Il y a 62 jours
Fnatic claque la porte de
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Pourquoi Fnatic abandonne-t-elle Rainbow Six Siege X après seulement 8 mois ?
L’organisation mythique Fnatic annonce la dissolution surprise de son équipe Rainbow Six Siege X, mettant fin à un cycle entamé en mars 2024. Après une saison 10 catastrophique (14ᵉ en MENA League, absence aux Majors), la structure britannique tourne la page, laissant ses joueurs libres et un silence lourd de sens. Reconstruction ou retrait définitif ? L’avenir de Fnatic dans le FPS tactique n’a jamais été aussi incertain.
A retenir :
- Licenciement surprise : Fnatic se sépare de son roster Siege X après seulement 8 mois, une première depuis 2018.
- Saison 10 désastreuse : 14ᵉ place en MENA League, absence aux Esports World Cup et BLAST R6 Major, malgré le statut "partenaire R6 Share".
- Joueurs convoités : Jeggz et Deapek déjà courtisés, CroqSon visé par l’Espagne, Saethus (coach) vers BDS ou G2.
- Silence radio : Aucun calendrier de reconstruction annoncé – Fnatic prépare-t-elle un comeback ou quitte-t-elle la scène ?
- Test raté au Brésil : Participation au tournoi RE:L0:AD à Rio (premier test du Siege X Update) sans impact sur les performances.
2024 : l’année noire de Fnatic en Rainbow Six Siege X
Mars 2024. Fnatic, l’une des organisations les plus titrées de l’esport, annonce son retour en fanfare dans Rainbow Six Siege avec une équipe dédiée au nouveau mode Siege X. Objectif affiché : dominer la scène européenne et briller dans les tournois majeurs. Huit mois plus tard, le constat est amer : l’équipe est dissoute, les joueurs libérés, et la structure reste muette sur ses intentions futures.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une élimination précoce en Stage 1 de la Europe MENA League, suivie d’une 14ᵉ place en Stage 2 – un classement indignes d’une franchise habituée aux podiums. Conséquence directe ? Aucune qualification pour les événements phares de la saison : ni Esports World Cup (25 juillet - 25 août 2024), ni BLAST R6 Munich Major (novembre 2024). Pire : l’équipe n’a même pas pu se rattraper via les Last Chance Qualifiers, scellant son absence au Six Invitational 2026 – un camouflet pour une organisation qui a écrit l’histoire du FPS compétitif depuis 2018.
Ironie du sort : malgré son statut d’équipe partenaire via le programme R6 Share (un partenariat lucratif avec Ubisoft), Fnatic n’a jamais réussi à transformer cet avantage en résultats. "C’est comme si on leur avait donné une Ferrari… pour rouler en troisième vitesse", résume un observateur de la scène sur Reddit.
Petit détail qui pique : lors de l’annonce de leur roster en mars, Fnatic avait publié une vidéo intitulée "The Return of the Kings". Un titre prématuré, aujourd’hui presque moqueur.
RE:L0:AD à Rio : le faux espoir brésilien
Juillet 2024. Dans un ultime sursaut, Fnatic est invitée au tournoi RE:L0:AD à Rio de Janeiro – une première pour une équipe européenne. L’enjeu ? Tester en avant-première le Siege X Update, une mise à jour majeure censée révolutionner le gameplay. L’occasion idéale pour se relancer… ou presque.
Sur place, les joueurs de Fnatic découvrent un nouveau méta, des cartes retravaillées, et un rythme de jeu accéléré. "On avait l’impression de rejouer à un autre jeu", confiera plus tard Jeggz dans une interview pour Dexerto. Pourtant, malgré cette expérience unique, les résultats ne suivent pas : 8ᵉ et 5ᵉ places en qualifiers MENA, loin des attentes. "Ils ont eu la chance de toucher au jeu du futur… mais sans en maîtriser les codes", analyse Miles "Miles" Ross, caster historique de la scène R6.
Le pire ? Cette participation au Brésil a coûté cher à l’organisation (déplacements, logistique), sans retour sur investissement. Un échec qui a probablement accéléré la décision de dissolution.
Les joueurs dans le collimateur : qui va où ?
Avec la dissolution officielle, les cinq membres de l’équipe se retrouvent libres de tout contrat. Et déjà, les rumeurs de recrutement s’emballent :
- Jeggz et Deapek : les deux vétérans de la scène européenne (ex-G2, ex-NAVI) sont les plus courtisés. Des franchises comme Team Vitality ou Wolves Esports seraient en pole position.
