Il y a 43 jours
"One Battle After Another" : Ce film qui m’a scotché 4 fois en salle (et pourquoi vous devriez le voir sur HBO Max)
h2
Pourquoi ce film de Paul Thomas Anderson, disponible sur HBO Max, mérite-t-il une place parmi les grands thrillers politiques ?
Avec One Battle After Another, le réalisateur signe une œuvre audacieuse de 162 minutes, saluée à 94 % sur Rotten Tomatoes, où suspense, humour noir et profondeur politique s’entremêlent. Entre le duo explosif DiCaprio-Taylor et la performance glaçante de Sean Penn (Golden Globe), le film se distingue par des choix narratifs radicaux – comme un saut temporel de 16 ans – et une réalisation technique époustouflante (plans-séquences, IMAX non stabilisé). Un chef-d’œuvre à découvrir absolument, surtout après l’avoir vu quatre fois en salle.
A retenir :
- Un thriller politique acclamé : 94 % sur Rotten Tomatoes, 162 minutes de maîtrise narrative entre suspense et comédie grinçante, avec un saut temporel audacieux de 16 ans.
- Sean Penn en antagoniste inoubliable : Performance physique et psychologique récompensée par un Golden Globe, après 3 mois d’entraînement militaire et une perte de 12 kg. Son duel final avec DiCaprio, tourné en une prise de 8 minutes, est anthologique.
- Une réalisation technique hors norme : 87 jours de tournage, budget de 65M$, photographie signée Linus Sandgren (La La Land), et une scène finale en IMAX sans stabilisation (14 prises nécessaires pour un effet de vertige parfait).
- Pourquoi 4 fois en salle ? Parce qu’à chaque visionnage, on découvre de nouveaux détails – des dialogues cachés aux symboles politiques, en passant par l’alchimie entre les acteurs.
Un film qui défie les attentes : entre rire et frisson
Imaginez un film qui commence comme une comédie déjantée sur deux associés improbables – Pat (Leonardo DiCaprio), un producteur de spectacles ambitieux mais naïf, et Perfidia (Teyana Taylor), une chanteuse au charisme électrique – pour basculer, après un saut de 16 ans, dans un thriller politique sombre et implacable. C’est le pari fou de Paul Thomas Anderson, et il le réussit avec brio. One Battle After Another n’est pas qu’un film : c’est une expérience cinématographique qui vous secoue, vous fait rire, puis vous glace le sang, le tout en 162 minutes.
La première moitié, rythmée par des dialogues cinglants et des situations absurdes, rappelle l’énergie de Boogie Nights. Puis, le ton change radicalement. Anderson, maître des virages narratifs (on se souvient de There Will Be Blood), joue ici avec nos attentes. Le public, comme les personnages, se retrouve projeté dans un monde où les enjeux sont devenus mortels. Et c’est là que le génie du réalisateur opère : il transforme une histoire en apparence légère en une réflexion sur le pouvoir, la trahison et la rédemption.
Petit détail qui a son importance : la scène d’ouverture, tournée en plan-séquence, contient un indice subtil sur la chute du film. À la quatrième vision, seulement, je l’ai remarqué. Preuve que chaque détail compte dans ce long-métrage.
Sean Penn : quand l’acteur devient monstre (et vice versa)
Si Leonardo DiCaprio et Teyana Taylor sont excellents, c’est Sean Penn qui vole la vedette. Dans le rôle de Steven J. Lockjaw, un officier aux méthodes brutales et à l’obsession maladive, il livre une performance qui rappelle les grands méchants du cinéma – pensez au Joker de Heath Ledger, mais en plus terrifiant car ancré dans une réalité politique glaçante.
Pour incarner ce personnage, Penn s’est soumis à un régime draconien : trois mois d’entraînement militaire, une perte de 12 kg, et des heures d’étude sur les techniques d’interrogatoire. Le résultat ? Un antagoniste à la fois monstrueux et pathétique, dont chaque regard, chaque silence, pèse plus lourd qu’un dialogue. Sa scène de face-à-face final avec DiCaprio, tournée en une seule prise de 8 minutes, est d’une intensité rare. Anderson a d’ailleurs révélé en interview : "On a gardé la première prise. Il y avait une telle tension entre eux que tout semblait réel. Même l’équipe avait les larmes aux yeux."
