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**El Jeune Sherlock** : Quand Moriarty devient l’allié inattendu du détective – Analyse d’une série qui réinvente Holmes (Saison 2 en approche ?)
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Il y a 8 heures

**El Jeune Sherlock** : Quand Moriarty devient l’allié inattendu du détective – Analyse d’une série qui réinvente Holmes (Saison 2 en approche ?)

**El joven Sherlock** ose un pari audacieux : et si la légende de Sherlock Holmes avait commencé par une alliance maudite avec Moriarty ? Prime Video revisite les origines du détective avec une série où l’Angleterre victorienne devient un personnage à part entière, portée par des performances électrisantes et une réalisation immersive. Entre enquêtes troubles à Oxford et bas-fonds londoniens, cette version jeune et imprévisible de Holmes bouscule les codes – avec une saison 2 qui s’annonce déjà prometteuse.

A retenir :

  • **Un duo explosif** : Moriarty (Dónal Finn) en mentor ambigu et Holmes (Hero Fiennes Tiffin) en génie impulsif – une dynamique toxique qui rappelle *Peaky Blinders*, mais en version victorienne.
  • **Oxford 1870 comme terrain de jeu** : Des bibliothèques enfumées aux ruelles boueuses, la série transforme les décors en acteurs clés, avec un réalisme sale proche de *The Alienist*.
  • **Bande-son steampunk** : Entre violons sourds et mécanismes métalliques, la partition de Christopher Benstead ( *The Crown* ) crée une tension sonore unique, évoquant Hans Zimmer en plus subtil.
  • **Une saison 2 en préparation** : Les indices disséminés dans le final laissent présager un conflit Holmes-Moriarty bien plus personnel – et destructeur.
  • **Réinvention des codes** : Pas de pipe ni de deerstalker, mais un Holmes jeune, vulnérable et imprévisible, loin du détective froid des adaptations classiques.

**Prime Video frappe fort** avec El joven Sherlock, une série qui ose là où d’autres se contentent de répéter. Ici, pas de réchauffé des mythes holmésiens, mais une plongée dans les années noires d’un Sherlock Holmes à peine sorti de l’adolescence – un génie brut, aussi fascinant qu’instable. Le postulat de départ ? Et si la rivalité légendaire avec Moriarty avait commencé par une alliance contre nature, scellée dans les brumes d’Oxford en 1870 ? Un angle inédit, inspiré des romans d’Andrew Lane, mais poussé bien plus loin à l’écran.

Moriarty en compagne de route : quand l’ennemi devient le miroir

**Oubliez le duel classique entre le bien et le mal** : El joven Sherlock dynamite les attentes en faisant de James Moriarty (un Dónal Finn hypnotique) bien plus qu’un simple antagoniste. Ici, il est tour à tour mentor, rival et complice, un rôle caméléon qui rappelle les ambiguïtés de Tom Hiddleston en Loki – mais en version victorienne et bien plus cynique. Leur relation, filmée dans des plans serrés étouffants, oscille entre fascination mutuelle et méfiance viscérale.

**L’enquête à Oxford** sert de catalyseur à cette dynamique explosive. Chaque scène entre les deux hommes est un duel psychologique : Holmes, interprétée par Hero Fiennes Tiffin avec une fougue juvénile, y déploie son intelligence brutale, tandis que Moriarty répond par des sous-entendus venimeux, comme dans cette réplique culte :
"Tu cherches la vérité, Sherlock. Moi, je la fabrique."
Un échange qui résume à lui seul la philosophie du show : la ligne entre génie et folie est mince, et ces deux-là dansent dessus avec délectation.

**Techniquement**, la réalisation appuie cette tension par des cadrages claustrophobes et une lumière qui joue avec les ombres – une esthétique qui n’est pas sans évoquer Peaky Blinders, mais transposée dans l’Angleterre des années 1870. Le résultat ? Une atmosphère électrique, où chaque regard échangé entre les deux protagonistes semble charger l’air d’une menace imminente.

"Oxford, 1870 : quand les murs murmurent des secrets"

**Ici, les décors ne sont pas de simples toiles de fond** : ils respirent, suintent l’histoire, et parfois, trahisent les personnages. La série a été tournée entre Oxford (pour les scènes universitaires) et des studios hongrois (pour les bas-fonds londoniens), avec un souci du détail qui frôle l’obsession.

**Prenez la bibliothèque de Christ Church** : filmée en lumière naturelle filtrée par des vitraux poussiéreux, elle exhale une odeur de papier jauni et de cire à cacheter. Les étagères, remplies de grimoires aux reliures craquelées, ne sont pas là par hasard – elles reflètent l’esprit encyclopédique et torturé de Holmes. À l’inverse, les ruelles de Whitechapel, reconstituées avec une saleté réaliste, rappellent que le génie côtoie toujours la boue. Un contraste saisissant, qui rappelle l’esthétique de The Alienist : le beau et le sordide coexistent, indissociables.

**La bande-son de Christopher Benstead** (The Crown) achève de sceller l’immersion. Entre violons dissonants et mécanismes steampunk discrets, elle crée une tension sonore unique. Le thème de Moriarty, joué sur un piano désaccordé, résonne comme une menace sourde à chaque fois qu’il apparaît – un détail qui renforce l’idée d’un destin déjà écrit, où chaque note faux annonce le chaos à venir.

