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**Necrowave** : Quand un zombie dans un micro-ondes et la cécité aux couleurs inspirent un Metroidvania culte
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Il y a 93 jours

**Necrowave** : Quand un zombie dans un micro-ondes et la cécité aux couleurs inspirent un Metroidvania culte

Un Metroidvania aussi dérangeant que génial, né d’un handicap visuel et d’une idée folle : incarner un zombie cuit à micro-ondes. Découverte d’un jeu indépendant qui repousse les limites du Body-Horror et du game design, entre combats épiques et palette de couleurs révolutionnaire.

A retenir :

  • Necrowave : Un Metroidvania où vous incarnez un zombie piégé dans un four à micro-ondes, entre horreur corporelle et humour noir déjanté.
  • Le développeur Arfhis, atteint de cécité aux couleurs, transforme son handicap en atout pour créer une palette visuelle unique, comparée à des œuvres comme Blasphemous ou Cuphead.
  • Une démo jouable (combat de boss) disponible sur Patreon, révélant des mécaniques adaptées à son esthétique décalée et un design soigné malgré un budget indépendant.
  • Utilisation innovante de filtres chromatiques (comme ceux des streamers) pour ajuster les couleurs en temps réel, une approche qui inspire la communauté du game design accessible.
  • Un projet qui pourrait bien redéfinir les codes visuels des Metroidvania, avec une touche macabre, absurde et profondément originale.

Un zombie, un micro-ondes et une idée de génie : bienvenue dans l’univers tordu de Necrowave

Imaginez : vous êtes un zombie, coincé dans un four à micro-ondes, et votre seule échappatoire est d’affronter des créatures aussi grotesques que tragiques, dans un monde où l’horreur corporelle côtoie un humour noir si poussé qu’il en devient poétique. Voici Necrowave, le Metroidvania qui défie les conventions avec un concept aussi absurde qu’intrigant. Développé par Arfhis, un créateur solo désormais épaulé par un animateur 2D, le jeu mise sur une esthétique visuelle unique, où les combats de boss corsés se mêlent à des personnages dignes d’un cauchemar éveillé.

Prenez par exemple l’un de vos adversaires : un individu qui se décape littéralement le crâne pour en faire une arme improvisée, ou un autre qui danse autour d’une barre avant de s’arracher le torse dans un élan aussi violent que ridicule. On pense à l’esprit déjanté de Cuphead, mais en bien plus macabre, comme si David Cronenberg avait croisé Tim Burton pour créer un jeu vidéo. Les rares extraits de gameplay, comme ceux partagés par la chaîne aWalkThroughLife, révèlent un titre au design ultra-soigné, où chaque détail semble pensé pour marquer les esprits – ou les traumatiser, c’est selon.

Pour l’instant, aucune version jouable n’est disponible sur Steam (le jeu est en développement en Allemagne), mais une démo d’un combat de boss est accessible via Patreon pour les soutiens du projet. Et à en croire les retours, elle vaut le détour. Les mécaniques de jeu, bien que encore en cours d’affinage, promettent d’être à la hauteur de l’ambition visuelle. Un pari audacieux pour un développeur indépendant, qui mise tout sur l’originalité pour se faire une place dans l’univers ultra-concurrentiel des Metroidvania.

"Je vois le rouge comme du jaune" : comment la cécité aux couleurs d’Arfhis a façonné Necrowave

Derrière ce projet pour le moins inhabituel se cache une histoire tout aussi fascinante : celle d’Arfhis, le développeur solo de Necrowave, atteint de cécité aux couleurs (ou Farbenblindheit). Loins de le handicaper, cette particularité a façonné l’identité visuelle même du jeu. Les teintes qu’il perçoit comme harmonieuses – un rouge vif qu’il décrit comme "jaune" – créent des contrastes saisissants, salués par les joueurs. Sur X (ex-Twitter), les commentaires fusent : certains parlent d’une palette "höllisch gut" (diablement bonne), d’autres soulignent son caractère contre-intuitif mais hypnotique.

Cette approche rappelle celle d’artistes comme Daniel Arsham, qui transforment leurs limitations en signature stylistique. Ici, le rouge éclatant, perçu différemment par Arfhis, devient un marqueur visuel fort, à l’instar de jeux comme Hyper Light Drifter ou Blasphemous, où les couleurs saturées servent l’atmosphère. Une preuve que la créativité naît souvent des contraintes – et que ce qui pourrait passer pour un "défaut" devient parfois une force inégalée.

Mais comment concilier cette perception unique avec un jeu destiné à un public aux yeux "standards" ? C’est là que la technologie entre en jeu.

Filtres chromatiques et color grading : quand la technique épouse la folie créative

Pour pallier sa perception altérée des couleurs, Arfhis s’appuie sur des outils de filtres chromatiques, similaires à ceux utilisés par des streamers comme Cody Schwab pour simuler la vision des daltoniens. Ces logiciels lui permettent d’ajuster les teintes en temps réel, garantissant une cohérence visuelle malgré son handicap. Une méthode qui n’est pas sans rappeler les techniques de color grading dans des jeux comme Hollow Knight, où chaque nuance est calibrée pour renforcer l’immersion.

