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Mega Man Star Force Legacy Collection : Un hommage en demi-teinte, entre nostalgie et occasions manquées
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Une compilation qui divise : entre charmes rétro et lacunes persistantes
A retenir :
- Une trilogie DS oubliée : Trois jeux (2006-2008) mêlant RPG et action, avec un système de combat dynamique mais une narration répétitive.
- Des combats tactiques, mais limités : Le système de Battle Cards et la vue isométrique offrent un rythme satisfaisant, malgré une IA prévisible et peu d’innovations entre les épisodes.
- Modernisation superficielle : Filtre HD optionnel, mode vertical (Switch) et ajustements de difficulté, mais des sprites flous et un contenu bonus minimal (galerie, jukebox).
- Localisation incomplète : Seul l’anglais et le japonais sont proposés, ignorant les versions espagnoles originales – un choix décevant pour 39,99 €.
- L’ombre de Battle Network : Moins aboutie que sa sœur aînée, cette collection souffre des mêmes défauts que la compilation 2023, sans les corriger.
Un héritage méconnu, entre audace et répétition
La Mega Man Star Force Legacy Collection exhume une trilogie Nintendo DS (2006-2008) souvent éclipsée par sa grande sœur, Battle Network. Pourtant, ces jeux osaient un mélange audacieux : un RPG tactique où l’adolescent Geo Stelar, hanté par la disparition de son père, fusionne avec l’extraterrestre Omega-Xis pour devenir Mega Man. Thèmes matures (deuil, résilience) et un système de combat dynamique distinguaient alors la série. Mais aujourd’hui, l’ensemble peine à convaincre.
Le premier opus posait des bases solides, avec une intrigue personnelle et un gameplay hybride : exploration en 3D, combats en vue isométrique. Les suites, Star Force 2 (2007) et Star Force 3 (2008), ajoutaient des transformations et des mécaniques comme le Noise Change, mais reproduisaient une structure quasi identique. Résultat ? Une expérience répétitive pour qui enchaîne les trois jeux, d’autant que les ennemis, prévisibles, ne relèvent jamais vraiment le défi.
Des combats nerveux, mais trop peu évolutifs
Le cœur du jeu repose sur son Battle System : trois couloirs où le joueur alterne entre tirs automatiques et Battle Cards (attaques spéciales, boucliers, invocations). Un mélange de stratégie en temps réel et de gestion de ressources qui, malgré son manque de profondeur, conserve un rythme addictif. Problème : l’absence d’innovation majeure entre les épisodes. Le troisième volet introduit bien des transformations et un système de Noise Change dynamisant les affrontements, mais ces ajouts restent anecdotiques face à une formule figée.
Heureusement, Capcom a ajouté des options de qualité de vie : ajustement des dégâts, récupération automatique de PV après les combats, ou gains de crédits bonifiés. Des modifications qui adoucissent la difficulté, sans pour autant moderniser un game design conçu pour 2006. Un constat d’autant plus frustrant que la Battle Network Legacy Collection (2023) souffrait des mêmes travers – preuve que l’éditeur peine à réinventer ses compilations rétro.
"Remasterisé" ou simplement étiré ?
Côté visuel, la collection propose un filtre HD optionnel… mais le résultat est mitigé. Les sprites, conçus pour l’écran 256x192 de la DS, deviennent flous une fois étirés en haute définition, surtout pendant les combats. Le mode "mixte" (pixel art pour les personnages, HD pour les interfaces) offre un compromis acceptable, tout comme le mode vertical sur Switch, idéal pour le jeu portable. En revanche, la gestion des deux écrans originaux (la DS en avait deux) reste approximative, avec des interfaces parfois mal adaptées.
Le vrai problème ? Le manque de contenu supplémentaire. Pas d’archives de développement, pas d’interviews de l’équipe, juste une galerie d’artworks et un jukebox. Une occasion manquée pour éclairer l’histoire de cette trilogie, moins célébrée que Battle Network. Pire : la localisation se limite à l’anglais et au japonais, ignorant les versions espagnoles originales – un choix d’autant plus incompréhensible que le prix (39,99 € en digital) suit les standards 2024.
Dans l’ombre de Battle Network
Comparée à sa grande sœur, Star Force apparaît comme une version édulcorée : moins de profondeur narrative, des mécaniques moins abouties, et une identité visuelle moins marquante. Pourtant, la trilogie avait ses atouts : un ton plus sombre, des personnages attachants comme Luna Platz ou Bud Bison, et une bande-son électro qui vieillit plutôt bien. Mais aujourd’hui, face à des compilations comme Metroid Prime Remastered ou The Legend of Zelda: Link’s Awakening, cette collection fait figure de parent pauvre.
Le plus décevant ? Capcom semble avoir fait le strict minimum. Pas de correction des bugs originaux (comme certains freezes dans Star Force 3), pas de rééquilibrage des combats, et une communication quasi inexistante sur les choix de localisation. À l’heure où les joueurs exigent des remasters ambitieux (voir Resident Evil 4 Remake), cette compilation ressemble davantage à un copier-coller qu’à un hommage.