Derrière les coulisses : le pari fou d’une série "anti-Holmes"

**Saviez-vous que le projet a failli ne jamais voir le jour ?** À l’origine, les producteurs voulaient une série jeunesse, proche des romans d’Andrew Lane. Mais le showrunner, Alexandra McGuinness, a imposé une vision bien plus sombre : "Sherlock n’était pas un enfant sage. C’était un monstre en devenir, et Moriarty le savait avant tout le monde."

**Autre détail marquant** : les scènes de drogue et de violence, initialement censurées, ont été réintégrées après les tests audiences. Hero Fiennes Tiffin a d’ailleurs insisté pour que son personnage ait des cernes marqués et des mains sales : "Holmes n’était pas un dandy. C’était un obsédé, un homme qui se consumait de l’intérieur." Un choix qui paie : le réalisme cru de la série tranche avec les adaptations aseptisées de la BBC ou de Guy Ritchie.

**Enfin, la saison 1 se clôt sur un cliffhanger brutal** : Moriarty, qu’on croyait mort, réapparaît dans l’ombre, un sourire en coin. Un twist préparé dès l’épisode 3, comme le révèle McGuinness : "Nous voulions que les spectateurs se demandent, jusqu’au bout : et si Moriarty avait tout planifié depuis le début ?" Une question qui trouve un écho particulier dans le final de la saison, où un détail anodin – une montre cassée – laisse présager un conflit bien plus personnel en saison 2.

Pourquoi cette série divise (et fascine)

**Tous les fans ne sont pas conquis**. Certains puristes reprochent à la série de trahir l’esprit des romans de Conan Doyle, où Moriarty n’apparaît que tardivement. Mark Gatiss (co-créateur de Sherlock), interrogé par The Guardian, a d’ailleurs lancé : "Un Moriarty jeune et charismatique ? C’est comme donner un visage à Voldemort avant sa chute – ça enlève une partie du mystère."

**Mais c’est précisément ce qui plaît aux autres** : El joven Sherlock assume son côté "fanfiction premium", où les libertés prises avec le canon servent à explorer les zones d’ombre du mythe. Comme le souligne NME : "Enfin une série qui ose montrer Holmes comme ce qu’il était vraiment : un homme brisé, bien avant de devenir une légende."

**Le vrai test ? La saison 2.** Les rumeurs évoquent un déménagement à Londres, avec l’arrivée de Mycroft Holmes (le frère aîné) et une intrigue liée à l’Opium War. Si la série parvient à garder son équilibre entre drama historique et thriller psychologique, elle pourrait bien devenir la référence des préquelles holmésiennes – bien au-delà de Young Sherlock Holmes (1985) ou Sherlock: The Abominable Bride.

Verdict : une série à la hauteur du mythe ?

**Oui, mais pas pour les raisons attendues.** El joven Sherlock ne cherche pas à être fidèle – elle cherche à être juste. Juste dans sa représentation d’un Holmes humain, vulnérable, et profondément dangereux. Juste dans sa reconstitution d’une Angleterre victorienne sans fard, où le progrès côtoie la misère.

**Les performances des acteurs** (notamment Finn, terrifiant de charisme) et la direction artistique impeccable en font déjà un must-watch pour les amateurs de séries historiques. Quant à la relation Holmes-Moriarty, elle est si bien écrite qu’on en vient à espérer leur réconciliation… avant de se rappeler que l’un des deux finira forcément au bout d’une corde, ou pire.

**À voir absolument** si vous aimez :
✔ Les duos toxiques façon *Hannibal* ou *Killing Eve*
✔ Les décors qui racontent une histoire (*The Alienist*, *Peaky Blinders*)
✔ Les réinventions audacieuses des mythes (*Good Omens*, *His Dark Materials*)

**La saison 2 s’annonce comme un véritable champ de bataille** – et pas seulement entre Holmes et Moriarty. Après avoir redéfini les origines du détective, la série devra maintenant prouver qu’elle peut faire évoluer son duo maudit sans perdre ce qui en fait sa magie : ce mélange unique de brillance intellectuelle et de folie partagée. Une chose est sûre : avec El joven Sherlock, Prime Video a trouvé sa pépite noire, élégante et profondément addictive. À suivre de très près.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Alors là, mon pote, on a enfin un Sherlock qui a des cernes et des dettes de jeu, pas juste un dandy qui résout des énigmes en buvant du thé comme si c’était un boss final de Final Fantasy en mode easy. Moriarty et lui, c’est comme un duo de cyberpunk : l’un fabrique la vérité, l’autre la dégomme avec un sourire en coin. Et cette bibliothèque à Oxford ? Un décor aussi onirique qu’un rêve après trois nuits sans sommeil en Grandia. La série assume ses choix, même si certains puristes râlent comme des tontons qui ont peur que leur utopie holmésienne soit souillée. Franchement, si Doyle avait vu ça, il aurait probablement dit : « Bon sang, mais c’est du zeubi ! » , et il aurait adoré. À suivre, mais avec un couteau entre les dents, au cas où Moriarty aurait prévu de nous servir en entrée."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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