Il y a 84 jours
Jeremy Renner en chasseur de sorcières : quand le conte de Grimm rencontre le gothique violent sur Prime Video
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Un Jeremy Renner méconnaissable dans une réinvention audacieuse (et sanglante) du classique des Grimm
A retenir :
- Jeremy Renner troque son arc de Hawkeye pour une hache de bourreau dans ce Hansel adulte, version gothique et ultra-violente du conte original (2013).
- Son duo avec Gemma Arterton (Gretel) électrise l’écran : leur complicité fraternelle cache une machine de guerre impitoyable, entre scènes d’action brutales et flashbacks traumatisants.
- Un fiasco critique (15 % sur Rotten Tomatoes) transformé en triomphe commercial (225 M$ de recettes pour 50 M$ de budget) – la preuve qu’un film peut diviser tout en séduisant.
- Disponible sur Prime Video, le film bénéficie d’un essai gratuit de 30 jours pour les nouveaux abonnés : l’occasion de (re)découvrir cette curiosité culte malgré elle.
- Entre effets spéciaux datés et scénario prévisible, le film doit son salut à son ambiance unique : un mélange de fantastique médiéval et de gore assumé, rare au cinéma.
- Pour les fans de Renner, une performance physique qui prouve sa capacité à quitter l’univers Marvel – et pour les autres, une expérience ciné aussi déroutante qu’inoubliable.
De Hawkeye à Hansel : quand Jeremy Renner embrasse l’obscurité
Imaginez Clint Barton, l’archer sarcastique du MCU, plongé dans un cauchemar médiéval où les sorcières dévorent les enfants et où la vengeance se boit chaude, à la lueur des bûchers. C’est le pari fou de Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières (2013), où Jeremy Renner abandonne son costume de super-héros pour endosser celui d’un chasseur traqué, aussi charismatique que terrifiant. Le film, réalisé par Tommy Wirkola (connue pour Dead Snow, un autre ovni horrifique), prend le conte des frères Grimm et le passe à la moule d’un slasher médiéval, où la magie noire côtoie les décors de forêt hostile et les villages maudits.
Dès les premières minutes, le ton est donné : plus de maison en pain d’épice, mais une cabane piégée où une sorcière se fait égorger par un Hansel adolescent, avant que le générique ne nous propulse 15 ans plus tard. Renner y incarne un homme brisé, dépendant à l’insuline (séquelle de son enfance empoisonnée), mais doté d’une résilience animale. Son interprétation oscille entre froideur calculatrice (quand il traque ses proies) et vulnérabilité touchante (lorsqu’il évoque leur passé avec Gretel). Une performance qui rappelle son rôle dans The Hurt Locker (2008) – mais en version fantastique et grand-guignolesque.
"On ne chasse pas les sorcières… on les extermines" : le duo Renner-Arterton en machine de guerre
Si Renner impressionne, c’est surtout son alchimie avec Gemma Arterton qui sauve le film de l’oubli. L’actrice britannique, alors auréolée de ses rôles dans Quantum of Solace (2008) et Prince of Persia (2010), y incarne une Gretel aussi redoutable que son frère, mais avec une approche plus stratège – là où Hansel charge, elle manipule. Leurs dialogues ciselés (comme cette réplique culte : "Tu sais ce qu’on dit des sorcières ? Elles goûtent le désespoir… et aujourd’hui, c’est toi le menu") et leurs chorégraphies de combat synchronisées donnent au film une dynamique rare dans le cinéma fantastique.
Leur relation fraternelle, explorée via des flashbacks glaçants (leur enfance en cage, leur première tuerie), ajoute une dimension tragique à ce qui aurait pu n’être qu’un film d’action bas de gamme. Quand Hansel s’injecte de l’insuline en tremblant ou que Gretel murmure "On est des monstres, mais au moins, on choisit nos proies", le film bascule dans quelque chose de plus profond – une réflexion sur la violence cyclique et le prix de la survie.
15 % sur Rotten Tomatoes, 225 millions au box-office : l’énigme d’un film maudit
À sa sortie, la critique a démoli Hansel et Gretel. Scénario prévisible (une intrigue de vengeance classique), effets spéciaux inégaux (certaines sorcières ressemblent à des figurines de cire), et un ton hésitant entre horreur et comédie noire – les reproches étaient légion. Pourtant, le public a adoré. Avec 225 millions de dollars de recettes mondiales (pour un budget de 50 millions), le film est devenu un succès commercial inattendu, portés par :
- Un marketing audacieux : l’affiche montrant Renner et Arterton armés jusqu’aux dents, avec le slogan "La chasse est ouverte", a attiré les fans d’action.
