistique, évitant les retards techniques.

"On a prouvé qu’un jeu non conçu pour l’esport pouvait créer un spectacle. Maintenant, il faut convaincre les sponsors."Responsable esport chez Embark.


L’après-Grand Major : The Finals peut-il survivre à son propre succès ?

Malgré le triomphe de NTMR, The Finals reste un ovni compétitif :

  • Problème de rétention : Le jeu a perdu 60% de ses joueurs depuis son pic en janvier 2024 (source : SteamCharts).
  • Concurrence féroce : Valorant, CS2, et Overwatch 2 dominent le marché des FPS compétitifs.
  • Manque de visibilité : Peu de streams sur Twitch en dehors des tournois (vs Fortnite ou Call of Duty).

Pourtant, des signes encourageants existent :

  • Une scène NA dynamique : NTMR, Spacestation, et ENVY forment un triptyque dominant, avec des rivalités en développement.
  • Un potentiel médiatique : Les clips du Major ont généré 3x plus d’engagement que les matchs complets, prouvant l’attrait du format court.
  • Des mises à jour promises : Embark a teasingé un nouveau mode compétitif et des maps dédiées pour 2026.

"Si The Finals veut survivre, il doit devenir un 'esport de niche' comme Rocket League : une communauté passionnée, des tournois réguliers, et une identité forte."Expert chez Newzoo.

Le Grand Major 2025 de The Finals restera comme un tournant : celui où un jeu non conçu pour l’esport a su créer un moment historique. La victoire de NTMR, portée par une créativité mécanique inédite, a prouvé que le titre d’Embark Studios avait sa place parmi les géants. Pourtant, avec des audiences encore timides et une communauté à consolider, l’avenir de The Finals comme discipline compétitive dépendra de sa capacité à innover – tant dans son gameplay que dans son modèle esportif.

Une chose est sûre : ce Major a révélé un nouveau visage du FPS compétitif, où la destruction environnementale et les outils tactiques (comme les Gateway ou les Goo Grenades) redéfinissent la stratégie. Si Embark parvient à capitaliser sur cet élan – avec des ligues régionales, un prize pool augmenté, et une meilleure visibilitéThe Finals pourrait bien devenir le "Rocket League des FPS" : un esport accessible, spectaculaire, et profondément original.

En attendant, les fans peuvent savourer ce premier chapitre, où 16 équipes, $100 000, et une poignée de moments légendaires ont suffi à marquer l’histoire. La question n’est plus de savoir si The Finals peut être un esport, mais comment il compte s’imposer.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
The Finals a prouvé que même un jeu non conçu pour l'esport peut devenir un spectacle. Les équipes NA ont dominé grâce à leur créativité, tandis que les Asiatiques ont été pris de court par le chaos. Le choix de DreamHack Stockholm était risqué, mais l'expérience hybride a fonctionné. NTMR a réinventé le 3v3, et Team Secret a failli créer la surprise. Le Grand Major a été un succès malgré un budget serré, grâce à l'implication des développeurs et l'innovation narrative. L'avenir de The Finals dépendra de sa capacité à retenir ses joueurs et à se démarquer dans un marché compétitif.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen

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