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High on Life 2 : Le FPS déjanté qui mélange skate, humour noir et enquête policière – Une suite qui ose tout !
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Il y a 74 jours

High on Life 2 : Le FPS déjanté qui mélange skate, humour noir et enquête policière – Une suite qui ose tout !

Pourquoi High on Life 2 pourrait bien être le FPS le plus inattendu de l’année ?

A retenir :

  • Un FPS qui skate : Le déplacement en skateboard remplace le sprint, avec des mécaniques de grind et de puzzles environnementaux inspirés de Tony Hawk’s Pro Skater, une première dans le genre.
  • Travis, l’arme dépressive star : Doté d’un "Happy-O-Meter", ce personnage-arme impose des mini-jeux absurdes (DDR, dards ivres) pour rester coopératif, rappelant Disco Elysium en plus déjanté.
  • Une enquête meurtrière façon visual novel : Prise de notes, interrogatoires et reconstruction de motifs s’invitent dans ce FPS, avec un système de déduction impitoyable – une erreur et c’est l’échec assuré.
  • Dialogues interactifs et liberté narrative : Répondez via une arme inactive pour déclencher des répliques improvisées, évitant la lassitude des lignes répétées.
  • Un humour qui divise (et c’est assumé) : Entre caricatures de riches excentriques et gags potaches, le ton parodique de High on Life 2 ne laissera personne indifférent.
  • Un défi pour les joueurs pressés : Les puzzles complexes et l’attention aux détails exigée pourraient frustrer, mais récompensent ceux qui s’investissent.

Un FPS qui dérape (littéralement) avec un skateboard

Dès les premières secondes, High on Life 2 envoie un message clair : ici, on ne court pas, on skate. Squanch Games remplace la mécanique classique du sprint par un skateboard entièrement intégrée au gameplay, une décision aussi audacieuse que risquée. Imaginez Doom Eternal, mais où les déplacements entre les vagues d’ennemis se font en ollie sur des rails, en grind le long de murs, ou en enchaînant des kickflips pour esquiver les projectiles. Le résultat ? Une sensation de fluidité rare, où chaque mouvement compte.

Cette mécanique n’est pas qu’un gadget. Elle s’inscrit dans des puzzles environnementaux qui rappellent Tony Hawk’s Pro Skater, mais avec une touche FPS. Par exemple, atteindre une plateforme en hauteur peut exiger de grinder sur une rampe tout en visant un ennemi avec votre arme secondaire. Une coordination main-œil qui demande un temps d’adaptation, mais qui, une fois maîtrisée, offre une liberté de mouvement jubilatoire. "On voulait que les joueurs ressentent la vitesse et le contrôle, comme dans un jeu de skate, mais avec la tension d’un shooter"*, explique un développeur de Squanch Games dans une interview récente.

Pourtant, cette innovation n’est pas sans défauts. Les collisions avec l’environnement peuvent parfois sembler imprécises, et les joueurs habitués aux déplacements classiques pourraient trouver le système trop exigeant en plein combat. Mais c’est précisément ce déséquilibre calculé qui rend l’expérience unique – et qui force à repenser sa façon de jouer.


Travis, l’arme qui vole la vedette (et votre patience)

Si le skateboard est la surprise mécanique de High on Life 2, Travis en est sans conteste la révélation narrative. Cette arme semi-dépressive, dotée d’une personnalité aussi cynique que vulnérable, devient bien plus qu’un simple outil de combat : un compagnon à part entière, dont l’humeur influence directement le gameplay. Son "Happy-O-Meter", une jauge de moral à maintenir, oblige le joueur à participer à des mini-jeux absurdes pour éviter qu’il ne sombre dans la déprime.

