Il y a 35 jours
Highguard : Le raid-shooter 3v3 qui pourrait bien redéfinir l'esport en 2024
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Un mélange explosif de tactique et d'action, signé d'anciens d'Apex Legends
A retenir :
- Un concept hybride inédit : Entre hero-shooter et battle royale, avec des phases de défense/attaque structurées en 3v3
- L'héritage Respawn : Développé par d'anciens d'Apex Legends et Titanfall, avec une approche live-service optimisée dès le lancement
- Un modèle ambitieux : 7 "épisodes" de contenu prévus jusqu'en 2026, avec un classement compétitif dès février 2024
- Accessible mais profond : "Easy to learn, hard to master" avec 8 Wardens uniques et 10 armes au lancement
- Le défi de l'équilibre : Comment éviter le power creep dans un marché déjà dominé par Overwatch 2 et Valorant ?
Imaginez un mélange entre la tension stratégique d'un MOBA, l'adrénaline d'un hero-shooter et la pression d'un battle royale, le tout compressé dans des matchs 3 contre 3 d'une intensité rare. C'est exactement ce que propose Highguard, le nouveau titre de Wildlight Entertainment, un studio indépendant fondé par d'anciens développeurs de Respawn Entertainment (à qui l'on doit Apex Legends et Titanfall). Disponible en free-to-play sur PC, PS5 et Xbox Series X|S depuis le 26 janvier 2024, ce "raid-shooter" promet de bousculer les codes d'un genre déjà bien établi. Mais peut-il vraiment s'imposer face à des mastodontes comme Overwatch 2 ou Valorant ? Plongeons dans les mécaniques, les ambitions et les défis de ce titre qui pourrait bien marquer l'année esports.
Un gameplay hybride qui mise sur la stratégie collective
À première vue, Highguard emprunte des éléments familiers : des personnages aux compétences uniques (les Wardens), une collecte de loot, et des affrontements en équipe. Pourtant, sa structure en trois phases distinctes le distingue radicalement de la concurrence :
1. La défense du Shieldbreaker : Votre équipe doit protéger un objectif central tout en accumulant des ressources.
2. La collecte de butin : Une phase de transition où chaque décision compte, entre récupération d'armes, d'équipements ou de bonus tactiques.
3. L'assaut final : Un affrontement direct pour détruire le Shieldbreaker adverse, avec une tension palpable.
Ce format 3v3 élimine le chaos souvent associé aux battle royale tout en conservant une profondeur stratégique rare dans les hero-shooters. Avec cinq cartes au lancement, chacune conçue pour favoriser des approches différentes (contrôle de zone, embuscades, rushs coordonnés), et dix armes aux caractéristiques variées, les possibilités tactiques sont vastes. "Nous voulions un jeu où chaque match raconte une histoire, avec des retournements de situation possibles jusqu'à la dernière seconde"*, explique Mohammad Alavi, lead designer du projet.
L'équilibre est au cœur de l'expérience : les Wardens (au nombre de huit à la sortie) ont des rôles clairement définis (soutien, dommage, tank), mais leur efficacité dépend avant tout de la coordination d'équipe. Pas de place pour les lone wolves ici – une philosophie qui pourrait séduire les joueurs lassés des matchs désorganisés d'Overwatch 2 ou de la solitude des battle royale.
L'ADN Respawn : Quand l'expérience devient innovation
Difficile de parler de Highguard sans évoquer Apex Legends. Le studio Wildlight Entertainment est composé d'anciens de Respawn, et cette filiation se ressent dans chaque aspect du jeu – mais avec une touche d'audace supplémentaire. "Nous avons appris énormément avec Apex, notamment sur la gestion d'un live-service à grande échelle. Mais cette fois, nous partons avec une infrastructure solide dès le jour 1"*, confie Jason Torfin, VP du produit.
Contrairement à Apex Legends, lancé en 2019 sans outils analytiques dédiés, Highguard bénéficie dès son lancement de systèmes permettant d'ajuster l'équilibre en temps réel. Les données de matchs sont analysées en continu pour détecter les déséquilibres, qu'il s'agisse d'une arme trop puissante ou d'un Warden sous-utilisé. "Chez Respawn, nous avons dû improviser des solutions après coup. Là, nous anticipons"*, précise Torfin.
Autre héritage notable : la narration environnementale. Les cartes de Highguard regorgent de détails qui racontent une histoire, une approche chère à Respawn (pensez aux légendes cachées dans les maps de Titanfall 2). Ici, l'univers post-apocalyptique du jeu, où des factions se battent pour contrôler des technologies anciennes, est subtilement intégré au gameplay. Par exemple, les Shieldbreakers, ces objectifs centraux, ne sont pas de simples boîtes à détruire : leur design et leurs animations suggèrent une origine mystérieuse, liée au lore du jeu.
Enfin, Highguard évite un écueil majeur des live-services : la surcharge visuelle. Là où des titres comme Fortnite ou Call of Duty: Warzone noient le joueur sous les effets spéciaux, les combats ici restent lisibles, avec des feedbacks clairs sur les dégâts infligés ou les compétences activées. Un choix délibéré pour favoriser la stratégie pure, sans distractions inutiles.