- CroqSon : son profil polyvalent (capable de jouer en entry fragger comme en support) intéresse particulièrement les équipes espagnoles, comme Giants Gaming.
- Saethus (coach) : son expertise stratégique pourrait le mener vers Team BDS (en reconstruction) ou G2 Esports, en quête de stabilité après une saison chaotique.
- Les deux autres joueurs (non nommés dans les fuites) : leur avenir est plus incertain, mais des équipes de second plan comme MnM Gaming pourraient leur offrir une chance.
"C’est le marché des transferts le plus animé depuis 2022", estime Alex "Aleks" Bliskunov, manager chez Esport Insider. "Fnatic a formé des joueurs de qualité… mais n’a pas su en tirer profit."
Fnatic : reconstruction ou retrait définitif ?
Voilà la question qui fait trembler les fans. Historiquement, Fnatic a toujours rebondi après ses échecs : en 2023, après le départ de son roster Siege classique, elle avait reconstruit une équipe compétitive en moins d’un an. Mais cette fois, le silence est assourdissant.
Plusieurs hypothèses circulent :
- Scénarios optimiste : Fnatic préparerait un roster 100% jeune, avec des talents issus de sa structure académique (Fnatic Rising). Certains évoquent même un partenariat avec une organisation brésilienne pour dominer la scène LATAM.
- Scénario pessimiste : la structure aurait désengagé ses ressources du FPS tactique pour se concentrer sur Valorant ou CS2, où ses équipes performant mieux. "Rainbow Six n’est plus une priorité", confie une source interne sous couvert d’anonymat.
- Scénario surprise : un rachat partiel par Ubisoft pour intégrer Fnatic dans un futur modèle de franchises (à l’image de la R6 League en 2025).
"Fnatic ne quitte jamais une scène sans raison valable. Soit ils reviennent en force, soit ils ont vu quelque chose que nous ne voyons pas." – Thomas "Tommy" Billebjørd, ancien joueur pro et maintenant analyste pour SiegeGG.
Ce que cette décision révèle sur l’état de Rainbow Six Siege X
Au-delà du cas Fnatic, ce licenciement pose une question plus large : le mode Siege X est-il déjà en difficulté ? Lancé en grande pompe par Ubisoft, ce format "hybride" (mélangeant éléments de battle royale et de tactical FPS) devait attirer un nouveau public. Pourtant, les audiences des tournois peinent à décoller, et les organisations hésitent à investir.
Trois signes inquiétants :
- Baisse des viewers : les pics d’audience sur Twitch pour la MENA League ont chuté de 30% par rapport à 2023 (source : Esports Charts).
- Désengagement des orgas : outre Fnatic, Team Liquid et OG ont réduit leurs effectifs R6 ces derniers mois.
- Méta instable : les mises à jour fréquentes du Siege X Update déstabilisent les équipes, qui peinent à s’adapter.
"Ubisoft a mis la charrue avant les bœufs", estime Fabien "Fab" Devide, ancien manager chez Vitality. "Ils ont voulu révolutionner le jeu sans stabiliser l’écosystème compétitif. Résultat : les orgas fuient, et les joueurs sont perdus."
Dans ce contexte, le retrait de Fnatic pourrait être le premier domino d’une série de désengagements. À moins qu’Ubisoft ne réagisse rapidement avec des annonces fortes (nouveau système de ligues, augmentations des prix, etc.), la scène Siege X risque de s’essouffler avant même d’avoir décollé.
Fnatic quitte Rainbow Six Siege X comme elle était venue : dans le bruit et la fureur, mais sans gloire. Entre une saison 10 à oublier, un test brésilien sans lendemains, et un avenir plus flou que jamais, l’organisation laisse derrière elle une équipe de joueurs talentueux… et une scène en pleine crise existentielle.
Reste une question : qui osera reprendre le flambeau ? Les Jeggz, Deapek et autres CroqSon trouveront sans doute une nouvelle maison. Mais pour Fnatic, le choix est cornélien : reconstruire dans l’urgence (avec le risque de revivre les mêmes échecs), ou tourner définitivement la page sur un chapitre qui aura duré moins d’un an.
Une chose est sûre : si Ubisoft ne réagit pas, le Siege X pourrait bien devenir le premier grand échec de l’éditeur dans l’esport moderne. Et ça, même les fans les plus fidèles ne le pardonneraient pas.