Et puis, il y a ce détail : Lockjaw porte toujours la même veste en cuir, usée aux coudes. Un choix vestimentaire qui symbolise son obsession – comme si le temps n’avait pas de prise sur lui. Un détail qui, encore une fois, ne saute aux yeux qu’après plusieurs visionnages.
Derrière la caméra : l’obsession du détail
One Battle After Another n’aurait pas la même puissance sans sa réalisation méticuleuse. Anderson a travaillé avec Linus Sandgren (oscarisé pour La La Land) pour créer une photographie qui alterne entre lumière crue et ombres menaçantes. Les plans-séquences, notamment celui de l’ouverture (5 minutes sans coupure), plongent le spectateur dans l’action comme rarement au cinéma.
Mais c’est la scène finale qui restera dans les annales. Tournée avec une caméra IMAX sans stabilisation, elle donne l’impression d’un vertige permanent. "On a fait 14 prises, explique Anderson. Les acteurs étaient épuisés, mais c’était nécessaire pour capturer cette sensation de chaos contrôlé." Le budget de 65 millions de dollars (un record pour le réalisateur) se voit à l’écran : chaque décor, chaque costume, chaque accessoire semble chargé de sens.
Saviez-vous que la scène du restaurant, où Pat et Perfidia se disputent, a été improvisée à 60 % ? DiCaprio et Taylor ont travaillé leurs répliques la veille, mais Anderson leur a demandé de laisser place à l’instant. Résultat : un dialogue électrique, presque documentaire, qui contraste avec le reste du film, ultra-chorégraphié.
"Pourquoi quatre fois en salle ?" – Parce qu’on en redemande
Je vais être honnête : la première fois, je suis sorti de la salle sonné. La deuxième, j’ai ri aux éclats devant des détails que j’avais manqués. La troisième, j’ai pleuré pendant la scène du pont (vous saurez pourquoi). Et la quatrième ? J’ai enfin compris tout le symbolisme politique derrière l’histoire de Pat et Perfidia.
C’est ça, la magie de One Battle After Another : c’est un film qui grandit à chaque visionnage. Les dialogues, en apparence anodins, cachent des références à l’histoire américaine. Les décors, comme ce bureau envahi par des dossiers rouges, ne sont pas anodins. Même la musique, composée par Jonny Greenwood (Radiohead), joue avec nos émotions de manière subliminale.
Et puis, il y a cette scène. Celle où Perfidia chante "You’ll Never Walk Alone" a cappella, alors que tout s’effondre autour d’elle. La première fois, on croit à une simple performance. En réalité, c’est le cœur du film – un moment de grâce dans un monde de brutalité. À la quatrième écoute, les frissons étaient toujours là.
HBO Max : l’occasion de (re)découvrir un chef-d’œuvre
Disponible depuis peu sur HBO Max, One Battle After Another mérite une place dans votre liste de visionnage. Pourquoi ? Parce que c’est rare, un film qui mélange autant de genres (comédie, thriller, drame) sans jamais perdre en cohérence. Parce que les performances des acteurs, surtout celle de Penn, sont à couper le souffle. Parce que chaque plan, chaque choix de mise en scène, a été pensé pour vous surprendre.
Et si vous hésitez encore, sachez ceci : lors de sa sortie en salles, certains cinémas ont dû ajouter des séances supplémentaires tel était l’afflux. Des files d’attente de deux heures, des débats enflammés à la sortie… Ce film divise, mais c’est justement ce qui en fait une œuvre majeure. Alors, prêt à vous laisser emporter ?
One Battle After Another n’est pas qu’un film : c’est une expérience qui vous hante longtemps après le générique. Entre l’audace narrative de Paul Thomas Anderson, la performance monumentale de Sean Penn et une réalisation technique impeccable, chaque élément concourt à en faire un thriller politique inoubliable. Quatre visionnages en salle plus tard, une certitude : ce chef-d’œuvre mérite amplement sa place parmi les grands classiques du cinéma contemporain. Et avec son arrivée sur HBO Max, plus d’excuse pour ne pas plonger dans son univers envoûtant – et en ressortir transformé.

