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Los Hermanos Demolición (The Wrecking Crew) : Quand Bautista et Momoa réinventent l’action déjantée
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Il y a 36 jours

Los Hermanos Demolición (The Wrecking Crew) : Quand Bautista et Momoa réinventent l’action déjantée

Un cocktail détonant de testostérone, d’humour trash et d’action survoltée

The Wrecking Crew, réalisé par Ángel Manuel Soto (Blue Beetle), est bien plus qu’un simple buddy movie : c’est une ode décomplexée aux excès des films d’action des années 80-90, portée par le duo Dave Bautista (flic rigide aux relents dramatiques) et Jason Momoa (force de la nature incontrôlable). Leur alchimie à l’écran, entre bastons ultra-violentes, gags grand-guignolesques et chorégraphies dignes des meilleurs beat ’em up, en fait un film aussi culte qu’inattendu. Préparez-vous à un spectacle où la logique physique est sacrifiée sur l’autel du pur divertissement – et où chaque séquence semble lancer un défi : « Et si on faisait encore plus déjanté ? »

A retenir :

  • Un duo explosif : Bautista (ex-catcheur) et Momoa (Aquaman) forment un contraste électrique, entre rigueur policière et chaos assumé, rappelant les duos mythiques de 48 H ou Bad Boys – mais en version 2024, dopée aux stéroïdes.
  • L’art de la surenchère : Des combats en plan-séquence (comme celui de 2 min 17 dans un entrepôt), des armes improvisées (un hélicoptère utilisé comme massue !), et une violence stylisée à l’extrême, entre John Wick et Mad Max.
  • Humour noir et autodérision : Entre un monologue de Momoa torse nu avec un sandwich à la main et des clins d’œil aux films de prison des années 80, le film joue constamment avec les codes du genre – parfois jusqu’à l’excès.
  • Un hommage aux années 90 : Le montage serré (signé Greg D’Auria, John Wick 3) et le rythme effréné rappellent les beat ’em up arcade, où seul compte le flow de l’action, pas la crédibilité.
  • Pour qui ? Les amateurs d’action sans complexe, de duos improbables et de cinéma qui assume ses excès – à éviter pour les âmes sensibles ou les puristes du réalisme.

Quand un tweet devient un film : la genèse d’un projet fou

Tout commence en 2020 par un tweet de Dave Bautista, alors en pleine promotion de Dune : « Jason Momoa et moi devrions faire un film ensemble. Ce serait le chaos absolu. » Trois ans plus tard, le chaos est bel et bien à l’écran, sous la forme de The Wrecking Crew, un projet aussi improbable que jubilatoire. À la réalisation, Ángel Manuel Soto (Blue Beetle, Charm City Kings), qui assume pleinement l’héritage des films d’action trash mais culte des années 80-90. « On voulait faire un film où chaque scène d’action serait un moment », confie-t-il. Mission accomplie : entre les combats chorégraphiés comme des niveaux de Street Fighter et les répliques qui frisent le so bad it’s good, le film est une lettre d’amour aux excès du cinéma d’action.

Le scénario ? Un prétexte assumé : deux frères que tout oppose, Leo (Bautista), flic solitaire rongé par un passé douloureux, et Junior (Momoa), ex-taulard aussi charismatique qu’incontrôlable, doivent s’allier pour venger leur père. Le pitch rappelle 48 H (avec Nick Nolte et Eddie Murphy), mais en version hyperviolente et dopée à l’adrénaline. Dès les premières minutes, le ton est donné : un mélange de drama familial (rapidement balayé) et de comédie potache, le tout saupoudré d’une violence si exagérée qu’elle en devient hilarante.


Fun fact : Le rôle de Junior était initialement écrit pour Dwayne Johnson, qui a décliné le projet. Une aubaine pour Momoa, qui y voit l’occasion de « jouer un personnage complètement barré, sans filtre ». Le résultat ? Une performance où il semble constamment au bord de l’overdose de testostérone – et c’est exactement ce qu’il fallait.

