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**Magic Chess: Go Go** entre dans l’histoire : la Malaisie triomphe aux **SEA Games 2025**, une première pour l’auto-chess en Asie du Sud-Est !
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Pour la première fois de son histoire, un jeu d’auto-chess intègre les SEA Games 2025 en Thaïlande. Magic Chess: Go Go, le titre dérivé de Mobile Legends: Bang Bang, y a fait ses débuts en grande pompe, avec une victoire écrasante de la Malaisie face à l’Indonésie et la Thaïlande. Une étape majeure pour Moonton, qui prépare déjà le premier championnat mondial du jeu en janvier 2025. Décryptage d’un tournant pour l’esport régional.
A retenir :
- Magic Chess: Go Go devient le premier jeu d’auto-chess à figurer aux SEA Games 2025, une compétition où l’esport est discipline officielle depuis 2019.
- La Malaisie remporte le showmatch historique grâce à une performance clé de Muhamad Arif Bin Baharun, devant l’Indonésie et la Thaïlande.
- Une stratégie ambitieuse pour Moonton : le jeu servira de tremplin vers son premier championnat mondial, annoncé pour le 25 janvier 2025 lors du M7 Carnival.
- Avec plus de 10 millions de téléchargements en Asie du Sud-Est, MCGG pourrait reproduire le succès d’Auto Chess (Drodo Studio), passé des serveurs communautaires aux arènes internationales.
- Un coup de projecteur inédit pour l’auto-chess, désormais reconnu comme une discipline à part entière dans une compétition régionale majeure.
Un showmatch historique : l’auto-chess s’invite aux SEA Games
Imaginez un jeu où la stratégie prime sur les réflexes, où chaque partie ressemble à une bataille d’échecs dynamisée par des héros fantastiques. Magic Chess: Go Go (MCGG), sorti en mai 2024 par Moonton, a justement franchi une étape inédite en devenant le premier titre d’auto-chess à intégrer les SEA Games 2025, organisés en Thaïlande. Une consécration pour un genre encore jeune, mais en pleine expansion.
Quatre nations se sont affrontées lors de ce showmatch expérimental : la Malaisie, l’Indonésie, la Thaïlande et les Philippines. Huit joueurs – deux par pays – ont rivalisé d’ingéniosité sur cinq manches décisives, avec un classement final établi sur la moyenne des performances. Un format court, mais intense, qui a sacré la Malaisie grâce à une victoire déterminante signée Muhamad Arif Bin Baharun. "Participer aux SEA Games était un rêve d’enfant. Cela montre que notre passion pour Magic Chess est reconnue à grande échelle", a-t-il confié après sa performance.
Pourtant, l’événement est passé quasi inaperçu dans les médias traditionnels. Une discrétion qui contraste avec l’ampleur symbolique de ce moment : depuis 2019, l’esport est une discipline officielle aux SEA Games, mais jamais un jeu d’auto-chess n’avait été sélectionné. Une première qui ouvre la voie à d’autres titres du genre, comme Teamfight Tactics (Riot Games) ou Dota Underlords (Valve).
La Malaisie en or : une victoire qui dépasse le jeu
La délégation malaisienne n’a pas seulement remporté une compétition. Elle a aussi légitimé un genre souvent relégué au second plan face aux MOBA ou aux FPS. Avec une moyenne de points supérieure à ses adversaires, l’équipe a prouvé que l’auto-chess méritait sa place parmi les disciplines esportives "classiques".
Derrière ce succès, un nom retient l’attention : Muhamad Arif Bin Baharun. Ce joueur, déjà connu dans la scène locale pour ses performances sur Mobile Legends: Bang Bang, a su transposer son expertise stratégique dans MCGG. "Contrairement aux MOBA, ici, la victoire dépend moins des mécaniques que de la capacité à anticiper les synergies entre les unités. C’est un jeu d’échecs en temps réel", explique-t-il. Une analyse qui résume l’essence même de l’auto-chess.
L’Indonésie et la Thaïlande complètent le podium, confirmant la domination des pays d’Asie du Sud-Est dans les jeux mobiles compétitifs. Les Philippines, bien que moins expérimentées, ont montré un potentiel prometteur. "Nous étions les outsiders, mais cette expérience nous motive à nous améliorer", a réagi un membre de l’équipe philippine.
Moonton joue gros : vers un championnat mondial en 2025
Derrière cette inclusion aux SEA Games se cache une stratégie bien huilée. Moonton, le studio derrière Mobile Legends: Bang Bang (plus de 100 millions de joueurs actifs mensuels), mise sur Magic Chess: Go Go pour diversifier son écosystème compétitif. Le jeu, dérivé de son MOBA phare, reprend les héros de MLBB dans un format auto-chess, une combinaison gagnante pour séduire les fans.
Preuve de cette ambition : l’annonce d’un premier championnat mondial, prévu le 25 janvier 2025 lors du M7 Carnival, l’événement annuel de Mobile Legends. Un timing parfait pour capitaliser sur l’exposition des SEA Games. "Nous voulons faire de MCGG un pilier de l’esport mobile, au même titre que MLBB ou Wild Rift", déclare un porte-parole de Moonton.
La comparaison avec Auto Chess (Drodo Studio) est inévitable. Sorti en 2019 comme un mod de Dota 2, le jeu a rapidement conquis les joueurs avant de devenir une discipline à part entière, avec des tournois dotés de centaines de milliers de dollars. MCGG pourrait-il suivre la même trajectoire ? Avec plus de 10 millions de téléchargements en Asie du Sud-Est, les bases sont solides. Mais le défi reste de taille : "L’auto-chess est un genre exigeant. Il faut éduquer le public et créer des formats spectaculaires pour retenir l’attention", nuance un analyste esport.
Un tremplin pour l’auto-chess, mais des défis persistent
L’intégration de Magic Chess: Go Go aux SEA Games est une victoire symbolique, mais elle soulève aussi des questions. Contrairement aux MOBA ou aux FPS, l’auto-chess reste un genre niche, où l’action est moins spectaculaire à regarder. "C’est un jeu de patience et de réflexion. Pour le rendre attractif en streaming, il faut des commentateurs qui expliquent bien les stratégies", souligne un caster indonésien.
Autre enjeu : la diversification des régions. Pour l’instant, MCGG est surtout populaire en Asie du Sud-Est. Pour prétendre à une scène mondiale, Moonton devra conquérir d’autres marchés, comme l’Europe ou l’Amérique du Nord, où Teamfight Tactics domine largement. "Sans une base de joueurs internationale, le championnat mondial risque de rester un événement régional déguisé", avertit un observateur.
Enfin, la monétisation sera un facteur clé. Contrairement à MLBB, où les skins et les passes de combat génèrent des revenus colossaux, MCGG devra trouver son modèle. Les microtransactions liées aux cosmétiques (plateaux de jeu, animations de héros) pourraient être une piste, mais rien n’est encore acté.
Derrière l’écran : comment Moonton a convaincu les SEA Games
Intégrer un nouveau jeu à une compétition aussi prestigieuse que les SEA Games n’est pas une mince affaire. Selon des sources proches de la Fédération des Jeux d’Asie du Sud-Est, Moonton a dû négocier pendant plus de six mois pour obtenir cette place. "Ils ont présenté des données solides : engagement des joueurs, croissance du titre, et surtout, un plan clair pour structurer la scène compétitive", révèle un membre du comité.
Le studio a aussi mis en avant le lien avec Mobile Legends, déjà présent aux SEA Games depuis plusieurs éditions. Une continuité qui a rassuré les organisateurs. "MCGG est une extension naturelle de MLBB. Les joueurs connaissent déjà les héros, les mécaniques sont différentes, mais l’univers est familier", explique un responsable esport chez Moonton.
Autre argument décisif : le format court du showmatch. Contrairement à des tournois comme League of Legends ou Dota 2, qui nécessitent des semaines de compétition, MCGG a pu s’intégrer en seulement quelques heures, sans perturber le calendrier. Une flexibilité qui a joué en sa faveur.
Et maintenant ? Le compte à rebours vers le mondial est lancé
Avec les SEA Games comme rampe de lancement, Magic Chess: Go Go entre dans une phase cruciale. D’ici janvier 2025, Moonton devra :
- Organiser des qualifications régionales pour identifier les meilleurs talents.
- Améliorer la visibilité du jeu via des partenariats avec des streamers et des médias.
- Affiner les règles compétitives pour éviter les controverses (bugs, déséquilibres entre synergies).
- Préparer un spectacle à la hauteur du M7 Carnival, avec des productions dignes des grands esports.
"Si tout se passe bien, 2025 pourrait être l’année où l’auto-chess entre définitivement dans le paysage esportif mondial", espère un fan. Mais pour y parvenir, MCGG devra surmonter ses limites et prouver qu’il n’est pas qu’un simple dérivé de Mobile Legends – mais bien une discipline à part entière.

