Il y a 53 jours
Joe Keery : Quand Steve Harrington devient un tueur en série dans
h2
De Stranger Things à Spree : Joe Keery se réinvente en tueur en série assoiffé de likes
Après avoir marqué les esprits avec son rôle de Steve Harrington dans Stranger Things, Joe Keery choque et fascine dans Spree (2020), un thriller horrifique aussi dérangeant que drôle. Ici, il incarne Kurt Kunkle, un chauffeur de VTC psychopathe prêt à tout pour devenir viral, même à tuer ses passagers en direct. Disponible sur Shadowz, ce film à petit budget (1,2 million de dollars) offre une satire mordante des réseaux sociaux et de la quête effrénée de célébrité. Entre humour noir, tension insoutenable et performance glaçante de Keery, Spree s’impose comme un ovni cinématographique à découvrir… si vous osez.
A retenir :
- Joe Keery passe de Steve Harrington (Stranger Things) à un tueur en série psychopathe dans Spree, un thriller horrifique viral sur Shadowz.
- Kurt Kunkle, son personnage, tue ses passagers en direct sur les réseaux pour devenir célèbre : un mélange explosif de satire sociale et d’horreur pure.
- Tourné en found footage hybride (caméras embarquées + écrans de smartphones), le film critique la culture de la célébrité instantanée avec un budget de seulement 1,2 million de dollars.
- Sasheer Zamata (Saturday Night Live) apporte une touche de réalisme face à la folie de Keery, dans un film comparé à Searching (2018) mais bien plus subversif.
- Bande-son électro signée Clams Casino, scènes de meurtre stylisées sans gore gratuit, et une tension psychologique insoutenable.
- Disponible sur Shadowz (via Prime Video), Spree confirme le talent de Keery pour des rôles ambivalents et dérangeants.
De Stranger Things à Spree : quand Joe Keery bascule dans le côté obscur
Qui aurait imaginé que Steve Harrington, le "bad boy" repenti de Stranger Things, deviendrait un jour un tueur en série psychopathe ? Pourtant, c’est bien le pari audacieux que relève Joe Keery dans Spree (2020), un thriller horrifique qui défie toutes les attentes. Réalisé par Eugene Kotlyarenko, ce film indépendant, désormais en tête des tendances sur Shadowz, prouve que l’acteur a bien plus d’une corde à son arc. Exit les lycéens torturés et les combats contre les créatures du Monde à l’envers : ici, Keery incarne Kurt Kunkle, un chauffeur de VTC obsédé par les likes, prêt à commettre l’irréparable pour une poignée de followers. Un rôle à contre-emploi qui marque un tournant dans sa carrière.
Ce qui frappe dès les premières minutes, c’est la transformation physique et mentale de l’acteur. Fini les cheveux parfaits et le sourire charismatique : Keery adopte une allure négligée, un regard vide, et une voix monocorde qui glace le sang. Kurt Kunkle n’est pas un monstre au sens classique du terme – il est bien pire. C’est un produit de notre époque, un homme ordinaire corrompu par la quête effrénée de reconnaissance sociale. Quand il explique à ses passagers, avec un calme déconcertant, qu’ils vont mourir pour "faire le buzz", on rit jaune… avant de réaliser l’horreur de la situation.
"Likez, partagez, mourrez" : quand les réseaux sociaux deviennent une arme
Spree n’est pas qu’un simple film d’horreur. C’est une satire sociale cinglante, une plongée dans les dérives des réseaux sociaux et de la culture de l’instantanéité. Le scénario, écrit par Eugene Kotlyarenko et Gene McHugh, exploite le format found footage pour immerger le spectateur dans le cauchemar de Kurt. Entre les caméras embarquées dans sa voiture et les écrans de smartphones qui captent ses crimes en direct, le film joue avec les codes du true crime et du streaming live, deux phénomènes ultra-populaires… et profondément malsains.
Le génie de Spree réside dans son équilibre entre humour noir et épouvante. Les scènes de meurtre, bien que violentes, évitent le gore gratuit pour privilégier une tension psychologique insoutenable. Par exemple, quand Kurt offre une bouteille d’eau "empoisonnée" à ses passagers avec un sourire commercial, on oscille entre le rire nerveux et l’effroi. La bande-son électro, signée par le producteur Clams Casino (connu pour ses collaborations avec A$AP Rocky et Lana Del Rey), renforce cette ambiance à la fois hypnotique et angoissante.
Mais Spree ne serait pas aussi percutant sans la performance de Sasheer Zamata, ex-vedette du Saturday Night Live. Elle incarne Jessie Adams, une passagère piégée dans la voiture de Kurt, qui tente désespérément de survivre tout en comprenant l’absurdité de la situation. Son jeu, à la fois drôle et tragique, apporte une dimension humaine à ce récit autrement cauchemardesque. Leur duo explosif rappelle par moments les dynamiques de Get Out (2017), où l’horreur le dispute à la critique sociale.