Le résultat ? Une palette où le rouge dominant, perçu comme doré par Arfhis, crée une ambiance à la fois chaude et glaçante. Les contributeurs sur Patreon ont d’ailleurs pu tester un combat de boss adapté à cette esthétique décalée, et les retours sont unanimes : "C’est comme jouer dans un rêve fiévreux, où chaque couleur semble vivante", confie un joueur. Une prouesse technique qui, contre toute attente, pourrait bien inspirer une nouvelle génération de développeurs en matière d’accessibilité et de game design.

D’ailleurs, le projet a déjà suscité l’intérêt de la communauté des créateurs indépendants. Certains y voient une source d’inspiration pour repenser la manière dont on intègre les limitations physiques dans la conception d’un jeu. Et si Necrowave parvenait à concilier originalité artistique et jouabilité universelle ? Ce serait une première dans l’univers des Metroidvania, souvent critiqués pour leur manque d’accessibilité.

Entre Cuphead et Blasphemous : Necrowave a-t-il ce qu’il faut pour marquer l’histoire du genre ?

À mi-chemin entre l’absurdité décomplexée de Cuphead et le gothique macabre de Blasphemous, Necrowave se positionne comme un ovni dans le paysage des Metroidvania. Mais au-delà de son esthétique, c’est son gameplay qui fera la différence. Les extraits disponibles laissent entrevoir des combats de boss exigeants, où la maîtrise des mécaniques sera cruciale. Un adversaire se déchire la peau pour révéler des muscles saillants, un autre utilise ses propres entrailles comme arme… Autant de séquences qui rappellent le Body-Horror des films de David Cronenberg, mais avec une touche de comédie noire bienvenue.

Reste une question : ce mélange détonant séduira-t-il au-delà des cercles de niche ? Les Metroidvania ont souvent du mal à percer auprès du grand public, mais Necrowave a un atout majeur : son identité visuelle inoubliable. À l’ère où les joueurs recherchent des expériences uniques et immersives, un jeu qui ose autant – tant dans son thème que dans sa réalisation – a toutes ses chances.

Et puis, il y a cette histoire de zombie dans un micro-ondes. Une idée si folle qu’elle en devient géniale. Comme le dit un joueur sur Reddit : "Soit c’est le pire jeu de l’année, soit c’est un chef-d’œuvre méconnu. Mais une chose est sûre : on n’oubliera pas Necrowave de sitôt."

Derrière l’écran : les coulisses (macabres) d’un jeu qui pousse les limites

Saviez-vous que l’idée de Necrowave est née d’un délire nocturne d’Arfhis ? Le développeur raconte avoir rêvé d’un zombie cuit dans un micro-ondes, se débattant pour survivre dans un monde hostile. Au réveil, l’image était si forte qu’il a commencé à esquisser les premiers croquis. "Je voulais capturer cette sensation de désespoir mêlée d’absurdité", confie-t-il dans une interview accordée à un petit média indépendant.

Autre détail glaçant : les sons du jeu sont en partie inspirés d’enregistrements réels de micro-ondes en fonctionnement, mélangés à des cris déformés. "J’ai passé des heures à écouter des bruits de cuisson, à les ralentir, à les superposer… Jusqu’à obtenir quelque chose d’organique, presque vivant", explique Arfhis. Une approche qui rappelle les techniques de sound design de jeux comme Silent Hill, où l’ambiance sonore est aussi importante que les visuels.

Enfin, saviez-vous que le premier boss du jeu était à l’origine… un sandwich ? "Oui, un sandwich géant et pourri, avec des dents. Mais ça faisait trop ‘comédie’, alors j’ai opté pour quelque chose de plus sombre", avoue le développeur en riant. Preuve que même dans l’horreur la plus noire, il reste une place pour l’autodérision.

Necrowave n’est pas qu’un simple Metroidvania. C’est une expérience sensorielle, née d’un handicap transformé en force, d’une idée folle devenue projet ambitieux, et d’une esthétique qui défie les codes. Entre Body-Horror, humour noir et innovation technique, le jeu d’Arfhis a tout pour marquer les esprits – à condition de trouver son public.
Une chose est sûre : dans un paysage vidéoludique souvent formaté, Necrowave ose. Et ça, c’est déjà une victoire.
À suivre de près sur Patreon et Steam… si vous avez l’estomac bien accroché.
L'Avis de la rédaction
Par Celtic
"Necrowave, c'est comme si Cuphead avait fait un enfant avec Blasphemous, et que cet enfant avait décidé de grandir dans un micro-ondes. Le résultat ? Un Metroidvania qui défie les lois de la physique et de la décence. Entre les combats de boss qui font mal aux yeux et les personnages qui font mal au cœur, Necrowave est un OVNI qui pourrait bien marquer l'histoire du genre. À moins que ce soit juste une blague de tonton Arfhis. On verra bien."
Article rédigé par SkimAI
Révisé et complété par Celtic

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