Skim-Gaming logo

Tests & Critiques

Highguard : un démarrage prometteur, mais des joueurs impitoyables
Tests & Critiques

Il y a 34 jours

Highguard : un démarrage prometteur, mais des joueurs impitoyables

Highguard, le nouveau shooter PvP free-to-play de Wildlight Entertainment, a connu un lancement en fanfare avec près de 100 000 joueurs simultanés sur Steam, mais se heurte à une vague de critiques acerbes. Malgré des mécaniques innovantes comme les montures et les incursions dynamiques, les joueurs dénoncent un gameplay déséquilibré, des maps trop vastes et des phases de farming jugées interminables.

A retenir :

  • Un pic à 97 249 joueurs simultanés sur Steam, un score impressionnant pour un free-to-play.
  • Seulement 32% d'avis positifs sur 14 500 critiques, avec des reproches ciblant le design des maps et les phases de collecte.
  • Les montures et les incursions (Shieldbreaker) sont les seuls éléments plébiscités par la communauté.
  • Un mode 3v3 critiqué pour son manque de dynamisme, certains joueurs réclamant du 4v4 ou 3v3v3.
  • Wildlight promet un plan de contenu sur un an, mais le marché des live services est plus compétitif que jamais.

Highguard : quand l'ambition se heurte aux attentes des joueurs

Le 26 janvier 2026, Highguard a fait une entrée remarquée sur Steam, avec un pic de 97 249 joueurs simultanés – un chiffre rare pour un free-to-play sorti sans campagne marketing massive. Pourtant, derrière ce succès quantitatif se cache un échec qualitatif cuisant : seulement 32% d'avis positifs sur plus de 14 500 critiques, un score qui place le jeu dans la catégorie "majoritairement négatif".

Wildlight Entertainment, le studio derrière ce projet, avait pourtant mis les petits plats dans les grands. Annoncé en grande pompe lors des The Game Awards 2025, Highguard se présentait comme un shooter PvP d'incursions innovant, mêlant stratégie, collecte de ressources et combats intenses. Mais le silence radio du studio jusqu'au jour J a visiblement joué en sa défaveur. Sans bêta publique ni phase de test approfondie, les joueurs ont découvert un jeu aux mécaniques brutes, loin des promesses initiales.

Des maps trop vastes, un gameplay déséquilibré : les erreurs de design qui coûtent cher

Le principal reproche adressé à Highguard concerne l'équilibre des maps. Conçues pour des affrontements en 3v3, elles sont jugées trop grandes et trop vides, donnant une impression de lenteur et de désœuvrement. Pour pallier ce problème, les développeurs ont introduit des montures, permettant aux joueurs de se déplacer plus rapidement. Une idée saluée par la communauté, mais qui ne suffit pas à compenser les lacunes structurelles.

Autre point de friction : la phase de collecte de ressources. Avant chaque affrontement, les équipes doivent farmer des matériaux pour améliorer leur équipement, une mécanique inspirée des jeux de survie comme Rust ou Valheim. Mais là où ces titres misent sur un rythme organique, Highguard impose des séquences répétitives et chronophages, selon les joueurs. Un utilisateur du subreddit officiel résume le sentiment général : "Récolter, c'est chiant. Piller, c'est chiant. Le 3v3 avec un TTK court, c'est chiant. Le seul truc bien, c'est la monture. À quoi pensaient-ils ?"

Pourtant, tout n'est pas à jeter. La phase d'incursion, déclenchée par l'utilisation du Shieldbreaker, est unanimement plébiscitée. Ce moment clé du match, où les équipes s'affrontent pour détruire la base adverse, offre une intensité rare dans les shooters compétitifs. Malheureusement, ces séquences sont trop courtes et trop espacées, noyées dans un océan de temps morts.

Un live service dans un marché saturé : le défi de Wildlight

Highguard n'est pas seulement un jeu, c'est un live service, un modèle économique qui repose sur la rétention des joueurs et les microtransactions. Or, le marché des free-to-play est plus concurrentiel que jamais. En 2026, les joueurs sont exigeants, voire méfiants, après des années de promesses non tenues (cf. Battlefield 2042, Suicide Squad: Kill the Justice League).

Wildlight a pourtant annoncé un plan de contenu sur un an, avec des mises à jour régulières et des événements saisonniers. Mais pour réussir, le studio devra rééquilibrer les mécaniques, peut-être en introduisant des modes 4v4 ou 3v3v3, comme le réclament les joueurs. Une autre piste serait de réduire la taille des maps ou d'ajouter des objectifs dynamiques pour briser la monotonie des phases de collecte.