- Un public jeune séduit par le mélange gore et humour noir (la scène où une sorcière explose en mille morceaux après avoir avalé une grenade reste culte).
- L’absence de concurrence en janvier 2013 : sorti en pleine période creuse, le film a dominé les salles sans effort.
Aujourd’hui, son statut de "film culte malgré lui" s’explique par son audace : peu de blockbusters osent mélanger conte pour enfants et violence extrême avec autant de désinvolture. Comme le note le critique Mark Kermode : "C’est nul… mais c’est tellement nul que ça en devient fascinant. Un nanar qui se prend au sérieux, et qui finit par nous hypnotiser."
Pourquoi (re)voir ce film sur Prime Video ? Trois bonnes raisons
Disponible sur Prime Video (avec un essai gratuit de 30 jours pour les nouveaux abonnés), Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières mérite une seconde chance. Voici pourquoi :
- Pour Jeremy Renner, dans un rôle qu’il ne refera jamais : entre Hawkeye et Mayor of Kingstown, ce Hansel reste son personnage le plus physique et sombre. Une performance qui prouve qu’il peut porter un film sans super-pouvoirs.
- Pour son ambiance unique : peu de films osent ce mélange de médiéval crasseux, de gore cartoon (les sorcières se désintègrent en nuages de sang noir) et de dialogues cyniques.
- Pour son statut de "film maudit" : comme The Room ou Troll 2, c’est un ovni qui divise autant qu’il fascine. Parfait pour une soirée "so bad it’s good".
Attention toutefois : le film assume son côté série B. Les décors en carton-pâte, les effets spéciaux parfois ridicules (la sorcière géante finale ressemble à un personnage de World of Warcraft) et les incohérences scénaristiques (pourquoi personne ne reconnaît Hansel et Gretel, célèbres chasseurs ?) en feront sourire plus d’un. Mais c’est aussi ce qui en fait un objet cinématographique à part.
Derrière les caméras : le making-of d’un film "impossible"
Saviez-vous que le projet a failli ne jamais voir le jour ? À l’origine, le scénario (écrit par Dante Harper) était encore plus violent, avec des scènes de torture explicite et une fin alternative où Gretel mourrait. La production a dû censurer 15 minutes de rushs pour obtenir un PG-13 aux États-Unis – une version unrated (plus gore) existe d’ailleurs en DVD.
Autre anecdote : Jeremy Renner a insisté pour faire lui-même ses cascades, au point de se blesser à l’épaule pendant le tournage. Quant à Gemma Arterton, elle a avoué avoir détesté porter les bottes en cuir (trop lourdes) et avoir improvised la scène où elle scalpe une sorcière – une idée venue sur le moment, qui est restée dans le montage final.
Enfin, le film a été tourné en Allemagne (forêt de Bavière) et en Roumanie, où l’équipe a dû affronter des températures glaciales et des loups errants sur le plateau. Une ambiance qui a nourri la tension à l’écran, comme le confie le réalisateur : "On avait l’impression de tourner un vrai documentaire sur des chasseurs de monstres. Sauf que les monstres, c’était nous."
Hansel et Gretel vs. la concurrence : où se situe le film ?
Dans le paysage du fantastique horrifique, Hansel et Gretel se situe entre plusieurs influences :
- Le gothique violent : comme Sleepy Hollow (1999) de Tim Burton, mais en plus sanglant et moins poétique.
- L’action médiévale : proche de Solomon Kane (2009), avec des combats plus chorégraphiés mais tout aussi brutaux.
- Le nanar assumé : dans la veine de Van Helsing (2004), mais avec un budget plus modeste et une ambition plus modeste.
Là où il se distingue, c’est dans son refus de prendre les enfants pour des idiots : contrairement aux adaptations Disney, ici, les héros sont traumatisés, cyniques et prêts à tout pour survivre. Une approche qui a inspiré des séries comme The Witcher (Netflix) ou Carnival Row (Prime Video), où le fantastique adulte est traité sans fard.
Hansel et Gretel : Chasseurs de sorcières n’est pas un chef-d’œuvre. C’est un film bizarre, inégal, parfois ridicule – mais c’est justement ce qui le rend inoubliable. Entre les performances engagées de Renner et Arterton, son ambiance de conte détourné et son culot à assumer ses défauts, il mérite sa place dans la catégorie des "films cultes malgré eux".
Alors, prêt à suivre Hansel et Gretel dans leur chasse sanglante ? Sur Prime Video, l’essai est gratuit… et la chasse, elle, est sans pitié.