Action : quand le spectacle devient une religion

The Wrecking Crew ne se contente pas de respecter les codes du genre : il les dynamite, les malaxe, et les recrache à l’écran dans un festival de sang, de sueur et de rires gras. Chaque séquence d’action est conçue comme une compétition interne : comment surpasser la précédente ? Le combat en serviette de Momoa, clin d’œil déjanté aux films de prison comme Big House (1987), côtoie des scènes de gun-fu chorégraphiées avec une précision quasi vidéoludique. Bautista, katanas en main, rivalise avec les meilleurs moments de John Wick, tandis que Momoa enchaîne les prises de catch et les coups de feu avec une fluidité qui rappelle les beat ’em up des années 90.

La violence, poussée à son paroxysme absurde, bascule souvent dans le grotesque : un bras arraché ici, une tête explosée là, le tout filmé avec un réalisme si méticuleux qu’il en devient comique. Cette hybridation entre gore et comédie n’est pas sans rappeler l’esprit des comics ultra-violents comme Preacher ou des films de Robert Rodriguez (Sin City, Machete). Même les puristes de l’action « sérieuse » (à la The Raid) trouveront leur compte, notamment dans un plan-séquence de 2 minutes 17 où Momoa affronte une dizaine d’adversaires dans un entrepôt – une scène déjà culte, tournée en un seul take malgré les cascades et les effets pyrotechniques.


Exemple frappant : La scène de l’hélicoptère. Alors que la plupart des films se contenteraient d’un crash spectaculaire, The Wrecking Crew va plus loin : Junior (Momoa) attrape l’appareil en plein vol et s’en sert comme d’une massue géante pour écraser ses ennemis. « On a dû tourner ça en trois prises parce que le câble a lâché deux fois », révèle Soto. Le résultat à l’écran ? Une séquence aussi ridicule qu’épiques, qui résume à elle seule l’ADN du film.

Entre autodérision et grand-guignol : le fil du rasoir

Le plus grand défi de The Wrecking Crew était sans doute de ne pas basculer dans la parodie pure. Le film oscille en permanence entre une autodérision assumée (la scène où Momoa, couvert de sang, improvise un monologue avec un sandwich à la main) et des moments où la violence frôle le mauvais goût (un adversaire se fait littéralement décapiter par un câble électrique). Certains gags, trop appuyés, rappellent les excès des parodies des années 2000 (Meet the Spartans), tandis que d’autres, plus subtils, jouent avec les attentes du spectateur – comme ce faux cliffhanger résolu par un coup de poing aussi inattendu qu’hilarant.

La vraie prouesse réside dans la capacité du film à maintenir un rythme effréné sans sacrifier totalement sa cohérence. Même si les lois de la physique sont allègrement ignorées (des voitures explosent après trois balles, des personnages survivent à des chutes de 20 mètres), le montage serré (signé Greg D’Auria, John Wick 3) évite l’essoufflement. Chaque séquence, aussi démesurée soit-elle, s’enchaîne avec une logique interne qui rappelle les meilleurs beat ’em up : l’important n’est pas le réalisme, mais le flow de l’action. « On a travaillé comme sur un jeu vidéo », explique Soto. « Chaque combat est un "niveau" à part entière, avec son propre style et ses enjeux. »


Point de vue contradictoire : Tous les critiques ne sont pas convaincus. Mark Kermode (BBC) parle d’un film « aussi subtil qu’un marteau-piqueur, mais tout aussi efficace pour ceux qui cherchent un divertissement sans prétention ». À l’inverse, Stephanie Zacharek (Time) estime que le film « frôle trop souvent la gratuité, comme si les scénaristes avaient peur des silences ». Un avis partagé par une partie du public, qui trouve que certains gags tombent à plat – notamment les répliques trop appuyées sur la virilité des personnages.

Derrière les cascades : le making-of d’un film sans filet

Tourner The Wrecking Crew a été une aventure aussi chaotique que le film lui-même. Jason Momoa, connu pour son approche full commitment, a insisté pour réaliser lui-même la plupart de ses cascades – y compris celles jugées « trop dangereuses » par l’équipe. Résultat : plusieurs blessures (une côte fêlée, une entorse à l’épaule) et des prises de vue où le sang à l’écran est… le sien. « Je voulais que les spectateurs sentent la douleur, la sueur. Pas juste des effets spéciaux », explique-t-il. Bautista, de son côté, a dû s’entraîner intensivement au kali eskrimas (art martial philippin) pour les scènes de combat au couteau, sous la supervision de R.A. Rondell, chorégraphe ayant travaillé sur The Bourne Legacy.

Autre défi : le ton. Soto et ses scénaristes ont passé des mois à peaufiner l’équilibre entre drama (le passé familial des frères), comédie (les répliques absurdes) et action pure. « On a supprimé 30 pages de dialogue pour garder seulement l’essentiel », révèle le réalisateur. Les influences sont multiples : des buddy movies classiques (L’Arme fatale) aux films de John Woo (pour le gun-fu), en passant par les comics de Garth Ennis (Preacher, The Boys) pour l’humour noir. Même la bande originale, signée Junkie XL (Mad Max: Fury Road), mélange des sons électroniques et des guitares saturées pour coller à l’énergie du film.


Anecdote de tournage : La scène du combat en serviette était improvisée. Momoa, qui avait oublié son costume, a suggéré de tourner la séquence comme ça. Soto a adoré l’idée : « Ça résumait parfaitement son personnage – un gars qui n’a rien à perdre, même pas sa dignité. »

Un film pour qui ? Les amateurs de cinéma décomplexé

The Wrecking Crew n’est pas un film pour tout le monde. Si vous cherchez une intrigue complexe, des personnages nuancés ou un réalisme minutieux, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes fan de :

  • Duos explosifs (Bautista/Momoa rappellent Tango & Cash ou Last Action Hero),
  • D’action chorégraphiée comme dans John Wick ou The Raid,
  • D’humour noir et de gags grand-guignolesques (à la Deadpool, mais en plus violent),
  • De films qui assument leurs excès (Crank, Shoot ’Em Up),

… alors The Wrecking Crew est fait pour vous. C’est un film qui ne s’excuse pas, qui ne se prend pas au sérieux, et qui défie le spectateur de garder son sérieux face à ses délires. Comme le résume Momoa : « Si vous quittez la salle sans avoir ri, sans avoir sursauté, ou sans vous être demandé "Mais putain, ils ont vraiment osé ?!", c’est qu’on a échoué. » Mission accomplie, donc.

The Wrecking Crew est le genre de film qui divise – et c’est exactement ce qui en fait une réussite. Entre hommage nostalgique aux excès des années 80-90 et ovni cinématographique assumé, il prouve qu’il reste une place pour un cinéma d’action sans complexe, où le spectacle prime sur la crédibilité. Bautista et Momoa forment un duo aussi inattendu qu’électrisant, et Soto signe là un film qui, malgré ses défauts, marquera les esprits – ne serait-ce que pour son audace.

À l’ère des blockbusters aseptisés et des super-héros politiquement corrects, The Wrecking Crew fait office de souffle d’air frais (ou de coup de massue, c’est selon). Un film à voir entre potes, avec un seau de pop-corn et l’esprit ouvert – et surtout, sans attendre une once de subtilité. Après tout, comme le dit Junior : « Si t’as besoin de sens, va lire un putain de livre. Là, on est là pour casser des gueules. »

L'Avis de la rédaction
Par Nakmen
Ce film, c’est comme un GoldenEye 007 des années 90 : un mélange de gameplay ultra-fluide et de bugs qui font rire. Momoa et Bautista jouent leurs rôles comme des boss de Devil May Cry en mode "chaos mode", avec des répliques qui claquent plus fort qu’un Super Mario Bros. sur une pipe. Le seul problème ? Si tu veux une histoire qui tient la route, tu devras te contenter des sous-titres comme sous-titres de Resident Evil en VGA. Mais bon, qui a besoin d’une intrigue quand on a des combats qui font boom comme dans un Beat ’em up de 1993 ?
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Nakmen