Le problème, c'est que les corrections prennent du temps, et les joueurs, eux, n'en ont pas. Sur Steam, les avis négatifs s'accumulent, et chaque jour sans patch majeur est un jour de plus où Highguard risque de perdre son public. Comme le souligne un analyste du secteur : "Un live service, c'est comme un feu de camp. Si tu ne l'alimentes pas constamment, il s'éteint."

Les coulisses d'un lancement : pourquoi Wildlight a choisi le silence

L'une des grandes énigmes autour de Highguard, c'est le manque de communication de Wildlight avant sa sortie. Contrairement à des studios comme Respawn (Apex Legends) ou Riot Games (Valorant), qui misent sur des bêtas ouvertes et des campagnes marketing agressives, Wildlight a opté pour une approche minimaliste, voire secrète.

Plusieurs hypothèses circulent. La première : le studio aurait sous-estimé l'importance du feedback communautaire. En l'absence de tests publics, les développeurs n'ont pas pu anticiper les réactions des joueurs, notamment sur des aspects aussi critiques que la taille des maps ou le rythme des parties. Une seconde théorie évoque des contraintes budgétaires : Wildlight, fondé en 2020 par d'anciens employés de Ubisoft et Electronic Arts, n'aurait pas eu les moyens de financer une campagne marketing d'envergure.

Quelle que soit la raison, le résultat est le même : Highguard est arrivé sur le marché sans filet, et les joueurs n'ont pas hésité à le faire savoir. Pourtant, le jeu n'est pas dénué de qualités. Les montures, par exemple, apportent une touche d'originalité, tandis que le système de Shieldbreaker rappelle les meilleurs moments de Overwatch ou Team Fortress 2. Reste à savoir si Wildlight parviendra à capitaliser sur ces atouts avant que la communauté ne passe à autre chose.

Highguard face à ses concurrents : un David contre des Goliaths

Dans l'univers des shooters PvP, Highguard se retrouve en concurrence directe avec des titres bien établis. Valorant (Riot Games) domine le segment des tactical shooters, tandis que Apex Legends (Respawn) et Call of Duty: Warzone (Activision) trustent le marché des battle royale et des extraction shooters. Même Helldivers 2 (Arrowhead Game Studios), sorti en 2024, a su s'imposer grâce à son coopératif PvE/PvP et son humour décalé.

Face à ces géants, Highguard mise sur un positionnement hybride : un mélange de stratégie, de collecte de ressources et de combats intenses. Une formule qui rappelle The Cycle: Frontier (Yager Development), un jeu qui avait lui aussi suscité l'enthousiasme avant de sombrer dans l'oubli en raison de problèmes de balancing et d'un manque de contenu.

Pour éviter le même sort, Wildlight devra innover rapidement. Plusieurs pistes sont évoquées :

  • L'ajout d'un mode PvE, réclamé par une partie de la communauté.
  • Une refonte des maps pour les rendre plus dynamiques.
  • Des événements saisonniers pour maintenir l'intérêt.
  • Une meilleure optimisation PC, car les problèmes de performance sont l'un des principaux griefs des joueurs.

Mais le temps presse. Dans un marché où les joueurs ont l'embarras du choix, Highguard doit se réinventer ou disparaître.

Highguard est un cas d'école : un jeu ambitieux, porté par une mécanique innovante (les incursions via le Shieldbreaker), mais plombé par des défauts de design évitables. Son lancement sur Steam, marqué par un pic impressionnant de joueurs mais une avalanche de critiques négatives, montre à quel point le marché des live services est impitoyable.

Wildlight a désormais deux options : corriger le tir rapidement en écoutant la communauté, ou risquer de voir son jeu sombrer dans l'oubli, comme tant d'autres avant lui. Une chose est sûre : dans l'industrie du jeu vidéo, les promesses ne suffisent plus. Seuls les résultats comptent.

Et pour Highguard, le verdict est sans appel : 32% d'avis positifs. Un score qui parle de lui-même.

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce Highguard, c’est comme un StarCraft des années 90 sorti sans manuel : on a l’impression que les devs ont confondu "stratégie" avec "on fait n’importe quoi en espérant que ça marche". Les montures, c’est le seul truc qui rappelle que le jeu existe, mais le reste ? Un Diablo sans loot, un Halo sans fun, et un Overwatch sans équipe. Dommage, parce que le Shieldbreaker, ça aurait pu être un Ultimate Frisbee en mode hardcore. Maintenant, faut qu’ils sortent les patchs plus vite que les Quake des premiers jours, sinon c’est la Battlefield 2042 version 2026.
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen