Il y a 42 jours
"May I Ask for One Final Thing ?" : Quand la vengeance se pare de gants de boxe et de soie
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**"May I Ask for One Final Thing ?"** n’est pas un énième anime sur une héroïne maudite cherchant sa rédemption. Ici, Scarlet El Vandimion, princesse aux allures de poupée de porcelaine, échange les intrigues de palais contre des uppercuts dévastateurs, transformant les conflits en farce sanglante. Entre satire des codes shōjo et violence cartoon, l’œuvre du studio Project No.9 offre un spectacle aussi dérangeant que jubilatoire, où l’élégance le dispute à la brutalité pure. Un ovni anime qui tape là où ça fait mal – littéralement.
A retenir :
- Scarlet El Vandimion : une villainess qui troque les larmes contre des coups de poing surréalistes, mélangeant grâce aristocratique et rage destructrice.
- Un style visuel débridé inspiré de JoJo’s Bizarre Adventure et Kill la Kill : corps projetés comme des boulets de canon, fontaines de sang stylisées et expressions faciales grotesques.
- Une satire mordante des tropes shōjo et isekai : ici, les conflits se règlent à mains nues, sans magie ni discours larmoyants.
- Le studio Project No.9 (Dame x Prince) signe une œuvre low-budget mais ultra-dynamique, où le rythme effréné compense les limites techniques.
- Un ton unique : entre comédie noire, parodie de fantasy et catharsis violente, l’anime assume son côté "trash mais génial".
Quand la vengeance se fait en 4K (et en haute définition de douleur)
Imaginez une héroïne de shōjo classique : robe longue, regard mélancolique, destin tragique. Maintenant, remplacez les monologues désespérés par un coup de pied envoyant un duc à travers trois murs, et les intrigues de cour par des arènes improvisées où les os craquent comme des branches sèches. Bienvenue dans "May I Ask for One Final Thing ?", l’anime qui prend les codes de la villainess et les pulvérise – littéralement.
Scarlet El Vandimion, l’héroïne, est une ancienne princesse maltraitée, revenue d’entre les morts (ou presque) pour régler ses comptes. Mais contrairement à ses consœurs qui usent de ruses ou de pouvoirs magiques, elle privilégie une méthode plus… directe. Son arme ? Ses poings. Sa stratégie ? Frapper d’abord, poser des questions jamais. Le résultat est un mélange explosif de violence cartoon et de dialogues cyniques, où chaque combat devient une métaphore filée de la révolte contre l’oppression – si tant est qu’on puisse parler de métaphore quand un adversaire atterrit dans un buffet après un uppercut.
Ce qui frappe (sans jeu de mots), c’est l’absence totale de demi-mesure. Là où un anime comme "The Villainess Reverses the Hourglass" joue sur la dualité entre douceur et cruauté, Scarlet assume son côté "brute en robe de bal". Pas de double jeu, pas de faux-semblants : elle est à la fois la victime et le bourreau, et cette ambiguïté morale est rafraîchissante dans un paysage anime souvent trop manichéen.
"Et si on réglait ça comme des adultes ?" (Spoiler : non.)
L’anime pousse l’absurde jusqu’à en faire une philosophie. Les conflits politiques ? Résolus par un tournoi de baston. Les trahisons ? Punies par un lancer de chaise à travers une fenêtre. Les déclarations d’amour ? Interrompues par un coup de coude dans les dents. "May I Ask for One Final Thing ?" se moque ouvertement des tropes du genre, mais le fait avec une telle conviction qu’on en vient à se demander : et si, finalement, la violence était la réponse la plus honnête ?
Prenez l’épisode 3, où Scarlet affronte un groupe de nobles corrompus. Au lieu d’un long discours sur la justice, elle les aligne comme des quilles, commentant chaque coup avec une ironie glaçante : "Ah, celui-là avait l’air important. Dommage." Le ton rappelle "One Punch Man", mais sans la dimension super-héroïque : ici, pas de sauveur, juste une femme en colère qui rend coup pour coup. Certains y verront une critique sociale (la violence comme seul langage des opprimés), d’autres un simple divertissement trash. La beauté de l’anime est qu’il laisser le spectateur juge.
Bien sûr, cette approche divise. Certains critiques, comme ceux de Anime News Network, soulignent que l’absence de nuances peut lasser sur le long terme. À force de voir Scarlet écraser ses ennemis sans jamais douter, on finit par se demander : où est la limite entre catharsis et gratuité ? Mais c’est justement ce manque de retenue qui fait le charme de l’œuvre. Comme le dit si bien un personnage secondaire : "Avec elle, au moins, on sait à quoi s’attendre. À des os cassés."
Un style visuel : entre JoJo et un dessin animé des années 90
Visuellement, "May I Ask for One Final Thing ?" est un feu d’artifice de contradictions. Les décors, plutôt classiques pour un anime fantasy, servent de toile de fond à des scènes de combat délirantes, où les lois de la physique semblent optionnelles. Les corps s’envolent comme des fusées, les visages se déforment à l’extrême, et le sang – omniprésent – est stylisé à outrance, rappelant les excès de "Kill la Kill" ou "Gurren Lagann".
Le studio Project No.9, connu pour des œuvres comme "Dame x Prince", n’a pas le budget d’un Ufotable ou d’un MAPPA, mais compense par un sens aigu du timing comique et une direction artistique audacieuse. Les couleurs jouent un rôle clé : le rouge écarlate des robes de Scarlet tranche avec les tons sombres des salons aristocratiques, soulignant son statut d’élément perturbateur. Les effets sonores, exagérés à souhait (os qui craquent comme des branches, impacts surlignés par des "BOOM" graphiques), ajoutent une dimension presque parodique.
Certains puristes pourraient tiquer sur les animations parfois rigides ou les arrières-plans réutilisés. Mais c’est justement ce côté "artisanal" qui donne à l’anime son charme. Comme le disait un animateur interviewé par Sakugabooru : "On n’avait pas les moyens de faire du Demon Slayer, alors on a misé sur l’énergie pure. Et ça marche." Difficile de lui donner tort quand on voit Scarlet envoyer valdinguer un antagoniste avec la grâce d’un personnage de Looney Tunes.
Derrière les poings, une satire (un peu) subtile
Si l’anime semble au premier abord un simple spectacle de violence, il cache une critique acerbe des tropes du shōjo et de la fantasy. Scarlet incarne l’anti-héroïne ultime : là où une "Cinderella" attendrait son prince, elle écrase ses persécuteurs sous son talon (ou son coude). Là où une "Villainess" classique manipulerait les événements, elle défonce les portes – littéralement.
Cette subversion va plus loin qu’il n’y paraît. En refusant toute rédemption ou moralité facile, l’anime interroge : et si la vraie liberté passait par le rejet total des attentes ? Scarlet ne cherche pas à être aimée, ni même comprise. Elle existe, et c’est déjà une révolution dans un genre où les héroïnes sont souvent définies par leur relation aux autres.
Certains fans de isekai ou de reverse harem pourraient être déstabilisés. Comme le note une critique sur MyAnimeList : "C’est comme si on avait pris 'The Villainess Who Tamed the Rake' et qu’on l’avait passé à la moulinette avec 'Baki'." Le mélange est détonant, et c’est précisément ce qui rend l’anime inoubliable.
Le mot de la fin : un anime qui assume son côté "problématique"
"May I Ask for One Final Thing ?" n’est pas parfait. Certains trouveront son humour trop cru, sa violence gratuit, ou son absence de profondeur décourageante. Mais c’est justement ce qui en fait une œuvre unique. Dans un paysage anime souvent formaté, où les héroïnes doivent être soit pures, soit torturées, Scarlet El Vandimion arrive comme un coup de massue : elle est les deux à la fois, et elle s’en fiche.
Le studio Project No.9 a pris un risque en misant sur un tel excès. Le résultat ? Un anime qui divise, mais qui marque. Comme le résume un fan sur Reddit : "C’est con, c’est violent, c’est mal animé par endroits… et pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’en redemander." Après tout, dans un monde où les villainess sont légion, il était temps qu’une d’entre elles brise littéralement le moule.