Un exemple ? Après une phase de combat intense, Travis pourrait exiger une partie de DDR improvisé sur une table de bar, ou un duel de dards ivres contre un PNJ. Échouer signifie le voir râler pendant les 10 prochaines minutes, avec des dialogues moins coopératifs et des aides réduites en combat. À l’inverse, le satisfaire débloque des répliques hilarantes et des bonus temporaires, comme une précision de tir améliorée. Une mécanique qui rappelle le système de compétences sociales de Disco Elysium, mais transposée dans un univers où l’absurde est roi.

Travis brille aussi par son écriture. Ses répliques, oscillant entre noirceur ("Tu sais, la vie n’a aucun sens… sauf si tu me donnes ce burger.") et humour potache, évitent l’écueil du running gag grâce à un système de dialogues dynamiques. Le joueur peut choisir de répondre via une autre arme, déclenchant des réactions improvisées de Travis. Une liberté qui, si elle ne révolutionne pas la rejouabilité, évite la lassitude des lignes répétées – un détail crucial dans un jeu où le rire est aussi important que le gameplay.

Pourtant, tous les joueurs n’apprécieront pas ce ton bipolar. Certains pourraient trouver Travis trop envahissant, surtout lors des phases d’enquête où ses commentaires sarcastiques coupent le rythme. Mais c’est aussi ce qui fait son charme : une personnalité imparfaite, comme un ami qui vous sort des vannes douteuses… mais dont vous ne pouvez plus vous passer.


"Qui a tué le Pinkline Panacea ?" – Quand le FPS devient un roman policier

Voilà une phrase qu’on n’attendait pas dans un High on Life : "Vous êtes chargé d’élucider un meurtre." Pourtant, Squanch Games ose ce virage narratif audacieux avec l’affaire du Pinkline Panacea, une enquête qui transforme le jeu en un hybride entre FPS et visual novel. Pendant près de 3 heures, le joueur doit interroger des suspects, reconstituer des motifs, et analyser des indices disséminés dans l’environnement – le tout avec l’humour décalé qui caractérise la série.

Concrètement, le système rappelle The Quarry, mais en plus parodique. Les suspects, des caricatures de riches excentriques (un magnat obsédé par les cryptomonnaies, une influenceuse narcissique), livrent des répliques aussi absurdes qu’informatives. Par exemple, l’un d’eux avoue avoir "tué le temps, mais pas le Panacea", avant de lancer dans un monologue sur les NFT. Les indices, eux, se cachent dans des objets interactifs (un bloc-notes où gratter des annotations, un miroir qui reflète des messages codés) ou dans des dialogues anodins.

Attention, cependant : cette séquence n’est pas qu’un walking simulator comique. Le jeu exige une attention méticuleuse. Oublier de noter un détail ou mal enchaîner les déductions mène à un game over sans pitié. Lors de notre test, nous avons accusé le bon coupable… mais sans preuve suffisante, ce qui a déclenché une fin alternative (et humiliante) où notre personnage se faisait virer de l’enquête pour incompétence. Une difficulté assumée, qui plaît aux amateurs de défis, mais pourrait frustrer les joueurs pressés.

Cette partie rappelle aussi L.A. Noire, mais avec une touche Squanch : les échecs sont souvent punis par des scènes humoristiques (notre personnage se faisant sermonner par un chat en costume de détective), et les réussites débloquent des easter eggs hilarants. Un équilibre parfait entre tension narrative et dérision.


Derrière le délire, une réflexion sur le jeu vidéo

Si High on Life 2 semble n’être qu’un festival de gags et de mécaniques farfelues, une lecture plus attentive révèle une critique subtile de l’industrie. Le jeu joue constamment avec les attentes des joueurs, comme lors d’une séquence où un tutoriel parodique explique "comment sauter"… avant de révéler que la touche est en réalité désactivée pour forcer le joueur à utiliser le skateboard. Un clin d’œil aux conventions du genre, mais aussi une façon de dire : "Et si on faisait autrement ?"