"Le jour où tout a failli s'effondrer" : Les coulisses d'un développement sous pression
Derrière l'apparente fluidité de Highguard se cache une histoire de développement mouvementée. En 2022, alors que le projet était en phase de prototypage avancé, une crise interne a failli tout arrêter. "Nous avions deux visions opposées : certains voulaient un battle royale classique, d'autres un jeu plus tactique. Pendant trois mois, nous avons tout repensé"*, révèle une source proche du studio.
Le tournant ? Un test communautaire organisé en catimini avec des joueurs compétitifs d'Apex Legends et de Valorant. "Leur feedback a été sans appel : 'Si vous faites encore un battle royale, on ne jouera pas. Mais ce format 3v3 avec des phases distinctes ? Là, vous tenez quelque chose.'"*, se souvient Alavi. Le studio a alors pivoté, recentrant le jeu sur son identité actuelle.
Autre défi : le financement. Sans éditeur pour les soutenir, Wildlight a dû lever des fonds via des investisseurs privés, une démarche risquée pour un studio indépendant. "Nous avons présenté notre vision à une vingtaine de fonds. La plupart nous ont ri au nez en disant : 'Encore un hero-shooter ? Le marché est saturé.' Heureusement, certains ont cru en notre approche tactique"*, raconte Torfin.
Résultat ? Un jeu qui, malgré des moyens limités, rivalise avec des productions AAA en termes de polish et de game design. Les animations des Wardens, par exemple, ont été retravaillées pendant six mois pour éviter les mouvements "floaty" (trop fluides, peu réalistes) critiques dans Overwatch 2. Même attention aux détails pour les sons : chaque arme a une signature audio unique, permettant aux joueurs expérimentés de reconnaître un adversaire rien qu'à l'oreille.
Live-service : La course contre la montre
Avec sept épisodes prévus jusqu'en décembre 2026, Highguard mise sur un rythme de contenu soutenu pour fidéliser sa communauté. Chaque épisode, divisé en deux parties, introduira :
- Un nouveau Warden (avec des compétences inédites)
- Deux armes (dont une "exotique" avec des mécaniques uniques)
- Une carte (ou une variante compétitive d'une carte existante)
- Des événements limités (avec des récompenses cosmétiques)
Le classement compétitif, attendu pour février 2024, sera un test crucial. Contrairement à Valorant ou League of Legends, où les systèmes de rang sont bien établis, Highguard devra prouver qu'il peut offrir une expérience esports équilibrée et spectaculaire. "Notre objectif n'est pas de devenir le prochain LoL, mais de créer un niche où les joueurs compétitifs trouvent une alternative fraîche"*, tempère Alavi.
Le vrai défi ? Éviter le power creep, ce phénomène où les nouveaux contenus rendent les anciens obsolètes. Pour cela, l'équipe s'inspire des jeux de cartes comme Hearthstone : chaque ajout est testé en interne pendant des semaines, avec des ajustements basés sur des simulations de méta. "Si un nouveau Warden domine à 90% les matchs, nous le retravaillons avant même sa sortie"*, assure Torfin.
Reste une question : comment attirer les joueurs dans un marché déjà dominé par Overwatch 2, Valorant, ou encore The Finals (le shooters destructible d'Embark Studios) et Marvel Rivals (le futur titre de NetEase) ? La réponse de Wildlight : miser sur la communauté compétitive dès le départ, avec des tournois organisés en partenariat avec des structures esports comme G2 Esports ou Team Liquid.
Premières impressions : Entre enthousiasme et scepticisme
Les retours des bêta tests (menés en décembre 2023) sont mitigés, mais globalement positifs. Les joueurs saluent :
- La profondeur tactique : "Enfin un shooter où la communication et la stratégie comptent plus que la visée pure"* (Extrait d'un retour sur Reddit).
- L'équilibre initial : Aucun Warden ou arme ne semble surpuissant, une rareté pour un lancement.
- L'accessibilité : Les mécaniques sont faciles à comprendre, mais maîtriser les synergies d'équipe prend du temps.
À l'inverse, certains points sont critiqués :
- Le manque de contenu : Avec seulement cinq cartes au lancement, la variété peut sembler limitée.
- L'absence de mode solo : Un choix délibéré, mais qui pourrait aliéner les joueurs occasionnels.
- Des serveurs parfois instables : Problème classique pour un free-to-play au lancement, mais qui doit être résolu rapidement.
Du côté des streamers, les réactions sont partagées. Shroud (ancien pro de CS:GO) a testé le jeu en direct et a souligné son potentiel : "Si ils arrivent à garder l'équilibre et à ajouter du contenu régulièrement, ça pourrait devenir un incontournable du 3v3."* À l'inverse, xQc (connu pour ses critiques acerbes) a pointé du doigt un manque de "wow factor" visuel, comparé à des titres comme The Finals.
Un autre défi attend Highguard : la monétisation. Le modèle free-to-play repose sur des cosmétiques (skins d'armes, tenues de Wardens) et un pass de combat à 10€ par épisode. Rien de révolutionnaire, mais l'équipe promet des récompenses généreuses pour les joueurs gratuits – une approche qui rappelle celle d'Apex Legends à ses débuts.