Un film culte en devenir ? Entre Searching et Taxi Driver, mais en version 2.0
Avec un budget dérisoire de 1,2 million de dollars, Spree parvient à créer une atmosphère bien plus oppressante que bon nombre de blockbusters. Le réalisateur Eugene Kotlyarenko, connu pour son approche expérimentale (il a notamment réalisé Wobble Palace, un drame psychologique acclamé), utilise ici les nouveaux médias comme des outils narratifs. Les écrans de smartphones, les notifications, les commentaires en direct… Tout est prétexte à montrer comment la technologie peut déshumaniser jusqu’au crime.
Les comparaisons avec Searching (2018), autre film tourné entièrement à travers des écrans, sont inévitables. Mais là où Searching était un thriller familial poignant, Spree est une plongée dans la folie pure, plus proche de Taxi Driver (1976) revisité à l’ère des influenceurs. Kurt Kunkle n’est pas un Travis Bickle des temps modernes – il en est la version dégénérée, un anti-héros dont les délires ne sont pas politiques, mais narcissiques.
Le film a d’ailleurs divisé la critique à sa sortie. Certains, comme The Hollywood Reporter, ont salué son "audace et son originalité", tandis que d’autres, comme Variety, ont trouvé le ton "trop inégal". Une chose est sûre : Spree ne laisse personne indifférent. Et c’est précisément ce qui en fait un film culte en devenir.
"Derrière la caméra" : comment Spree a été tourné en pleine pandémie (sans le savoir)
Ironie du sort : Spree a été tourné en 2019, quelques mois avant que le monde ne découvre les confinements et l’essor des lives Instagram. Pourtant, le film semble prédire certaines dérives de la pandémie, comme l’obsession des streams ou la quête désespérée de visibilité en ligne. Eugene Kotlyarenko a d’ailleurs révélé en interview que l’équipe avait travaillé avec des vrais chauffeurs de VTC pour rendre les scènes plus réalistes. Certains figurants ignoraient même qu’ils tournait dans un film d’horreur… jusqu’à ce que Keery sorte son arme.
Autre détail savoureux : les commentaires en direct que l’on voit défiler à l’écran pendant les meurtres ont été écrits par de vrais internautes, recrutés via les réseaux sociaux. Kotlyarenko leur avait demandé de réagir comme s’ils assistaient à un vrai direct macabre. Résultat ? Certaines réactions sont si glaçantes qu’on se demande si la fiction n’a pas dépassé la réalité.
Enfin, saviez-vous que Joe Keery a improvisé une grande partie de ses répliques ? Le réalisateur lui avait donné carte blanche pour explorer la folie de Kurt, ce qui explique pourquoi certains monologues semblent si authentiques… et terrifiants.
Pourquoi Spree est le film parfait pour l’ère des influenceurs ?
En 2024, Spree résonne plus que jamais. À l’ère où des influenceurs filment leur vie 24h/24 et où les défis dangereux pullulent sur TikTok, le film de Kotlyarenko apparaît comme une prophétie sombre. Kurt Kunkle n’est pas un monstre surnaturel – c’est le reflet déformé de notre société, obsédée par les likes et prête à tout pour exister.
Prenez la scène où Kurt explique à une passagère qu’il va la tuer "parce que c’est ce que veulent les algorithmes". On rit… jusqu’à réaliser que certains créateurs de contenu poussent effectivement leurs limites pour booster leur engagement. Spree pose une question dérangeante : jusqu’où irons-nous pour devenir viraux ?
Et c’est là que réside la force du film. Il ne se contente pas de faire peur – il nous force à nous regarder en face. Dans un monde où chacun peut devenir une star du jour au lendemain, Spree rappelle que la célébrité a un prix… et que parfois, ce prix, c’est l’humanité elle-même.
Spree n’est pas un film pour les âmes sensibles. C’est une expérience viscérale, un mélange de rire nerveux et de malaise profond qui vous hantera longtemps après le générique. Joe Keery y livre une performance inoubliable, prouvant qu’il peut tout jouer, du héros adolescent au psychopathe charismatique. Entre satire sociale et horreur pure, le film de Eugene Kotlyarenko est un miroir déformant de notre époque, où la quête de likes peut mener aux pires extrémités.
Disponible sur Shadowz (via Prime Video), Spree mérite d’être découvert – ne serait-ce que pour réaliser à quel point la frontière entre fiction et réalité devient de plus en plus floue. Alors, prêt à monter dans la voiture de Kurt Kunkle ? Attachez votre ceinture… et vérifiez que votre bouteille d’eau n’est pas empoisonnée.