De même, l’enquête policière, avec ses fausses pistes et ses cheminements non linéaires, moque les jeux qui sur-guident le joueur. Ici, l’échec fait partie de l’expérience – et c’est assumé. Squanch Games semble dire : "Oui, c’est chaotique. Oui, c’est parfois frustrant. Mais c’est aussi ce qui rend le jeu vivant." Une philosophie qui rappelle celle de Goat Simulator, mais avec une profondeur mécanique bien plus aboutie.

Enfin, Travis incarne cette dualité. Son "Happy-O-Meter" n’est pas qu’un gadget : c’est une métaphore des relations entre joueurs et PNJ. Comme dans la vie, ignorer les besoins des autres (même virtuels) a des conséquences. Une idée simple, mais rarement exploitée avec autant d’intelligence et d’humour.


Points forts et limites : Un jeu qui divise (et c’est normal)

Les plus :

  • Le skateboard : Une mécanique de déplacement innovante et gratifiante une fois maîtrisée, qui donne une identité unique au jeu.
  • Travis : Une écriture exceptionnelle, entre humour noir et vulnérabilité, avec des interactions dynamiques qui évitent la répétition.
  • L’enquête policière : Un changement de rythme audacieux, avec un système de déduction exigeant mais rewarding.
  • La variété : Entre combats, puzzles, mini-jeux et dialogues, le jeu évite l’essoufflement grâce à une structure hybride.
  • L’humour : Décapant, absurde, et souvent réussi, même si certains gags tombent à plat.

Les moins :

  • La courbe d’apprentissage : Le skateboard et les puzzles peuvent frustrer les joueurs habitués aux FPS classiques.
  • L’enquête : Trop abrupte pour certains, avec une difficulté qui pourrait décourager les moins patients.
  • Travis : Son côté envahissant et ses sautes d’humeur peuvent lasser sur la durée.
  • Les collisions : Quelques bugs mineurs dans les déplacements en skate, surtout en multijoueur.
  • Le ton : Un humour très particulier qui ne plaît pas à tout le monde – certains y verront du génie, d’autres de l’overdose.

High on Life 2 est ce genre de jeu rare qui ose tout – et qui, contre toute attente, réussit presque tout. Entre un skateboard qui révolutionne les déplacements, une arme dépressive aussi drôle qu’agaçante, et une enquête policière dignes des meilleurs visual novels, Squanch Games signe une œuvre hybride, audacieuse, et profondément personnelle. Oui, certains mécanismes frustrent. Oui, l’humour divise. Mais c’est précisément cette imperfection assumée qui rend le jeu aussi mémorable.

À qui s’adresse-t-il ? Aux joueurs en quête d’originalité, qui acceptent de sortir de leur zone de confort pour une expérience où l’échec fait partie du voyage. Aux fans de Disco Elysium qui rêvaient d’un FPS aussi narratif que déjanté. Et surtout, à ceux qui croient que les jeux vidéo peuvent être drôles sans sacrifier la profondeur.

Alors, prêt à enfourcher votre skate, négocier avec une arme dépressive, et résoudre un meurtre entre deux grinds ? High on Life 2 vous attend – et il ne fera pas de quartiers.

L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"High on Life 2, c’est comme si OSS117 avait fait un skatepark avec un FPS en mode ‘dégâts collatéraux’ : tu cours après le crime, mais le vrai coupable, c’est ton propre équilibre. Le skateboard, c’est la disruption bienvenue , enfin un jeu où le ‘sprint’ se mesure en ollies plutôt qu’en km/h. Travis, lui, est le pote qui te fait rire en te faisant douter de ta vie, et l’enquête ? Un polar où les indices sont cachés dans des blagues de cryptomonnaie. Bref, une utopie de gameplay… si t’as pas peur de te prendre une claque dans la gonade en essayant de grinder sur un rail qui bouge plus vite que ton QI après trois heures de jeu. 10/10, mais avec une note de ‘attention, risque de rire nerveux’."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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