Il y a 3 heures
L’un réinvente le genre, l’autre s’efface dans la légende – deux suites, deux destins radicalement différents
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Deux suites, une question : qui a osé dépasser l’original ?
A retenir :
- Nadie 2 : L’héritier inattendu de John Wick, avec un Bob Odenkirk métamorphosé en machine de guerre et des chorégraphies aussi brutales qu’inventives – un succès critique sur HBO Max (sauf en Espagne, où Movistar Plus+ le propose).
- Gladiator 2 : Malgré un casting éblouissant (Paul Mescal, Denzel Washington, Pedro Pascal) et des décors pharaoniques, le film de Ridley Scott peine à capturer la magie épique du premier volet, désormais sur Netflix.
- Le duel des approches : Nadie 2 ose réinventer le film d’action avec un héros ordinaire devenu tueur, tandis que Gladiator 2 reste prisonnier de son héritage sacré – au risque de décevoir.
Nadie 2 : Quand un père de famille devient l’héritier de John Wick
Les suites ont mauvaise réputation. Trop souvent, elles se contentent de répéter la recette de l’original, sans jamais en capturer l’essence. Nadie 2 fait exception. Porté par un Bob Odenkirk métamorphosé – loin de son personnage de Better Call Saul –, le film s’impose comme un coup de poing dans le paysage du cinéma d’action. Ici, pas de super-héros en collants, mais un père de famille ordinaire, ancien tueur à gages, contraint de replonger dans la violence après une intrusion chez lui.
Le scénario, bien plus qu’un simple prétexte à baston, explore les zones d’ombre de son passé et celui de sa femme (une Connie Nielsen glaçante). Résultat ? Un mélange explosif entre tension psychologique et séquences d’action ultra-dynamiques, chorégraphiées avec une précision qui rappelle… John Wick. D’ailleurs, certains critiques n’hésitent pas à parler d’un "John Wick pour adultes", tant l’approche est brutale et réaliste.
Disponible sur HBO Max (sauf en Espagne, où Movistar Plus+ en a acquis les droits), le film a conquis le public international. Preuve que parfois, une suite peut non seulement égaler, mais dépasser son aîné.
Gladiator 2 : Le poids d’un mythe
Comment succéder à un monument comme Gladiator (2000), oscarisé et gravé dans la mémoire collective ? Ridley Scott a tenté le pari avec Gladiator 2, mais le résultat est mitigé. Malgré un casting royal – Paul Mescal en héros tourmenté, Denzel Washington en général impitoyable et Pedro Pascal en empereur manipulateur –, le film peine à retrouver la grandeeur tragique de l’original.
L’histoire suit Lucio, un jeune homme hanté par la mort de Máximo, forcé de combattre dans l’arène pour venger son peuple. Si les décors sont somptueux (la reconstitution numérique du Colisée est un chef-d’œuvre technique) et les combats spectaculaires, le scénario, prévisible, et un rythme inégal gâchent l’immersion. Certains spectateurs pointent aussi un manque de profondeur émotionnelle : là où le premier volet nous faisait vibrer pour Máximo, Lucio reste un personnage lisse, malgré les efforts de Mescal.
Disponible sur Netflix, où il caracole en tête des tops mondiaux, Gladiator 2 reste un divertissement honorable… mais loin d’être mémorable. Comme si Ridley Scott avait craint de trop s’éloigner de la formule originale, au risque de produire un film aseptisé.
Le choc des philosophies : réinvention vs respect
Nadie 2 et Gladiator 2 illustrent deux approches radicalement opposées face à l’héritage d’un original culte.
D’un côté, Nadie 2 ose bousculer les codes : un héros vulnérable, des combats viscéraux (la scène du couteau dans la cuisine est déjà légendaire), et une narration qui joue sur les non-dits. Le film assume son identité, sans chercher à singer John Wick – il en devient presque un concurrent direct.
De l’autre, Gladiator 2 semble tétanisé par le poids de son aîné. Ridley Scott mise sur des séquences grandioses (la bataille navale en ouverture est à couper le souffle), mais le manque de substance narrative et des personnages sous-exploités (à part Washington, dont chaque réplique claque) en font une œuvre inaboutie. Comme si le réalisateur avait préféré jouer la sécurité plutôt que de prendre des risques.
Ironie du sort : c’est finalement Nadie 2, parti sans le poids d’une légende, qui parvient à créer la sienne. Tandis que Gladiator 2, malgré ses ambitions, reste dans l’ombre de Máximo… comme un gladiateur qui n’aurait jamais osé lever son épée.
Derrière l’écran : les défis insoupçonnés des suites
Saviez-vous que Bob Odenkirk s’est entraîné deux ans pour les scènes de combat de Nadie 2 ? Une préparation digne d’un vrai tueur à gages, avec des chorégraphes ayant travaillé sur… John Wick. Un détail qui explique pourquoi les combats du film sont si fluides et crédibles.
Côté Gladiator 2, le tournage a été marqué par des tensions créatives. Ridley Scott aurait initialement envisagé un scénario centré sur la fille de Máximo, avant de se raviser pour éviter les comparaisons avec le premier volet. Un choix qui a peut-être affaibli la cohérence du récit…
Et vous, laquelle de ces deux suites a, selon vous, mérité son existence ?

